Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2619237
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2619237 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 septembre 2026, M. C... A... demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les refus de visa d’entrée en France a implicitement rejeté, le 1er juin 2026, le recours formé contre la décision des autorités consulaires à Dakar du 18 mars 2026 refusant la délivrance d’un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B... A... ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de procéder à un nouvel examen de la demande de visa litigieuse dans des conditions de délai et d’astreinte fixées par le juge.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que le requérant s’est montré diligent dans toutes ses démarches ; la décision fait perdurer la séparation du couple alors que le regroupement familial a été accordé ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* la décision est entachée d’une erreur d’appréciation au regard de l’authenticité des documents d’état civil produits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2026, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d’urgence n’est pas remplie ; le requérant a manqué de diligences pour saisir le juge des référés ; alors que le mariage a été célébré en 2023, la demande de visa n’a été formulée qu’en juin 2025 ;
- aucun des moyens soulevés par M. A..., n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* les documents d’état civil produits ne sont pas conformes aux dispositions du code de la famille sénégalais ;
* le lien entre les époux n’est pas établi ;
* les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ne sont pas méconnues.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 10 juin 2026 sous le numéro 2612145 par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 28 septembre 2026 à 14h30 :
- le rapport de M. Marowski, juge des référés ;
- les observations de M. A....
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les refus de visa d’entrée en France a implicitement rejeté, le 1er juin 2026, le recours formé contre la décision des autorités consulaires à Dakar du 18 mars 2026 refusant la délivrance d’un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B... A....
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
En ce qui concerne la condition d’urgence :
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence s’apprécie objectivement compte tenu de l’ensemble des circonstances de chaque espèce.
4. La décision par laquelle la commission de recours contre les refus de visa d’entrée en France a implicitement rejeté, le 1er juin 2026, le recours formé contre la décision des autorités consulaires à Dakar du 18 mars 2026 refusant la délivrance d’un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B... A... dont M. A... demande la suspension a pour effet de prolonger la séparation du couple. Dans ces conditions, la décision attaquée porte ainsi atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation pour que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative soit regardée comme remplie.
En ce qui concerne la condition tenant à l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
5. Le moyen invoqué par M. A... à l’appui de sa demande de suspension et tiré de l’erreur d’appréciation quant à l’authenticité des documents d’état civil produits est, en l’état de l’instruction, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de suspendre l’exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les refus de visa d’entrée en France a implicitement rejeté, le 1er juin 2026, le recours formé contre la décision des autorités consulaires à Dakar du 18 mars 2026 refusant la délivrance d’un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B... A....
Sur les conclusions à fin d’injonction :
7. L’exécution de la présente ordonnance implique nécessairement, dans les circonstances de l’espèce, d’enjoindre au ministre de l’intérieur de réexaminer la demande de visa litigieuse, dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu’il soit besoin d’assortir cette injonction d’une astreinte.
O R D O N N E :
Article 1er : L’exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les refus de visa d’entrée en France a implicitement rejeté, le 1er juin 2026, le recours formé contre la décision des autorités consulaires à Dakar du 18 mars 2026 refusant la délivrance d’un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B... A... est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l’intérieur de réexaminer la demande de visa litigieuse, dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... et au ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
Y. Marowski
La greffière,
J. Dionis
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Par une requête, enregistrée le 15 septembre 2026, M. C... A... demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les refus de visa d’entrée en France a implicitement rejeté, le 1er juin 2026, le recours formé contre la décision des autorités consulaires à Dakar du 18 mars 2026 refusant la délivrance d’un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B... A... ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de procéder à un nouvel examen de la demande de visa litigieuse dans des conditions de délai et d’astreinte fixées par le juge.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que le requérant s’est montré diligent dans toutes ses démarches ; la décision fait perdurer la séparation du couple alors que le regroupement familial a été accordé ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* la décision est entachée d’une erreur d’appréciation au regard de l’authenticité des documents d’état civil produits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2026, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d’urgence n’est pas remplie ; le requérant a manqué de diligences pour saisir le juge des référés ; alors que le mariage a été célébré en 2023, la demande de visa n’a été formulée qu’en juin 2025 ;
- aucun des moyens soulevés par M. A..., n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* les documents d’état civil produits ne sont pas conformes aux dispositions du code de la famille sénégalais ;
* le lien entre les époux n’est pas établi ;
* les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ne sont pas méconnues.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 10 juin 2026 sous le numéro 2612145 par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 28 septembre 2026 à 14h30 :
- le rapport de M. Marowski, juge des référés ;
- les observations de M. A....
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les refus de visa d’entrée en France a implicitement rejeté, le 1er juin 2026, le recours formé contre la décision des autorités consulaires à Dakar du 18 mars 2026 refusant la délivrance d’un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B... A....
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
En ce qui concerne la condition d’urgence :
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence s’apprécie objectivement compte tenu de l’ensemble des circonstances de chaque espèce.
4. La décision par laquelle la commission de recours contre les refus de visa d’entrée en France a implicitement rejeté, le 1er juin 2026, le recours formé contre la décision des autorités consulaires à Dakar du 18 mars 2026 refusant la délivrance d’un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B... A... dont M. A... demande la suspension a pour effet de prolonger la séparation du couple. Dans ces conditions, la décision attaquée porte ainsi atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation pour que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative soit regardée comme remplie.
En ce qui concerne la condition tenant à l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
5. Le moyen invoqué par M. A... à l’appui de sa demande de suspension et tiré de l’erreur d’appréciation quant à l’authenticité des documents d’état civil produits est, en l’état de l’instruction, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de suspendre l’exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les refus de visa d’entrée en France a implicitement rejeté, le 1er juin 2026, le recours formé contre la décision des autorités consulaires à Dakar du 18 mars 2026 refusant la délivrance d’un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B... A....
Sur les conclusions à fin d’injonction :
7. L’exécution de la présente ordonnance implique nécessairement, dans les circonstances de l’espèce, d’enjoindre au ministre de l’intérieur de réexaminer la demande de visa litigieuse, dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu’il soit besoin d’assortir cette injonction d’une astreinte.
O R D O N N E :
Article 1er : L’exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les refus de visa d’entrée en France a implicitement rejeté, le 1er juin 2026, le recours formé contre la décision des autorités consulaires à Dakar du 18 mars 2026 refusant la délivrance d’un visa long séjour au titre du regroupement familial à Mme B... A... est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l’intérieur de réexaminer la demande de visa litigieuse, dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... et au ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
Y. Marowski
La greffière,
J. Dionis
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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