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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2001103

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2001103

jeudi 27 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2001103
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation4ème chambre
Avocat requérantMAURY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 mars 2020 et des mémoires, enregistrés le 5 octobre 2021 et le 3 août 2022, M. H J et Mme F J, agissant tant en leur nom propre qu'en qualité de représentants légaux de leurs enfant mineurs E J, et C J, M. B J et Mme D J, tous représentés par Me Aoun, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier de Blois à verser à M. H J au titre de l'indemnisation de ses préjudices, la somme de 1 352 219,19 euros, hors créance de l'organisme social, soit la somme globale de 1 011 780,18 euros compte tenu de la créance de l'organisme social et d'une perte de chance d'éviter la survenance des dommages de 95 % et d'assortir cette somme des intérêts au taux légal à compter de la présentation du recours gracieux ou de l'enregistrement du recours contentieux, ainsi que de la capitalisation de ces intérêts ;

2°) de condamner le centre hospitalier de Blois à verser à Mme F J la somme de 2 201,50 euros au titre de l'indemnisation de ses préjudices patrimoniaux et 10 000 euros au titre de son préjudice d'affection et d'assortir ces sommes des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts ;

3°) de condamner le centre hospitalier de Blois à verser à M. B J, à Mme D J, à Mme E J et à M. C J la somme de 5 000 euros chacun au titre de leur préjudice d'affection respectif et d'assortir ces sommes des intérêts au taux légal et de la capitalisation de ces intérêts ;

4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Bois le versement à M. J de la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Ils soutiennent que :

- la responsabilité du centre hospitalier de Blois doit être engagée en application des dispositions de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique dès lors que le service des urgences de ce centre hospitalier n'a pas effectué une prise en charge de M. H J conforme aux règles de l'art et que ce manquement est à l'origine d'une perte de chance de 95 % d'éviter la survenance des dommages ;

- M. J a subi des préjudices patrimoniaux (dépenses de santé ; frais divers ; pertes de gains professionnels ; incidence professionnelle) et des préjudices extrapatrimoniaux (déficit fonctionnel temporaire, souffrances endurées, déficit fonctionnel permanent, préjudice d'agrément, préjudice sexuel) ;

- Mme F J a subi des préjudices par ricochet (frais divers, préjudice d'affection) ;

- les enfants de M. J ont subi un préjudice d'affection.

Par des mémoires, enregistrés le 24 juin 2020 et le 15 octobre 2021, la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, représentée par Me Maury, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier de Blois à lui verser la somme de 279 015,16 euros au titre des débours exposés pour le compte de son assuré, M. H J, somme assortie des intérêts au taux légal à compter de l'enregistrement du premier mémoire et de la capitalisation de ces intérêts ;

2°) de condamner le centre hospitalier de Blois à lui verser la somme de 1 098 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Blois le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile.

La caisse soutient que :

- la responsabilité du centre hospitalier de Blois doit être engagée en application des dispositions de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique dès lors que le service des urgences de ce centre hospitalier n'a pas effectué une prise en charge de M. H J conforme aux règles de l'art et que ce manquement est à l'origine d'une perte de chance de 95 % d'éviter la survenance des dommages ;

- elle a exposé des débours pour le compte de son assuré (dépense de santé actuelles et futures comprenant les frais hospitaliers, médicaux et pharmaceutiques, les frais de transports et de franchise, l'indemnisation des pertes de gains professionnels futurs).

Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 septembre 2021 et le 27 janvier 2022, le centre hospitalier de Blois, représenté par Me Derec, conclut, à titre principal, au rejet de la requête en tant qu'elle est présentée pour le compte de l'épouse et des enfants de M. J, à la limitation de l'indemnisation à allouer à M. J à la somme de 86 057,40 euros, à la limitation de l'indemnisation à allouer à la caisse primaire d'assurance maladie à la somme de 60 757,75 euros et à la limitation des frais de justice à la somme de 1 200 euros.

Le centre hospitalier soutient que la réclamation préalable a été adressée au seul nom de M. J, que le taux de perte de chance doit être limité à 85 % et que tous les préjudices ne sont pas entièrement indemnisables.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. G,

- les conclusions de Mme Palis De Koninck, rapporteure publique,

- et les observations de Me Derec, représentant le centre hospitalier de Blois.

