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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2001286

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2001286

jeudi 17 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2001286
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSCP GUILLAUMA PESME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 mars 2020 et 7 juillet 2021, M. C E, représenté par Me Guillauma, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier de Chartres à lui verser une somme totale de 126 615 euros en réparation des préjudices résultant de sa prise en charge par cet établissement le 17 février 2017, somme assortie des intérêts légaux à la date du 20 décembre 2019 ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Chartres la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

Il soutient que :

- le centre hospitalier de Chartres a commis une faute de nature à engager sa responsabilité lors de la réalisation d'une intervention de varicocèle à gauche réalisée le 17 février 2017 ;

- cette faute a généré les complications qu'il a subies lors de l'intervention, à l'origine de ses préjudices ;

- s'agissant de ses préjudices, le centre hospitalier de Chartres devra être condamné à lui verser les sommes de 50 000 euros au titre de son préjudice professionnel, 2 175 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 3 440 euros au titre de l'assistance par tierce personne, 9 000 euros au titre des souffrances endurées temporaires, 2 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, 30 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 2 500 euros au titre du préjudice esthétique permanent, 1 500 euros au titre des souffrances permanentes endurées, 6 000 euros au titre du préjudice d'agrément, 5 000 euros au titre du préjudice sexuel et 15 000 euros au titre du préjudice d'établissement.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 juillet 2020 et 8 mars 2022, le centre hospitalier de Chartres, représenté par Me Boizard, conclut à la limitation de la condamnation prononcée à son encontre à la somme totale de 24 386 euros et au rejet des autres conclusions présentées par M. E.

Il fait valoir que :

- il ne conteste pas sa responsabilité ni le droit à réparation de M. E ;

- l'évaluation des préjudices, qui doit tenir compte de l'état antérieur de l'intéressé, a été exagérée par l'expert ;

- les sommes dues ne sauraient excéder 2 080 euros au titre de l'assistance par tierce personne, 1 306 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 4 000 euros au titre des souffrances endurées, 500 euros au titre du préjudice esthétique temporaire et 1 500 euros au titre du préjudice esthétique permanent ;

- les demandes présentées au titre du préjudice professionnel, du déficit fonctionnel permanent, des souffrances permanentes endurées, du préjudice d'agrément, du préjudice sexuel et du préjudice d'établissement seront rejetées.

Par un mémoire, enregistré le 29 juin 2020, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Loir-et-Cher, agissant au nom et pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) d'Eure-et-Loir, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier de Chartres à lui verser la somme de 10 936,99 euros au titre des dépenses qu'elle a supportées pour la prise en charge de M. E en lien avec les fautes commises par l'établissement ;

2°) de condamner le centre hospitalier de Chartres à lui verser la somme de 1 091 euros au titre de l'indemnité forfaitaire prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Chartres la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le centre hospitalier de Chartres engage sa responsabilité dans la survenue des complications présentées par M. E lors de l'intervention du 17 février 2017 ;

- l'établissement est amené à prendre en charge l'ensemble des dépenses qu'elle a exposées au titre de son assuré et en lien avec la faute qu'il a commise ;

- sa créance s'élève à la somme de 10 936,99 euros.

Vu :

- l'ordonnance du 1er mars 2019 de la présidente du tribunal administratif d'Orléans liquidant et taxant les frais de l'expertise du docteur A ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D ;

- les conclusions de Mme Palis De Koninck, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Pesme, substituant Me Guillauma, représentant M. E et de Me Nuza, substituant Me Boizard, représentant le centre hospitalier de Chartres.

Considérant ce qui suit :

1. M. C E a été opéré d'une varicocèle gauche par voie coelioscopique le 17 février 2017 au sein du centre hospitalier de Chartres. Au cours de l'intervention, il a subi une perforation de deux centimètres d'intestin grêle avec péritonite importante nécessitant une nouvelle intervention au cours de laquelle une résection de quinze centimètres de l'intestin grêle a été réalisée. M. E est sorti d'hospitalisation le 3 mars 2017.

2. M. E a saisi le tribunal administratif d'Orléans le 16 avril 2018 d'une requête en référé expertise. Par ordonnance du 28 juin 2018, la présidente du tribunal administratif d'Orléans a désigné le docteur A comme expert. Ce dernier a déposé son rapport au greffe le 6 février 2019. Estimant que la responsabilité du centre hospitalier de Chartres était engagée, M. E a présenté une demande préalable indemnitaire le 19 décembre 2019, réceptionnée le 20 décembre 2019. Du silence gardé par l'établissement hospitalier est née une décision implicite de rejet le 20 février 2020. Par la requête ci-dessus analysée, M. E demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Chartres à lui verser la somme totale de 126 615 euros en réparation des préjudices résultant de sa prise en charge par cet établissement le 17 février 2017.

