vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2003073 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 3ème chambre |
| Avocat requérant | DE LA CHAPELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 août 2020, la SAS Epsys, représentée par Me de La Chapelle, avocat, demande au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle été assujettie dans les rôles de la commune de Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-Cher) au titre de l'année 2018.
Elle soutient que :
- l'alarme atelier E 41 et les aérothermes électriques ne doivent pas être inclus dans la base imposable dès lors qu'ils ne sont pas des ouvrages en maçonnerie et ne font pas corps avec la construction ;
- la station de recyclage des eaux usées et la couverture du bac de décantation, bien que fixés au sol ou faisant corps avec le bâtiment, sont des biens exonérés en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts et de la documentation de base référencée 6 C-124, n° 1 du 15 décembre 1988 et des paragraphes 160 et 170 de l'instruction référencée au BOI-IF-TFB-10-50-30 du 12 septembre 2012 ;
- la réfection du bureau DCY et la réparation de la porte BA2I et du radar sur la porte magasin BA, même si elles sont des immobilisations inscrites en comptabilité, constituent des travaux non imposables à la taxe foncière sur les propriétés bâties dès lors qu'ils n'apportent aucune amélioration au bâtiment conformément à la documentation de base référencée 6 G-113, n° 28, du 15 décembre 1989 et au paragraphe 230 de l'instruction référencée au BOI-IF-TFB-20-20-10-20 du 22 juillet 2014.
Par un mémoire enregistré le 1er mars 2021, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.
Il soutient que faute pour la société requérante de produire les factures des installations foncières qu'elle prétend avoir immobilisées et dont elle revendique l'exonération, l'administration n'est pas en mesure d'en vérifier la nature, la date et le montant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) Epsys a été assujettie au titre de l'année 2018 à une cotisation de taxe foncière pour un montant de 50 284 euros à raison d'un site industriel dont elle est propriétaire rue Claude Bernard à Montoire-sur-le-Loir où elle exerce une activité de fabrication de matériel de distribution et de commande électrique. Par réclamation du 23 décembre 2019, elle a demandé d'exonérer, pour le calcul de sa cotisation de taxe foncière, plusieurs éléments imposés au titre des constructions et installations du site litigieux. Par une décision du 30 juin 2020, l'administration a rejeté sa réclamation pour défaut de présentation de justificatifs. La société Epsys demande au tribunal de prononcer la réduction sollicitée.
Sur l'application de la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1381 de ce code : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation ; 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication () ". Aux termes de l'article 1382 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux impositions litigieuses : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : / () / 11° Les outillages et autres installations et moyens matériels d'exploitation des établissements industriels à l'exclusion de ceux visés à l'article 1381 1° et 2° ". Aux termes du premier alinéa de l'article 1495 de ce code : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation ". Aux termes du II de l'article 324 B de l'annexe III au même code : " Pour l'appréciation de la consistance il est tenu compte de tous les travaux, équipements ou éléments d'équipement existant au jour de l'évaluation ".
3. Pour apprécier, en application de l'article 1495 du code général des impôts et de l'article 324 B de l'annexe III, la consistance des propriétés qui entrent, en vertu notamment des articles 1380 et 1381, dans le champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties et des taxes annexes, il est tenu compte, non seulement de tous les éléments d'assiette mentionnés par ces deux derniers articles mais également des biens faisant corps avec eux. Sont toutefois exonérés de ces taxes, en application du 11° de l'article 1382, ceux de ces biens qui font partie des outillages, autres installations et moyens matériels d'exploitation d'un établissement industriel, c'est-à-dire ceux de ces biens qui relèvent d'un établissement qualifié d'industriel au sens de l'article 1499, qui sont spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement et qui ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381.
4. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.
5. Le prix de revient des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière, évalué selon la méthode comptable, est celui qui est inscrit à l'actif du bilan. L'administration peut se fonder sur les énonciations comptables opposables à la société pour inclure dans la valeur locative des immobilisations le montant des travaux inscrits en tant qu'immobilisations, sauf pour la société à démontrer que ces travaux constitueraient en réalité des charges déductibles, ou qu'elle aurait inscrit en tant qu'immobilisations des biens exclus par nature des bases imposables à la taxe foncière sur les propriétés bâties ou exonérés de celles-ci.
6. La société requérante fait tout d'abord valoir que l'alarme atelier E 41 et les aérothermes électriques ne sont pas des ouvrages en maçonnerie et ne font pas corps avec une construction. Toutefois elle n'apporte pas à l'appui de cette allégation les éléments, qu'elle est seule à même de produire, de nature à justifier le fait que ces équipements, qui relèvent de ses immobilisations, constitueraient des éléments ne faisant pas matériellement corps avec des bâtiments mentionnés au 1° de l'article 1381 du code général des impôts. Dès lors, la société Epsys n'est pas fondée à demander que les dépenses correspondantes soient exclues de l'assiette de l'imposition en litige.
7. La société requérante soutient ensuite que la station de recyclage des eaux usées et la couverture du bac de décantation doivent être exonérées de la taxe foncière sur les propriétés bâties en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts. Toutefois, la société ne produit au soutien de ses allégations pas le moindre élément de nature à établir que les équipements considérés sont spécifiquement adaptés à l'activité industrielle qu'elle exerce et il ne résulte pas de l'instruction qu'ils devraient être regardés comme spécifiquement adaptés à une telle activité. Dès lors, la société Epsys n'est pas fondée à demander que les biens considérés soient exonérés de l'imposition litigieuse.
Sur l'interprétation de la loi fiscale :
8. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. / Il en est de même lorsque, dans le cadre d'un examen ou d'une vérification de comptabilité ou d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle, et dès lors qu'elle a pu se prononcer en toute connaissance de cause, l'administration a pris position sur les points du contrôle, y compris tacitement par une absence de rectification. / Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. Sont également opposables à l'administration, dans les mêmes conditions, les instructions ou circulaires publiées relatives au recouvrement de l'impôt et aux pénalités fiscales ".
9. D'une part, la société requérante n'est pas fondée à se prévaloir, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du paragraphe n° 1 de la documentation de base référencée 6 C-124 du 15 décembre 1988, reprise aux paragraphes 160 et 170 de l'instruction référencée au BOI-IF-TFB-10-50-30 du 12 septembre 2012 dressant une liste non exhaustive des outillages et autres moyens matériels d'exploitation des établissements industriels exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts, qui ne comportent pas une interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il est fait application par le présent jugement.
10. D'autre part, la société requérante demande, sur le fondement du paragraphe 230 de l'instruction référencée BOI-IF-TFB-20-20-10-20 du 22 juillet 2014, que soit déduit de sa base imposable à la taxe foncière sur les propriétés bâties le montant de 10 133,40 euros correspondant à des travaux de réfection d'un bureau et à la réparation d'un radar sur une porte magasin. Cependant, elle ne justifie pas que ces travaux constitueraient de simples travaux d'entretien n'entraînant aucun changement de caractéristiques physiques des constructions concernées. Par suite, la société Epsys n'est pas fondée à demander que les immobilisations ainsi inscrites en comptabilité soient exclues de l'assiette de l'imposition litigieuse.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la SAS Epsys n'est pas fondée à demander la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2018. Sa requête doit dès lors être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête la SAS Epsys est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Epsys et au directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2022.
Le magistrat désigné,
Stéphane B
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026