Considérant ce qui suit :

1. Le 17 janvier 2017, M. H J a présenté dans la soirée, des douleurs irradiantes aux mâchoires, bras et thorax. Son épouse a appelé le service d'aide médicale urgente (SAMU) et M. J a été transféré au service d'accueil des urgences du centre hospitalier de Blois où une échographie cardiaque a été réalisée ainsi que deux bilans biologiques permettant de constater une élévation de Troponine I ultra-sensible. M. J a été néanmoins autorisé à regagner son domicile le 18 janvier au matin. En arrivant chez lui, il a ressenti de nouveau une forte douleur, motivant un nouvel appel au SAMU qui a alors constaté un tracé d'infarctus antérieur en voie d'évolution. M. J a alors été transféré au centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours où il a été hospitalisé pour syndrome coronarien aigu jusqu'au 25 janvier 2017. Durant cette hospitalisation, il a présenté une fibrillation auriculaire puis a été transféré en rééducation du 24 janvier au 15 février 2017. Par la suite, il a présenté plusieurs épisodes de troubles du rythme ayant nécessité, pour certains, des hospitalisations. Enfin, en novembre 2018, il a été hospitalisé et une cryoablation des quatre veines pulmonaires a été réalisée au CHRU de Tours.

2. M. J a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI) de la région Centre. Après réalisation d'une expertise confiée au docteur I, la commission a estimé, le 28 mars 2019, que la responsabilité du centre hospitalier de Blois devait être engagée. Une nouvelle expertise médicale post-consolidation s'est tenue le 1er juillet 2019 et le docteur I a rendu son rapport le 2 juillet 2019. M. J a adressé un recours préalable au centre hospitalier de Blois le 8 janvier 2020 auquel l'établissement n'a pas répondu. Par la requête ci-dessus analysée, M. J et son épouse, agissant tant en leur nom personnel qu'en qualité de représentants légaux de leurs deux enfants mineurs, E et C J, ainsi que M. B J et Mme D J, leurs deux autres enfants, demandent la condamnation du centre hospitalier à les indemniser de leurs préjudices respectifs.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".

4. Le centre hospitalier de Blois fait valoir qu'aucune réclamation préalable n'a été adressée pour le compte de l'épouse de M. J, ainsi que pour ses deux enfants mineurs et ses deux enfants majeurs dès lors que la réclamation préalable mentionnait qu'elle était présentée au seul nom de M. J. Cependant, si la réclamation préalable adressée le 8 janvier 2020 au centre hospitalier de Blois a bien été présentée au nom de M. J, il ressort des termes mêmes de cette réclamation qu'a également été sollicitée la réparation des préjudices subis par les proches de M. J à savoir son épouse et ses quatre enfants. La fin de non-recevoir est, par suite, écartée.

Sur la responsabilité :

En ce qui concerne la faute :

5. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute.() ".

6. Il résulte de l'instruction, et notamment des rapports d'expertise diligentés par la CCI, que les soins dispensés à M. J n'ont pas été conformes aux données acquises de la science dès lors que le 17 janvier 2017, après que le SAMU a amené le requérant aux urgences du centre hospitalier de Blois, l'équipe médicale a fait réaliser un cycle de troponine ultra-sensible et que les deux prélèvements de troponine sont revenus positifs de manière significative avec ascension du second prélèvement. Malgré ces résultats, M. J a été autorisé à regagner son domicile avec comme diagnostic une " augmentation de troponine sur poussée hypertensive ". Cependant, face à la conjonction d'une douleur typiquement coronaire et en présence de deux prélèvements de troponine positifs, et même en l'absence d'anomalie électrocardiographique significative et en dépit du jeune âge du patient, le diagnostic d'angor déstabilisé à troponine positive s'imposait et impliquait de réaliser une bi-anti-agrégation plaquettaire jusqu'à la réalisation d'une coronographie diagnostique, seul examen de certitude permettant aussi le traitement de la coronaire sténosée avec implantation d'un stent. Par suite, la prise en charge de M. J au centre hospitalier de Blois, avec autorisation de regagner son domicile le 18 janvier 2017, n'a pas été conforme aux données acquises de la science. Le docteur I précise qu'en revanche, lors de la récidive de la douleur quelques heures plus tard, le diagnostic d'infarctus évolutif a été posé et la prise en charge a été diligente. Le rapport d'expertise réalisée par le docteur A de Walle produit par le centre hospitalier ne permet pas de remettre en cause la réalité de ce manquement dans la prise en charge initiale. Il résulte ainsi de l'instruction que le centre hospitalier de Blois a commis une faute médicale ayant consisté en un défaut de prise en charge adaptée.