Sur la responsabilité du centre hospitalier :

3. Aux termes du premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. ".

4. M. E a été opéré par voie coelioscopique le 17 février 2017 au centre hospitalier de Chartres afin de traiter une varicocèle gauche. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du docteur A, que M. E était atteint lorsqu'il était jeune enfant de la maladie de Hirchprung et qu'il a subi à l'âge de six mois une résection colique associée à une plastie du bas rectum, également appelée procédure de Duhamel. Ainsi, le colon de l'intéressé était, selon l'expert, à haut risque d'adhérence, ce qui proscrivait une intervention par voie coelioscopique en raison d'un risque élevé de perforation. L'expert précise que d'autres techniques d'intervention étaient possibles et donc indiquées en l'espèce, telles que l'embolisation veineuse ou l'abord inguinal sans qu'elles n'aient été envisagées par l'équipe médicale. Ainsi, en choisissant la voie coelioscopique afin de réaliser l'intervention de traitement d'une varicocèle gauche, l'équipe médicale du centre hospitalier de Chartres a commis une erreur dans le choix thérapeutique, constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'établissement, ce qui n'est pas contesté par celui-ci. Il résulte également de l'instruction, et notamment du rapport de l'expert, que lors de l'intervention le chirurgien a perforé l'intestin de M. E sur une longueur de deux centimètres mais que, toutefois, cet accident n'a pas été décelé immédiatement par l'équipe médicale. A sa sortie du bloc opératoire, M. E s'est plaint de douleurs importantes à l'abdomen. Il a alors été décidé de le garder en observation durant la nuit du 17 au 18 février 2017, sans cependant réaliser un examen par scanner. En raison de la dégradation de l'état de santé de l'intéressé, il a été décidé une nouvelle intervention le lendemain qui a découvert une péritonite par plaie de deux centimètres, nécessitant une résection de quinze centimètres d'intestin. Selon l'expert, compte tenu des douleurs ressenties par M. E dès sa sortie du bloc opératoire, un scanner aurait dû être réalisé sans délai ce qui aurait permis de détecter immédiatement la péritonite par plaie et d'intervenir en évitant possiblement la résection de quinze centimètres d'intestin. Ainsi, en retardant la seconde intervention au lendemain alors que l'état de l'intéressé exigeait une intervention immédiate dès sa sortie de bloc, le centre hospitalier de Chartres a également commis une faute de nature à engager sa responsabilité.

5. Il résulte de l'instruction que ces fautes étant à l'origine des complications subies par M. E à partir du 17 février 2017, le centre hospitalier de Chartres doit être condamné à indemniser intégralement les préjudices qui en ont résulté.

Sur les préjudices de M. E :

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

S'agissant de l'assistance par une tierce personne :

6. Il résulte de l'instruction que l'état de M. E a nécessité une assistance par tierce personne, évaluée par l'expert à quatre heures par jour entre le 3 mars 2017 et le 5 avril 2017 et à une heure par jour entre le 5 avril 2017 et le 10 mai 2017. Au regard du caractère non spécialisé de cette assistance, le taux horaire retenu doit être égal au salaire minimum interprofessionnel de croissance de l'année 2017 augmenté des cotisations sociales et tenant compte des congés payés et des jours fériés, soit 15,44 euros. Dans ces conditions, il sera fait une exacte appréciation des besoins en assistance par une tierce personne de M. E, avant consolidation, en les évaluant à la somme de 2 654,96 euros.

