Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2617921
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2617921 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MAUJEUL |
Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 28 août 2026 sous le numéro 2617921, M. G... F..., représenté par Mes Maujeul et Alluaume, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision lui refusant l’admission en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique (MMOPK), « révélée par la délibération du 6 juillet 2026 du jury d’admission MMOPK de l’université de Nantes », ensemble de cette délibération arrêtant, par ordre de mérite, la liste principale et la liste complémentaire des candidats admis en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie, et maïeutique et de la première année d'études préparatoires au diplôme d'État de masseur kinésithérapeute dans son ensemble ou, à titre subsidiaire, en tant qu’elle refuse de l’admettre, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d’enjoindre à l’université de Nantes de réexaminer sa situation et sa demande d’être inscrit à titre provisoire dans l’attente du jugement au fond en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, le cas échéant en réunissant à nouveau le jury d'admission ou, à tout le moins, de l’admettre, au besoin en surnombre, en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 2 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’université la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
II. Par une requête enregistrée le 28 août 2026 sous le numéro 2617922, M. B... E..., représenté par Mes Maujeul et Alluaume, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision lui refusant l’admission en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique (MMOPK), « révélée par la délibération du 6 juillet 2026 du jury d’admission MMOPK de l’université de Nantes », ensemble de cette délibération arrêtant, par ordre de mérite, la liste principale et la liste complémentaire des candidats admis en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie, et maïeutique et de la première année d'études préparatoires au diplôme d'État de masseur kinésithérapeute dans son ensemble ou, à titre subsidiaire, en tant qu’elle refuse de l’admettre, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d’enjoindre à l’université de Nantes de réexaminer sa situation et sa demande d’être inscrit à titre provisoire dans l’attente du jugement au fond en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, le cas échéant en réunissant à nouveau le jury d'admission ou, à tout le moins, de l’admettre, au besoin en surnombre, en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 2 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’université la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
III. Par une requête enregistrée le 28 août 2026 sous le numéro 2617924, M. I... C..., représenté par Mes Maujeul et Alluaume, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision lui refusant l’admission en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique (MMOPK), « révélée par la délibération du 6 juillet 2026 du jury d’admission MMOPK de l’université de Nantes », ensemble de cette délibération arrêtant, par ordre de mérite, la liste principale et la liste complémentaire des candidats admis en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie, et maïeutique et de la première année d'études préparatoires au diplôme d'État de masseur kinésithérapeute dans son ensemble ou, à titre subsidiaire, en tant qu’elle refuse de l’admettre, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d’enjoindre à l’université de Nantes de réexaminer sa situation et sa demande d’être inscrit à titre provisoire dans l’attente du jugement au fond en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, le cas échéant en réunissant à nouveau le jury d'admission ou, à tout le moins, de l’admettre, au besoin en surnombre, en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 2 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’université la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
IV. Par une requête enregistrée le 28 août 2026 sous le numéro 2617925, Mme H... A..., représentée par Mes Maujeul et Alluaume, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision lui refusant l’admission en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique (MMOPK), « révélée par la délibération du 6 juillet 2026 du jury d’admission MMOPK de l’université de Nantes », ensemble de cette délibération arrêtant, par ordre de mérite, la liste principale et la liste complémentaire des candidats admis en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie, et maïeutique et de la première année d'études préparatoires au diplôme d'État de masseur kinésithérapeute dans son ensemble ou, à titre subsidiaire, en tant qu’elle refuse de l’admettre, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d’enjoindre à l’université de Nantes de réexaminer sa situation et sa demande d’être inscrite à titre provisoire dans l’attente du jugement au fond en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, le cas échéant en réunissant à nouveau le jury d'admission ou, à tout le moins, de l’admettre, au besoin en surnombre, en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 2 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’université la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
