vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2000562 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL WALTER & GARANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 février 2020, Mme C A, représentée par Me Anne Berthelot, avocate, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018 et 2019 dans les rôles de la commune de Tours (Indre-et-Loire) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il ressort des diagnostics techniques qu'elle a fait établir que le calcul de la surface pondérée du local par l'administration est erroné ; l'appartement est d'une surface de 87 m² et non de 90 m² et les surfaces des parkings couverts ne sont pas de 13 m² mais de 12,02 et 11,35 m² ;
- le coefficient d'entretien de 1,20 retenu par l'administration doit être remplacé par un coefficient de 1 compte tenu de la vétusté de certains des équipements de l'immeuble, son insuffisante isolation thermique et un système de chauffage de l'appartement devenu obsolète ;
- le coefficient de situation particulière doit être ramené à 0,90 dès lors qu'il est établi que le coefficient d'entretien à retenir doit être de 1 et non de 1,20.
Par un mémoire enregistré le 27 juillet 2020, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la surface retenue dans le cadre des diagnostics auxquels a fait procédé la requérante est fondée sur la " loi Carrez " alors que la surface à retenir en matière fiscale n'est pas calculée au regard de la " loi Carrez " mais est mesurée au sol entre murs ou séparations et arrondie au m² inférieur conformément aux dispositions de l'article 324 M de l'annexe III au code général des impôts ; par ailleurs, le service a retenu les superficies indiquées dans le plan de copropriété ainsi que dans les déclarations H2 initiales souscrites par le promoteur de l'immeuble ;
- le coefficient d'entretien de l'immeuble a été déterminé conformément au barème figurant à l'article 324 Q de l'annexe III au code général des impôts et la requérante n'établit pas que son appartement, compte tenu de sa vétusté, nécessiterait des travaux de réparation notamment de ses huisseries ; par ailleurs, l'abattement de 50 % prévu par l'article 1388 du code général des impôts permet de prendre en compte les frais d'entretien et de réparation de l'immeuble ; enfin, la requérante ne peut utilement se prévaloir d'une mauvaise isolation thermique résultant de l'absence de volets et du caractère énergivore de son système de chauffage ;
- le correctif d'ensemble a été calculé conformément à l'article 324 P de l'annexe III au code général des impôts.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis ;
- la loi
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2018 et 2019 à raison de son habitation principale, comprenant, au sein de la résidence " Les Cèdres " située au 4 rue Joseph Kessel à Tours, un appartement, deux places de parking en sous-sol et une place en extérieur. Sa réclamation du 9 novembre 2019 a fait l'objet d'une décision de rejet du 23 décembre 2019. Elle sollicite du tribunal la réduction des impositions litigieuses.
Sur les conclusions à fin de réduction :
2. Aux termes de l'article 1415 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année d'imposition ". Aux termes de l'article 1494 du même code: " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la taxe d'habitation ou d'une taxe annexe établie sur les mêmes bases est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte ". Aux termes de l'article 1495 du même code : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation () ". Aux termes de l'article 1496 du même code : " I. - La valeur locative des locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice d'une activité salariée à domicile est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis, dans la commune, pour chaque nature et catégorie de locaux. / II. - La valeur locative des locaux de référence est déterminée d'après un tarif fixé, par commune ou secteur de commune, pour chaque nature et catégorie de locaux, en fonction du loyer des locaux loués librement à des conditions de prix normales et de manière à assurer l'homogénéité des évaluations dans la commune et de commune à commune. / Le tarif est appliqué à la surface pondérée du local de référence, déterminée en affectant la surface réelle de correctifs fixés par décret et destinés à tenir compte de la nature des différentes parties du local, ainsi que de sa situation, de son importance, de son état et de son équipement () ". Aux termes de l'article 324 M de l'annexe III au même code : " La surface pondérée des locaux de référence est déterminée en appliquant à leur surface réelle, mesurée au sol entre murs ou séparations à une évaluation arrondie au mètre carré inférieur, les correctifs prévus aux articles 324 N à 324 S () ".
