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Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2620046

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2620046
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDANDALEIX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2026, M. D... A... et Mme B... E... A..., agissant en qualité de représentants légaux de leur enfant mineure C... A..., représentés par Me Dandaleix, demandent au juge des référés :

1°) sur le fondement de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du 26 août 2026 par laquelle l’ambassade de France à Belgrade (Serbie) a refusé la délivrance d’un visa de long séjour en vue de la scolarisation de l’enfant C... A... ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur, à titre principal, de délivrer le visa sollicité dans le délai de quinze jours à compter de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de la demande de visa, dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 800 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :
- la condition d’urgence est satisfaite compte tenu de ce que la rentrée académique est déjà intervenue, que le refus de visa compromet l’année scolaire C... ainsi que la continuité du cursus de deux années auquel elle a été admise, alors qu’elle justifie de la cohérence et du sérieux de son projet d’études et qu’ils ont accompli en temps utile l’ensemble des diligences nécessaires à l’obtention de son visa ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :
- la décision attaquée ;
- le recours administratif préalable obligatoire dont les requérants ont saisi la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France le 24 septembre 2026 ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.

2. Aux termes de l’article D. 312‑3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. (…). / La saisine de [cette] autorité (…) est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Ce recours administratif doit, en vertu de l’article D. 312‑4 du même code, être formé dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa.

3. Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l’espèce, être déférée au juge qu’après l’exercice d’un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l’urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l’administration ait statué sur le recours introduit devant elle.

4. Les circonstances, invoquées par les requérants, qui demandent la suspension de l’exécution de la décision prise le 26 août 2026 par l’autorité consulaire sans attendre que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France (CRRV) ait statué sur le recours dont ils justifient l’avoir saisie le 24 septembre 2026, tenant à ce que la rentrée à la Kingsworth International School, où leur fille est inscrite en classe de première (11ème année), a eu lieu le 1er septembre 2026 et à la cohérence et au sérieux de son parcours académique, sont insuffisantes pour caractériser une situation d’urgence particulière, telle qu’évoquée au point 3, justifiant la suspension des effets de la décision litigieuse avant l’intervention de la décision de la CRRV, quand bien même celle-ci serait postérieure à la date de la rentrée. Il ne ressort en effet d’aucune des pièces du dossier, alors que la date de la rentrée scolaire est désormais dépassée, que l’octroi d’un visa de long séjour pour études ne constitue pas un droit et qu’il n’est pas établit que l’intéressée ne pourrait pas poursuivre ses études dans son pays d’origine ou bénéficier d’un report d’inscription à l’année académique suivante, que le refus de visa consulaire porte atteinte de manière grave et immédiate à la situation C... A..., alors que la décision de la CRRV interviendra au plus tard le 24 novembre 2026.

5. Il y a lieu, par suite, de faire application de l’article L. 522‑3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.



O R D O N N E :


Article 1er :
La requête de M. A... et Mme E... A... est rejetée.

Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. D... A... et Mme B... E... A....

Fait à Nantes, le 1er octobre 2026.

La juge des référés,





I. Zerdoud

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,