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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2002199

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2002199

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2002199
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL WALTER & GARANCE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 3 juillet 2020, le 29 juillet 2021 et le 1er février 2023, la SCI Le Houdeau, représentée par Me Plessis, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 17 mai 2020 par laquelle la commune de Monnaie a rejeté la demande préalable d'indemnisation présentée le 17 mars 2020 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Monnaie de réaliser les travaux de confortement du mur définis dans le rapport d'expertise et détaillés dans les devis des sociétés Cazy Guillaume et Hory Chauvelin, dans le délai de deux mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 400 euros par jour de retard ;

3°) de condamner la commune de Monnaie au paiement de la somme de 5 104,81 euros au titre du coût des mesures conservatoires, 5 000 euros au titre du préjudice moral subi depuis l'année 2015 et de 16 142,44 euros au titre du préjudice financier résultant des frais d'expertise judiciaire ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Monnaie la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- lors de la construction du mur de soutènement par l'ancien propriétaire, la commune n'a pas pris d'initiative pour vérifier l'état de la construction ; depuis les travaux de voirie réalisés en 2009, inquiète des désordres et du risque d'effondrement du mur de soutènement et de la clôture, la SCI a adressé le 22 mai 2015 une réclamation à la commune de Monnaie ; un expert a été nommé ; la propriétaire du mur de soutènement adressait le 11 mars 2020 une réclamation préalable afin d'obtenir réparation des préjudices subis, réceptionnée le 17 mars 2020 par la commune ; une décision implicite de rejet était opposée ;

- elle a la qualité de tiers à l'ouvrage public, établit la réalité des dommages subis, leur caractère anormal et spécial et le lien de causalité entre ces derniers et la présence de l'ouvrage public ; la commune de Monnaie est responsable des dommages occasionnés au mur de soutènement et à la clôture de la propriété de la SCI et des préjudices subis par elle ;

- le montant des réparations est de 62 600 euros ; le coût des travaux provisoires est de 5 104,81 euros ; le préjudice moral, lié à la crainte d'un risque d'effondrement du mur peut être évalué à 5 000 euros ; les frais d'expertise judiciaire s'élèvent à 16 142,44 euros ;

- s'agissant de l'exception de prescription quadriennale, les désordres causés par les travaux n'ont pu être connus que lorsque les travaux ont été achevés ; les dégâts n'ont pu être constatés qu'en mai 2015 ; le délai de prescription a, en l'espèce, été interrompu par la saisine du juge des référés ayant rendu une ordonnance d'expertise judiciaire le 13 avril 2017 ; le rapport a été déposé le 25 mai 2019 ;

- la requête n'est pas fondée sur la recherche d'une responsabilité pour faute, mais sur celle d'un préjudice anormal et spécial dont la SCI est victime ainsi que le lien de causalité entre les " travaux publics " réalisés sur la voirie et " l'ouvrage public " litigieux ; le mur a réussi à maintenir la route pendant 36 ans.

Par des mémoires enregistrés le 24 juin 2021, le 23 septembre 2021 et le 9 février 2023, la commune de Monnaie, représentée par Me Dalibard, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à titre subsidiaire de faire droit à la demande d'appel en garantie formée par la commune de Monnaie à l'encontre de la Société BEG et de la Société Colas, lesquelles devront être condamnées in solidum à la garantir à hauteur de la somme de 139 823,39 euros, majorée au taux du taux légal à compter du 9 février 2023, les intérêts portant eux-mêmes intérêts.

Elle soutient que :

- la réception des travaux a été prononcée par la commune de Monnaie les 16 avril et 30 septembre 2010 ;

- les conclusions aux fins d'annulation d'une décision de nature à lier le contentieux sont irrecevables ;

- les conclusions à titre d'injonction formées à titre principal sont irrecevables ;

- selon le rapport d'expert judicaire, les dommages allégués par la SCI étaient connus depuis 2009, dans la mesure où en page 11/45 du rapport, il ressort que les époux C avaient donné une alerte en cours de chantier auprès de la société BEG ; la prescription quadriennale est acquise depuis le 31 décembre 2013 ;

- en sa qualité de propriétaire du mur litigieux et en aucun cas de tiers comme elle tente de l'insinuer, la SCI ne pouvait rechercher la responsabilité de la commune que sur le fondement de la responsabilité pour faute ; il ne peut être légitimement reproché à la commune de Monnaie de ne pas avoir vérifié la solidité du mur de soutènement édifié par Monsieur A ; il revenait à la SCI en sa qualité de propriétaire de s'assurer de l'entretien du mur ; le rapport d'expertise sur lequel se fonde principalement la SCI retient que la première cause des désordres invoqués par la SCI réside dans le fait que le mur n'a pas été construit selon les règles de l'art et qu'il présente un très mauvais état intrinsèque ;