3. En premier lieu, Mme A se prévaut du dossier de diagnostics techniques qu'elle a fait établir en janvier 2020 faisant état d'une superficie de son appartement, calculée en application de la loi du 10 juillet 1965 modifiée par la loi du 18 décembre 1996 dite " loi Carrez ", de 86,73 m² et d'une superficie totale de ses parkings de 34,17 m² pour soutenir que les superficies retenues par l'administration de 90 m² pour son appartement et de 36 m² pour ses parkings sont erronées. Si l'administration soutient que la surface à retenir pour le calcul de la valeur locative servant de base à la taxe foncière sur les propriétés bâties est définie par l'article 324 M de l'annexe III au code général des impôts et que dès lors, la circonstance que la superficie calculée en application de la loi du 10 juillet 1965 soit inférieure est sans incidence sur l'application de la loi fiscale, il résulte de l'instruction que seule une superficie de 1,97 m² correspondant à la superficie du placard sous l'escalier n'a pas été prise en compte dans le diagnostic technique que la requérante a fait réaliser. Dès lors Mme A est fondée à se prévaloir d'une superficie de son appartement de 86,73 m² correspondant à la superficie calculée dans le cadre du diagnostic technique à laquelle il convient d'ajouter la superficie de 1,97 m² correspondant au placard sous escalier, soit une superficie totale de 88,70 m² arrondie à 88 m² en application de l'article 324 M précité de l'annexe III au code général des impôts. Enfin, s'agissant des superficies des places de parking détenues par la requérante, il résulte du diagnostic technique réalisé, non utilement contesté sur ce point par l'administration, que celles-ci, arrondies au m² inférieur, sont de 12 m², 11 m² et 10 m².
4. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction qu'un coefficient d'entretien de 1,20 a été appliqué par l'administration fiscale. Ce coefficient correspond, selon l'article 324 Q de l'annexe III au code général des impôts, à un bon état d'entretien caractérisant une construction n'ayant besoin d'aucune réparation. La requérante soutient que son appartement a été construit il y a près de vingt-huit ans et que malgré son entretien régulier, certains équipements sont en mauvais état, tels que son système de chauffage, dorénavant obsolète, et les portes et fenêtres qui, ne disposant pas de volets, souffriraient des intempéries et du soleil. En outre, le logement correspond à la catégorie E du diagnostic de performance énergétique. Dès lors selon la requérante, il conviendrait de retenir un coefficient de 1 correspondant à un état d'entretien passable caractérisant une construction présentant, malgré un entretien régulier, des défauts permanents dus à la vétusté, sans que ceux-ci compromettent les conditions élémentaires d'habitabilité. Pour l'appréciation du coefficient d'entretien d'un immeuble à la date du fait générateur de l'imposition, doivent notamment être pris en compte les travaux éventuellement entrepris depuis cette date ainsi que les travaux envisagés dont la nécessité est attestée, dès lors que leur nature et leur montant révèlent le besoin de réparation de la construction. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que la construction souffrirait d'anomalies ou d'une vétusté telles que des réparations seraient rendues nécessaires ni que l'application d'un coefficient de 1,10, intermédiaire entre celui réclamé et celui appliqué, serait justifiée.
5. En dernier lieu, la requérante soutient que le correctif d'ensemble à appliquer doit être fixé à 1 au lieu de 1,10, en conséquence d'un coefficient d'entretien ramené à 1 et du coefficient de situation globale. Cependant, ainsi qu'il a été dit au paragraphe précédent, il n'y a pas lieu de réduire le coefficient d'entretien. Par ailleurs, elle ne soulève aucun moyen relatif au coefficient de situation générale et ne conteste donc pas le coefficient de situation de 1,10 retenu par le service. Elle n'est en conséquence pas fondée à soutenir que le correctif d'ensemble devrait être réduit.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est seulement fondée à demander que la surface réelle retenue pour la détermination de la valeur locative de son bien soit réduite conformément à ce qui a été dit au point 3 et que l'administration en tire les conséquences en termes de surface pondérée, de valeur locative 1970 et de base imposable au titre de chacune des années d'imposition en litige.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie principalement perdante dans la présente instance, la somme que demande Mme A.
D E C I D E :
Article 1er : La valeur locative à retenir pour la détermination de la taxe foncière sur les propriétés bâties due par Mme A au titre des années 2018 et 2019 à raison de l'appartement qu'elle occupe au 4 rue Joseph Kessel à Tours et des places de parking qu'elle y détient sera fixée en retenant une superficie réelle de l'appartement de 88 m² et des parkings de 12 m², 11 m² et 10 m².
Article 2 : Mme A est déchargée de la différence entre les cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018 et 2019 et celles résultant de l'article 1er.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2022.
Le magistrat désigné,
Stéphane D
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026