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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2002091

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2002091

jeudi 1 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2002091
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP CM&B COTTEREAU MEUNIER BARDON &ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 26 juin 2020 et le 2 août 2022, la communauté de communes Touraine Ouest Val-de-Loire (CCTOVAL), représentée par Me Veauvy, demande au tribunal :

1°) de condamner la société JF Henry et la société Breust Chabrier à lui verser solidairement une somme de 26 989,45 euros à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice matériel subi à la suite de l'exécution d'un marché de travaux de restauration et de réhabilitation d'un ensemble immobilier situé 7 rue de Tours à La Chapelle-sur-Loire (Indre-et-Loire) ;

2°) à titre principal, de condamner la société JF Henry à lui verser une somme de 17 917 euros, sauf à parfaire, au titre des pénalités de retard liées à l'exécution du chantier et de rejeter les conclusions reconventionnelles à fin de paiement émises par l'entrepreneur, ou, à titre subsidiaire, de déduire cette somme du montant de la condamnation à devoir à cette société ;

3°) de condamner la société JF Henry et la société Breust Chabrier à lui verser solidairement une somme de 8 220,46 euros à titre de remboursement des frais d'expertise judiciaire ;

4°) de mettre à la charge solidaire de la société JF Henry et de la société Breust Chabrier une somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne les conclusions initiales et additionnelles :

- le maître de l'ouvrage peut exiger du constructeur qu'il remédie aux désordres apparus pendant la réalisation de l'ouvrage ; aucun critère de gravité n'est imposé pour que la responsabilité contractuelle de droit commun du constructeur soit engagée, les désordres de toute nature devant donner lieu à réparation ;

- les désordres affectant l'escalier bois du rez-de-jardin au rez-de-chaussée, la porte d'entrée de la boulangerie, la façade sur rue, la porte coulissante entre la boulangerie et l'atelier de préparation, la porte coupe-feu en haut de l'escalier, ainsi que les défauts de fourniture des dossiers des ouvrages exécutés et CD ont tous pour origine un défaut d'exécution imputable à la société JF Henry, ainsi qu'un défaut de surveillance imputable à la société Breust Chabrier ; sa responsabilité personnelle ne peut, en revanche, être recherchée dès lors qu'il appartenait à l'architecte de surveiller l'exécution du travail effectué par la société JF Henry et de l'interroger si celui-ci venait à avoir besoin d'éléments d'information complémentaires pour effectuer un ouvrage conforme à la commande passée ;

- son préjudice matériel correspond au coût des reprises visé par l'expert égal à 22 752,40 euros toutes taxes comprises (TTC) à majorer du coût de réparation du carrelage égal à 856,72 euros et de la porte d'entrée égal à 3 380,33 euros ;

- l'article 20.1 du cahier des clauses administratives générales (CCAG) Travaux applicable au marché prévoit un mécanisme automatique de décompte de pénalités de retard, dispensant le pouvoir adjudicateur d'une mise en demeure préalable ; en l'espèce, alors qu'il avait été expressément demandé à la société JF Henry d'exécuter les travaux nécessaires à la levée des réserves pour le 12 janvier 2017, le constructeur n'a pas satisfait à cette obligation ; il doit donc être fait application des pénalités de retard fixées par le CCAG Travaux ; dès lors que le coût du lot n° 6 s'établit à 2 647,80 euros hors-taxes (HT) et celui du lot n° 2 à 23 922,15 euros HT, que depuis le 12 janvier 2017, date limite fixée par le maître d'œuvre et la date du dernier mémoire, il s'est écoulé 2 023 jours, les pénalités de retard fixées à 1/3000ème du montant total du marché soit 8,85665 euros par jour sont égales au 28 juillet 2022 à 17 917 euros ;

En ce qui concerne les conclusions reconventionnelles :

- à titre principal, en application des stipulations de l'article 50.1 du CCAG Travaux 2009 applicable au marché, un mémoire en réclamation doit être déposé avant toute demande en justice ; ce mémoire s'analyse comme un recours préalable obligatoire visant à soumettre au représentant du pouvoir adjudicateur une ou plusieurs demandes à l'occasion de l'exécution du contrat ; l'absence d'un mémoire en réclamation préalable à la saisine du juge administratif rend cette dernière irrecevable ; en l'espèce, les conclusions reconventionnelles de la société JF Henry n'ont été précédées d'aucune réclamation préalable ; elles sont donc irrecevables ;

- à titre subsidiaire, les pénalités appliquées doivent venir en déduction de la somme réclamée à titre reconventionnel par la société JF Henry.

