Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2618975
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2618975 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 septembre 2026, Mme A... B... demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 25 août 2026 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique l’a informée qu’il octroyait aux commissaires de justice le concours des forces de l’ordre, à compter du 10 septembre 2026, en vue de l’exécution du jugement ordonnant son expulsion du logement qu’elle occupe, situé 7 Quai Ferdinand Favre à Nantes ;
2°) dire que la suspension s’appliquera au minimum jusqu’à ce que le juge de l’exécution ait rendu sa décision suite à l’audience.
Ils soutiennent que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que la police peut procéder à leur expulsion à tout moment, depuis le 10 septembre 2026 ; par ailleurs, ils sont en situation de vulnérabilité médicale faisant obstacle à leur expulsion, Mme B... en raison de son arthrose sévère des deux épaules, de ses prothèses aux genoux, et de sa situation de handicap reconnu, et M. B... en raison de ses troubles psychiatriques graves et de sa démence nécessitant un suivi lourd ; l’expulsion aggraverait leur état de santé, alors qu’ils ne disposent d’aucune solution alternative de logement adapté à leurs handicaps respectifs ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, dès lors qu’elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation : leurs états de santé respectifs et l’absence de solution de relogement ne sont pas pris en compte ; par ailleurs, un délai supplémentaire avant expulsion a été demandé au juge de l’exécution, l’audience doit se tenir le 21 septembre 2026.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2026, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d’urgence n’est pas remplie ;
- la décision n’est pas un acte faisant grief susceptible d’être soumis au juge administratif ;
- aucun des moyens soulevés par les requérants n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Les parties sont informées, lors de l’audience, qu’en application des articles R. 611-7 du code de justice administrative, la décision à intervenir est susceptible d’être fondée sur le moyen relevé d’office tiré de l’irrecevabilité de la requête en l’absence de recours au fond tendant à l’annulation de la décision attaquée, en méconnaissance des dispositions de l’article R.522-1 du code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 28 septembre 2026 à 14H00 :
- le rapport de M. Marowski, juge des référés,
- les observations de Mme B....
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 25 août 2026 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique l’a informée qu’il octroyait aux commissaires de justice le concours des forces de l’ordre, à compter du 10 septembre 2026, en vue de l’exécution du jugement ordonnant son expulsion du logement qu’elle occupe, situé 7 Quai Ferdinand Favre à Nantes.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, « quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ».
3. Aux termes de l’article L. 153-1 du code des procédures civiles d’exécution : « L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. Le refus de l'Etat de prêter son concours ouvre droit à réparation ». Aux termes de l’article L. 153‑2 du même code : « L'huissier de justice chargé de l'exécution peut requérir le concours de la force publique ». Aux termes de l’article R. 153-1 du même code : « Si l’huissier de justice est dans l’obligation de requérir le concours de la force publique, il s’adresse au préfet / La réquisition contient une copie du dispositif du titre exécutoire. Elle est accompagnée d’un exposé des diligences auxquelles l’huissier de justice a procédé et des difficultés d’exécution. Toute décision de refus de l’autorité compétente est motivée. Le défaut de réponse dans un délai de deux mois équivaut à un refus. »
4. Il résulte des dispositions précitées que le représentant de l’Etat, saisi d’une demande en ce sens, doit prêter le concours de la force publique en vue de l’exécution des décisions de justice ayant force exécutoire. Seules des considérations impérieuses tenant à la sauvegarde de l’ordre public, ou des circonstances postérieures à une décision de justice ordonnant l’expulsion d’occupants d’un local, faisant apparaître que l’exécution de cette décision serait de nature à porter atteinte à la dignité de la personne humaine, peuvent légalement justifier, sans qu’il soit porté atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, le refus de prêter le concours de la force publique. En cas d’octroi de la force publique, il appartient au juge de rechercher si l’appréciation à laquelle s’est livrée l’administration sur la nature et l’ampleur des troubles à l’ordre public susceptibles d’être engendrés par sa décision ou sur les conséquences de l’expulsion des occupants compte tenu de la survenance de circonstances postérieures à la décision de justice l’ayant ordonné, n’est pas entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.