S'agissant des pertes de gains professionnels et de l'incidence professionnelle :

7. D'une part, si M. E se prévaut d'un préjudice d'incidence professionnelle en lien avec l'intervention du 17 février 2017 et soutient qu'il est devenu inapte au port de charges lourdes, il résulte de l'instruction que l'intéressé a occupé des emplois temporaires en lien avec sa qualification dans le domaine de la maintenance et des systèmes énergétiques et climatiques entre les mois de janvier et février 2018, soit postérieurement à l'intervention du 17 février 2017. Il ne résulte pas en revanche de l'instruction que l'intéressé a été déclaré inapte à l'exercice de sa profession après l'intervention. En outre, si M. E soutient qu'il avait pour projet de créer une société informatique en Thaïlande, il ne démontre pas, par la seule production de son passeport tamponné, suggérant qu'il a effectué de nombreux voyages dans ce pays, la réalité d'un tel projet professionnel. D'autre part, si M. E soutient avoir été placé en arrêt de travail postérieurement à l'intervention du 17 février 2017, il ne réclame aucune somme au titre de la perte de gains professionnels. Par suite, ses demandes à ces deux titres ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

8. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que M. E a présenté un déficit fonctionnel temporaire total du 17 février 2017 au 3 mars 2017 durant son hospitalisation, un déficit fonctionnel évalué à 80 % entre le 4 mars 2017 et le 4 avril 2017, puis évalué à 50 % entre le 5 avril 2017 et le 10 mai 2017, évalué à 20 % entre le 11 mai 2017 et le 28 mai 2017 et, enfin, évalué à 10 % entre le 29 mai 2017 et le 28 juin 2017, date de la consolidation de son état de santé. Dans ces conditions et en retenant un taux d'indemnisation de 500 euros par mois au titre de ce préjudice, il y a lieu d'accorder la somme globale de 1 071,67 euros.

S'agissant du déficit fonctionnel permanent :

9. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'expert a évalué le taux de déficit fonctionnel permanent de l'intéressé à 10 %. L'expert souligne que M. E présente des douleurs abdominales persistantes ainsi que des diarrhées et que son état l'a rendu inapte au port de charges lourdes. Il résulte également de l'instruction, et notamment du certificat médical du docteur B en date du 22 mars 2021, que l'intéressé présentait, après la consolidation de son état, des épisodes diarrhéiques en rapport avec la résection intestinale de quinze centimètres qu'il a subie et qui perturbent sa qualité de vie. Si le centre hospitalier soutient qu'antérieurement à l'intervention, l'intéressé présentait déjà des épisodes diarrhéiques nécessitant la prise de médicaments, il ne présentait pas toutefois de douleurs et conservait la possibilité de porter des charges lourdes. Dans ces conditions, M. E est fondé à se prévaloir d'un déficit fonctionnel permanent imputable aux fautes commises par le centre hospitalier de Chartres. Il y a lieu d'évaluer ce déficit à un taux de 10 %. Dès lors que l'intéressé était âgé de vingt-cinq ans à la date de l'intervention, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en accordant à M. E une somme de 15 000 euros.

S'agissant des souffrances endurées :

10. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. E a présenté des douleurs entre le 17 février 2017 et la date de consolidation de son état, le 28 juin 2017, évaluées à 4/7 par l'expert. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 7 000 euros.

11. En second lieu, si M. E fait valoir qu'il présente des douleurs permanentes, ce préjudice n'est pas distinct du déficit fonctionnel permanent qui a déjà fait l'objet d'une indemnisation au point 9 du présent jugement. Par suite, l'intéressé n'est pas fondé à solliciter une réparation distincte de ce préjudice.

S'agissant du préjudice esthétique :

12. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise, que M. E a subi un préjudice esthétique temporaire ente le 17 février 2017 et le 28 juin 2017, évalué à 2/7 par l'expert. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 000 euros.

13. En second lieu, il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise, que M. E présente un préjudice esthétique permanent se caractérisant par une longue cicatrice verticale de vingt centimètres sur l'abdomen, évalué à 2/7 par l'expert. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 2 000 euros.

S'agissant du préjudice d'agrément :

14. M. E soutient qu'il pratiquait le judo en compétition ainsi que le ski, sports qu'ils ne peut plus exercer en raison de son état de santé. Toutefois, les documents qu'il produit, qui sont tous antérieurs à l'année 2007, ne permettent pas de justifier du maintien d'une pratique régulière de ces sports antérieurement à l'intervention du 17 février 2017. Par suite, M. E n'est pas fondé à se prévaloir d'une préjudice d'agrément.

S'agissant du préjudice sexuel :

15. M. E soutient avoir subi un préjudice sexuel dès lors qu'aucune recherche d'infection sexuellement transmissible n'a été´ effectuée et que le risque d'évolution vers une éventuelle prostatite chronique avec retentissement sur la fécondité´ n'a pas été´ évalué, ainsi que l'a relevé l'expert. Toutefois, ces circonstances ne caractérisent pas l'existence d'un préjudice sexuel présentant un lien direct avec les fautes commises par le centre hospitalier de Chartres. Par suite, cette demande ne peut qu'être rejetée.

