jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2002678 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SILVESTRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 juillet 2020 et le 2 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Silvestre, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 969,17 euros au titre du reliquat de salaires dû pour la période d'octobre 2019 à juillet 2020, assortie des intérêts au taux légal à compter du 3 juin 2020 et de la capitalisation de ces intérêts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Il soutient que :
- il a exercé en 2019/2020 pendant son incarcération au sein de la maison d'arrêt de Bourges, une activité de production (réalisation d'étiquettes) et la rémunération qu'il a perçue pour cette activité professionnelle n'est pas conforme aux dispositions de l'article D. 432-1 du code de procédure pénale, en vigueur au moment où il occupait cet emploi pénitentiaire ;
- il était rémunéré à la pièce, ce qui est illégal ;
- les bulletins de salaire qui lui ont été remis se basent sur un montant erroné du nombre d'heures effectuées, comme le révèle l'évolution mensuelle injustifiée du taux horaire brut ; le nombre d'heures réellement effectuées, qu'il a reconstitué, est largement supérieur ;
- le montant des arriérés de salaire qui découlent de cette situation s'élève pour la période d'octobre 2019 à juillet 2020 inclus à la somme de 969,17 euros nets qu'il y a lieu de condamner l'Etat à lui verser.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 novembre 2023 et le 28 février 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête de M. A.
Il soutient que :
- le calcul opéré est erroné, le requérant ne tenant compte ni de la contribution sociale généralisée (CSG), ni de la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) auxquelles il est assujetti conformément aux dispositions de l'article R. 381-105 du code de la sécurité sociale ;
- M. A a perçu une somme supérieure à celle qu'il aurait dû percevoir.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'indemnisation au titre des mois de juin 2020 et juillet 2020 en l'absence de réclamation préalable adressée au garde des sceaux, ministre de la justice.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de procédure pénale ;
- le code pénitentiaire ;
- le code de sécurité sociale ;
- l'ordonnance n° 96-50 du 24 janvier 1996 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rouault-Chalier ;
- les conclusions de M. Gauthier, rapporteur public,
- et les observations de Me Silvestre, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, alors incarcéré à la maison d'arrêt de Bourges, a été affecté sur un emploi d'opérateur au cours des mois d'octobre 2019 à juillet 2020 inclus. Par deux réclamations préalables reçues par l'administration pénitentiaire les 3 et 10 juin 2020, il a sollicité une indemnisation de l'Etat à hauteur de la somme de 1 067,20 euros au titre du préjudice subi du fait de rémunérations perçues inférieures à celles qui lui étaient normalement dues pour la période comprise entre octobre 2019 et mai 2020. Sa demande ayant été rejetée par courrier du 8 juillet 2020 du ministre de la justice, M. A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner l'Etat à lui verser la somme de 969,17 euros nets au titre des reliquats de salaires pour les mois d'octobre 2019 à juillet 2020, assortie des intérêts au taux légal, eux-mêmes capitalisés.
Sur la recevabilité des conclusions indemnitaires au titre des mois de juin et juillet 2020 :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".
3. Il résulte de l'instruction que les 10 mars et 4 juin 2020, M. A a adressé au garde des sceaux, ministre de la justice, deux réclamations préalables, respectivement reçues par l'administration pénitentiaire les 3 et 10 juin suivants, en vue d'obtenir réparation du préjudice financier qu'il estime avoir subi du fait d'une rémunération insuffisante de son activité professionnelle d'opérateur pour les mois d'octobre 2019 à mai 2020. Si dans le cadre du présent litige, le requérant sollicite également une indemnisation au titre des heures de travail effectuées au cours des mois de juin et juillet 2020, il n'établit pas avoir adressé au ministre de la justice une réclamation préalable susceptible de lier le contentieux pour cette période supplémentaire. Il s'en suit que les conclusions présentées à ce titre sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires relatives à la période d'octobre 2019 à mai 2020 :
4. D'une part, aux termes de l'article 717-3 du code de procédure pénale, dont les dispositions ont été reprises à l'article L. 412-20 du code pénitentiaire : " La rémunération du travail des personnes détenues ne peut être inférieure à un taux horaire fixé par décret et indexé sur le salaire minimum de croissance défini à l'article L. 3231-2 du code du travail. Ce taux peut varier en fonction du régime sous lequel les personnes détenues sont employées. ". Selon l'article D. 432-1 du code de procédure pénale, dont les dispositions figurent désormais à l'article D. 412-64 du code pénitentiaire : " (), la rémunération du travail effectué au sein des établissements pénitentiaires par les personnes détenues ne peut être inférieure au taux horaire suivant : / 45 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance pour les activités de production ; () ".
