Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2618937
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2618937 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SOUIDI |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 septembre 2026, Mme A... B..., représentée par Me Souidi, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté le recours contre la décision du 4 juin 2026 des autorités consulaires françaises à Dakar (Sénégal) refusant de délivrer un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B..., ensemble la suspension de l’exécution de cette décision consulaire ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’Intérieur, ou à toute autorité compétente, de procéder au réexamen de la demande de visa de la requérante et, le cas échéant, de délivrer le visa de long séjour sollicité au titre du regroupement familial, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur ou à toute autorité compétente de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard et de justifier de la suppression de toute mention de cette décision dans le système national des visas (SNV), le traitement VISABIO et, le cas échéant, dans le système d’information Schengen (SIS) et le système d’information sur les visas (VIS), dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée fait perdurer la séparation de la famille alors que le regroupement familial a été autorisé par le préfet du Raincy et que son fils aîné réside en France ; compte tenu des délais d’audiencement de l’affaire au fond, alors qu’elle a été diligente dans toutes ses démarches et qu’aucun intérêt public ne s’oppose à la suspension sollicitée ; l’inscription de ce refus dans le SNV et dans le traitement VISABIO affecte négativement sa situation dans l’ensemble de l’espace Schengen ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d’une erreur de droit en ce qu’elle méconnaît les règles de charge de la preuve et de présomption de validité des actes d’état civil étrangers posées par les articles L. 111-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et 47 du code civil ;
* elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard du contrôle normal exercé par le juge en matière de regroupement familial autorisé ;
* elle méconnaît les dispositions de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Le ministre de l’intérieur, qui a reçu communication de la requête, n’a pas produit d’observations en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 11 septembre 2026 sous le numéro 2618993 par laquelle Mme B... demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Marowski, juge des référés a été entendu au cours de l’audience publique du 28 septembre 2026 à 14h30 :
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a implicitement rejeté le recours contre la décision du 4 juin 2026 par laquelle les autorités consulaires françaises à Dakar ont refusé de délivrer un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B..., ensemble la suspension de l’exécution de cette décision consulaire.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
En ce qui concerne la condition d’urgence :
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence s’apprécie objectivement compte tenu de l’ensemble des circonstances de chaque espèce.
4. La décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté le recours contre la décision du 4 juin 2026 par laquelle les autorités consulaires françaises à Dakar (Sénégal) ont refusé de délivrer un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B..., ensemble cette décision consulaire dont Mme B... demande la suspension ont pour effet de prolonger la séparation familiale. Dans ces conditions, la décision attaquée porte ainsi atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation pour que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative soit regardée comme remplie.
En ce qui concerne la condition tenant à l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
5. Les moyens invoqués par Mme B... à l’appui de sa demande de suspension et tirés de l’erreur de droit et de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales sont, en l’état de l’instruction, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de suspendre l’exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté le recours contre la décision du 4 juin 2026 par laquelle les autorités consulaires françaises à Dakar (Sénégal) ont refusé de délivrer un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B..., laquelle s’est entièrement substituée à la décision consulaire.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
7. L’exécution de la présente ordonnance implique nécessairement, dans les circonstances de l’espèce, d’enjoindre au ministre de l’intérieur de réexaminer la situation de Mme B..., dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu’il soit besoin d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés à l’instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat, une somme de 800 euros (huit cents euros) au titre des frais exposés par Mme B... et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L’exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté le recours contre la décision du 4 juin 2026 par laquelle les autorités consulaires françaises à Dakar (Sénégal) ont refusé de délivrer un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B... est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l’intérieur de réexaminer la situation de Mme B... dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance
Article 3 : L’Etat versera à Mme B... la somme de 800 euros (huit cents euros) au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
Y. Marowski
La greffière,
J. Dionis
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Par une requête, enregistrée le 11 septembre 2026, Mme A... B..., représentée par Me Souidi, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté le recours contre la décision du 4 juin 2026 des autorités consulaires françaises à Dakar (Sénégal) refusant de délivrer un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B..., ensemble la suspension de l’exécution de cette décision consulaire ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’Intérieur, ou à toute autorité compétente, de procéder au réexamen de la demande de visa de la requérante et, le cas échéant, de délivrer le visa de long séjour sollicité au titre du regroupement familial, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur ou à toute autorité compétente de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard et de justifier de la suppression de toute mention de cette décision dans le système national des visas (SNV), le traitement VISABIO et, le cas échéant, dans le système d’information Schengen (SIS) et le système d’information sur les visas (VIS), dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée fait perdurer la séparation de la famille alors que le regroupement familial a été autorisé par le préfet du Raincy et que son fils aîné réside en France ; compte tenu des délais d’audiencement de l’affaire au fond, alors qu’elle a été diligente dans toutes ses démarches et qu’aucun intérêt public ne s’oppose à la suspension sollicitée ; l’inscription de ce refus dans le SNV et dans le traitement VISABIO affecte négativement sa situation dans l’ensemble de l’espace Schengen ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d’une erreur de droit en ce qu’elle méconnaît les règles de charge de la preuve et de présomption de validité des actes d’état civil étrangers posées par les articles L. 111-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et 47 du code civil ;
* elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard du contrôle normal exercé par le juge en matière de regroupement familial autorisé ;
* elle méconnaît les dispositions de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Le ministre de l’intérieur, qui a reçu communication de la requête, n’a pas produit d’observations en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 11 septembre 2026 sous le numéro 2618993 par laquelle Mme B... demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Marowski, juge des référés a été entendu au cours de l’audience publique du 28 septembre 2026 à 14h30 :
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a implicitement rejeté le recours contre la décision du 4 juin 2026 par laquelle les autorités consulaires françaises à Dakar ont refusé de délivrer un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B..., ensemble la suspension de l’exécution de cette décision consulaire.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
En ce qui concerne la condition d’urgence :
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence s’apprécie objectivement compte tenu de l’ensemble des circonstances de chaque espèce.
4. La décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté le recours contre la décision du 4 juin 2026 par laquelle les autorités consulaires françaises à Dakar (Sénégal) ont refusé de délivrer un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B..., ensemble cette décision consulaire dont Mme B... demande la suspension ont pour effet de prolonger la séparation familiale. Dans ces conditions, la décision attaquée porte ainsi atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation pour que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative soit regardée comme remplie.
En ce qui concerne la condition tenant à l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
5. Les moyens invoqués par Mme B... à l’appui de sa demande de suspension et tirés de l’erreur de droit et de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales sont, en l’état de l’instruction, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de suspendre l’exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté le recours contre la décision du 4 juin 2026 par laquelle les autorités consulaires françaises à Dakar (Sénégal) ont refusé de délivrer un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B..., laquelle s’est entièrement substituée à la décision consulaire.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
7. L’exécution de la présente ordonnance implique nécessairement, dans les circonstances de l’espèce, d’enjoindre au ministre de l’intérieur de réexaminer la situation de Mme B..., dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu’il soit besoin d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés à l’instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat, une somme de 800 euros (huit cents euros) au titre des frais exposés par Mme B... et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L’exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté le recours contre la décision du 4 juin 2026 par laquelle les autorités consulaires françaises à Dakar (Sénégal) ont refusé de délivrer un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B... est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l’intérieur de réexaminer la situation de Mme B... dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance
Article 3 : L’Etat versera à Mme B... la somme de 800 euros (huit cents euros) au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
Y. Marowski
La greffière,
J. Dionis
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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