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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2001517

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2001517

mardi 11 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2001517
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELARLU SANDRINE MARIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 22 avril 2020 et le 9 févier 2021, la commune de La Chapelle-Saint-Ursin (Cher), représentée par Me Lerasle, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner solidairement la société Peslard, la société Atelier Carré d'Arche et la société Apave à lui verser la somme de 18 059,76 euros toutes taxes comprises (TTC) au titre des travaux de reprise de la couverture au-dessus du hall d'accueil de la bibliothèque municipale ;

2°) de condamner solidairement la société Atelier Carré d'Arche et la société Apave à lui verser les sommes de 80 311,21 euros TTC et 30 944,80 euros TTC correspondant au coût de reprise de la couverture en bac acier de la bibliothèque municipale ;

3°) de condamner solidairement la société Seec, la société Atelier Carré d'Arche et la société Apave à lui verser une somme de 1 999,20 euros TTC correspondant au coût de pose de cloches sur les spots existants du plafond de la bibliothèque municipale ;

4°) de condamner solidairement la société Peslard, la société Atelier Carré d'Arche, la société Apave et la société Seec à lui verser la somme de 3 000 euros hors-taxes (HT) correspondant au coût de dépose et de protection nécessaires à l'expertise, ainsi que les sommes de 11 000 euros HT et 1 280 euros HT correspondant aux frais de maîtrise d'œuvre et de contrôle technique nécessités par l'exécution des travaux de reprise, le tout à majorer de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ;

5°) de condamner solidairement la société Peslard, la société Atelier Carré d'Arche, la société Apave et la société Seec à lui verser la somme de 468 euros correspondant au coût de dépose de la bâche et d'évacuation des gravats ;

6°) de condamner solidairement la société Peslard, la société Atelier Carré d'Arche, la société Apave et la société Seec à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation de son préjudice de jouissance ;

7°) de condamner solidairement la société Peslard, la société Atelier Carré d'Arche, la société Apave et la société Seec à lui verser la somme de 9 852,41 euros HT à majorer de la TVA à titre de remboursement des frais et honoraires de l'expertise judiciaire ;

8°) de lui donner acte de son désistement à l'égard de la société Generali Iard ;

9°) de mettre à la charge solidaire la société Peslard, la société Atelier Carré d'Arche, la société Apave, et la société Seec le versement d'une somme de 10 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne les responsabilités :

- s'agissant des désordres affectant les assemblages entre les solins, les bavettes, la couverture en zinc et le chéneau semi-circulaire, d'une part, et ceux affectant la noue, d'autre part, ils engagent la responsabilité décennale de la société Atelier Carré d'Arche dès lors que l'architecte devait vérifier et constater les non-conformités apparentes par rapport aux documents techniques unifiés (DTU) et aux règles de l'art et que ces désordres ont rendu l'ouvrage impropre à sa destination ;

- s'agissant des désordres intérieurs affectant le faux-plafond et les murs, ainsi que les désordres extérieurs affectant la couverture de la rotonde, ils engagent également la responsabilité décennale de la société Peslard dès lors que cette dernière n'a pas respecté les recommandations du DTU ;

- s'agissant des désordres affectant les spots du hall d'entrée, ils engagent la responsabilité décennale de la société Seec dès lors qu'ils révèlent l'existence de malfaçons qui lui sont imputables, qu'ils revêtent un caractère d'imprévisibilité et qu'ils manifestent une dangerosité ;

- la responsabilité décennale de la société Apave Parisienne est engagée en raison des désordres affectant le lot confié à la société Peslard, mais également en raison des désordres affectant le lot confié aux société Boireau et Devin ;

En ce qui concerne les préjudices :

- la médiathèque ayant été fermée certains jours et ses usagers ayant été nécessairement incommodés en raison de la présence d'infiltrations, son préjudice de jouissance est établi.

Par des mémoires enregistrés le 3 juin 2020, le 10 juin 2020, le 8 février 2022 et le 11 juillet 2022, la société anonyme (SA) Apave et la société par actions simplifiée (SAS) Apave Parisienne, représentées par Me Marié, concluent, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) à la mise hors de cause de la société Apave ;

2°) à ce qu'il soit pris acte de l'intervention volontaire de la société Apave Parisienne ;

3°) à titre principal, au rejet des conclusions de la requête formées à l'encontre de la société Apave Parisienne ;

4°) à titre subsidiaire, au rejet des conclusions à fin de condamnation solidaire présentées à son encontre ainsi qu'à titre reconventionnel, à la condamnation solidaire de la société Atelier Carré d'Arche, de la société Peslard, de la société Seec et de la société Olivier Zanni, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Boireau et de la société Devin, à relever et garantir la société Apave Parisienne de toutes condamnations prononcées à son encontre ;