- en tant que propriétaire du mur, la SCI n'a pas la qualité de tiers en l'occurrence et ne saurait dès lors rechercher une quelconque responsabilité sans faute de la commune de Monnaie ;

- l'appel en garantie est fondé sur le manquement au devoir de conseil des entreprises chargées d'une mission complète de maîtrise d'œuvre ou sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs ;

- l'unité foncière appartenant précédemment à la SCI a fait l'objet d'une division parcellaire et la partie concernée par les désordres a en effet été vendue ;

- la requérante ne démontre pas que les dommages allégués dépasseraient les inconvénients supportés dans l'intérêt général par les autres voisins de la voirie ; la construction défectueuse constitue indéniablement une faute qui serait de nature à exonérer totalement la commune de sa responsabilité.

Par des mémoires enregistrés le 7 janvier 2022 et le 30 novembre 2022, la société BEG, représentée par Me Doceul, conclut au rejet de la requête et de l'appel en garantie formé à son encontre et demande que soit mise à la charge de toute partie perdante in solidum la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à titre subsidiaire appelle en garantie la société Colas.

Elle soutient que :

- la société B.E.G. n'est pas missionnée aux fins de réaliser la mission de diagnostic et études préliminaires, ainsi qu'il infère tant du CCAP que de l'acte d'engagement de maîtrise d'œuvre ; en sa qualité d'entreprise en charge des travaux, il est cohérent que la responsabilité de la société Colas Ouest soit retenue au premier chef par l'expert judiciaire : l'expert judiciaire n'a pas manqué de souligner que la société B.E.G. avait accompli toutes diligences pour limiter les impacts des travaux sur le " mur de soutènement " ;

- les travaux de réfection de la voirie ne constituent qu'une cause accessoire et minoritaire dans la survenance des désordres, sans commune comparaison avec la cause principale liée au caractère " artisanal " et " bricolé " du mur ;

- c'est bien à compter de fin 2009 que la SCI a pu constater l'apparition des désordres ; elle ne peut se prévaloir de son propre manque de diligence ;

- le mur de clôture de la SCI n'a jamais eu la moindre vocation à servir de soutien à la voie publique, servant tout au plus de soutènement à la clôture qui le surmonte ;

- le défaut d'entretien constitue une faute opposable à la victime ;

- l'expert judiciaire a relevé le manque de mesures d'entretien ou de confortement qui auraient dû être entreprises par la commune, ainsi que lors des travaux réalisés en 2009 ;

- le délai de prescription de l'appel en garantie obéit au régime général de la responsabilité contractuelle, et se prescrit donc par cinq ans à compter de la date à laquelle l'auteur de l'action a eu connaissance des faits lui permettant d'agir ; dès la transmission du compte-rendu de chantier n° 07 en date du 20 octobre 2009 puis du compte-rendu de chantier n° 08 en date du 27 octobre 2009, la commune était clairement informée de l'existence de désordres affectant le mur de clôture et son action est prescrite ;

- la réception de l'ouvrage a mis fin aux relations contractuelles ; en outre, aucun manquement au devoir de conseil ne peut être reprochée à la société BEG et les dommages ne concernent pas l'ouvrage public ; la commune n'est pas dépourvue de service technique ;

- elle appelle en garantie la société Colas, qui a été défaillante alors qu'elle avait une obligation de résultat ;

- le principe de réparation intégrale du préjudice s'oppose à ce que les travaux de reprise contribuent à une amélioration du bien existant ; l'expert judiciaire a maintes fois souligné l'état de délabrement du mur et de la clôture et il ne saurait être question, pour les locateurs d'ouvrage, d'assumer la charge financière de l'impéritie de la requérante au principal ;

- une personne morale ne subit par elle-même aucun préjudice moral ;

- les honoraires de l'expert sont de 12 062,44 euros.

Par des mémoires en défense enregistrés le 11 janvier 2022 et le 25 août 2022, la société Colas Centre Ouest, représentée par Me François, conclut au rejet de la requête, subsidiairement appelle en garantie la SCI le Houdeau, la commune de Monnaie, la société BEG et son assureur et demande que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la commune de Monnaie et de toute partie perdante.