Par des mémoires enregistrés le 1er avril 2022 et le 14 octobre 2022, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée JF Henry, représentée par Me Brillatz, conclut :

1°) au donner acte de ce qu'elle s'en rapporte à justice sur les conclusions présentées par la CCTOVAL à fin de condamnation au paiement de dommages et intérêts en réparation de son préjudice matériel ;

2°) à la condamnation de la société Breust Chabrier à la relever et garantir à hauteur de 50 % du montant des condamnations éventuellement prononcées à son encontre ;

3°) à la condamnation reconventionnelle de la CCTOVAL à lui verser une somme de 21 449,72 euros à titre de solde de ses factures de travaux ;

4°) à ce qu'il soit dit que les frais d'expertise judiciaire seront répartis par moitié entre elle et la société JF Henry ;

5°) au rejet du surplus des conclusions adverses, y compris accessoires.

Elle soutient que :

- la société Breust Chabrier n'ayant pas assumé sa mission de suivi du chantier, sa responsabilité est tout autant engagée que la sienne ; leur responsabilité respective doit donc être répartie à égalité entre elle ;

- la CCTOVAL reste lui devoir une somme de 21 449,72 euros tant au titre du marché qu'au titre de la construction de l'escalier ;

- les conclusions à fin de compensation des sommes qui lui sont dues avec des pénalités de retard, présentées pour la première fois en août 2022, ne font suite à aucune demande préalable, elles sont donc irrecevables comme étant tardives ; par ailleurs, il n'est ni allégué, ni démontré qu'un délai d'exécution aurait été fixé dans le cadre du marché, de sorte que ces demandes sont également mal fondées.

Par un mémoire enregistré le 17 octobre 2022, la société civile professionnelle (SCP) Breust Chabrier, représentée par Me Bardon, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ou, à défaut, des conclusions formées par la CCTOVAL à son encontre ;

2°) à titre subsidiaire, à la condamnation de la société JF Henry à la relever et garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée contre elle ;

3°) en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge de la CCTOVAL et le cas échéant de la société JF Henry une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- s'agissant des désordres affectant la façade sur rue, ils résultent d'une problématique d'exécution incombant à la société JF Henry ; par ailleurs, elle justifie avoir demandé la fourniture de plan EXE à l'entreprise et avoir dû subir la carence de la société JF Henry ; sa responsabilité personnelle ne peut donc être engagée ;

- les désordres affectant la porte coulissante entre la boulangerie et l'atelier sont exclusivement imputables à un défaut de pose de la part de l'entreprise ; elle a pris soin de les relever lors des opérations préalables à la réception et l'a fait inscrire comme réserve à la réception ;

- les désordres relatifs à la porte coupe-feu en haut de l'escalier sont imputables à un défaut d'application diligente des règles de la part de l'entrepreneur ;

- s'agissant des autres désordres, sa part de responsabilité doit être fixée en proportion des griefs qui lui sont faits de façon résiduelle au titre du défaut de suivi.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu l'ordonnance du 16 mars 2020 par laquelle la présidente du tribunal a taxé les frais de l'expertise.

Vu :

- le code des marchés publics ;

- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique,

- et les observations de Me Catry, représentant la société Breust Chabrier.

Considérant ce qui suit :

1. Par acte d'engagement du 5 avril 2013, la communauté de communes du Pays de Bourgueil a confié à la SCP Breust Chabrier, architecte, la maîtrise d'œuvre de travaux de réhabilitation d'un local à usage de commerce situé à La Chapelle-sur-Loire (Indre-et-Loire). Le lot n° 2 " menuiseries extérieures " et le lot n° 6 " menuiseries intérieures " ont été confiés à l'EURL JF Henry. La réception des travaux a été prononcée avec réserves le 24 novembre 2016.

2. En l'absence de levée des réserves à l'issue des délais convenus, par une ordonnance du 24 octobre 2017, le juge des référés de ce tribunal a prescrit une mesure d'expertise. L'expert a déposé son rapport le 22 janvier 2020. La communauté de communes Touraine Ouest Val-de-Loire (CCTOVAL), venant aux droits de la communauté de communes des Pays de Bourgueil, demande au tribunal de condamner la société Breust Chabrier et la société JF Henry à l'indemniser solidairement des préjudices subis et la société JF Henry à l'indemniser du retard pris pour l'exécution du marché.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité :

3. La responsabilité contractuelle ne saurait faire naître d'autres obligations à la charge d'une partie au contrat que celles liées à la bonne exécution de ce dernier. Par conséquent, les différents intervenants à une opération de travaux, qui sont liés au maître d'ouvrage par différents contrats, ne sauraient être solidaires de leurs obligations contractuelles respectives, ni vis-à-vis du maître d'ouvrage ni vis-à-vis des autres intervenants, sauf dans le cas où leurs fautes contractuelles respectives ayant toutes également concouru au même dommage, ils peuvent être tous reconnus responsables de la totalité du dommage et que la victime demande leur condamnation solidaire.