5. D'autre part, aux termes de l'article D. 433-4 du code de procédure pénale dont les dispositions ont été reprises à l'article D. 412-67 du code pénitentiaire : " Les rémunérations pour tout travail effectué par une personne détenue () sont soumises à cotisations patronales et ouvrières selon les modalités fixées, pour les assurances maladie, maternité et vieillesse, par les articles R. 381-97 à R. 381-109 du code de la sécurité sociale () ". S'agissant de l'assurance maladie et maternité, l'article R. 381-99 du code de la sécurité sociale fixe ainsi le taux de la cotisation à 4,20 % du montant brut des rémunérations versées aux détenus et prévoit que cette cotisation est à la charge de l'employeur. S'agissant de l'assurance vieillesse, l'article R. 381-104 du code de la sécurité sociale prévoit que les cotisations, salariale et patronale, sont fixées au taux de droit commun du régime général et assises sur le total des rémunérations brutes des détenus et l'article R. 381-105 dispose que " Lorsque le travail est effectué pour le compte de l'administration et rémunéré sur les crédits affectés au fonctionnement des services généraux, les cotisations, salariale et patronale, sont intégralement prises en charge par l'administration. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 381-107 du même code : " La part de cotisation à la charge du détenu est précomptée sur sa rémunération lors de chaque paie, sous réserve de l'application de l'article R. 381-105 ".
6. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que, lorsque le travail est effectué au titre des services généraux de l'établissement pénitentiaire, tant la cotisation pour l'assurance maladie et maternité que les cotisations, salariales et patronales, pour l'assurance vieillesse sont prises en charge par l'employeur. En revanche, lorsque le travail est effectué au titre d'une activité dite de production, seule la cotisation d'assurance maladie et maternité et la cotisation patronale pour l'assurance vieillesse sont prises en charge par l'employeur, à l'exclusion de la cotisation salariale pour l'assurance vieillesse qui reste à la charge de la personne détenue.
7. Enfin, aux termes de l'article L. 136-1 du code de la sécurité sociale : " Il est institué une contribution sociale sur les revenus d'activité et sur les revenus de remplacement à laquelle sont assujettis : / 1° Les personnes physiques qui sont à la fois considérées comme domiciliées en France pour l'établissement de l'impôt sur le revenu et à la charge, à quelque titre que ce soit, d'un régime obligatoire français d'assurance maladie ; () ". Aux termes de l'article L. 136-2 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " I.- Pour le calcul de l'assiette de la contribution prévue à l'article L. 136-1 du présent code, les revenus bruts suivants bénéficient d'une réduction représentative de frais professionnels fixée à 1,75 % pour leur montant inférieur à quatre fois la valeur du plafond mentionné à l'article L. 241-3 : 1° Les revenus d'activités () ". De plus, aux termes du I de l'article 14 de l'ordonnance n° 96-50 du 24 janvier 1996 relative au remboursement de la dette sociale : " Il est institué une contribution assise sur les revenus d'activité et de remplacement mentionnés à la section 1 du chapitre 4 du titre 3 du livre 1 du code de la sécurité sociale perçus par les personnes physiques désignées à ce même article. Cette contribution est soumise aux conditions prévues aux articles L. 136-1-1 à L. 136-4 du même code. () ". Aux termes du III de l'article L. 316-1-1 du code de la sécurité sociale, dans sa version applicable à compter du 1er janvier 2020 : " III.