Elle soutient que :

- à titre liminaire, il y a lieu de surseoir à statuer dans l'attente du nouveau rapport d'expertise ;

- la réception des travaux a eu lieu en décembre 2009 ;

- l'appel en garantie est insuffisamment motivé ; la commune de Monnaie ne saurait solliciter la condamnation de la société Colas à la fois sur le fondement de la responsabilité contractuelle et sur celui de la responsabilité décennale ;

- la requête de la SCI Le Houdeau est irrecevable et doit être rejetée au fond ;

- la réception sans réserve des ouvrages met fin aux rapports contractuels entre l'entrepreneur et le maître de l'ouvrage mais également entre le maître d'ouvrage et le maître d'œuvre ; aucune faute imputable à la société Colas n'est démontrée ; dès que l'existence de ce mur a été révélée par la SCI, la Société Colas a, en accord avec le maître d'œuvre, adapté la réalisation de ses travaux, lesquels ont été validés par le maître d'œuvre et le maître d'ouvrage ; la société n'a pas manqué à son devoir de conseil, dès lors qu'aucun désordre n'était apparent à la réception et qu'elle n'avait pas une mission de diagnostic de l'ouvrage ; a toujours suivi les préconisations du maître d'œuvre dont il n'a jamais été démontré qu'elles étaient insuffisantes ;

- les travaux réalisés pour le compte de la commune de Monnaie ne peuvent en aucun cas être à l'origine des dommages occasionnés au mur litigieux, compte tenu notamment de la méthodologie retenue ;

- le quantum des préjudices n'est pas démontré ;

- s'agissant de l'appel en garantie formé par la société BEG, la juridiction n'est pas compétente pour connaître de rapports de droit privé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance du président du tribunal administratif du 13 avril 2017 désignant M. B E, en qualité d'architecte ;

- le rapport d'expertise déposé le 25 octobre 2019 ;

- l'ordonnance du 17 octobre 2019, devenue définitive, liquidant et taxant les frais d'expertise à la somme de 12 062,44 euros ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,

- et les observations de Me Dalibard, représentant la commune de Monnaie, de Me Durmarme, représentant la société BEG et de Me François, représentant la société Colas Ouest.

Considérant ce qui suit :

1. Par acte de cession du 6 novembre 1986, la SCI Le Houdeau est devenue propriétaire d'une parcelle cadastrée ZN 118, située au lieudit " Le Houdeau ", sur le territoire de la commune de Monnaie. La parcelle ZN 118 borde la route communale dite " Route de Fresne ". L'accès à la parcelle ZN 118 s'effectue directement depuis la route du Fresne au travers d'un portail situé à environ 30 cm en contrebas de la chaussée. A partir du portail, dans la propriété, le terrain naturel présente une forte déclivité. Le précédent propriétaire avait réalisé au cours des années 1982-1983 un mur de clôture, qui n'a fait l'objet d'aucune modification particulière depuis son édification. En 2009, la commune de Monnaie a entrepris des travaux d'amélioration de la voirie route de Fresne, comportant notamment la transformation du bas-côté herbé existant en un trottoir dont le niveau fini s'est retrouvé surélevé de 30 cm environ par rapport au niveau initial, la mise en place de bordures, la réalisation de tranchées pour mise en place de câbles d'alimentation du réseau d'éclairage et la mise en place de mats d'éclairage public, au droit de la clôture. Par une lettre du 12 mai 2015, la SCI le Houdeau a informé la commune de Monnaie avoir " constaté jeudi 14 mai des désordres importants sur le mur de soutènement de la route du Fresne qui appartient à la commune de Monnaie " et qui jouxte la propriété. La SCI le Houdeau a adressé le 11 mars 2020 une réclamation préalable afin d'obtenir réparation des préjudices résultant des désordres affectant le mur de clôture, réceptionnée le 17 mars 2020 par la commune de Monnaie. Sa demande a été implicitement rejetée.

2. En premier lieu, d'une part, le mur de clôture, qui est la propriété d'une personne privée, ne peut appartenir au domaine public, alors même qu'il servirait au soutènement de la voie publique. D'autre part, à supposer que ce mur puisse être regardé comme un accessoire de la voie publique, la SCI Le Houdeau serait sans qualité pour demander la réalisation des travaux préconisés par l'expert.

3. En deuxième lieu, le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage n'est pas inhérent à l'existence même de l'ouvrage public ou à son fonctionnement et présente, par suite, un caractère accidentel.

4. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les désordres affectant le mur et la clôture de la propriété de la SCI Le Houdeau sont caractérisés par un dévers prononcé à l'intérieur de la propriété, ainsi que par des fissurations du mur au niveau des barbacanes et des fissurations des palplanches de la clôture. Ces désordres sont causés, en premier lieu, par la constitution inadaptée du mur et, en deuxième lieu, par la modification des efforts transmis au mur par les terres qu'il soutient, à la suite des travaux publics réalisés en 2009.

