mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2001830 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL WALTER & GARANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 juin 2020 et le 4 avril 2022, la commune de Villeloin-Coulangé (Indre-et-Loire), représentée par Me Dalibard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la société civile professionnelle (SCP) Zanni, en qualité de liquidateur judiciaire de la société à responsabilité limitée à associé unique (SARLU) Valençay Confort, à lui verser la somme de 199 930,21 euros à titre de dommages et intérêts en réparation des préjudices subis dans le cadre d'exécution du marché de travaux de construction d'une maison de santé pluridisciplinaire sur le territoire communal ;
2°) de condamner la SCP Zanni, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Valençay Confort, à lui verser, à titre principal, la somme de 29 208,48 euros sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, ou, à titre subsidiaire, à titre de dommages et intérêts en réparation de son préjudice financier ;
3°) de fixer, en conséquence, au passif de la liquidation judiciaire de la société Valençay Confort le montant de sa créance à la somme de 229 138,69 euros ;
4°) de mettre à la charge de la SCP Zanni, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Valençay Confort, le versement d'une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la responsabilité :
- la détermination de l'existence et du montant d'une créance publique relève de la seule compétence des juridictions administratives ; en l'espèce, il appartient au juge administratif de connaître de l'action tendant à ce qu'il soit statué sur l'existence et le montant de la créance découlant des désordres affectant les travaux réalisés par la société Valençay Confort dans le cadre du marché public de travaux qu'elle lui a confié ;
- à titre principal, la responsabilité des constructeurs est engagée de plein droit lorsqu'après la réception apparaît un dommage à l'ouvrage de nature à en compromettre la destination ou à porter atteinte à sa solidité, dès lors que les causes de ce dommage apparaissent dans le délai d'épreuve de dix ans après la réception et se manifestent complètement dans un délai prévisible, même postérieur à ce délai de dix ans ; en l'espèce, le système de chauffage et de rafraichissement de la maison médicale est affecté de multiples désordres au niveau de l'installation et de son réseau ; la défaillance totale du chauffage qui en résulte rend l'immeuble impropre à sa destination ; par ailleurs, la centrale de traitement d'air présente des débits de soufflage totalement insuffisants ; cette défaillance rend également l'immeuble impropre à sa destination ; la société Valençay Confort s'étant vu attribuer le lot de travaux intéressant l'installation du système de chauffage, de rafraichissement et de ventilation, les désordres relevés lui sont imputables ; compte tenu de l'ensemble de ces éléments, la responsabilité décennale de la société Valençay est engagée ;
- à titre subsidiaire, la société Valençay Confort s'étant vu confier non seulement la réalisation des travaux, mais encore la maintenance, l'entretien courant et le contrôle des installations de climatisation, sa responsabilité contractuelle est engagée de ce chef ;
En ce qui concerne les préjudices :
- les coûts réparatoires des désordres affectant les réseaux de ventilation, s'élèvent à 41 281,07 euros toutes taxes comprises (TTC) ; ils comprennent outre les frais déjà engagés lors de l'expertise judiciaire d'un montant de 646,80 euros TTC, les coûts au sens strict de réfection des réseaux de ventilation d'un montant de 32 716,80 euros TTC à majorer, d'une part, des coûts nécessaires de maîtrise d'œuvre spécialisée à hauteur de 8 % du montant de ces travaux, et, d'autre part, le surcoût de suivi de chantier lié à l'exécution des travaux en site occupé à hauteur d'un coefficient de 1,15 ;
- les coûts réparatoires des désordres affectant l'installation de chauffage et de rafraichissement s'élèvent à 113 270,40 euros TTC ; ils comprennent, les coûts au sens strict de réparation d'un montant de 91 200 euros TTC, les coûts nécessaires de maîtrise d'œuvre à hauteur de 8 % des travaux et, d'autre part, le surcoût de suivi de chantier lié à l'exécution des travaux en site occupé à hauteur d'un coefficient de 1,15 ;
- son préjudice financier s'élève à 45 378,74 euros ; il comprend le coût de la visite technique préalable d'un montant de 258 euros et d'achat de 5 climatiseurs mobiles d'un montant de 2 204,54 euros, la perte d'indexation des loyers qui devaient être réglés par les professionnels de santé installés dans la maison médicale depuis 2012 d'un montant de 17 916,20 euros, ainsi que les coûts d'intervention en urgence de personnels administratifs et techniques rendus nécessaires pour faire face aux dysfonctionnements de l'installation d'un montant de 1 500 euros par an, soit 15 000 euros ;
- son préjudice d'image évalué sur 10 années s'élève à 10 000 euros ;
- ses frais et honoraires d'expertise judiciaire exposés s'élèvent à 29 208,48 euros.
La SCP Zanni, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Valençay Confort, n'a pas produit de mémoire en défense, malgré une mise en demeure en date du 23 novembre 2021.
Par ordonnance du 17 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 mai 2022.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions de la commune de Villeloin-Coulangé tendant à ce qu'une somme soit inscrite au passif de la société Valençay Confort.