Sur la fraction du préjudice indemnisable :

7. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue. Il en va de même en cas d'infection nosocomiale.

8. Ainsi qu'il a été dit, le centre hospitalier de Blois a commis une faute ayant consisté en une prise en charge inadaptée de M. J. Il résulte de l'instruction, et en particulier des rapports d'expertises du docteur I que ce dernier, s'appuyant sur une méta-analyse de plus de 4 000 patients atteints d'un angor instable, estime que le traitement médical de cette affection suivi d'une coronarographie précoce ou non évite la survenance d'une complication telle que l'infarctus du myocarde dans 95 % des cas. Cette évaluation est contestée par le centre hospitalier de Blois qui s'appuie sur les dires du docteur A de Walle, lequel estime au vu de statistiques réalisées en 2016 que le taux de perte de chance doit être limité à 85 %. Cependant, ce dernier taux de perte de chance est obtenu en agrégeant le taux de mortalité observée malgré la mise en place d'un traitement adéquat, le taux d'infarctus observé dans les mêmes conditions et le taux de saignement majeur, alors que, pour sa part, le docteur I a pris soin de déterminer la perte de chance en ne retenant que la seule hypothèse de survenance d'un infarctus du myocarde, affection dont le requérant a été effectivement atteint. Par suite, il y a lieu de retenir que la faute commise a entrainé un pourcentage de perte de chance pour M. J d'éviter la survenance d'un infarctus à hauteur de 95 %.

Sur l'indemnisation des préjudices de M. J :

9. Il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise du docteur I, que la date de consolidation a été fixée au 26 avril 2019.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :

Quant aux dépenses de santé :

10. En application des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, le juge saisi d'un recours de la victime d'un dommage corporel et du recours subrogatoire d'un organisme de sécurité sociale doit, pour chacun des postes de préjudices, déterminer le montant du préjudice en précisant la part qui a été réparée par des prestations de sécurité sociale et celle qui est demeurée à la charge de la victime. Il lui appartient ensuite de fixer l'indemnité mise à la charge de l'auteur du dommage au titre du poste de préjudice en tenant compte, s'il a été décidé, du partage de responsabilité avec la victime ou, le cas échéant, de ce que cette responsabilité n'est engagée que dans la limite d'une perte de chance pour la victime d'obtenir une amélioration ou d'éviter une aggravation de son état. Le juge doit allouer cette indemnité à la victime dans la limite de la part du poste de préjudice qui n'a pas été réparée par des prestations, le solde, s'il existe, étant alloué à l'organisme de sécurité sociale. Dans l'hypothèse où la victime, régulièrement appelée dans l'instance, n'a pas sollicité l'indemnisation d'un poste de préjudice au titre duquel la caisse demande le remboursement par le tiers responsable des prestations le réparant de manière incontestable, la caisse ne tient pas des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale une priorité qui lui permettrait à son tour, en faisant état du préjudice total subi par la victime, d'obtenir le remboursement de l'intégralité des prestations qu'elle a versées. Elle peut, en revanche, demander au juge, indépendamment de la priorité accordée à la victime, le remboursement de ses débours dans la limite de la part des conséquences dommageables de l'accident dont le tiers est directement responsable.

11. M. J fait état de dépenses de santé correspondant à des franchises qui seraient restées à sa charge à hauteur d'une somme globale de 90,95 euros. Cependant, par les documents qu'il produit, il ne justifie pas du lien entre ces franchises et les soins nécessités par son état de santé à la suite de la faute commise par le centre hospitalier de Blois. Sa demande à ce titre est rejetée.