S'agissant des désordres affectant l'escalier en bois du rez-de-jardin au rez-de-chaussée :

4. D'une part, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que l'escalier en bois de liaison entre le rez-de-jardin et le rez-de-chaussée du local objet du litige présente une hauteur de passage libre au droit de la trémie béton égale à 1,61 mètre au lieu de 1,90 mètre, une largeur de passage égale à 0,80 mètre voire 0,67 mètre au lieu de 0,90 mètre et un nombre de marches consécutives égal à vingt-neuf au lieu de vingt-cinq marches par volée, le tout en méconnaissance des prescriptions du document technique unifié n° 36.3. Ces désordres révèlent l'existence d'une pluralité de manquements aux règles de l'art imputables à la société JF Henry qui a procédé, sur commande de la CCTOVAL hors marché, à la conception et à la mise en œuvre de cet escalier. Par ailleurs, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que ces malfaçons révèlent également l'existence d'un défaut de suivi de chantier imputable à la société Breust Chabrier, qui avait notamment pour mission complémentaire, en avenant à son contrat de maîtrise d'œuvre, la prise en compte du plancher bas de la boulangerie, qui comportait cette trémie d'escalier.

5. A supposer même qu'en rappelant, à la suite de l'expert, " avoir été livrée à elle-même pour la réalisation " de cette prestation, la société JF Henry entende se prévaloir d'une absence fautive de contrôle imputable à la CCTOVAL, il ne résulte pas de l'instruction, eu égard à la nature des non-conformités retenues au point 4, que ce défaut de contrôle serait à l'origine des désordres constatés ou aurait contribué à leur aggravation. Il s'en déduit que la société JF Henry n'est, en tout état de cause, pas fondée à soutenir que la CCTOVAL aurait commis une faute de nature à l'exonérer de sa responsabilité.

6. Il résulte de ce qui précède que la CCTOVAL est fondée à rechercher la responsabilité solidaire de la société JF Henry et de la société Breust Chabrier, laquelle est due du fait des fautes respectives commises à l'origine des mêmes désordres affectant l'escalier en bois du rez-de-jardin au rez-de-chaussée.

S'agissant des désordres affectant la porte d'entrée de la boulangerie :

7. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que la porte d'entrée de la boulangerie présente une mauvaise tenue du joint de seuil, ainsi qu'un affaissement par déformation de sa structure. Ces désordres réservés révèlent l'existence de non-conformités qui auraient dû convaincre la société JF Henry, titulaire du lot n° 2 " menuiseries extérieures ", en charge de la pose de cette porte, de faire retour au fabricant de cet élément défectueux afin qu'il soit procédé à son remplacement. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction et notamment pas du rapport d'expertise judiciaire l'existence d'une quelconque faute imputable à la société Breust Chabrier à l'origine de la survenance de ce dommage.

8. Il résulte de ce qui précède que la CCTOVAL est seulement fondée à rechercher la responsabilité de la société JF Henry au titre des désordres affectant la porte d'entrée de la boulangerie.

S'agissant des désordres affectant la porte de service à l'arrière :

9. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que la porte de service à l'arrière présente des défauts d'étanchéité à l'air, de fermeture et de calfeutrement, dus à une absence de réglages et d'interventions. Ces désordres également réservés révèlent l'existence d'un défaut d'accomplissement des travaux de finition également imputable à la société JF Henry en sa qualité de titulaire du lot " menuiseries intérieures ". Par ailleurs, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que ces défauts d'exécution révèlent également l'existence d'un défaut de suivi de chantier imputable à la société Breust Chabrier.

10. Il résulte de ce qui précède que la CCTOVAL est fondée à rechercher la responsabilité solidaire de la société JF Henry et de la société Breust Chabrier, laquelle est due du fait des fautes respectives commises à l'origine des mêmes désordres affectant la porte de service à l'arrière.

S'agissant des désordres affectant la façade sur rue :

11. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que la façade sur rue de la boulangerie qui était prévue en aluminium a été réalisée en panneaux PVC et qu'elle présente un aspect délabré et inadapté, le tout en méconnaissance des descriptions faites au cahier des clauses techniques particulières (CCTP) ainsi que des prévisions du permis de construire en date du 21 mai 2015, de l'accord de l'architecte des bâtiments de France du même jour et de celui de la préfecture d'Indre-et-Loire en date du 27 janvier 2015. Ces désordres également réservés révèlent l'existence d'une pluralité de non-conformités imputables à la société JF Henry, en sa qualité de titulaire du lot menuiseries extérieures. Par ailleurs, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que ces non-conformités révèlent également, ainsi que le mentionne l'expert en réponse au dire du conseil de la société Breust Chabrier du 6 janvier 2020, l'existence d'un défaut de suivi du chantier imputable à la maîtrise d'œuvre, qui ne pouvait valablement se borner à relever la non-conformité de cette façade " aux plans architecte ", alors que plus gravement, la matière et la conception de ladite façade étaient sans rapport avec celle précisément décrite au CCTP.