S'agissant du préjudice d'établissement :

16. M. E soutient qu'en raison de son état de santé il lui est plus difficile de faire des rencontres. Il s'appuie également sur le rapport d'expertise qui indique qu'aucune recherche relative à une éventuelle prostatite chronique avec impact éventuel sur la fécondité n'a été pratiquée. Toutefois, ces circonstances ne peuvent permettre de justifier de l'existence d'un lien direct et certain entre l'intervention et un préjudice d'établissement. Par suite, cette demande ne peut qu'être rejetée.

17. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de Chartres doit être condamné à verser à M. E une somme totale de 28 726,63 euros en réparation des préjudices résultant de sa prise en charge par cet établissement le 17 février 2017.

Sur les demandes de la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher :

En ce qui concerne les débours :

18. Il résulte de l'instruction que la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, agissant au nom et pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie d'Eure-et-Loir, justifie avoir supporté, pour le compte de son assuré, des dépenses de santé passées d'un montant total de 10 880,31 euros correspondant à des frais d'hospitalisation, à des frais médicaux et pharmaceutiques ainsi qu'à des frais d'appareillage. En outre, elle justifie de la nécessité, dans le futur, d'une consultation spécialisée en gastroentérologie par an durant deux ans d'un montant de 16,10 euros ainsi que de la prescription d'un médicament durant deux ans représentant une dépense totale de 24,48 euros. La caisse justifie par une attestation d'imputabilité de son médecin conseil, du lien direct et exclusif entre ces dépenses de santé passées et futures et la faute commise par le centre hospitalier de Chartres. Il y a lieu, dès lors, de condamner le centre hospitalier de Chartres à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, agissant au nom et pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie d'Eure-et-Loir, la somme de 10 936,99 euros en remboursement des frais supportés.

En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :

19. L'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale permet aux caisses d'assurance maladie exerçant leur recours subrogatoire de recouvrer une indemnité forfaitaire de gestion égale au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans des limites fixées par arrêté. L'article 1er de l'arrêté du 14 décembre 2021 fixe les montants minimum et maximum de cette indemnité forfaitaire de gestion à respectivement 110 euros et 1 114 euros.

20. Eu égard au montant des sommes accordées à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, il y a lieu de condamner le centre hospitalier de Chartres à lui verser la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Sur les intérêts :

21. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité.

22. M. E demande que les indemnités qui lui sont allouées soient assorties des intérêts au taux légal. Il y a lieu d'y faire droit, comme il le demande, à compter du 20 décembre 2019, date de réception, par le centre hospitalier de Chartres, de sa demande préalable indemnitaire.

Sur les dépens :

23. Il y a lieu de mettre les frais des expertises du docteur A, qui ont été liquidés et taxés à la somme de 1 500 euros par ordonnance du 1er mars 2019 de la présidente du tribunal administratif d'Orléans, à la charge définitive du centre hospitalier de Chartres.

Sur les frais liés au litige :

24. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Chartres la somme de 1 500 euros à verser à M. E, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, en revanche, de faire droit aux conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher présentées au titre des frais liés au litige, dès lors qu'elle ne justifie pas avoir exposé de tels frais.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier de Chartres est condamné à verser à M. E une somme de 28 726,63 euros. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 20 décembre 2019.

Article 2 : Le centre hospitalier de Chartres est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, agissant au nom et pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie d'Eure-et-Loir, la somme de 10 936,99 euros en remboursement des frais engagés pour son assuré, M. E.

Article 3 : Le centre hospitalier de Chartres est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 4 : Les frais et honoraires d'expertise du docteur A, liquidés et taxés par ordonnance du 1er mars 2019 à la somme de 1 500 euros, sont mis à la charge du centre hospitalier de Chartres.

Article 5 : Le centre hospitaliser de Chartres versera à M. E une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. C E, à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher et au centre hospitaliser de Chartres.

Copie en sera adressée à l'expert.

Délibéré après l'audience du 27 octobre 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Rouault-Chalier, présidente,

M. Viéville, premier conseiller,

M. Nehring, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.

Le rapporteur,

La présidente,

Virgile D

Patricia ROUAULT-CHALIER

La greffière,

Emilie DEPARDIEU

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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