V. Par une requête enregistrée le 28 août 2026 sous le numéro 2617926, Mme D... J..., représentée par Mes Maujeul et Alluaume, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision lui refusant l’admission en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique (MMOPK), « révélée par la délibération du 6 juillet 2026 du jury d’admission MMOPK de l’université de Nantes », ensemble de cette délibération arrêtant, par ordre de mérite, la liste principale et la liste complémentaire des candidats admis en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie, et maïeutique et de la première année d'études préparatoires au diplôme d'État de masseur kinésithérapeute dans son ensemble ou, à titre subsidiaire, en tant qu’elle refuse de l’admettre, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d’enjoindre à l’université de Nantes de réexaminer sa situation et sa demande d’être inscrite à titre provisoire dans l’attente du jugement au fond en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, le cas échéant en réunissant à nouveau le jury d'admission ou, à tout le moins, de l’admettre, au besoin en surnombre, en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 2 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’université la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Ils et elles soutiennent que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors qu’elles et ils sont empêchés de passer en deuxième année et de poursuivre leur parcours universitaire alors que leur moyenne est supérieure à celle obtenue par le premier candidat admis sur liste complémentaire, que le nombre de candidatures aux formations de santé est strictement limité à deux, que la rentrée universitaire est imminente et qu’aucun intérêt public ne s’oppose, compte tenu de la suppression du numerus clausus, à la suspension de l’exécution d’une décision dont l’illégalité manifeste n’est pas contestée par l’université ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
• le jury, qui s’est fondé sur un motif étranger à l’appréciation des mérites des candidats, a méconnu l’objet et les limites de sa compétence et entaché sa délibération d’erreur de droit,
• il a méconnu la portée de la sanction disciplinaire qui leur a été infligée et mal apprécié les faits de l’espèce, toutes les conditions auxquelles est subordonnée leur admission par ordre de mérite étant satisfaites,
• il a méconnu le principe non bis in idem en opposant un refus caractérisant une sanction déguisée,
• il a méconnu le principe d’égalité entre les candidats en leur appliquant un traitement différencié, fondé sur un critère étranger au seul critère légal du mérite.
Par des mémoires en défense enregistrés le 14 septembre 2026, l’université de Nantes, représentée par sa présidente en exercice et par Me Marchand, conclut au rejet des requêtes.
Elle fait valoir que le jury, auquel elle a demandé le 7 juillet 2026 de se réunir à nouveau et de revenir sur la décision de refus de classement des étudiants sanctionnés le 30 juin 2026 d’une exclusion de six mois dont cinq avec sursis, a refusé d’y procéder et a manifesté son désaccord avec la position adoptée lors de la précédente instance introduite, constate qu’il existe un désaccord entre eux sur la portée de l’article 11 de l’arrêté du 4 novembre 2019 s’agissant du classement des étudiants par ordre de mérite et relève que le principe de souveraineté du jury fait obstacle « à tout pouvoir de décision de la présidente ».
Vu :
- la décision attaquée ;
- les requêtes n°s 2614700, 2614701, 2614702, 2614703 et 2614704 enregistrées le 10 juillet 2026 par lesquelles M. F... et autres demandent l’annulation de la décision susvisée ;
- les ordonnances n°s 2614570, 2614571, 2614572, 2614573 et 2614574, du 6 août 2026 ;
- les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code de l’éducation ;
- l’arrêté du 4 novembre 2019 relatif à l'accès aux formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné Mlle Wunderlich, vice-présidente, pour statuer en matière de référés.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 14 septembre 2026, à laquelle les parties ont été régulièrement convoquées :
- le rapport de Mlle Wunderlich, vice-présidente,
- les observations de Me Alluaume, représentant M. F..., en présence d’un certain nombre de parents,
- et celles de Me Couetoux du Tertre, représentant l’université de Nantes.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Des notes en délibéré enregistrées le 22 septembre 2026, présentées pour les requérantes et requérants, n’ont pas été communiquées.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
2. Les requêtes n°s 2617921, 2617922, 2617924, 2617925 et 2617926 présentées pour MM. G... F..., B... E... et I... C... et Mmes H... A... et D... J... présentent à juger des questions semblables et ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
3. D’une part, il n’est pas contesté que le refus du jury d’admission en deuxième année du cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique d’inscrire les intéressés sur la liste des étudiants qu’il a arrêtée, par ordre de mérite (liste principale et liste complémentaire) pour chacun des parcours le 6 juillet 2026 alors que leur note finale est supérieure à celle du premier inscrit sur la liste complémentaire porte une atteinte grave et immédiate à la situation de MM. F..., E... et C... et Mmes A... et J.... La présidente de l’université de Nantes, qui indique que les capacités d’accueil en deuxième année peuvent être augmentées à fin de permettre l’admission en surnombre de cinq étudiants, n’invoque par ailleurs aucun intérêt public qui s’opposerait à la suspension de l’exécution des décisions litigieuses. Dès lors, la condition tenant à l’urgence doit, en l’espèce, être regardée comme remplie.