12. Il résulte de ce qui précède que la CCTOVAL est fondée à rechercher la responsabilité solidaire de la société JF Henry et de la société Breust Chabrier, laquelle est due du fait des fautes respectives commises à l'origine des mêmes désordres affectant la façade sur rue.

S'agissant des désordres affectant la porte coulissante entre la boulangerie et l'atelier de préparation :

13. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que le bandeau haut de la porte coulissante entre la boulangerie et l'atelier de préparation est mal fixé, que la partie de l'habillage vertical, qui est tombé, présente un défaut de fixation, que les poignées de traction de la porte ne sont pas adaptées, qu'un bouton est cassé et l'autre difficilement préhensile et que les bandeaux horizontaux et verticaux ne sont pas peints. Ces désordres également réservés révèlent non seulement l'existence de malfaçons mais aussi d'un défaut d'accomplissement des travaux de finition également imputables à la société JF Henry en sa qualité de titulaire du lot " menuiseries intérieures ". Par ailleurs, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que ces défauts d'exécution révèlent aussi l'existence d'un défaut de suivi du chantier imputable à la société Breust Chabrier s'agissant de prestations incomplètes, inadaptées et bâclées.

14. Il résulte de ce qui précède que la CCTOVAL est fondée à rechercher la responsabilité solidaire de la société JF Henry et de la société Breust Chabrier, laquelle est due du fait des fautes respectives commises à l'origine des mêmes désordres affectant la porte coulissante entre la boulangerie et l'atelier de préparation.

S'agissant des désordres affectant la porte coupe-feu en haut de l'escalier :

15. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que la porte coupe-feu en haut de l'escalier présente un jour de trente millimètres par rapport au sol au lieu d'une hauteur maximale de cinq millimètres. Ces désordres également réservés révèlent l'existence d'une malfaçon imputable à la société JF Henry, en sa qualité de titulaire du lot n° 6 " menuiseries intérieures ", qui comprenait, ainsi que le stipule l'article 6.2.1.2 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) du marché, la pose de " blocs portes à CF 1/2h ". Par ailleurs, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que ces défauts d'exécution révèlent aussi l'existence d'un défaut de suivi du chantier imputable à la société Breust Chabrier.

16. Il résulte de ce qui précède que la CCTOVAL est fondée à rechercher la responsabilité solidaire de la société JF Henry et de la société Breust Chabrier, laquelle est due du fait des fautes respectives commises à l'origine des mêmes désordres affectant la porte coupe-feu en haut de l'escalier.

En ce qui concerne la réparation :

17. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le coût de reprise des désordres affectant l'escalier en bois impliquant la dépose, l'évacuation de l'existant, la fabrication, la fourniture et la pose d'un escalier suivant CCTP est égal à 13 316,46 euros HT soit 15 979,75 euros TTC. Par suite, la CCTOVAL est fondée à demander la condamnation solidaire de la société JF Henry et de la société Breust Chabrier à lui verser cette somme en réparation de ces désordres.

18. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction et notamment d'un devis de la société Le Vitrier Tourangeau en date du 21 février 2019 que le coût de reprise des désordres affectant la porte d'entrée de la boulangerie impliquant la dépose et l'évacuation de l'existant et son remplacement par une porte aluminium est égal à 2 816,94 euros HT soit 3 380,33 euros TTC. Par suite, la CCTOVAL est fondée à demander la condamnation de la société JF Henry à lui verser cette somme en réparation de ces désordres, à l'exclusion de la société Breust Chabrier.

19. En troisième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le coût de reprise des désordres affectant la porte de service à l'arrière impliquant le réglage des gâches et la réalisation d'un calfeutrement en mastic silicone est égal à 170,94 euros HT soit 205,13 euros TTC. Par suite, la CCTOVAL est fondée à demander la condamnation solidaire de la société JF Henry et de la société Breust Chabrier à lui verser cette somme en réparation de ces désordres.

20. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le coût de reprise des désordres affectant la façade sur rue impliquant la dépose et l'évacuation de l'existant, la fourniture et la pose d'une ossature composée de tasseaux en bois fixés au mur, ainsi que la conception, la réalisation et la pose de l'enseigne est égal à 4 446,23 euros HT soit 5 335,48 TTC. Par suite, la CCTOVAL est fondée à demander la condamnation solidaire de la société JF Henry et de la société Breust Chabrier à lui verser cette somme en réparation de ces désordres.

21. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le coût de reprise des désordres affectant la porte coulissante entre la boulangerie et l'atelier de préparation impliquant la dépose des habillages MDF sur porte coulissante, la refixation de l'huisserie, la fabrication, la fourniture et la pose d'un profil d'habillage, le réglage du guide bas et le remplacement des poignées est égal à 382,57 euros HT soit 459,08 euros TTC. Par suite, la CCTOVAL est fondée à demander la condamnation solidaire de la société JF Henry et de la société Breust Chabrier à lui verser cette somme en réparation de ces désordres.