Sur l'exception de prescription quadriennale :

5. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 : " Sont prescrites au profit de l'Etat, des départements et des communes () toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis ". Aux termes de l'article 3 de la même loi : " La prescription ne court () ni contre celui qui peut être légitimement regardé comme ignorant l'existence de sa créance () ". Le point de départ de la prescription quadriennale est la date à laquelle la victime est en mesure de connaître l'origine du dommage ou du moins de disposer d'indications suffisantes selon lesquelles ce dommage pourrait être imputable au fait de l'administration.

6. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, qu'en cours de chantier, les associés de la SCI Le Houdeau avaient alerté le maître d'œuvre des désordres susceptibles d'être causés au mur et à la clôture par les travaux de voirie, ce qui a d'ailleurs conduit à la modification du mode opératoire de ces travaux. Ainsi, la SCI requérante disposait d'indications suffisantes sur l'imputabilité des désordres en litige à la personne publique. Les requérants soutiennent que depuis la réalisation de ces travaux, la clôture penche vers l'intérieur et des fissures sont apparues dans son soubassement. Le rapport d'expertise précise qu'il ne fait pas de doute que les désordres sont apparus en tout ou partie depuis la réalisation des travaux réceptionnés fin 2009. Il est constant que la réception définitive des travaux a eu lieu à effet du 30 septembre 2010 et le caractère évolutif des désordres n'est pas établi. La prescription quadriennale était dès lors acquise au plus tard le 31 décembre 2014. Ainsi, la lettre du 12 mai 2015 adressée à la commune de Monnaie n'a pu interrompre le cours de cette prescription. Il suit de là que la commune de Monnaie est fondée à soutenir que l'action de la SCI Le Houdeau ne peut entraîner sa condamnation.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d'injonction et de paiement du coût des travaux provisoires doivent être rejetées.

En ce qui concerne le préjudice moral :

8. Les requérants soutiennent que le risque d'effondrement du mur de clôture sur leur propriété a causé un préjudice moral, qu'ils évaluent à 5 000 euros. Toutefois, d'une part, il résulte du rapport d'expertise que l'état du mur est principalement dû à une conception et une construction non conforme aux règles de l'art par l'ancien propriétaire. D'autre part, il ne résulte pas de l'instruction et notamment des photographies du rapport d'expertise, que l'effondrement du mur de clôture est susceptible de causer des dégâts à la propriété de la SCI Le Houdeau. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que la privation de jouissance causée par la réalisation de travaux de confortement du mur de clôture entraîne un préjudice moral. Par suite, les conclusions doivent être rejetées.

En ce qui concerne les frais exposés au cours de l'expertise judiciaire :

9. En premier lieu, les dépens constitués par les frais de l'expertise afférente à la présente instance ne constituent pas un chef de préjudice. En second lieu, la SCI Le Houdeau ne produit aucun commencement de preuve de la réalité des frais, d'un montant de 4 080 euros, exposés dans le cadre des opérations d'expertise. La demande doit être rejetée.

Sur les appels en garantie :

10. Pour les motifs exposés aux points précédents, l'appel en garantie formé par la commune de Monnaie à l'encontre des sociétés BEG et Colas Ouest est dépourvu d'objet et doit être rejeté. Il en va de même de l'appel en garantie formé par la société BEG à l'encontre de la société Colas Ouest.

Sur les conclusions dirigées contre la décision statuant sur la réclamation préalable :

11. La décision implicite par laquelle la commune de Monnaie a rejeté la réclamation indemnitaire de la SCI Le Houdeau a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de l'intéressée, qui a donné à sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit du requérant à percevoir les sommes auxquelles il prétend, ses conclusions tendant à l'annulation de la décision contestée sont sans objet et ne peuvent par suite qu'être rejetées.

Sur les frais d'expertise :

12. Il y a lieu de mettre la charge définitive des frais d'expertise, liquidés à la somme de 12 062,44 euros par ordonnance du 17 octobre 2019, à la charge de la SCI Le Houdeau.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par la SCI Le Houdeau, qui est la partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Monnaie, la société BEG et la société Colas Ouest sur le fondement de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI Le Houdeau est rejetée.

Article 2 : Les frais d'expertise, liquidés à la somme de 12 062,44 euros par ordonnance du 17 octobre 2019, sont mis à la charge définitive de la SCI Le Houdeau.

Article 3 : Les conclusions d'appel en garantie présentées par la commune de Monnaie, la société BEG et la société Colas Ouest sont rejetées.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Monnaie, la société BEG et la société Colas Ouest sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Le Houdeau, à la commune de Monnaie, à la société BEG et à la société Colas Ouest.

Délibéré après l'audience du 20 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Delamarre, présidente,

M. Jaosidy, premier conseiller,

Mme Bertrand, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.

Le rapporteur,

Jean-Luc D

La présidente,

Anne-Laure DELAMARRE

La greffière,

Aurore MARTIN

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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