5°) à ce que soit mise à la charge de la commune de La Chapelle-Saint-Ursin et de tout succombant une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur la mise hors de cause de la société Apave :

- la société Apave Parisienne étant seule intervenue en qualité de contrôleur technique pour les travaux en litige, la société Apave doit être mise hors de cause ;

Sur l'absence de responsabilité de la société Apave Parisienne :

- le contrôleur technique n'est soumis à la présomption de responsabilité que dans les limites de sa mission ; sa mission est limitée dans son objet et dans ses conditions d'intervention ; il n'est jamais titulaire d'une mission générale de contrôle de conformité de l'ensemble de la construction par rapport aux DTU, ainsi que le rappelle également l'article 3.1 de la norme NF P 03-100 ;

- s'agissant du désordre n° 0 se rapportant aux difficultés récurrentes affectant les spots lumineux du hall d'entrée, il est imputable à une initiative de l'entreprise en cours de chantier, sur laquelle elle n'a pas été consultée et n'a pas reçu d'information ; alors que le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) du marché ne prévoyait pas la mise en place de ces éléments, seule la responsabilité de la société Seec doit être engagée, ainsi qu'en convient l'expert ;

- s'agissant des désordres n°s 1, 2 et 3 relatifs aux infiltrations, qui ont pour origine des défauts de conception et d'exécution, dès lors qu'elle s'était uniquement vu confier les missions " L ", " SEI " et " HAND ", l'avis qu'elle devait donner sur la couverture dans le cadre de sa mission " L " ne pouvait porter que sur sa solidité et non sur l'efficacité des dispositifs d'évacuation des eaux pluviales ; ces désordres sont étrangers à la mission " SEI " qui vise à la prévention des aléas générateurs d'accidents corporels découlant de défauts dans l'application de la réglementation contre les risques incendie et de panique ; l'examen des ouvrages d'évacuation des eaux pluviales constitue l'objet de la mission " F ", qui n'a présentement pas été souscrite ; elle ne peut donc voir sa responsabilité engagée pour une mission qui ne lui pas été confiée ;

- aucune solidarité légale n'a été instituée dans le cadre de la garantie décennale des constructeurs, ni même pour la responsabilité contractuelle de droit commun ; par ailleurs, en application des dispositions de l'article 1202 du code civil, la solidarité ne se présume pas ; enfin, le prononcé d'une condamnation solidaire implique l'existence d'un dommage unique imputable à plusieurs coauteurs et que l'obligation de chacun soit identique ; en l'espèce, ces conditions ne sont aucunement satisfaites ; la demande de condamnation solidaire doit donc être rejetée ;

Sur les appels en garantie :

- son appel en garantie contre la société Devin formé dans son mémoire enregistré le 10 juin 2020, antérieurement à la clôture de la procédure de liquidation judiciaire du constructeur intervenue le 9 septembre 2020, est recevable ;

- elle est fondée à demander la garantie des autres intervenants en application de l'article 1240 du code civil, dès lors que leur responsabilité a également été retenue par l'expert ;

- s'agissant du désordre n° 0, dès lors que le CCTP de l'architecte attirait l'attention de l'entreprise sur les précautions à prendre par rapport aux échauffements de proximité, seule la responsabilité de l'entreprise Seec est engagée ;

- s'agissant des désordres n° 1, ils engagent de manière prépondérante la responsabilité de la société Peslard, mais aussi celle du maître d'œuvre dès lors que les défauts de conformité étaient visibles ;

- s'agissant des désordres n°s 2 et 3, ils engagent de manière prépondérante la responsabilité des sociétés Boireau et Devin, mais aussi celle du maître d'œuvre dès lors que les défauts de conformité étaient visibles.

Par des mémoires enregistrés le 9 novembre 2021 et le 24 février 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Atelier Carré d'Arche, représentée par Me Meunier, conclut, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à la condamnation solidaire de la société Olivier Zanni, en qualité de liquidateur judiciaire des sociétés Boireau et Devin, de la société Peslard et de la société Apave Parisienne à la relever et garantir de toutes condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre ;

3°) à ce que soit mise à la charge de la commune de La Chapelle-Saint-Ursin et de tout succombant une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa responsabilité n'est envisagée par l'expert que pour les désordres n°s 1 à 3 et de façon partielle ;

- en ce qui concerne le désordre n° 1, son imputabilité principale incombe à la société Peslard titulaire du lot " couverture zinc " en charge à ce titre des relations entre les solins, les bavettes et le chéneau ; pour sa part, ainsi que pour le contrôleur technique, ils ne se voient attribuer qu'un reproche par l'expert tenant à l'absence de diagnostic des non-conformités au regard des règles de l'art ; par suite, il y a lieu de fixer à 10 % la part de responsabilité de la société Apave Parisienne pour ce désordre et à 75 % celle de la société Peslard ;