22. En sixième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judiciaire que le coût de reprise des désordres affectant la porte coupe-feu impliquant seulement la pose d'un seuil sous la porte, dès lors que pour le surplus l'exécution d'un carrelage sur le sol brut permettra suffisamment utilement de remédier à l'espace constaté, est égal à 144,13 euros HT soit 172,96 euros TTC. Par suite, la CCTOVAL est fondée à demander la condamnation solidaire de la société JF Henry et de la société Breust Chabrier à lui verser cette somme en réparation de ces désordres.

23. En dernier lieu, si la CCTOVAL sollicite également l'indemnisation de coûts de pose du carrelage par double encollage d'un montant de 856,72 euros TTC visés par le devis de l'EURL Hervé Jérôme du 28 novembre 2018, elle n'établit pas que ces travaux font suite aux désordres retenus aux points précédents et notamment pas ceux affectant la porte coupe-feu, auxquels les travaux visés au point 22 suffisent à remédier. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à demander la condamnation de la société JF Henry et de la société Breust Chabrier à lui verser cette somme supplémentaire à titre de réparation de son préjudice matériel.

Sur les conclusions relatives aux dépens :

24. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens ".

25. Par ordonnance du 16 mars 2020, la présidente du tribunal a taxé et liquidé les frais et honoraires de l'expertise à la somme de 6 850,38 euros HT soit 8 220,46 euros TTC. Il y a lieu de mettre cette somme à la charge définitive et solidaire de la société JF Henry et de la société Breust Chabrier.

Sur les conclusions à fin d'appel en garantie :

26. Le recours entre constructeurs, non contractuellement liés, ne peut avoir qu'un fondement quasi-délictuel et, coauteurs obligés solidairement à la réparation d'un même dommage, ces constructeurs ne sont tenus entre eux que chacun, pour sa part, déterminée à proportion du degré de gravité des fautes qu'ils ont personnellement commises, caractérisées par un manquement dans les règles de leur art. Ils ne peuvent, en outre, être solidairement condamnés à garantir l'un d'eux que si leur faute personnelle a concouru à la survenance d'un dommage commun.

27. En premier lieu, d'une part, la société Breust Chabrier n'étant pas condamnée aux termes du présent jugement à payer une quelconque somme à la CCTOVAL au titre des désordres affectant la porte d'entrée de la boulangerie, ses conclusions tendant à être garantie par la société JF Henry au titre de condamnations prononcées à son encontre de ce chef, sont dépourvues d'objet. D'autre part, ainsi qu'il l'a été dit au point 7, les désordres affectant la porte d'entrée de la boulangerie sont exclusivement imputables à des non-conformités de la part de l'entrepreneur. En conséquence, ce désordre n'étant pas imputable à la société Breust Chabrier, la société JF Henry n'est pas fondée à l'appeler en garantie.

28. En deuxième lieu, ainsi qu'il l'a été dit au point 4, les désordres affectant l'escalier en bois sont imputables à des manquements aux règles de l'art de la part de l'entrepreneur, mais aussi, à titre secondaire, à un défaut de surveillance du maître d'œuvre. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, il sera fait une juste appréciation de la part de responsabilité de ces deux entités, en la fixant respectivement à 80 % pour la société JF Henry et 20 % pour la société Breust Chabrier.

29. En conséquence, d'une part, compte tenu de l'appel en garantie formé par la société JF Henry, il y a lieu de condamner la société Breust Chabrier à la garantir à hauteur de la part du désordre qui lui est imputable, soit 20 %. D'autre part, compte tenu de l'appel en garantie formé par la société Breust Chabrier, il y a lieu de condamner la société JF Henry à la garantir à hauteur de la part du désordre qui lui est imputable soit 80 %.

30. En troisième lieu, ainsi qu'il l'a été dit au point 9, les désordres affectant la porte de service à l'arrière sont imputables à des défauts d'exécution de la part de l'entrepreneur, mais aussi, à titre secondaire, à un défaut de surveillance du maître d'œuvre. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, il sera fait une juste appréciation de la part de responsabilité de ces deux entités, en la fixant respectivement à 80 % pour la société JF Henry et 20 % pour la société Breust Chabrier.

31. En conséquence, d'une part, compte tenu de l'appel en garantie formé par la société JF Henry, il y a lieu de condamner la société Breust Chabrier à la garantir à hauteur de la part du désordre qui lui est imputable, soit 20 %. D'autre part, compte tenu de l'appel en garantie formé par la société Breust Chabrier, il y a lieu de condamner la société JF Henry à la garantir à hauteur de la part du désordre qui lui est imputable soit 80 %.