4. D’autre part, le moyen tiré de ce que le jury ne pouvait pas, au vu des notes obtenues par les candidats, refuser de classer MM. F..., E... et C... et Mmes A... et J... pour un motif tiré du « parcours des étudiants », entaché d’une sanction pour fraude, paraît propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
5. Dans ces conditions, il y a lieu de suspendre l’exécution de la délibération du 6 juillet 2026 arrêtant la liste des candidats admis en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie, et maïeutique en tant qu’elle ne comporte pas les noms de MM. F..., E... et C... et Mmes A... et J... et d’enjoindre au président du jury de procéder, dans le délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu’une astreinte ne soit toutefois nécessaire, à leur inscription sur cette liste à titre provisoire dans l’attente des jugements au fond, ensuite de quoi il appartiendra à la présidente de l’université de Nantes, après s’être assurée de l’augmentation des capacités d’accueil 2026‑2027 en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK parcours LAS, de les autoriser à s’inscrire, à titre provisoire, en deuxième année pour l’année universitaire 2026-2027.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’université de Nantes une somme de 500 euros chacun au titre des frais respectivement exposés par MM. F..., E... et C... et Mmes A... et J... et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er :
L’exécution de la délibération du 6 juillet 2026 arrêtant la liste principale des candidats admis en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie, et maïeutique est suspendue en tant qu’elle ne comporte pas les noms de MM. F..., E... et C... et Mmes A... et J....
Article 2 :
Il est enjoint au président du jury de procéder à l’inscription à titre provisoire sur cette liste de MM. F..., E... et C... et Mmes A... et J... dans le délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 :
L’université de Nantes versera à MM. F..., E... et C... et Mmes A... et J... une somme de 500 euros (cinq cents euros) chacun au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :
Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 :
La présente ordonnance sera notifiée à MM. G... F..., B... E... et I... C... et Mmes H... A... et D... J... et à l’université de Nantes.
Fait à Nantes, le 1er octobre 2026.
La vice-présidente, juge des référés,
A.-C. Wunderlich
La greffière,
J. Dionis
La République mande et ordonne au ministre chargé de l’enseignement supérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
I. Par une requête enregistrée le 28 août 2026 sous le numéro 2617921, M. G... F..., représenté par Mes Maujeul et Alluaume, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision lui refusant l’admission en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique (MMOPK), « révélée par la délibération du 6 juillet 2026 du jury d’admission MMOPK de l’université de Nantes », ensemble de cette délibération arrêtant, par ordre de mérite, la liste principale et la liste complémentaire des candidats admis en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie, et maïeutique et de la première année d'études préparatoires au diplôme d'État de masseur kinésithérapeute dans son ensemble ou, à titre subsidiaire, en tant qu’elle refuse de l’admettre, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d’enjoindre à l’université de Nantes de réexaminer sa situation et sa demande d’être inscrit à titre provisoire dans l’attente du jugement au fond en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, le cas échéant en réunissant à nouveau le jury d'admission ou, à tout le moins, de l’admettre, au besoin en surnombre, en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 2 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’université la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
II. Par une requête enregistrée le 28 août 2026 sous le numéro 2617922, M. B... E..., représenté par Mes Maujeul et Alluaume, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision lui refusant l’admission en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique (MMOPK), « révélée par la délibération du 6 juillet 2026 du jury d’admission MMOPK de l’université de Nantes », ensemble de cette délibération arrêtant, par ordre de mérite, la liste principale et la liste complémentaire des candidats admis en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie, et maïeutique et de la première année d'études préparatoires au diplôme d'État de masseur kinésithérapeute dans son ensemble ou, à titre subsidiaire, en tant qu’elle refuse de l’admettre, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d’enjoindre à l’université de Nantes de réexaminer sa situation et sa demande d’être inscrit à titre provisoire dans l’attente du jugement au fond en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, le cas échéant en réunissant à nouveau le jury d'admission ou, à tout le moins, de l’admettre, au besoin en surnombre, en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 2 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’université la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
