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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2603533

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2603533

mercredi 25 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2603533
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantGOUILLON

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, a rejeté la demande de M. A... visant à enjoindre au préfet de délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour. Le juge a estimé que la mesure d'injonction sollicitée ferait obstacle à l'exécution d'une décision administrative préalable de refus révélée par le dossier. La requête a été jugée irrecevable sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, car elle était contraire aux conditions d'application du référé "mesures utiles" prévu à l'article L. 521-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 février 2026, M. B... A..., représenté par Me Gouillon, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de la Sarthe de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, avec autorisation de travailler, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
la condition d’urgence est satisfaite, dès lors que l’absence de renouvellement de son récépissé de demande de carte de séjour l’empêche de travailler, alors qu’il démontre être salarié intérimaire depuis le 3 juin 2024, et de percevoir des prestations sociales auprès de la caisse d’allocations familiales, ce qui rend sa situation matérielle précaire ;
la mesure est utile, dès lors qu’il ne peut plus travailler.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Barès pour statuer sur les demandes de référé, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ». Aux termes de l’article L. 522-3 de ce code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

M. A..., titulaire d’une carte de résident de dix ans dont la validité expirait le 9 février 2025, en a sollicité le renouvellement auprès de la préfecture de la Sarthe le 28 juillet 2025 et a été muni d’une attestation de prolongation d’instruction d’une demande de renouvellement de titre de séjour valable du 3 novembre 2025 au 2 février 2026. Il produit, à l’appui de sa demande de mesure utile, une impression écran de son dossier individuel en ligne relatif aux démarches qu’il a engagées les 13 août et 31 octobre 2025, la seconde portant la mention « refusé ». Ainsi, la mesure d’injonction que M. A... demande au juge des référés de prononcer sur le fondement des dispositions citées ci-dessus ferait obstacle à l’exécution de la décision ainsi révélée.

Par suite, il y a lieu de faire application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Nantes, le 25 février 2026.

Le juge des référés,

M. Barès


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,

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