- en ce qui concerne les désordres n°s 2 et 3, ils sont d'abord imputables aux sociétés Boireau et Devin ; sa responsabilité n'est que partielle ; par suite, il y a lieu de fixer à 10 % la part de responsabilité de la société Apave Parisienne pour ces désordres et à 75 % celle de la société Peslard ;

- en application de l'article L. 111-24 du code de la construction et de l'habitation, les bureaux de contrôle sont soumis au régime de présomption de responsabilité décennale au même titre que tout autre constructeur ; en l'espèce, la commune avait souscrit une mission " SEI " qui impose au contrôleur technique une obligation de prévention des aléas techniques qui découlent de défauts dans l'application des dispositions réglementaires relatives à la sécurité des personnes dans les constructions achevées ; ces aléas existent en l'espèce puisque les désordres en litige font courir un risque de chute de laines de verre, d'éléments de faux-plafonds et une détérioration de la charpente et des éléments de façade ; le fait qu'une mission " F " existe ne retire rien à la substance des missions " L " et " SEI " présentement évoquées ; la responsabilité de la société Apave est ainsi engagée ;

- les conclusions de la société Apave tendant à ce qu'elle ne prenne pas en charge la part des coobligés défaillants ne sont pas recevables car elles sont présentées devant une juridiction matériellement incompétente pour en connaître.

Par un mémoire enregistré le 24 janvier 2022, la SA Generali Iard, représentée par Me Pruvost, accepte le désistement de la commune de La Chapelle-Saint-Ursin de ses conclusions dirigées à son encontre.

Par un mémoire, enregistré le 18 novembre 2021, la société civile professionnelle (SCP) Olivier Zanni, liquidateur judiciaire de la société Boireau et de la société Devin, informe le tribunal de la clôture des opérations de liquidation de ces deux sociétés au 11 février 2020 pour la première et au 9 septembre 2020 pour la seconde.

La SARL Peslard et la SARL Seec, à qui la requête a été communiquée le 28 avril 2020, n'ont pas produit de mémoire en défense, malgré une mise en demeure en date du 9 septembre 2021.

Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions d'appel en garantie de la société Atelier Carré d'Arche et de la société Apave Parisienne à l'encontre de la société Boireau, dont les opérations de la liquidation judiciaire ont été clôturées le 11 février 2020 et radiée du registre du commerce et des sociétés avant l'enregistrement desdites conclusions, en l'absence de désignation par le tribunal de commerce compétent d'un mandataire ad hoc chargé de représenter ladite société dans le cadre de la présente instance.

Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions d'appel en garantie de la société Atelier Carré d'Arche à l'encontre de la société Devin, dont les opérations de la liquidation judiciaire ont été clôturées le 9 septembre 2020 et radiée du registre du commerce et des sociétés avant l'enregistrement desdites conclusions, en l'absence de désignation par le tribunal de commerce compétent d'un mandataire ad hoc chargé de représenter ladite société dans le cadre de la présente instance.

Une réponse à un moyen d'ordre public, enregistrée le 14 septembre 2022, a été présentée par la société Apave Parisienne.

Par un mémoire enregistré le 14 septembre 2022, la société Apave Parisienne, représentée par Me Marié, a déclaré se désister de ses conclusions reconventionnelles dirigées contre la société Boireau.

Elle soutient que la société Boireau ayant intégralement sous-traité son marché à la société Devin, cette dernière est donc directement à l'origine des manquements litigieux.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance n° 1604050, 1702991 et 1703139 du 4 mars 2019, par laquelle le président du tribunal a taxé les frais de l'expertise.

Vu :

- le code des marchés publics ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique,

- et les observations de Me Labaudre, représentant la société Apave et la société Apave Parisienne.

Considérant ce qui suit :

1. Par acte d'engagement du 3 février 2010 modifié par avenant du 28 septembre 2010, la commune de La Chapelle-Saint-Ursin a confié à la SARL Atelier Carré d'Arche, venant aux droits de la SCP Prin-Audebert-Senly, architecte, la maîtrise d'œuvre de travaux de rénovation et d'extension d'un bâtiment communal à usage de bibliothèque municipale en vue de la création d'une médiathèque. Ces travaux ont été soumis au contrôle technique de la SAS Apave Parisienne. Le lot n° 4 " couverture panneaux sandwich " a été confié à la SAS Boireau, qui l'a sous-traité en totalité à la société Devin, le lot n° 5 " couverture en zinc " a été confié à la SARL Peslard et le lot n° 15 " électricité " a été confié à la SARL Seec. La réception des travaux a été prononcée après levée des réserves le 2 novembre 2011.