- Par dérogation au I, sont exclus de l'assiette de la contribution mentionnée à l'article L. 136-1 les revenus suivants : 1° () e) Un pourcentage fixé par décret de la rémunération versée aux personnes mentionnées au 5° de l'article L. 412-8, qui ne peut excéder 40 % de cette rémunération ; () ". L'article L. 412-8 du même code dispose que : " Outre les personnes mentionnées à l'article L. 412-2, bénéficient également des dispositions du présent livre, sous réserve des prescriptions spéciales du décret en Conseil d'Etat : () 5° les détenus exécutant un travail pénal, les condamnés exécutant un travail d'intérêt général et les personnes effectuant un travail non rémunéré dans le cadre d'une composition pénale pour les accidents survenus par le fait ou à l'occasion de ce travail, dans les conditions déterminées par décret ; () ". L'article D. 242-2-1 de ce code, dans sa version applicable aux contributions sociales dues au titre des périodes d'activité courant à compter du 1er janvier 2020, précise que : " () II.- Le pourcentage de la rémunération mentionné au e du 1° du III de l'article L. 136-1-1 est égal à 38 % ".
8. Il résulte de ces dispositions que la rémunération due aux personnes détenues en contrepartie du travail qu'elles effectuent dans le cadre d'activité de production est assujettie à la contribution sociale généralisée, ainsi qu'à la contribution au remboursement de la dette sociale.
9. Pour calculer les reliquats de salaire tirés des activités de production, dus à M. A, il y a lieu de retrancher à la rémunération brute à laquelle il avait droit les montants dus au titre de l'application de la contribution sociale généralisée (CSG), de la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) et de la cotisation salariale pour l'assurance vieillesse ainsi que la somme qu'il a déjà perçue pour le travail effectué. S'il résulte de l'instruction que le ministre de la justice a fixé à 5,7 % le taux de la CSG applicable pour les mois d'octobre à décembre 2019, les dispositions applicables aux salaires en litige prévoyaient un taux de CSG de 9,2 % pour l'année 2019. En outre, en application des dispositions des articles L. 136-1-1, L. 136-2 et L. 136-8 du code de la sécurité sociale ainsi que des articles 14 et 19 de l'ordonnance du 24 janvier 1996, le taux de CSG ainsi fixé s'est appliqué à compter du 1er janvier 2020 sur une assiette de 98,25 % de 62 % du salaire brut. Par suite, il résulte des dispositions précitées du code de la sécurité sociale qu'il y a lieu de calculer le salaire dû à M. A en mettant en œuvre un taux d'assurance vieillesse de 7,3 % du salaire brut, un taux de CSG de 9,2 % appliqué sur une assiette de 98,25 % du salaire brut pour les rémunérations perçues en 2019 et sur une assiette de 98,25 % de 62 % du salaire brut pour les rémunérations perçues à compter du 1er janvier 2020 ainsi qu'un taux de CRDS de 0,5 %, du salaire brut également préalablement réduit de 1,75 %.
10. Il résulte de l'instruction que M. A a exercé une activité de production au sein de la maison d'arrêt de Bourges durant les mois d'octobre 2019 à mai 2020 inclus. Conformément aux dispositions préalablement mentionnées de l'article D. 432-1 du code de procédure pénale alors applicable, sa rémunération brute ne pouvait être inférieure au taux horaire correspondant à 45 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC), soit un montant brut de 4,52 euros pour l'année 2019 et un montant brut de 4,57 euros pour l'année 2020.
11. Le requérant soutient qu'il n'a pas été rémunéré conformément aux dispositions précitées des articles 717-3 et D. 432-1 du code de procédure pénale alors en vigueur, dès lors que les heures portées sur ses bulletins de salaire, qui ont été minorées par rapport aux heures qu'il a effectivement réalisées, sont erronées. Il fait valoir que cette incohérence ressort de ses bulletins de salaire, lesquels font apparaître un taux horaire brut différent d'un mois sur l'autre, ce qui selon lui avait pour objectif de dissimuler le fait qu'il était rémunéré à la pièce alors qu'une telle pratique est illégale.