III. Par une requête enregistrée le 28 août 2026 sous le numéro 2617924, M. I... C..., représenté par Mes Maujeul et Alluaume, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision lui refusant l’admission en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique (MMOPK), « révélée par la délibération du 6 juillet 2026 du jury d’admission MMOPK de l’université de Nantes », ensemble de cette délibération arrêtant, par ordre de mérite, la liste principale et la liste complémentaire des candidats admis en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie, et maïeutique et de la première année d'études préparatoires au diplôme d'État de masseur kinésithérapeute dans son ensemble ou, à titre subsidiaire, en tant qu’elle refuse de l’admettre, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d’enjoindre à l’université de Nantes de réexaminer sa situation et sa demande d’être inscrit à titre provisoire dans l’attente du jugement au fond en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, le cas échéant en réunissant à nouveau le jury d'admission ou, à tout le moins, de l’admettre, au besoin en surnombre, en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 2 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’université la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
IV. Par une requête enregistrée le 28 août 2026 sous le numéro 2617925, Mme H... A..., représentée par Mes Maujeul et Alluaume, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision lui refusant l’admission en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique (MMOPK), « révélée par la délibération du 6 juillet 2026 du jury d’admission MMOPK de l’université de Nantes », ensemble de cette délibération arrêtant, par ordre de mérite, la liste principale et la liste complémentaire des candidats admis en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie, et maïeutique et de la première année d'études préparatoires au diplôme d'État de masseur kinésithérapeute dans son ensemble ou, à titre subsidiaire, en tant qu’elle refuse de l’admettre, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d’enjoindre à l’université de Nantes de réexaminer sa situation et sa demande d’être inscrite à titre provisoire dans l’attente du jugement au fond en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, le cas échéant en réunissant à nouveau le jury d'admission ou, à tout le moins, de l’admettre, au besoin en surnombre, en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 2 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’université la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
V. Par une requête enregistrée le 28 août 2026 sous le numéro 2617926, Mme D... J..., représentée par Mes Maujeul et Alluaume, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision lui refusant l’admission en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique (MMOPK), « révélée par la délibération du 6 juillet 2026 du jury d’admission MMOPK de l’université de Nantes », ensemble de cette délibération arrêtant, par ordre de mérite, la liste principale et la liste complémentaire des candidats admis en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie, et maïeutique et de la première année d'études préparatoires au diplôme d'État de masseur kinésithérapeute dans son ensemble ou, à titre subsidiaire, en tant qu’elle refuse de l’admettre, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d’enjoindre à l’université de Nantes de réexaminer sa situation et sa demande d’être inscrite à titre provisoire dans l’attente du jugement au fond en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, le cas échéant en réunissant à nouveau le jury d'admission ou, à tout le moins, de l’admettre, au besoin en surnombre, en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK, dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 2 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’université la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Ils et elles soutiennent que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors qu’elles et ils sont empêchés de passer en deuxième année et de poursuivre leur parcours universitaire alors que leur moyenne est supérieure à celle obtenue par le premier candidat admis sur liste complémentaire, que le nombre de candidatures aux formations de santé est strictement limité à deux, que la rentrée universitaire est imminente et qu’aucun intérêt public ne s’oppose, compte tenu de la suppression du numerus clausus, à la suspension de l’exécution d’une décision dont l’illégalité manifeste n’est pas contestée par l’université ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
• le jury, qui s’est fondé sur un motif étranger à l’appréciation des mérites des candidats, a méconnu l’objet et les limites de sa compétence et entaché sa délibération d’erreur de droit,
• il a méconnu la portée de la sanction disciplinaire qui leur a été infligée et mal apprécié les faits de l’espèce, toutes les conditions auxquelles est subordonnée leur admission par ordre de mérite étant satisfaites,
• il a méconnu le principe non bis in idem en opposant un refus caractérisant une sanction déguisée,
• il a méconnu le principe d’égalité entre les candidats en leur appliquant un traitement différencié, fondé sur un critère étranger au seul critère légal du mérite.
Par des mémoires en défense enregistrés le 14 septembre 2026, l’université de Nantes, représentée par sa présidente en exercice et par Me Marchand, conclut au rejet des requêtes.
Elle fait valoir que le jury, auquel elle a demandé le 7 juillet 2026 de se réunir à nouveau et de revenir sur la décision de refus de classement des étudiants sanctionnés le 30 juin 2026 d’une exclusion de six mois dont cinq avec sursis, a refusé d’y procéder et a manifesté son désaccord avec la position adoptée lors de la précédente instance introduite, constate qu’il existe un désaccord entre eux sur la portée de l’article 11 de l’arrêté du 4 novembre 2019 s’agissant du classement des étudiants par ordre de mérite et relève que le principe de souveraineté du jury fait obstacle « à tout pouvoir de décision de la présidente ».