32. En quatrième lieu, ainsi qu'il l'a été dit au point 11, les désordres affectant la façade sur rue sont imputables à des non-conformités de la part de l'entrepreneur, mais aussi, à titre secondaire, à un défaut de surveillance du maître d'œuvre. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, il sera fait une juste appréciation de la part de responsabilité de ces deux entités, en la fixant respectivement à 80 % pour la société JF Henry et 20 % pour la société Breust Chabrier.

33. En conséquence, d'une part, compte tenu de l'appel en garantie formé par la société JF Henry, il y a lieu de condamner la société Breust Chabrier à la garantir à hauteur de la part du désordre qui lui est imputable, soit 20 %. D'autre part, compte tenu de l'appel en garantie formé par la société Breust Chabrier, il y a lieu de condamner la société JF Henry à la garantir à hauteur de la part du désordre qui lui est imputable soit 80 %.

34. En cinquième lieu, ainsi qu'il l'a été dit au point 13, les désordres affectant la porte coulissante entre la boulangerie et l'atelier de préparation sont imputables à des défauts d'exécution de la part de l'entrepreneur, mais aussi, à titre secondaire, à un défaut de surveillance du maître d'œuvre. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, il sera fait une juste appréciation de la part de responsabilité de ces deux entités, en la fixant respectivement à 80 % pour la société JF Henry et 20 % pour la société Breust Chabrier.

35. En conséquence, d'une part, compte tenu de l'appel en garantie formé par la société JF Henry, il y a lieu de condamner la société Breust Chabrier à la garantir à hauteur de la part du désordre qui lui est imputable, soit 20 %. D'autre part, compte tenu de l'appel en garantie formé par la société Breust Chabrier, il y a lieu de condamner la société JF Henry à la garantir à hauteur de la part du désordre qui lui est imputable soit 80 %.

36. En sixième lieu, ainsi qu'il l'a été dit au point 15, les désordres affectant la porte coupe-feu en haut de l'escalier sont imputables à des malfaçons de la part de l'entrepreneur, mais aussi, à titre secondaire, à un défaut de surveillance du maître d'œuvre. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, il sera fait une juste appréciation de la part de responsabilité de ces deux entités, en la fixant respectivement à 80 % pour la société JF Henry et 20 % pour la société Breust Chabrier.

37. En conséquence, d'une part, compte tenu de l'appel en garantie formé par la société JF Henry, il y a lieu de condamner la société Breust Chabrier à la garantir à hauteur de la part du désordre qui lui est imputable, soit 20 %. D'autre part, compte tenu de l'appel en garantie formé par la société Breust Chabrier, il y a lieu de condamner la société JF Henry à la garantir à hauteur de la part du désordre qui lui est imputable soit 80 %.

38. En dernier lieu, pour les mêmes motifs qu'aux points précédents, il y a lieu s'agissant des frais et honoraires de l'expertise de condamner la société JF Henry à garantir la société Breust Chabrier à hauteur de 80 % et la société Breust Chabrier à garantir la société JF Henry à hauteur de 20 % de la condamnation solidaire prononcée au point 25 du présent jugement.

Sur les conclusions à fin de paiement de pénalités de retard :

39. Aux termes de l'article 20 du CCAG Travaux dans sa rédaction issue de l'arrêté du 8 septembre 2009, applicable aux lots n° 2 et 6 du marché en vertu de l'article 2.1 du CCAP commun à tous les lots, lequel n'y déroge pas : " 20.1. En cas de retard imputable au titulaire dans l'exécution des travaux, qu'il s'agisse de l'ensemble du marché ou d'une tranche pour laquelle un délai d'exécution partiel ou une date limite a été fixé, il est appliqué une pénalité journalière de 1/3 000 du montant hors taxes de l'ensemble du marché, de la tranche considérée ou du bon de commande. Ce montant est celui qui résulte des prévisions du marché, c'est-à-dire du marché initial éventuellement modifié ou complété par les avenants intervenus ; il est évalué à partir des prix initiaux du marché hors TVA définis à l'article 13.1.1. / 20.1.1. Les pénalités sont encourues du simple fait de la constatation du retard par le maître d'œuvre () / 20.1.3. Les dispositions des deux alinéas qui précèdent sont applicables aux pénalités éventuellement prévues par les documents particuliers du marché pour le cas de retard dans la réalisation de certains ouvrages, parties d'ouvrages ou ensembles de prestations faisant l'objet de délais partiels ou particuliers ou de dates limites fixés dans le marché () ". Aux termes de l'article 4.2 du CCAP applicable à tous les lots du marché : " Pénalités pour retard : par dérogation à l'article 20.1 du CCAG, en cas de retard dans l'exécution des travaux, il sera appliqué à l'encontre du titulaire et sans qu'il soit besoin de recourir à une mise en demeure préalable une pénalité correspondante à 1/300ème du lot considéré par jour calendaire de retard. / La décomposition de l'ensemble des pénalités encourues sera notifiée en fin de marché avec le décompte général définitif ".