12. S'il ne ressort pas des dispositions légales et réglementaires que la rémunération " à la pièce " est par principe prohibée, il résulte en revanche des dispositions précitées que la rémunération individuelle globale qui en résulte ne peut pas correspondre, compte tenu du nombre d'heures effectivement travaillées, à un taux horaire inférieur au minimum prévu par ces dispositions, en fonction de l'activité exercée. En l'espèce, M. A soutient, sans être contredit, avoir exercé un travail de production consistant dans la réalisation d'étiquettes. Il ressort, par ailleurs, de l'attestation établie le 27 février 2020 par la chef de la détention de la maison d'arrêt de Bourges, que l'intéressé travaillait en cellule. En ce qui concerne les rémunérations qui lui ont été versées en contrepartie de ce travail, il résulte de l'instruction qu'à l'exception du calcul effectué pour le mois de décembre 2019, aucun des montants de rémunération brute qui ont été déterminés au titre de l'année 2019 et de l'année 2020 ne correspond au nombre d'heures travaillées figurant sur les bulletins de salaire, multiplié par le taux horaire brut de 4,52 euros ou de 4,57 euros, mettant ainsi en évidence une minoration systématique du nombre d'heures rémunérées. Or, ce constat n'est pas sérieusement contesté en défense par le ministre de la justice qui se borne à indiquer, sur la base de deux tableaux de calcul élaborés en appliquant aux heures de travail initialement retenues en 2019 et 2020, les taux horaires correspondant à 45 % du SMIC, que M. A a perçu une rémunération supérieure à celle qu'il aurait dû normalement recevoir, sans toutefois produire le moindre document, émanant notamment de l'entreprise concessionnaire, permettant de justifier du nombre d'heures effectivement travaillées par l'intéressé. Dans ces conditions, il y a lieu de tenir pour établi le décompte de ses heures produit à l'instance par le requérant et faisant état d'un volume total d'heures travaillées au cours de la période d'octobre 2019 à mai 2020 inclus s'élevant à 824 heures.
13. Il résulte de ce qui précède que le montant horaire garanti, pour une durée totale de 824 heures de travail réalisées au titre de la période litigieuse et, après déduction de la CSG, de la CRDS déterminées en tenant compte de ce qui a été précisé au point 9, ainsi que de la part salariale de l'assurance vieillesse, donnait droit à une rémunération nette de 3 191,49 euros. Au vu des salaires nets déjà perçus s'élevant à la somme de 2 354,53 euros, M. A justifie d'un reliquat de rémunération nette lui restant dû d'un montant de 836,96 euros. Par suite, il y a lieu de condamner l'Etat à lui verser ce montant.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
14. D'une part, lorsqu'ils sont demandés, les intérêts au taux légal sur le montant de l'indemnité allouée sont dus, quelle que soit la date de la demande préalable, à compter du jour où cette demande est parvenue à l'autorité compétente ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité.
15. M. A sollicite que la somme allouée soit assortie des intérêts au taux légal à compter du 3 juin 2020, date de réception de sa réclamation préalable. Il y a lieu de faire droit à cette demande.
16. D'autre part, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 2 janvier 2024. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 3 juin 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
17. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de ces dispositions, sous réserve que l'avocat de M. A renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. A la somme de 836,96 euros avec intérêts au taux légal à compter du 3 juin 2020. Les intérêts échus à la date du 3 juin 2021, puis à échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros à Me Silvestre en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
Mme Palis De Koninck, première conseillère,
M. Nehring, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
La présidente-rapporteure,
Patricia ROUAULT-CHALIERL'assesseure la plus ancienne,
Mélanie PALIS DE KONINCK
La greffière,
Agnès BRAUD
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026