2. A la suite de la survenance d'une pluralité de désordres, par une ordonnance n° 1604050 du 6 avril 2017, le juge des référés de ce tribunal a prescrit une mesure d'expertise. L'expert a déposé son rapport le 15 janvier 2019. La commune de La Chapelle-Saint-Ursin demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures de lui donner acte de son désistement à l'égard de la société Generali Iard et de condamner solidairement la société Atelier Carré d'Arche, la société Apave et/ou la société Peslard, et/ou la société Seec, à l'indemniser des préjudices subis en raison des différents désordres affectant la médiathèque.

Sur les conclusions de la commune à fin de désistement partiel :

3. Par un mémoire enregistré le 9 février 2021, la commune de La Chapelle-Saint-Ursin a déclaré se désister de ses conclusions dirigées contre la société Generali Iard. Ce désistement, au demeurant accepté le 24 janvier 2022 par la société Générali Iard, est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

En ce qui concerne les responsabilités :

4. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.

S'agissant des désordres affectant les spots lumineux du hall d'entrée :

5. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que les fourreaux mis en place pour écarter la laine de verre des spots à incandescence halogène du faux-plafond du hall d'entrée de la bibliothèque municipale surchauffent et fondent. Il résulte de ce même rapport que ces désordres apparus postérieurement à la réception de l'ouvrage et pour

la première fois en 2013, qui ont pour origine l'utilisation de tronçons de tuyaux en PVC, dépourvus de degré coupe-feu, inaptes à assurer une fonction de cloche et d'écarteur, sont de nature, eu égard à la dangerosité impliquée par la surchauffe, à rendre l'ouvrage impropre à sa destination.

6. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que ces désordres, qui ont pour cause une non-conformité du matériel installé, ainsi qu'un non-respect des clauses du CCTP rédigées par l'architecte qui prescrivaient expressément une attention aux échauffements de proximité, ainsi qu'une implantation du transformateur du spot dans un endroit ventilé, sont imputables à la société Seec, constructeur titulaire du lot n° 15 " électricité ".

7. En deuxième lieu, les désordres en litige révèlent également l'existence de manquements de la maîtrise d'œuvre dans ses missions, précisément visées par le marché, non seulement de direction de l'exécution des travaux, qui impliquent notamment une surveillance des travaux réalisés propre à révéler l'existence des non-conformités visées au point 6, mais aussi d'assistance aux opérations de réception. Ces désordres sont donc également imputables à la société Atelier Carré d'Arche.

8. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 111-23 du code de la construction et de l'habitation dans sa rédaction alors applicable : " Le contrôleur technique a pour mission de contribuer à la prévention des différents aléas techniques susceptibles d'être rencontrés dans la réalisation des ouvrages. / Il intervient à la demande du maître de l'ouvrage et donne son avis à ce dernier sur les problèmes d'ordre technique, dans le cadre du contrat qui le lie à celui-ci. Cet avis porte notamment sur les problèmes qui concernent la solidité de l'ouvrage et la sécurité des personnes ". En vertu des dispositions de l'article L. 111-24 de ce même code, le contrôleur technique est soumis, dans les limites de la mission qui lui est confiée par le maître de l'ouvrage, à la présomption de responsabilité édictée par les articles 1792, 1792-1 et 1792-2 du code civil et il doit être regardé, alors même qu'il n'est chargé ni de la surveillance ni du contrôle du chantier, comme un constructeur pour la mise en œuvre de la garantie décennale.

9. Aux termes de l'article R. 111-39 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable, que : " Le contrôle technique obligatoire porte sur la solidité des ouvrages de viabilité, de fondation, d'ossature, de clos et de couvert et des éléments d'équipement qui font indissociablement corps avec ces ouvrages, ainsi que sur les conditions de sécurité des personnes dans les constructions () ". Aux termes de l'article R. 111-40 du même code, dans sa rédaction applicable : " Au cours de la phase de conception, le contrôleur technique procède à l'examen critique de l'ensemble des dispositions techniques du projet. / Pendant la période d'exécution des travaux, il s'assure notamment que les vérifications techniques qui incombent à chacun des constructeurs énumérés à l'article 1792-1 (1°) du code civil s'effectuent de manière satisfaisante ".

10. D'une part, il ne résulte pas de l'instruction que les désordres visés au point 5 seraient, de quelque manière que ce soit, imputables à la société Apave, qui ne s'était vu confier aucune mission de contrôle technique dans le cadre de réalisation du marché en litige, contrairement à la société Apave Parisienne, qui avait précisément conclu avec la commune de La Chapelle-Saint-Ursin une convention à cette fin le 13 juillet 2010. Par suite, sa responsabilité ne peut valablement être engagée au titre de ces désordres.