12. La caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Loir-et-Cher demande le remboursement des débours qu'elle a supportés jusqu'à la date de consolidation, soit le 26 avril 2019, en lien avec les conséquences de la faute commise au titre des frais hospitaliers, des frais médicaux, des frais pharmaceutiques et des frais de transports pour un montant évalué, dans le dernier état de ses écritures, à la somme totale de 19 728,66 euros. Ainsi, compte tenu du pourcentage de perte de chance déterminé au point 8, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Blois une somme de 18 742,22 euros au titre des dépenses de santé. Par ailleurs, entre la date de consolidation et la date de mise à disposition du présent jugement, il résulte du relevé de débours produit par la caisse qu'ont été exposés annuellement des frais pharmaceutiques pour un montant de 123,96 euros par an. Il y a donc lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Blois une somme de 475,18 euros au titre des frais pharmaceutiques exposés entre le 26 avril 2019 et le 27 octobre 2022, date de mise à disposition du présent jugement. Compte tenu du pourcentage de perte de chance retenu, la caisse peut prétendre à une somme de 451,42 euros.

Quant aux frais divers :

13. M. J demande l'indemnisation des frais de déplacement exposés pour se rendre à un test d'effort, à une IRM, à des consultations en cardiologie et en rythmologie, soit sept rendez-vous, ainsi que le remboursement des frais de déplacement pour se rendre à la réunion de la commission de conciliation en mars 2019 et aux deux expertises réalisées par le docteur I. Il ne résulte pas de l'instruction, et notamment des rapports d'expertise du docteur I, que les rendez-vous médicaux pour lesquels l'indemnisation des frais de déplacement est sollicitée auraient été nécessaires si la prise en charge de M. J avait été correcte. Par suite, il y a lieu de fixer le montant des frais de déplacement indemnisables à la somme de 1 697,87 euros et d'accorder, compte tenu de la perte de chance, une somme de 1 613 euros.

14. Par ailleurs, le requérant justifie des frais de copie de son dossier médical pour un montant de 24,38 euros, des frais d'hôtel exposés dans le cadre de la seconde expertise réalisée le 1er juillet 2019 pour un montant de 58,40 euros, des frais de photocopies pour l'envoi de dossiers dans le cadre de la procédure pour un montant de 12,60 euros et de frais d'envois postaux pour un montant de 107,55 euros. Il y a donc lieu de lui accorder en remboursement de ces dépenses diverses, et compte tenu du pourcentage de perte de chance retenu, une somme de 193 euros.

15. Enfin, s'agissant des frais de mutuelle, le requérant explique qu'ayant été licencié pour inaptitude physique en raison de la faute commise par le centre hospitalier de Blois, il a dans un premier temps assumé directement le coût de la mutuelle d'entreprise de son employeur pendant la période de portabilité, qui s'est achevée en juin 2020, et que n'ayant pas pu, par la suite, continuer à en bénéficier, il a dû assumer directement le coût de souscription d'une autre mutuelle. Le requérant justifie par les pièces qu'il produit de ce qu'il bénéficiait d'une mutuelle d'entreprise pour un montant mensuel de 68,98 euros prélevé sur son salaire et de sa souscription à une nouvelle mutuelle pour un coût mensuel de 138 euros. Cependant, par les pièces qu'il produit, le requérant ne justifie pas de l'équivalence des garanties offertes entre la mutuelle d'entreprise dont il a bénéficié et la complémentaire santé à laquelle il a ensuite souscrit. De même, par les pièces qu'il produit, le requérant ne justifie que les personnes couvertes par la mutuelle d'entreprise dont il bénéficiait sont les mêmes que celles couvertes par la nouvelle complémentaire santé. Sa demande d'indemnisation de ce poste de préjudice est, par suite, rejetée.

Quant à l'assistance par une tierce personne :

16. Lorsque le juge administratif indemnise, dans le chef de la victime d'un dommage corporel, la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit, à cette fin, se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime. Si le juge n'est pas en mesure de déterminer, lorsqu'il se prononce, si la personne handicapée sera placée dans une institution spécialisée ou hébergée au domicile de sa famille, il lui appartient de lui accorder une rente trimestrielle couvrant les frais de son maintien au domicile familial, en précisant le mode de calcul de cette rente dont le montant doit dépendre du temps passé au domicile familial au cours du trimestre.