Une réponse à un moyen d'ordre public a été enregistrée le 20 juin 2022 pour la commune de Villeloin-Coulangé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de commerce ;
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Giraud substituant Me Dalibard, représentant la commune de Villeloin-Coulangé.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte d'engagement du 14 juin 2011 modifié par avenant du 3 juillet 2012, la commune de Villeloin-Coulangé (Indre-et-Loire) a confié à M. C B exerçant sous l'enseigne " Valençay Confort ", puis à la société à responsabilité limitée à associé unique
(SARLU) Valençay Confort, venant aux droits de M. B, l'exécution du lot n° 8 " plomberie, sanitaires, chauffage, rafraichissement, VMC " du marché de travaux de construction de la maison de santé pluridisciplinaire située sur le territoire communal. La réception des travaux a été prononcée sans réserves à effet au 30 juillet 2012.
2. A la suite de la survenance d'une pluralité de désordres, par une ordonnance du 4 décembre 2018, le juge des référés du tribunal de grande instance de Tours a prescrit une mesure d'expertise. L'expert a déposé son rapport le 23 juillet 2021. La commune de Villeloin-Coulangé demande au tribunal de condamner la SCP Zanni, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Valençay Confort, à l'indemniser des préjudices subis.
Sur les conclusions à fin d'inscription de la créance de la commune de Villeloin-Coulangé au passif de la société Valençay Confort :
3. Les articles L. 622-21 à L. 622-25 du code de commerce régissent les conditions dans lesquelles peuvent être produites puis payées les créances détenues sur une entreprise qui fait l'objet d'une procédure collective. En particulier, l'article L. 622-21 de ce code fixe le principe de la suspension ou de l'interdiction, à compter du jugement d'ouverture de la procédure de sauvegarde, de toute action en justice tendant au paiement d'une somme d'argent ou à la résolution d'un contrat pour défaut de paiement d'une somme d'argent de la part de tous les créanciers autres que ceux détenteurs d'une créance postérieure privilégiée. Ainsi, il résulte de ces dispositions qu'il appartient de manière exclusive à l'autorité judiciaire de statuer sur l'admission ou la non admission des créances déclarées.
4. La commune de Villeloin-Coulangé demande au tribunal de fixer au passif de la société Valençay Confort la somme de 229 138,69 euros. Elle demande ainsi nécessairement au tribunal de statuer sur l'admission de la créance qu'elle avait déclarée à l'encontre de l'entreprise placée en procédure de redressement judiciaire par un jugement du tribunal de commerce de Châteauroux du 10 octobre 2018 puis en liquidation judiciaire par un jugement du 5 décembre 2018. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que ces conclusions doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaitre.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne les responsabilités :
5. Il résulte des principes qui régissent la responsabilité décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.
S'agissant des désordres affectant l'installation de chauffage / rafraichissement :
6. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que le mode rafraichissement de l'installation de l'immeuble visé par le litige n'a jamais été en capacité de fonctionner et que le mode chauffage de cette installation présente des dysfonctionnements récurrents se traduisant par des surchauffes importantes dans les circulations de l'immeuble et des déficits de chauffage dans les locaux des différents professionnels de santé. Il résulte de ce même rapport que les désordres affectant le système de rafraichissement sont imputables à des malfaçons dans la mise en œuvre du système de contrôle des phénomènes de condensation et ceux affectant le système de chauffage ont pour origine une absence totale de régulation sur les panneaux rayonnants des circulations associée à des malfaçons et non-façons généralisées concernant la pose des tuyauteries de chauffage. De tels désordres, qui ne peuvent garantir une température décente dans des locaux destinés à des professionnels de santé et leurs patients, sont de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination. Ces désordres, qui révèlent l'existence d'une pluralité de fautes d'exécution, sont imputables à la société Valençay Confort, titulaire du lot n° 8 " plomberie, sanitaires, chauffage, rafraichissement, VMC " qui a réalisé à ce titre l'installation de chauffage et de rafraichissement.
7. Il résulte de ce qui précède que la commune de Villeloin-Coulangé est fondée à rechercher la responsabilité de la société Valençay Confort au titre des désordres affectant l'installation de chauffage / rafraichissement.
S'agissant des désordres affectant la centrale de traitement d'air :
8. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que le renouvellement d'air hygiénique réglementaire minimum de la centrale de traitement d'air n'est pas garanti en l'état des installations et que cette insuffisance de performances a pour origine une multiplicité de malfaçons ou non-façons, parmi lesquelles une absence de système d'équilibrage des différents réseaux de ventilation, une absence de système de modulation de débit, de mauvais dimensionnements des gaines de ventilation, des sous-dimensionnements des bouches de soufflage et de reprise, une absence de bouche de soufflage dans la salle d'attente du dentiste et dans les circulations, ainsi que des fuites importantes dans le réseau. Il résulte également du même rapport que ces désordres qui emportent un non-respect des débits d'air neuf hygiéniques réglementaires sont également de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination. La responsabilité en incombe également la société Valençay Confort, titulaire du lot n° 8 " plomberie, sanitaires, chauffage, rafraichissement, VMC " qui a réalisé cette installation.