11. D'autre part, si la société Apave Parisienne fait valoir qu'elle n'était tenue qu'à une mission " L ", relative à la solidité des ouvrages et des éléments d'équipements, à une mission " HAND ", relative à l'accessibilité des constructions pour les personnes handicapées, et à une mission " SEI ", relative à la sécurité des personnes contre les risques de panique et d'incendie, ces missions incluaient nécessairement les vérifications finales en vue de la réception relativement à la protection des installations électriques du bâtiment, de sorte que l'imputabilité des désordres à son égard est également établie.

12. Il résulte de ce qui précède que la commune de La Chapelle-Saint-Ursin qui demande au tribunal de condamner solidairement la société Seec, la société Atelier Carré d'Arche et la société Apave au titre des désordres affectant les spots lumineux du hall d'entrée est uniquement fondée à obtenir la condamnation solidaire de la société Seec et de la société Atelier Carré d'Arche à ce titre.

S'agissant des désordres affectant la couverture au-dessus du hall d'accueil :

13. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que les dalles du faux plafond localisé en périphérie de la pièce circulaire de l'accueil et particulièrement du côté sud sous le chéneau de la couverture en zinc à joint debout sont affectées de nombreuses tâches d'infiltration d'eaux pluviales qui ont pour origine un sous-dimensionnement du chéneau, ainsi que des fuites des habillages solin / bavette. Ces infiltrations, dont certaines sont évolutives, sont de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination.

14. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que ces désordres ont pour cause un défaut de conception du chéneau, ainsi que des défauts d'exécution d'une évacuation d'eaux pluviales et des relevés et bavette, notamment au regard des prescriptions du DTU 40.35 et 40.41, dont l'imputabilité technique incombe à la société Peslard, constructeur titulaire du lot n° 5 " couverture en zinc ".

15. En deuxième lieu, ces défauts de conception et d'exécution mentionnés au point précédent révèlent également l'existence d'une défaillance de la maîtrise d'œuvre dans sa mission de surveillance de l'exécution des travaux, de sorte que ces désordres sont également imputables à la société Atelier Carré d'Arche.

16. En dernier lieu, d'une part, pour les mêmes motifs que ceux déjà exposés au point 10, il ne résulte pas de l'instruction que les désordres visés au point 13 seraient, de quelque manière que ce soit, imputables à la société Apave, qui ne s'était vu confier aucune mission de contrôle technique dans le cadre de réalisation du marché en litige, contrairement à la société Apave Parisienne. Par suite, sa responsabilité ne peut valablement être engagée au titre de ces désordres.

17. D'autre part, alors même que sa mission ne portait que sur la solidité de l'existant et de son extension, la société Apave Parisienne devait conformément aux dispositions précitées de l'article R. 111-39 du code de la construction et de l'habitation, ainsi qu'aux spécifications de la norme NF P 0-300 applicables pour la mise en œuvre du contrôle technique relativement à la mission " L ", examiner les ouvrages assurant le clos et le couvert, et notamment la couverture, dont les insuffisances, au niveau du chéneau, des joints et des soudures ont occasionné les désordres pour, le cas échéant, formuler des observations sur ce point. Par suite, même si les infiltrations n'ont pas pour conséquence, en l'espèce, d'affecter la solidité de l'immeuble, ces désordres, qui ne sont pas étrangers à la mission du contrôleur technique, sont également imputables à la société Apave Parisienne.

18. Il résulte de ce qui précède que la commune de La Chapelle-Saint-Ursin qui demande au tribunal de condamner solidairement la société Peslard, la société Atelier Carré d'Arche et la société Apave au titre des désordres affectant la couverture au-dessus du hall d'accueil est uniquement fondée à obtenir la condamnation solidaire de la société Peslard et de la société Atelier Carré d'Arche à ce titre.

S'agissant des désordres affectant la couverture en tête de façade et en rives de chaufferie :

19. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que les deux linteaux de portes de la médiathèque accédant au jardin de lecture sont dégradés, que de la moisissure est présente sous certains débords de plaque de panneau sandwich formant la couverture du bâtiment, qu'une tâche est visible en faux-plafond sous la noue et en bordure de façade de jardin et que de nombreuses tâches sont également observables sur les dalles du faux-plafond dans le couloir accédant à la chaufferie et dans la salle de préparation sous la noue formant le chéneau entre deux pentes de couverture de panneaux sandwich. Ces désordres, qui ont pour origine un sous-dimensionnement du débord de toiture et des noues, une absence de closoir et de pliage de la tôle du bac acier, ainsi qu'une contre-pente de la gouttière pendante en façade sud de la galerie d'exposition sont, en considération de l'humidité très forte et anormale qu'ils génèrent, de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination.

20. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que ces désordres ont pour cause des défauts de conception et d'exécution des noues et chéneaux au regard notamment des prescriptions des DTU 40.35 et 40.36, dont l'imputabilité technique incombe à la société Boireau, titulaire du lot n° 4 " couverture panneaux sandwich ", ainsi qu'à son sous-traitant, pour l'exécution de ces travaux, la société Devin.

21. En deuxième lieu, les diverses erreurs mentionnées au point 19 révèlent également l'existence d'une défaillance de la maîtrise d'œuvre dans sa mission de surveillance de l'exécution des travaux, de sorte que ces désordres sont également imputables à la société Atelier Carré d'Arche.

22. En dernier lieu, d'une part, pour les mêmes motifs que ceux déjà exposés au point 10, il ne résulte pas de l'instruction que les désordres visés au point 19 seraient, de quelque manière que ce soit, imputables à la société Apave, qui ne s'était vu confier aucune mission de contrôle technique dans le cadre de réalisation du marché en litige, contrairement à la société Apave Parisienne. Par suite, sa responsabilité ne peut valablement être engagée au titre de ces désordres.

23. D'autre part, pour les mêmes motifs que ceux déjà exposés au point 17, les missions de la société Apave Parisienne incluant nécessairement les vérifications finales en vue de la réception relativement à l'étanchéité du bâtiment, les désordres cités au point 19 lui sont également imputables.

24. Il résulte de ce qui précède que la commune de La Chapelle-Saint-Ursin qui demande au tribunal de condamner solidairement la société Atelier Carré d'Arche et la société Apave au titre des désordres affectant la couverture en tête de façade et en rives de chaufferie est uniquement fondée à obtenir la condamnation de la société Atelier Carré d'Arche à ce titre.

En ce qui concerne les préjudices :

S'agissant des préjudices matériels :

25. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le coût de reprise des désordres affectant les spots du hall d'entrée, impliquant la pose de cloches sur les spots existants est égal à 1 666 euros HT soit 1 999,20 euros TTC. Par suite, la société Seec et la société Atelier Carré d'Arche doivent être solidairement condamnées à verser à la commune de La Chapelle-Saint-Ursin cette somme en réparation de ces désordres.

26. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le coût de reprise des désordres affectant la couverture au-dessus du hall d'accueil est égal à 15 049,80 euros HT soit 18 059,76 euros TTC. Par suite, la société Peslard et la société Atelier Carré d'Arche doivent être solidairement condamnées à verser à la commune de La Chapelle-Saint-Ursin cette somme en réparation de ces désordres.

27. En dernier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le coût de reprise des désordres affectant la couverture en tête de façade et en rives de chaufferie, impliquant la reprise de la couverture en zinc à joint debout, d'une part, et la reprise des panneaux de façade, d'autre part, est égal à 92 715,01 euros HT (66 926,01 + 25 789), soit 111 258,01 euros TTC. Par suite, la société Atelier Carré d'Arche doit être condamnée à verser à la commune de La Chapelle-Saint-Ursin la somme de 111 256,01 euros TTC en réparation de ces désordres.

S'agissant des préjudices financiers :

28. D'une part, la commune de La Chapelle-Saint-Ursin établit au moyen de factures de la société Noyat en date des 16 mai 2018, 13 juillet 2018 et 2 novembre 2019 avoir été contrainte d'exposer durant les opérations d'expertise des coûts d'échafaudage, de bâchage, de dépose de bâche puis de remplacement de la bâche existante, d'évacuation des gravats et de fourniture d'une nouvelle bâche, d'un montant respectif de 1 200 euros TTC, 960 euros TTC, 720 euros TTC, 720 euros TTC et 468 euros TTC.

29. D'autre part, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise qu'eu égard à la nature et la complexité des prestations à réaliser, la reprise des désordres nécessitera l'engagement de coûts indispensables de maîtrise d'œuvre d'un montant de 11 000 euros HT soit 13 200 euros TTC et de contrôle technique d'un montant de 1 280 euros HT soit 1 536 euros TTC. La requérante a donc droit à ce que ces frais soient inclus dans le montant du préjudice financier dont elle doit obtenir réparation au titre des désordres retenus.

30. Par suite, la commune de La Chapelle-Saint-Ursin est fondée à demander la condamnation solidaire de la société Peslard et de la société Atelier Carré d'Arche, qui ont toutes concouru à la survenance des mêmes dommages affectant la couverture, à l'exclusion de la société Seec, dont la faute est étrangère à ces désordres, à lui verser ces sommes en réparation de ces préjudices financiers.