17. Par ailleurs, en vertu des principes qui régissent l'indemnisation par une personne publique des victimes d'un dommage dont elle doit répondre, il y a lieu de déduire de l'indemnisation allouée à la victime d'un dommage corporel au titre des frais d'assistance par une tierce personne le montant des prestations dont elle bénéficie par ailleurs et qui ont pour objet la prise en charge de tels frais. Il en est ainsi alors même que les dispositions en vigueur n'ouvrent pas à l'organisme qui sert ces prestations un recours subrogatoire contre l'auteur du dommage. La déduction n'a toutefois pas lieu d'être lorsqu'une disposition particulière permet à l'organisme qui a versé la prestation d'en réclamer le remboursement au bénéficiaire s'il revient à meilleure fortune.

18. Enfin, en vertu de l'article L. 245-1 du code de l'action sociale et des familles, la prestation de compensation du handicap est destinée à compenser les frais de toute nature liés au handicap. Aucune disposition législative ou réglementaire ne prévoit la récupération de cette allocation en cas de retour de son bénéficiaire à meilleure fortune. Il suit de là que le montant de la prestation de compensation du handicap peut être déduit d'une rente ou indemnité allouée au titre de l'assistance par tierce personne.

19. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 2 juillet 2019, que l'état de santé de M. J, qui ne bénéficie pas de la prestation de compensation du handicap, a nécessité l'assistance de son épouse à raison de deux heures par jour pour une aide non médicalisée entre le 16 février 2017 et le 26 avril 2019. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation de ces besoins sur la base d'une année de 412 jours. L'aide nécessaire se limitant à accompagner les gestes de la vie quotidienne, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi en l'indemnisant, pour la période passée, sur la base d'un taux horaire moyen de 13,45 en 2019, 13,83 euros en 2020 et 14 euros en 2021. Ainsi le requérant peut prétendre à une somme de 24 606,21 euros soit, compte tenu du taux de perte de chances arrêté à 95 %, la somme de 23 375,90 euros.

Quant aux pertes de revenus temporaires :

20. Il résulte des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale que les prestations versées par un organisme de sécurité sociale à la suite d'un accident corporel ne peuvent être mis à la charge du responsable que par imputation sur le ou les postes de préjudice que ces prestations ont eu pour objet de réparer. Les indemnités journalières ont pour objet de réparer les pertes de revenus subies par la victime pendant la période d'incapacité temporaire. Par ailleurs, eu égard à la finalité de réparation d'une incapacité permanente de travail qui lui est assignée par l'article L. 341-1 du code de la sécurité sociale, et à son mode de calcul, en fonction du salaire, fixé par l'article R. 341-4 du même code, la pension d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet exclusif de réparer, sur une base forfaitaire, les préjudices subis par la victime dans sa vie professionnelle en conséquence de l'accident, c'est-à-dire ses pertes de revenus professionnels et l'incidence professionnelle de l'incapacité. Dès lors, le recours exercé par une caisse de sécurité sociale au titre d'une pension d'invalidité ne saurait s'exercer que sur ces deux postes de préjudice.

21. Il résulte de l'instruction que M. J, avant la survenance de l'accident médical du 17 janvier 2017, percevait une rémunération moyenne de 28 400 euros. Il résulte également de l'instruction que le requérant a été licencié de son emploi de préparateur cosmétique en raison de son inaptitude physique.

22. S'agissant de la période antérieure à la date de consolidation, M. J ne réclame aucune somme au titre de pertes de revenus. La CPAM de Loir-et-Cher demande, pour sa part, le remboursement des indemnités journalières versées du 22 février 2017 au 26 avril 2019 à hauteur de 44 082,87 euros. Compte tenu du pourcentage de perte de chance arrêté à 95 %, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Blois une somme de 41 878,73 euros à verser à la caisse pour cette période.

