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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2603615

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2603615

mardi 24 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2603615
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé, a fait droit à la demande de la commune de Pornic en désignant un expert. Cette décision, prise en application de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, vise à faire constater l'état de plusieurs propriétés présentant un risque pour la sécurité publique suite à un effondrement de falaise. La mission de l'expert, définie par l'ordonnance, est d'examiner les bâtiments, d'évaluer les dangers et de proposer les mesures nécessaires pour y mettre fin.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 février 2026, la commune de Pornic, représentée par son maire en exercice, demande au juge des référés de désigner un expert en application des dispositions de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation aux fins d’examiner l’état des propriétés suivantes situées :
parcelle cadastrée DE 0046 sise quai du Commandant L... à Pornic (44210), appartenant à la SA moulins Soufflet SA, domiciliée 7 quai de l’apport Paris à Corbeil Essonnes (91100) ;
parcelle cadastrée DE 0247 sise 40 impasse Suzanne Pigeon à Pornic (44210), appartenant à Monsieur A... F... demeurant Capitainerie Cor de Gourmalon à Pornic (44210) et à Mme H... J... demeurant 4 impasse Victor Hugo à Pornic (44210) ;
parcelle cadastrée DE 0045 sise impasse Suzanne Pigeon à Pornic (44210), appartenant à M. B... C... et à Mme K... I..., domiciliés à l’UDAF 44 impasse de l’Esperanto à Saint-Herblain (44800) ;
parcelle cadastrée DE 0079 sise 20 rue Mondésir à Pornic (44210), appartenant à M. et Mme E... demeurant 0012 A 902, BAT A immeuble AMPL, rue Fernand A... à Annemasse (74100).

Elle soutient qu’en raison de l’état des propriétés présente un risque pour la sécurité publique à la suite de l’effondrement d’une partie de la falaise située quai du Commandant L....

Vu les pièces produites et jointes au dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Nantes a désigné Mme M..., première vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.


Considérant ce qui suit :

Tout d’abord, en vertu de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation, « Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. /Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre. ». Selon l’article R. 511-2 de ce code : « Lorsque l'autorité compétente demande à la juridiction administrative la désignation d'un expert en vertu de l'article L. 511-9, il est fait application des dispositions du chapitre Ier du titre III du livre V du code de justice administrative et de l'article R. 556-1 du même code. ».

Ensuite, aux termes de l’article R. 556-1 du code de justice administrative : « Lorsque le juge administratif est saisi par le maire, sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, d'une demande tendant à la désignation d'un expert, il est statué suivant la procédure de référé prévue à l'article R. 531-1. ».

Enfin, aux termes de l’article R. 531-1 du code de justice administrative : « S’il n’est rien demandé de plus que la constatation de faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d’avocat et même en l’absence d’une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction. ».

La commune de Pornic soutient que les propriétés situées impasse Suzanne Pigeon, rue Mondésir et quai du commandant L... à Pornic (44210), parcelle cadastrée DE 0046 sise quai du Commandant L... à Pornic (44210), appartenant à la SA moulins Soufflet SA, parcelle cadastrée DE 0247 sise 40 impasse Suzanne Pigeon à Pornic (44210) appartenant à Monsieur A... F... et à Mme H... J..., parcelle cadastrée DE 0045, sise impasse Suzanne Pigeon à Pornic (44210) appartenant à M. B... C... et à Mme K... I..., et parcelle cadastrée DE 0079, 20 rue Mondésir appartenant à M. et Mme E..., présentent un danger pour la sécurité publique. Par suite, il y a lieu de procéder à la désignation d’un expert. Le constat de l’état des immeubles auxquels ce dernier procèdera devra être effectué au contradictoire de la commune de Pornic, de la SA moulins Soufflet SA, de Monsieur A... F..., de Mme H... J..., de M. B... C..., de Mme K... I..., de M. et Mme E..., et s’il y a lieu, également au contradictoire de tout autre propriétaire mitoyen, susceptible d’être affecté par les mesures à mettre en œuvre.


O R D O N N E


Article 1er : M. G... D... demeurant 12 allée du Pêcheur à Le Pouliguen (44510), est désigné en qualité d'expert.

Il aura pour mission :

1°de prendre connaissance des pièces du dossier, de se rendre sur les lieux : impasse Suzanne Pigeon, rue Mondésir et quai du commandant L... à Pornic (44210), parcelles cadastrées DE 0046, DE 0247, DE 0045 et DE 0079, et d’examiner les bâtiments en cause ;

2°de dresser un constat de l’état de ce bâtiment, notamment des désordres l’affectant et, le cas échéant, de l’état des bâtiments mitoyens ;

3°de préciser si les risques présentés par ce bâtiment affectent les garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité des occupants et des tiers ;

4°de proposer les mesures de nature à mettre fin au danger, telles que la réparation ou toute autre mesure propre à remédier à la situation y compris, le cas échéant pour préserver la solidité des bâtiments contigus, la démolition de tout ou partie du bâtiment en cause, la cessation de la mise à disposition du bâtiment à des fins d’habitation ou l’interdiction d’habiter, d’utiliser ou d’accéder aux lieux, à titre temporaire ou définitif ;

5°de donner son avis sur le caractère imminent ou manifeste du danger présenté par ce bâtiment dont la mention, si tel est le cas, devra figurer au rapport, et dans l’affirmative, de proposer les mesures d’urgence indispensables pour le faire cesser ;

6°s'il y a lieu, de faire toutes autres constatations nécessaires, d'entendre les observations de tous intéressés et d'annexer à son rapport tous documents utiles.

Article 2 : L’expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-3 à R. 621-14 du code de justice administrative. Toutefois, compte tenu de l’urgence et afin de tenir compte du délai de vingt-quatre heures indiqué à l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation, il convoquera les parties par tous moyens afin de dresser son constat dans ce délai. Si l’expert ne peut accomplir sa mission dans ce délai de vingt-quatre heures, il en informera les parties et effectuera sa mission dans les délais les plus brefs possibles en tenant compte de l’urgence.

Article 3 : L’expert déposera au greffe un exemplaire papier et un exemplaire par voie dématérialisée d’un rapport de constat pour le bâtiment en cause établi au contradictoire des parties respectivement concernées, lequel devra être déposé dans le délai prévu à l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation, et en tout état de cause avant le 9 mars 2026, accompagné de l’état de ses vacations, frais et débours. Il en notifiera copie aux personnes intéressées, notification qui pourra s’opérer sous forme électronique avec l’accord desdites parties, à laquelle il joindra copie de l’état de ses vacations, frais et débours.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Pornic, à la SA moulins Soufflet SA, à Monsieur A... F..., à Mme H... J..., à M. B... C..., à Mme K... I..., à M. et Mme E... et à M. D..., expert.

Une copie de la requête et des pièces sera adressée à la SA moulins Soufflet SA, à Monsieur A... F..., à Mme H... J..., à M. B... C..., à Mme K... I..., et à M. et Mme E....

Fait à Nantes, le 24 février 2026.

La juge des référés,


F. M...

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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