S'agissant du préjudice de jouissance :

31. La commune de La Chapelle-Saint-Ursin fait valoir, sans être contredite, qu'à la suite de la survenance des infiltrations en litige, elle a été totalement privée de l'usage de la médiathèque pendant plusieurs jours et que ses usagers ont été incommodés par la forte humidité ambiante. Eu égard à la durée d'empêchement d'accès à l'établissement dans sa globalité et des restrictions d'usage de cet espace d'accueil du public qui perdurent à la date du jugement, la requérante est fondée à demander la condamnation solidaire de la société Peslard et de la société Atelier Carré d'Arche, qui ont toutes concouru à la survenance des mêmes dommages affectant la couverture, à l'exclusion de la société Seec, dont la faute est étrangère à ces désordres, à lui verser la somme sollicitée de 2 000 euros en réparation de son préjudice de jouissance.

Sur les conclusions relatives aux dépens :

32. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens ".

33. Par ordonnance du 4 mars 2019, la présidente du tribunal a taxé et liquidé les frais et honoraires de l'expertise à la somme de 9 852,41 euros HT soit 11 822,89 euros TTC. Il y a lieu de mettre cette somme à la charge définitive et solidaire de la société Seec, de la société Peslard et de la société Atelier Carré d'Arche.

Sur les conclusions à fin d'appel en garantie :

En ce qui concerne les appels en garantie formés par la société Atelier Carré d'Arche à l'encontre de la société Boireau et de la société Devin :

34. La personnalité morale d'une société commerciale dissoute et radiée du registre du commerce et des sociétés subsiste aussi longtemps que les droits et obligations à caractère social, notamment ceux liés aux instances en cours, ne sont pas liquidés. Après la date de clôture de sa liquidation, une telle société ne peut plus être représentée par le liquidateur, dont le mandat a pris fin, mais doit l'être par un administrateur ad hoc désigné par la juridiction compétente, cette désignation pouvant intervenir à tout moment au cours de l'instance.

35. Toutefois, la recevabilité de l'appel en garantie formé par l'un des constructeurs à l'encontre d'un autre, dont la liquidation judiciaire a été prononcée avant la saisine du tribunal, est subordonnée à la condition qu'un mandataire ad hoc chargé de le représenter dans l'instance ait été désigné par décision de justice, le cas échéant à l'initiative du demandeur à l'instance.

36. Il résulte de l'instruction que la société Atelier Carré d'Arche a présenté ses conclusions à fin de garantie à l'encontre de la société Boireau et de la société Devin le 9 novembre 2021, autrement dit postérieurement à la clôture des opérations de liquidation de ces deux sociétés, par des jugements du 11 février 2020 et du 9 septembre 2020. Dans ces conditions, à défaut de régularisation de cette irrecevabilité avant la clôture de l'instruction, les conclusions d'appel en garantie présentées par la société Atelier Carré d'Arche contre la société Boireau et la société Devin doivent être rejetées comme irrecevables.

En ce qui concerne les autres appels en garantie :

37. Le recours entre constructeurs, non contractuellement liés, ne peut avoir qu'un fondement quasi-délictuel et, coauteurs obligés solidairement à la réparation d'un même dommage, ces constructeurs ne sont tenus entre eux que chacun, pour sa part, déterminée à proportion du degré de gravité des fautes qu'ils ont personnellement commises, caractérisées par un manquement dans les règles de leur art. Ils ne peuvent, en outre, être solidairement condamnés à garantir l'un d'eux que si leur faute personnelle a concouru à la survenance d'un dommage commun.

38. En premier lieu, la société Apave Parisienne n'étant pas condamnée aux termes du présent jugement à payer une quelconque somme à la commune de La Chapelle-Saint-Ursin, ses conclusions tendant à être garantie solidairement par les autres sociétés mises en cause, des condamnations prononcées à son encontre, sont dépourvues d'objet.

39. En deuxième lieu, ainsi qu'il l'a été dit aux points 6 à 11, les désordres affectant les spots du hall d'entrée sont imputables à une non-conformité aux règles de l'art de la part de l'entrepreneur, mais aussi, à titre secondaire, à un défaut de surveillance du maître d'œuvre et de vérification du contrôleur technique. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, il sera fait une juste appréciation de la part de responsabilité de ces trois entités, en la fixant respectivement à 75 % pour la société Seec, 15 % pour la société Atelier Carré d'Arche et 10 % pour la société Apave Parisienne.

40. En conséquence, compte tenu de l'appel en garantie formé par la société Atelier Carré d'Arche, il y a lieu de condamner la société Seec et la société Apave Parisienne à la garantir à hauteur de la part du désordre qui leur est imputable, soit 75 % pour la société Seec et 10 % pour la société Apave Parisienne.

41. En troisième lieu, ainsi qu'il l'a été dit aux points 14 à 17, les désordres affectant la couverture au-dessus du hall d'accueil sont imputables à une non-conformité aux règles de l'art de la part de l'entrepreneur, mais aussi, à titre secondaire, à un défaut de surveillance du maître d'œuvre et de vérification du contrôleur technique. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, il sera fait une juste appréciation de la part de responsabilité de ces trois entités, en la fixant respectivement à 75 % pour la société Peslard, 15 % pour la société Atelier Carré d'Arche et 10 % pour la société Apave Parisienne.