23. S'agissant de la période comprise entre le 26 avril 2019 et le 27 octobre 2022, date de mise à disposition du présent jugement, il ne résulte pas de l'instruction que M. J aurait retrouvé un emploi. Par suite, les revenus non perçus sur cette période s'établissent à la somme de 99 563,80 euros. Il résulte par ailleurs de l'instruction que sur cette même période, M. J a perçu un montant d'allocations de retour à l'emploi et d'allocations de solidarité spécifique pour un montant global de 16 285,50 euros. En outre, la CPAM lui a versé des indemnités journalières du 26 au 30 avril 2019 pour un montant de 277,95 euros et une rente d'invalidité pour un montant de 35 576,17 euros entre le 1er juillet 2019 et le 30 septembre 2021. Enfin, il résulte de l'instruction que la pension d'invalidité versée par cet organisme au requérant s'établit à la somme annuelle de 14 653,08 euros, soit pour la période comprise entre le 1er octobre 2021 et la date de mise à disposition du présent jugement, une somme de 15 868,72 euros. Ainsi, M. J a perçu, entre le 26 avril 2019 et le 27 octobre 2022, la somme totale de 68 008,34 euros. Par suite, la perte de revenus subis par M. J entre la date de consolidation de son état de santé et la date de mise à disposition du présent jugement s'établit à la somme de 31 555,46 euros. Compte tenu de la perte de chance retenue, il y a lieu d'allouer à M. J à ce titre une somme de 29 977,69 euros. Il y a également lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Blois, après application du taux de perte de chance, une somme de 49 136,70 euros à verser à la CPAM de Loir-et-Cher au titre des prestations versées au requérant.

S'agissant des préjudices patrimoniaux définitifs :

Quant aux dépenses de santé futures :

24. Eu égard aux dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale qui limitent le recours subrogatoire des caisses de sécurité sociale à l'encontre du responsable d'un accident corporel aux préjudices qu'elles ont pris en charge, le remboursement des prestations qu'une caisse sera amenée à verser à l'avenir, de manière certaine, prend normalement la forme du versement d'une rente et ne peut être mis à la charge du responsable sous la forme du versement immédiat d'un capital représentatif qu'avec son accord.

25. En l'espèce, le centre hospitalier de Blois s'oppose à l'indemnisation des dépenses de santé futures qui seront exposées par la CPAM sous forme d'un capital représentatif. Il résulte de l'instruction que le requérant devra suivre un traitement par amiodarone et Sotalol pour un montant annuel de 123,96 euros. Compte tenu du pourcentage de perte de chance retenu, il y a donc lieu d'accorder à la caisse une rente annuelle d'un montant de 117,76 euros.

Quant aux frais divers :

26. S'agissant des frais de mutuelle, il y a lieu de rejeter la demande pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 15.

Quant aux pertes de revenus futures :

27. Il résulte de l'instruction que M. J ne présente pas une inaptitude définitive et absolue à tout emploi, le docteur I ayant estimé en dernier lieu dans son expertise du 2 juillet 2019, que le requérant est apte à reprendre un poste sans port de charges lourdes et ayant précisé que son état de santé est compatible avec un emploi de bureau ou un emploi en atelier avec de faibles contraintes physiques. Par suite, et alors que le requérant conserve une aptitude à l'emploi, les pertes de revenus futures ne revêtent pas de caractère certain. Dès lors, les conclusions du requérant tendant à l'indemnisation de ces pertes de revenus et les demandes de la CPAM tendant à l'indemnisation de la capitalisation pour le futur des arrérages de pension d'invalidité doivent être rejetées.

28. Les conclusions du requérant relatives aux pertes de droit à la retraite ne peuvent qu'être également rejetées pour le même motif.

Quant à l'incidence professionnelle :

29. L'incidence professionnelle a pour objet d'indemniser les préjudices périphériques du dommage touchant à la sphère professionnelle, comme le préjudice subi par la victime en raison de sa dévalorisation sur le marché du travail, de sa perte d'une chance professionnelle ou de l'augmentation de la pénibilité de l'emploi qu'elle occupe imputable au dommage, ou encore au préjudice subi qui a trait à sa nécessité de devoir abandonner la profession qu'elle exerçait avant le dommage au profit d'une autre qu'elle a dû choisir en raison de la survenance de son handicap. M. J sollicite le versement d'une somme de 60 000 euros au titre de l'incidence professionnelle. S'il résulte de l'instruction que l'état de santé de M. J est compatible avec un emploi de bureau ou un emploi en atelier avec de faibles contraintes physiques, il n'en reste pas moins que compte tenu de la nature et de l'importance des séquelles dont il reste atteint et eu égard à son âge, il existe un préjudice lié à l'incidence professionnelle en raison de la nécessaire reconversion imposée par son état de santé. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en lui allouant à ce titre la somme de 10 000 euros. Compte tenu du pourcentage de perte de chance, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Blois le versement à l'intéressé de la somme de 9 500 euros.