Vu :
- la décision attaquée ;
- les requêtes n°s 2614700, 2614701, 2614702, 2614703 et 2614704 enregistrées le 10 juillet 2026 par lesquelles M. F... et autres demandent l’annulation de la décision susvisée ;
- les ordonnances n°s 2614570, 2614571, 2614572, 2614573 et 2614574, du 6 août 2026 ;
- les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code de l’éducation ;
- l’arrêté du 4 novembre 2019 relatif à l'accès aux formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné Mlle Wunderlich, vice-présidente, pour statuer en matière de référés.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 14 septembre 2026, à laquelle les parties ont été régulièrement convoquées :
- le rapport de Mlle Wunderlich, vice-présidente,
- les observations de Me Alluaume, représentant M. F..., en présence d’un certain nombre de parents,
- et celles de Me Couetoux du Tertre, représentant l’université de Nantes.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Des notes en délibéré enregistrées le 22 septembre 2026, présentées pour les requérantes et requérants, n’ont pas été communiquées.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
2. Les requêtes n°s 2617921, 2617922, 2617924, 2617925 et 2617926 présentées pour MM. G... F..., B... E... et I... C... et Mmes H... A... et D... J... présentent à juger des questions semblables et ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
3. D’une part, il n’est pas contesté que le refus du jury d’admission en deuxième année du cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique d’inscrire les intéressés sur la liste des étudiants qu’il a arrêtée, par ordre de mérite (liste principale et liste complémentaire) pour chacun des parcours le 6 juillet 2026 alors que leur note finale est supérieure à celle du premier inscrit sur la liste complémentaire porte une atteinte grave et immédiate à la situation de MM. F..., E... et C... et Mmes A... et J.... La présidente de l’université de Nantes, qui indique que les capacités d’accueil en deuxième année peuvent être augmentées à fin de permettre l’admission en surnombre de cinq étudiants, n’invoque par ailleurs aucun intérêt public qui s’opposerait à la suspension de l’exécution des décisions litigieuses. Dès lors, la condition tenant à l’urgence doit, en l’espèce, être regardée comme remplie.
4. D’autre part, le moyen tiré de ce que le jury ne pouvait pas, au vu des notes obtenues par les candidats, refuser de classer MM. F..., E... et C... et Mmes A... et J... pour un motif tiré du « parcours des étudiants », entaché d’une sanction pour fraude, paraît propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
5. Dans ces conditions, il y a lieu de suspendre l’exécution de la délibération du 6 juillet 2026 arrêtant la liste des candidats admis en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie, et maïeutique en tant qu’elle ne comporte pas les noms de MM. F..., E... et C... et Mmes A... et J... et d’enjoindre au président du jury de procéder, dans le délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu’une astreinte ne soit toutefois nécessaire, à leur inscription sur cette liste à titre provisoire dans l’attente des jugements au fond, ensuite de quoi il appartiendra à la présidente de l’université de Nantes, après s’être assurée de l’augmentation des capacités d’accueil 2026‑2027 en deuxième année du premier cycle des formations MMOPK parcours LAS, de les autoriser à s’inscrire, à titre provisoire, en deuxième année pour l’année universitaire 2026-2027.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’université de Nantes une somme de 500 euros chacun au titre des frais respectivement exposés par MM. F..., E... et C... et Mmes A... et J... et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er :
L’exécution de la délibération du 6 juillet 2026 arrêtant la liste principale des candidats admis en deuxième année du premier cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie, et maïeutique est suspendue en tant qu’elle ne comporte pas les noms de MM. F..., E... et C... et Mmes A... et J....
Article 2 :
Il est enjoint au président du jury de procéder à l’inscription à titre provisoire sur cette liste de MM. F..., E... et C... et Mmes A... et J... dans le délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 :
L’université de Nantes versera à MM. F..., E... et C... et Mmes A... et J... une somme de 500 euros (cinq cents euros) chacun au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :
Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 :
La présente ordonnance sera notifiée à MM. G... F..., B... E... et I... C... et Mmes H... A... et D... J... et à l’université de Nantes.
Fait à Nantes, le 1er octobre 2026.
La vice-présidente, juge des référés,
A.-C. Wunderlich
La greffière,
J. Dionis
La République mande et ordonne au ministre chargé de l’enseignement supérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Décisions similaires
TA95Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2600300
01/10/2026
TA78Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2612179
01/10/2026
TA78Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2604311
01/10/2026
TA78Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2603832
01/10/2026