5. En l’état de l’instruction, aucun des moyens invoqués par Mme B..., tels qu’énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l’état de l’instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
6. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence et sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le préfet de la Loire-Atlantique, de rejeter la requête de Mme B... en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
Y. Marowski
La greffière,
L. Lécuyer
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Par une requête enregistrée le 12 septembre 2026, Mme A... B... demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 25 août 2026 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique l’a informée qu’il octroyait aux commissaires de justice le concours des forces de l’ordre, à compter du 10 septembre 2026, en vue de l’exécution du jugement ordonnant son expulsion du logement qu’elle occupe, situé 7 Quai Ferdinand Favre à Nantes ;
2°) dire que la suspension s’appliquera au minimum jusqu’à ce que le juge de l’exécution ait rendu sa décision suite à l’audience.
Ils soutiennent que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que la police peut procéder à leur expulsion à tout moment, depuis le 10 septembre 2026 ; par ailleurs, ils sont en situation de vulnérabilité médicale faisant obstacle à leur expulsion, Mme B... en raison de son arthrose sévère des deux épaules, de ses prothèses aux genoux, et de sa situation de handicap reconnu, et M. B... en raison de ses troubles psychiatriques graves et de sa démence nécessitant un suivi lourd ; l’expulsion aggraverait leur état de santé, alors qu’ils ne disposent d’aucune solution alternative de logement adapté à leurs handicaps respectifs ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, dès lors qu’elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation : leurs états de santé respectifs et l’absence de solution de relogement ne sont pas pris en compte ; par ailleurs, un délai supplémentaire avant expulsion a été demandé au juge de l’exécution, l’audience doit se tenir le 21 septembre 2026.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2026, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d’urgence n’est pas remplie ;
- la décision n’est pas un acte faisant grief susceptible d’être soumis au juge administratif ;
- aucun des moyens soulevés par les requérants n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Les parties sont informées, lors de l’audience, qu’en application des articles R. 611-7 du code de justice administrative, la décision à intervenir est susceptible d’être fondée sur le moyen relevé d’office tiré de l’irrecevabilité de la requête en l’absence de recours au fond tendant à l’annulation de la décision attaquée, en méconnaissance des dispositions de l’article R.522-1 du code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 28 septembre 2026 à 14H00 :
- le rapport de M. Marowski, juge des référés,
- les observations de Mme B....
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 25 août 2026 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique l’a informée qu’il octroyait aux commissaires de justice le concours des forces de l’ordre, à compter du 10 septembre 2026, en vue de l’exécution du jugement ordonnant son expulsion du logement qu’elle occupe, situé 7 Quai Ferdinand Favre à Nantes.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, « quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ».
3. Aux termes de l’article L. 153-1 du code des procédures civiles d’exécution : « L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. Le refus de l'Etat de prêter son concours ouvre droit à réparation ». Aux termes de l’article L. 153‑2 du même code : « L'huissier de justice chargé de l'exécution peut requérir le concours de la force publique ». Aux termes de l’article R. 153-1 du même code : « Si l’huissier de justice est dans l’obligation de requérir le concours de la force publique, il s’adresse au préfet / La réquisition contient une copie du dispositif du titre exécutoire. Elle est accompagnée d’un exposé des diligences auxquelles l’huissier de justice a procédé et des difficultés d’exécution. Toute décision de refus de l’autorité compétente est motivée. Le défaut de réponse dans un délai de deux mois équivaut à un refus. »
4. Il résulte des dispositions précitées que le représentant de l’Etat, saisi d’une demande en ce sens, doit prêter le concours de la force publique en vue de l’exécution des décisions de justice ayant force exécutoire. Seules des considérations impérieuses tenant à la sauvegarde de l’ordre public, ou des circonstances postérieures à une décision de justice ordonnant l’expulsion d’occupants d’un local, faisant apparaître que l’exécution de cette décision serait de nature à porter atteinte à la dignité de la personne humaine, peuvent légalement justifier, sans qu’il soit porté atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, le refus de prêter le concours de la force publique. En cas d’octroi de la force publique, il appartient au juge de rechercher si l’appréciation à laquelle s’est livrée l’administration sur la nature et l’ampleur des troubles à l’ordre public susceptibles d’être engendrés par sa décision ou sur les conséquences de l’expulsion des occupants compte tenu de la survenance de circonstances postérieures à la décision de justice l’ayant ordonné, n’est pas entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.
5. En l’état de l’instruction, aucun des moyens invoqués par Mme B..., tels qu’énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l’état de l’instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
6. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence et sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le préfet de la Loire-Atlantique, de rejeter la requête de Mme B... en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
Y. Marowski
La greffière,
L. Lécuyer
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Décisions similaires
TA95Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2600300
01/10/2026
TA78Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2612179
01/10/2026
TA78Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2604311
01/10/2026
TA78Excès de pouvoir
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2603832
01/10/2026