En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :

S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux temporaires :

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

30. M. J sollicite le versement d'une somme globale de 11 012,50 euros au titre de l'indemnisation des différentes périodes de déficit fonctionnel temporaire qu'il a subies. Il résulte de l'instruction que l'expert a retenu une période de déficit fonctionnel total entre le 18 janvier 2017 et le 15 février 2017, dont trois jours non imputables à la non-conformité de la prise en charge et du 7 au 9 novembre 2018, un déficit fonctionnel temporaire de 50 % du 15 février au 6 novembre 2018, un déficit fonctionnel de 75 % entre le 10 novembre 2018 et le 10 décembre 2018 et un déficit fonctionnel temporaire de 50 % entre le 11 décembre 2018 et le 26 avril 2019.

31. Dans ces conditions, et en retenant un taux journalier d'indemnisation de 16,67 euros au titre de ce préjudice, il y a lieu de fixer à la somme globale de 7 500 euros le déficit fonctionnel temporaire subi sur ces différentes périodes. Compte tenu du pourcentage de perte de chance, M. J peut donc prétendre à la somme de 7 125 euros.

Quant aux souffrances endurées :

32. M. J a enduré des souffrances qui ont été fixées à 4 sur une échelle de 0 à 7 par les experts. Il y a lieu d'évaluer ce préjudice à hauteur d'un montant de 7 500 euros et d'allouer, compte tenu de la perte de chance retenue, la somme de 7 125 euros.

S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux permanents :

S'agissant du déficit fonctionnel permanent :

33. M. J sollicite le versement d'une somme de 128 500 euros en réparation de son déficit fonctionnel permanent évalué à 42 % par le docteur I. Compte tenu de l'âge de M. J à la date de consolidation de son état de santé le 26 avril 2019, à savoir 47 ans, il y a lieu d'évaluer à la somme de 90 000 euros le préjudice subi par l'intéressé au titre de son déficit fonctionnel permanent. M. J, compte tenu de la perte de chance retenue, peut ainsi prétendre au versement de la somme de 85 500 euros qui sera mise à la charge du centre hospitalier de Blois.

S'agissant du préjudice d'agrément :

34. M. J soutient qu'il ne peut plus pratiquer les activités de loisirs telles que le rallye, les courses de voiture, le bricolage, le jardinage et qu'il a dû renoncer à des projets en raison de son état de santé. Toutefois, le requérant ne fournit aucun élément de nature à justifier de la réalité et de l'ampleur du préjudice allégué. La demande est, par suite, rejetée.

S'agissant du préjudice sexuel :

35. M. J soutient avoir subi une baisse de libido. Cependant, il ne résulte pas de l'instruction, et notamment pas du rapport d'expertise où ce préjudice a seulement été allégué par le requérant auprès de l'expert, que l'intéressé subirait un préjudice sexuel. La demande d'indemnisation présentée à ce titre est par suite rejetée.

36. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de Blois doit être condamné à verser une somme totale de 164 409,59 euros à M. J et de 110 209,07 euros à la CPAM de Loir-et-Cher, qui peut également prétendre à une rente annuelle de 117,76 euros.

Sur les préjudices de Mme K épouse J :

37. En premier lieu, Mme J expose avoir rendu visite tous les jours à son mari durant son hospitalisation et sa période de rééducation entre le 18 janvier 2017 et le 15 février 2017. Cependant, elle ne fournit aucun élément de nature à établir la réalité et la fréquence de ces visites. La demande est, par suite, rejetée.

38. En second lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par Mme J du fait de l'état de santé de son époux en lui allouant la somme de 5 000 euros soit, compte tenu de la perte de chance retenue, un montant de 4 750 euros à mettre à la charge du centre hospitalier de Blois au titre de ce chef de préjudice.