42. En conséquence, compte tenu de l'appel en garantie formé par la société Atelier Carré d'Arche, il y a lieu de condamner la société Peslard et la société Apave Parisienne à la garantir à hauteur de la part du désordre qui leur est imputable, soit 75 % pour la société Peslard et 10 % pour la société Apave Parisienne.

43. En dernier lieu, ainsi qu'il l'a été dit aux points 20 à 23, les désordres affectant la couverture en tête de façade et en rives de chaufferie sont imputables à des défauts de conception et d'exécution de la part de l'entrepreneur, mais aussi, à titre secondaire, à un défaut de surveillance du maître d'œuvre et de vérification du contrôleur technique. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, il sera fait une juste appréciation de la part de responsabilité de ces trois entités, en la fixant respectivement à 75 % pour la société Devin, 15 % pour la société Atelier Carré d'Arche et 10 % pour la société Apave Parisienne.

44. En conséquence, compte tenu de l'appel en garantie formé par la société Atelier Carré d'Arche, il y a lieu de condamner la société Apave Parisienne à la garantir à hauteur de la part du désordre qui lui est imputable, soit 10 %.

Sur les frais liés au litige :

45. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Apave, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de La Chapelle-Saint-Ursin demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge solidaire de la société Seec, de la société Peslard et de la société Atelier Carré d'Arche une somme de 4 000 euros au titre des frais exposés par la commune de La Chapelle-Saint-Ursin et non compris dans les dépens.

46. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées, sur le même fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, par la société Atelier Carré d'Arche, la société Apave et la société Apave Parisienne.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de la commune de La Chapelle-Saint-Ursin de ses conclusions dirigées contre la société Generali Iard.

Article 2 : La société Seec et la société Atelier Carré d'Arche sont condamnées solidairement à verser à la commune de La Chapelle-Saint-Ursin la somme de 1 999,20 euros TTC au titre des désordres affectant les spots du hall d'entrée.

Article 3 : La société Peslard et la société Atelier Carré d'Arche sont condamnées solidairement à verser à la commune de La Chapelle-Saint-Ursin la somme de 18 059,76 euros TTC au titre des désordres affectant la couverture au-dessus du hall d'accueil.

Article 4 : La société Atelier Carré d'Arche est condamnée à verser à la commune de La Chapelle-Saint-Ursin la somme de 111 256,01 euros TTC au titre des désordres affectant la couverture en tête de façade et en rives de chaufferie.

Article 5 : La société Peslard et la société Atelier Carré d'Arche sont condamnées solidairement à verser à la commune de La Chapelle-Saint-Ursin la somme de 18 804 euros TTC correspondant aux coûts de bâchage et d'échafaudage, de remplacement de la bâche de la rotonde, de maîtrise d'œuvre et de contrôle technique.

Article 6 : La société Peslard et la société Atelier Carré d'Arche sont condamnées solidairement à verser à la commune de La Chapelle-Saint-Ursin la somme de 2 000 euros en réparation de son préjudice de jouissance.

Article 7 : Les dépens, d'un montant total de 11 822,89 euros TTC, sont mis à la charge solidaire et définitive de la société Seec, de la société Peslard et de la société Atelier Carré d'Arche.

Article 8 : La société Apave Parisienne garantira la société Atelier Carré d'Arche à hauteur de 10 % des condamnations prononcées à son encontre aux articles 2, 3, 4, 5 et 6 du présent jugement.

Article 9 : La société Seec garantira la société Atelier Carré d'Arche à hauteur de 75 % des condamnations prononcées à son encontre à l'article 2 du présent jugement.

Article 10 : La société Peslard garantira la société Atelier Carré d'Arche à hauteur de 75 % des condamnations prononcées à son encontre aux articles 3, 5 et 6 du présent jugement.

Article 11 : La société Seec, la société Peslard et la société Atelier Carré d'Arche verseront solidairement à la commune de La Chapelle-Saint-Ursin la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 12 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 13 : Le présent jugement sera notifié à la commune de La Chapelle-Saint-Ursin, à la société Seec, à la société Peslard, à la société Atelier Carré d'Arche, à la société Apave, à la société Apave Parisienne, à la société Generali Iard, à la société Boireau et à la société Devin.

Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,

M. Joos, premier conseiller,

Mme Bertrand, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.

Le rapporteur,

Emmanuel A

La présidente,

Anne LEFEBVRE-SOPPELSA

La greffière,

Sarah LEROY

La République mande et ordonne au préfet du Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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