9. Il résulte de ce qui précède que la commune de Villeloin-Coulangé est fondée à rechercher la responsabilité de la société Valençay Confort au titre des désordres affectant la centrale de traitement d'air.
En ce qui concerne les préjudices :
S'agissant du préjudice matériel :
10. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le coût de reprise des désordres de l'installation de chauffage et rafraichissement à l'identique, est égal à 91 200 euros TTC et celui de reprise du système de ventilation est égal à 32 716,80 euros TTC, auquel il y a lieu d'ajouter le coût des travaux de modification de charpente déjà exposés au cours des opérations d'expertise d'un montant de 646,80 euros TTC.
11. En second lieu, d'une part, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise qu'eu égard à la nature et la complexité des prestations à réaliser, la reprise des désordres nécessitera l'engagement de coûts indispensables de maîtrise d'œuvre spécialisée représentant une majoration de prix égale à 8 %. D'autre part, il résulte du même rapport qu'eu égard à la nécessité de ne pas interrompre l'activité de la maison médicale pendant la durée d'exécution des reprises, ces travaux impliqueront également des déplacements supplémentaires de l'intervenant technique, l'accomplissement d'horaires et de journées décalés pour l'exécution d'une partie du chantier, ainsi qu'un suivi plus important et plus précis des travaux par le maître d'œuvre. De telles circonstances imposeront l'exposition d'un surcoût supplémentaire de prix égal à 15 %. Par suite, eu égard à l'ensemble de ces éléments, la requérante a droit à ce que ces frais soient inclus dans le montant du préjudice matériel dont elle doit obtenir réparation au titre des désordres retenus à hauteur d'un montant total de 153 904,66 euros TTC.
12. Il résulte de ce qui précède que la requérante est fondée à demander la condamnation de la SCP Zanni, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Valençay Confort, à lui verser la somme totale de 154 551,46 euros TTC en réparation de l'ensemble de ses préjudices matériels.
S'agissant du préjudice financier :
13. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que le dysfonctionnement permanent du système de rafraichissement de l'installation a rendu nécessaire l'équipement par la commune de Villeloin-Coulangé et au bénéfice des professionnels de santé occupant la maison médicale communale de 5 climatiseurs mobiles. Par suite, la requérante est fondée à demander que ce coût d'achat d'un montant de 2 204,54 euros TTC dûment justifié au moyen d'une facture de la société Brico Electro Services du 14 octobre 2020 soit inclus dans le montant de son préjudice financier réparable.
14. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que les frais de rapport de visite technique établi par la société Serelec 37, le 20 décembre 2017, d'un montant de 258 euros TTC, ainsi que les frais et honoraires taxés et liquidés de l'expertise judiciaire ordonnée par le juge des référés du tribunal de grande instance de Tours, d'un montant de 29 208,48 euros TTC, qui ne font pas partie des dépens de l'instance au regard des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, ont été supportés par la commune de Villeloin-Coulangé. Ces avis et expertise, produits au dossier, ont été utiles à cette dernière tant pour apprécier les circonstances de la survenance des dommages que pour déterminer le coût de leur réparation. Ils doivent donc également être inclus dans le montant du préjudice financier réparable.
15. En troisième lieu, si la commune de Villeloin-Coulangé soutient avoir subi une perte d'indexation sur les loyers acquittés par les professionnels de santé occupant la maison médicale depuis 2012 d'un montant total de 17 916,20 euros, elle ne l'établit pas en l'absence de production du contrat de bail et des quittances se rapportant à l'occupation de l'immeuble en litige. Sa demande d'indemnisation présentée à ce titre doit, dès lors, être rejetée.
16. En quatrième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la mobilisation accrue des personnels administratifs et techniques de la commune de Villeloin-Coulangé sur le site de la maison médicale serait imputable à une faute commise par la société Valençay Confort. Par suite, la requérante n'est pas davantage fondée à solliciter la réparation de ce préjudice.
17. En dernier lieu, si la commune de Villeloin-Coulangé entend se prévaloir d'un préjudice d'image, sa demande est dépourvue de toute précision permettant d'en apprécier l'existence.
18. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante est fondée à demander la condamnation de la SCP Zanni, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Valençay Confort, à lui verser la somme totale de 31 671,02 euros TTC en réparation de l'ensemble de ses préjudices financiers.
Sur les frais liés au litige :
19. Il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la SCP Zanni, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Valençay Confort, la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Villeloin-Coulangé et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la commune de Villeloin-Coulangé tendant à l'inscription au passif de la société Valençay Confort de la somme de 229 138,69 euros sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaitre.
Article 2 : La SCP Zanni, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Valençay Confort, est condamnée à verser à la commune de Villeloin-Coulangé la somme de 186 222,48 euros TTC.
Article 3 : La SCP Zanni, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Valençay Confort, versera à la commune de Villeloin-Coulangé la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Villeloin-Coulangé et à la SCP Zanni, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Valençay Confort.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Vincent, première conseillère,
M. Joos, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
Le rapporteur,
Emmanuel A
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
La greffière,
Sarah LEROY
La République mande et ordonne à la préfète d'Indre-et-Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026