Site expérimental.Les contenus sont rédigés avec l'aide d'une intelligence artificielle, qui peut se tromper. Si vous voyez une information fausse, merci de nous prévenir à contact@meilleuravocats.fr : nous corrigeons rapidement. Notre objectif est d'aider les avocats et les professionnels, jamais de leur nuire.

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2619946

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2619946
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSOUIDI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 24 et 28 septembre 2026, M. A... B..., représenté par Me Souidi, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 14 août 2026 par laquelle l’ambassade de France à Cotonou a refusé de lui délivrer un visa de long séjour pour études ;
2°) d’enjoindre au ministre de l'Intérieur et à la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France de réexaminer la demande de visa au regard des motifs de l'ordonnance à intervenir, dans un délai de quinze jours à compter de sa notification, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, cette mesure valant au plus tard jusqu'à l'intervention de la décision prise sur le recours préalable ;
3°) d’enjoindre au ministre de l'Intérieur de justifier, dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, de l'absence ou de la suppression de toute mention relative à M. B... et à la décision de refus de visa au fichier VISABIO et au Système d'information Schengen (SIS), ainsi qu'au Système d'information sur les visas (VIS) et au Système national des visas (SNV) ;
4°) d’ordonner la production de tout acte portant délégation de signature au bénéfice de l’agent consulaire signataire de la décision attaquée ;
5°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- la condition d’urgence est satisfaite ; il est inscrit en « Master in Management» auprès de l’établissement Clermont School of Business pour deux années du 28 août 2026 au 28 août 2028 ; l’inscription ne peut être reportée ; il a exposé des frais ; la décision méconnaît le droit de l’Union européenne ; elle lui porte préjudice ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu les pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes de l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (…) ». Aux termes de l’article L. 522-3 dudit code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».

2. Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l’espèce, être déférée au juge qu’après l’exercice d’un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l’urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l’administration ait statué sur le recours introduit devant elle.

3. En l’espèce, les circonstances invoquées par M. B..., ressortissant béninois né le 12 juin 1989, qui demande la suspension de l’exécution de la décision consulaire sans attendre que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France ait statué sur le recours dont il l’a saisie par un courrier expédié le 17 septembre 2026, selon lesquelles il est inscrit en « Master in Management» auprès de l’établissement Clermont School of Business pour deux années du 28 août 2026 au 28 août 2028, que l’inscription ne peut être reportée, qu’il a exposé des frais, que la décision méconnaît le droit de l’Union européenne et qu’elle lui porte préjudice sont insuffisantes à caractériser une situation d’urgence particulière, telle qu’évoquée au point 2, justifiant la suspension des effets de la décision litigieuse avant naissance de la décision de la commission, quand bien même celle-ci serait postérieure à la date de la rentrée. En effet, il ne résulte aucunement de l’instruction, alors que l’octroi d’un visa de long séjour pour études ne constitue pas un droit et qu’il n’est pas sérieusement démontré que le requérant ne pourrait pas poursuivre ses études dans son pays d’origine ou bénéficier d’un report d’inscription à l’année académique suivante, que le refus de visa consulaire porte atteinte de manière grave et immédiate à la situation de M. B....

4. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application de la procédure prévue aux dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



ORDONNE :



Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.


Fait à Nantes, le 1er octobre 2026.

Le juge des référés,




Y. Marowski

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,