39. Mme J peut donc prétendre au total à une somme de 4 750 euros.

Sur les préjudices des enfants de M. J :

40. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par chacun des enfants de M. J du fait de l'état de santé de leur père en le fixant à la somme de 3 000 euros. Le centre hospitalier de Blois est donc condamné à verser à Mme E J, à M. C J, à M. B J et à Mme D J, compte tenu de la perte de chance retenue, une somme de 2 850 euros chacun au titre de ce chef de préjudice.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

41. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Aux termes de l'article 1343-2 du même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Il résulte de ces dispositions que, d'une part, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité, et que, d'autre part, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.

42. Les consorts J demandent que les indemnités qui leur sont allouées soient assorties des intérêts au taux légal. Il y a lieu de faire droit à cette demande d'intérêts à compter, comme ils le demandent, du 13 mars 2020, date d'enregistrement de leur requête. La capitalisation s'accomplit ensuite de nouveau à chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande. Il y a lieu, dès lors, de faire droit à la demande de capitalisation à compter du 13 mars 2021 puis à chaque échéance annuelle.

43. La CPAM de Loir-et-Cher demande que les indemnités qui lui sont allouées soient assorties des intérêts au taux légal. Il y a lieu de faire droit à cette demande d'intérêts à compter, comme elle le demande, du 24 juin 2020, date de l'enregistrement au greffe de son premier mémoire. La capitalisation s'accomplit ensuite de nouveau à chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande. Il y a lieu, dès lors, de faire droit à la demande de capitalisation à compter du 24 juin 2021 puis à chaque échéance annuelle.

Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :

44. L'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale permet aux caisses d'assurance maladie exerçant leur recours subrogatoire de recouvrer une indemnité forfaitaire de gestion égale au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans des limites fixées par arrêté. L'article 1er de l'arrêté du 14 décembre 2021 fixe les montants minimum et maximum de cette indemnité forfaitaire de gestion à respectivement 110 euros et 1 114 euros.

45. Eu égard au montant des sommes accordées à la CPAM de Loir-et-Cher, il y a lieu de condamner le centre hospitalier de Blois à lui verser la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Sur les frais liés au litige :

46. Il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Blois une somme de 1 500 euros à verser à M. J en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

47. Il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Blois une somme de 1 500 euros à verser à la CPAM de Loir-et-Cher en application de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier de Blois est condamné à verser une somme de 164 409,59 euros à M. H J en réparation de l'ensemble de ses préjudices. Cette somme sera majorée des intérêts au taux légal à compter du 13 mars 2020. Les intérêts échus à la date du 13 mars 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Le centre hospitalier de Blois est condamné à verser une somme de 4 750 euros à Mme F K épouse J en réparation de son préjudice. Cette somme sera majorée des intérêts au taux légal à compter du 13 mars 2020. Les intérêts échus à la date du 13 mars 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 3 : Le centre hospitalier de Blois est condamné à verser une somme globale de 5 700 euros à M. H J et Mme F J en qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs E J et C J. Cette somme sera majorée des intérêts au taux légal à compter du 13 mars 2020. Les intérêts échus à la date du 13 mars 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 4 : Le centre hospitalier de Blois est condamné à verser une somme de 2 850 euros chacun à M. B J et à Mme D J en réparation de leurs préjudices. Ces sommes seront majorées des intérêts au taux légal à compter du 13 mars 2020. Les intérêts échus à la date du 13 mars 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 5 : Le centre hospitalier de Blois est condamné à verser une somme de 110 209,07 euros à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher. Cette somme sera majorée des intérêts au taux légal à compter du 24 juin 2020. Les intérêts échus à la date du 24 juin 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 6 : Le centre hospitalier de Blois versera une rente annuelle de 117,76 euros à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher.

Article 7 : Le centre hospitalier de Blois est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher la somme de 1 114 euros en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Article 8 : Le centre hospitalier de Blois versera une somme de 1 500 euros à M. H J en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 9 : Le centre hospitalier de Blois versera une somme de 1 500 euros à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 10 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 11: Le présent jugement sera notifié à M. H J, à Mme F K, épouse J, à M. B J, à Mme D J au centre hospitalier de Blois et à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher.

Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Rouault-Chalier, présidente,

M. Viéville, premier conseiller,

M. Nehring, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.

Le rapporteur,

Sébastien VIEVILLE

La présidente,

Patricia ROUAULT-CHALIER

La greffière,

Nadine REUBRECHT

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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