40. Il résulte de l'ensemble de ces stipulations que les pénalités de retard ont pour seul objet de sanctionner le retard pris par les constructeurs dans la réalisation des travaux que le maître d'ouvrage leur a contractuellement demandé d'exécuter. En décidant, au terme des opérations préalables, de prononcer la réception des travaux, avec ou sans réserves, le maître d'ouvrage, qui déclare de ce fait accepter l'ouvrage, estime nécessairement que les constructeurs ont exécuté, pour l'essentiel, les prestations contractuelles leur incombant. Si, lorsque la réception de l'ouvrage a été prononcée sous réserve de l'exécution de certains travaux ou

prestations ou de la reprise d'imperfections et de malfaçons, le maître d'ouvrage conserve la possibilité de mettre en œuvre le régime de sanction organisé par les stipulations de l'article 20 du CCAG Travaux et d'inclure dans le décompte général du marché, le cas échéant, l'ensemble des préjudices subis postérieurement à la réception des travaux en raison de la défaillance ou du retard des constructeurs à lever les réserves émises, il ne peut plus, en revanche, décider d'appliquer aux constructeurs, pour la période postérieure à la réception de l'ouvrage, sauf clause contraire prévue dans les pièces particulières du marché, les pénalités dues à un retard dans l'exécution des travaux, quelle que soit l'importance des éléments réservés.

41. Il résulte de l'instruction et notamment d'un courrier de mise en demeure de reprise des désordres réservés émanant de la CCTOVAL et faisant référence au procès-verbal de réception des travaux en date du 24 novembre 2016 que l'ensemble des ouvrages concernés par les travaux en cause étaient achevés à cette date et que les réserves mentionnées ne concernaient que des reprises à effectuer sur lesdits ouvrages. Aucune stipulation applicable au marché en cause ne prévoyait de pénalités en cas de retard dans la levée de ce type de réserves. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin de paiement de pénalités de retard ayant couru entre le 12 janvier 2017 et le 28 juillet 2002 présentées à titre additionnel par la CCTOVAL doivent être rejetées.

Sur les conclusions reconventionnelles en paiement des soldes de factures :

42. Il résulte de l'instruction que les parties ont été successivement liées par trois contrats. Les deux premiers contrats ont été formalisés par deux actes d'engagement du 15 juillet 2015 ayant pour objet la réalisation du lot n° 2 " menuiseries extérieures " et n° 6 " menuiseries intérieures " du marché et le dernier se rapportant à la réalisation de l'escalier bois qui n'a été formalisé que par la seule acceptation d'un devis en date du 2 décembre 2015. Or, il résulte de l'instruction et notamment du décompte produit par l'entrepreneur que la demande en paiement présentée par la société JF Henry est fondée tout à la fois sur le marché à concurrence d'un solde restant dû égal à 12 199,16 euros et sur le devis accepté à concurrence d'un solde restant dû égal à 9 250,56 euros.

S'agissant de la demande en paiement au titre du marché :

43. Aux termes de l'article 13 du CCAG travaux dans sa rédaction issue de l'arrêté du 8 septembre 2009 applicable au marché en litige : " 13.3.1. Après l'achèvement des travaux, un projet de décompte final est établi concurremment avec le projet de décompte mensuel afférent au dernier mois d'exécution des prestations ou à la place de ce dernier () / 13.3.2. Le titulaire transmet son projet de décompte final au maître d'œuvre, par tout moyen permettant de donner une date certaine, dans le délai de quarante-cinq jours à compter de la date de notification de la décision de réception des travaux () / 13.3.4. Le maître d'œuvre accepte ou rectifie le projet de décompte final établi par le titulaire. Le projet accepté ou rectifié devient alors le décompte final () / 13.4.2. Le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire le décompte général avant la plus tardive des deux dates ci-après : /- quarante jours après la date de remise au maître d'œuvre du projet de décompte final par le titulaire ; / - douze jours après la publication de l'index de référence permettant la révision du solde. / Si le représentant du pouvoir adjudicateur ne notifie pas au titulaire, dans les délais stipulés ci-dessus, le décompte général signé, celui-ci lui adresse une mise en demeure d'y procéder. L'absence de notification au titulaire du décompte général signé par le représentant du pouvoir adjudicateur, dans un délai de trente jours à compter de la réception de la mise en demeure, autorise le titulaire à saisir le tribunal administratif compétent en cas de désaccord () ". Aux termes de l'article 50 du même CCAG : " Le représentant du pouvoir adjudicateur et le titulaire s'efforceront de régler à l'amiable tout différend éventuel relatif à l'interprétation des stipulations du marché ou à l'exécution des prestations objet du marché () / 50.1.1. Si un différend survient () entre le titulaire et le représentant du pouvoir adjudicateur, le titulaire rédige un mémoire en réclamation. / Dans son mémoire en réclamation, le titulaire expose les motifs de son différend, indique, le cas échéant, les montants de ses réclamations et fournit les justifications nécessaires correspondant à ces montants. Il transmet son mémoire au représentant du pouvoir adjudicateur et en adresse copie au maître d'œuvre () / 50.3.1. A l'issue de la procédure décrite à l'article 50.1, si le titulaire saisit le tribunal administratif compétent, il ne peut porter devant cette juridiction que les chefs et motifs énoncés dans les mémoires en réclamation () ".

44. Il résulte des stipulations précitées qu'un mémoire en réclamation doit être présenté préalablement à la saisine du juge du contrat, à peine d'irrecevabilité de cette saisine, sans que le titulaire du marché ne doive nécessairement présenter un tel mémoire avant la présentation du décompte général du marché.

45. Dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction ni même allégué, à la suite de la transmission des deux projets de décompte final à l'adresse du maître d'ouvrage le 24 novembre 2016, qu'un décompte général définitif afférant aux lots n°s 2 et 6 du marché a été établi par la CCTOVAL, la société JF Henry était soumise à l'obligation de présenter une réclamation. Or, la société JF Henry ne conteste pas l'absence, avant la saisine du juge, de l'envoi d'un mémoire de réclamation précisant le montant des sommes revendiquées et fournissant les justifications nécessaires correspondant à ces montants. Par suite, la CCTOVAL est fondée à soutenir que les conclusions présentées par le titulaire du marché à fin de paiement d'un restant dû de factures se rapportant à l'exécution du marché à concurrence d'une somme totale de 12 199,16 euros sont irrecevables.

S'agissant de la demande en paiement au titre du devis accepté :

46. Le contrat se rapportant à la réalisation de l'escalier en bois n'ayant été formalisé que par la seule acceptation d'un devis et ne se référant à aucun CCAG, les dispositions de l'article 50.1.1 du CCAG Travaux sont donc inapplicables à la demande en paiement présentée de ce chef par la société JF Henry. La fin de non-recevoir opposée par la CCTOVAL à la demande en paiement de la facture du 24 novembre 2016 d'un montant de 9 250,56 euros TTC pour ce motif, ne peut qu'être écartée.

47. Il n'est pas contesté que la somme visée par la facture du 24 novembre 2016 correspondant au coût de fourniture et de pose de l'escalier en bois n'a pas été versée à la société JF Henry à la suite de l'accomplissement de cette prestation. Dans ces conditions, il y a lieu de condamner la communauté de communes à verser à la société JF Henry la somme de 9 250,56 euros TTC au titre de ces travaux.

Sur les frais liés au litige :

48. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la CCTOVAL, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société JF Henry et la société Breust Chabrier demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge solidaire de la société JF Henry et la société Breust Chabrier une somme de 3 000 euros au titre des frais exposés par la commune et non compris dans les dépens.

49. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées, sur le même fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, par la société Breust Chabrier.

D E C I D E :

Article 1er : La société JF Henry et la société Breust Chabrier sont condamnées solidairement à verser à la CCTOVAL la somme de 22 152,40 euros TTC au titre des désordres affectant l'escalier en bois du rez-de-jardin au rez-de-chaussée, la porte de service à l'arrière, la façade sur rue, la porte coulissante entre la boulangerie et l'atelier de préparation et la porte coupe-feu en haut de l'escalier.

Article 2 : La société JF Henry est condamnée à verser à la CCTOVAL la somme de 3 380,33 euros TTC au titre des désordres affectant la porte d'entrée de la boulangerie.

Article 3 : Les dépens, d'un montant total de 8 220,46 euros TTC, sont mis à la charge solidaire et définitive de la société JF Henry et de la société Breust Chabrier.

Article 4 : La société JF Henry garantira la société Breust Chabrier à hauteur de 80 % des condamnations prononcées à son encontre aux articles 1er et 3 du présent jugement.

Article 5 : La société Breust Chabrier garantira la société JF Henry à hauteur de 20 % des condamnations prononcées à son encontre aux articles 1er et 3 du présent jugement.

Article 6 : La CCTOVAL est condamnée à verser à la société JF Henry la somme de 9 250,56 euros à titre de solde de la facture n° 20130975 du 24 novembre 2016 se rapportant à la réalisation de l'escalier en bois.

Article 7 : La société JF Henry et la société Breust Chabrier verseront solidairement à la CCTOVAL la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 9 : Le présent jugement sera notifié à la communauté de communes Touraine Ouest Val-de-Loire (CCTOVAL), à l'EURL JF Henry et à la SCP Breust Chabrier.

Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,

M. Joos, premier conseiller,

Mme Bertrand, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.

Le rapporteur,

Emmanuel A

La présidente,

Anne LEFEBVRE-SOPPELSA

La greffière,

Sarah LEROY

La République mande et ordonne à la préfète d'Indre-et-Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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