mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2003423 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BERTRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 octobre 2020 et un mémoire complémentaire enregistré le 11 juin 2022, M. A C, représenté par Me Bissila, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir les décisions de la commune d'Olivet lui refusant le versement de l'allocation de retour à l'emploi ;
2°) de condamner la commune d'Olivet à lui verser la somme de 1 149,24 euros par mois pendant une année soit la somme de 13 790,88 euros à parfaire au titre de l'allocation de retour à l'emploi, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa requête ainsi que de leur capitalisation, augmentée de la somme de 2 298,48 euros, correspondant à la privation de ce revenu de remplacement pendant une deuxième année soit la somme totale de 16 089,36 euros ;
3°) de condamner la commune d'Olivet à lui verser la somme de 4 596,99 euros net au titre du préjudice financier et du préjudice moral subis ;
4°) de mettre à la charge de la commune d'Olivet une somme de 1 800 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la commune n'a pas respecté les termes de son contrat en lui en notifiant le renouvellement le 30 juin 2020 pour une prise de service dès le lendemain ;
- il n'a jamais refusé le renouvellement de son contrat à durée déterminée : il a dès lors droit aux indemnités chômage ;
- il n'a jamais affirmé qu'il devait signer un contrat avec une autre entité au mois d'août.
Par un mémoire enregistré le 30 avril 2021, la commune d'Olivet, représentée par Me Bertrand, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions tendant à l'annulation du refus d'octroi de l'allocation de retour à l'emploi sont tardives et dès lors irrecevables ;
- les conclusions à fin d'indemnisation du refus d'octroi de l'allocation de retour sont également tardives et n'ont pas fait l'objet de liaison du contentieux ; elles sont dès lors également irrecevables ;
- les conclusions à fin d'indemnisation de préjudices moral et financier sont également irrecevables, en l'absence de liaison du contentieux ;
- les moyens ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bertrand, représentant la commune d'Olivet.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C a été recruté en tant qu'agent contractuel pour exercer les fonctions d'agent d'entretien des gymnases de la commune d'Olivet, par un contrat à durée déterminée d'une durée de 3 mois prenant effet à compter du 1er août 2019 jusqu'au 31 octobre 2019. Ce contrat a été renouvelé une première fois pour deux mois jusqu'au 31 décembre 2019 puis une deuxième fois pour six mois, avec effet à compter du 1er janvier 2020 jusqu'au 30 juin 2020. La commune d'Olivet a ensuite proposé à M. C de renouveler son contrat pour une durée d'un an du 1er juillet 2020 au 30 juin 2021, proposition restée sans suite. Après divers échanges entre la commune et M. C, assisté du responsable de l'union locale des syndicats, CGT d'Orléans, la commune lui a confirmé son refus de lui octroyer le bénéfice de l'allocation de retour à l'emploi (ARE), au motif que celui-ci s'est privé volontairement d'emploi. Par la présente requête, M. C doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir les décisions de la commune d'Olivet lui refusant le versement de l'ARE, la condamnation de la commune à lui verser la somme totale de 16 089,36 euros au titre de l'ARE ainsi que la somme de 4 596,99 euros net au titre du préjudice financier et du préjudice moral subis.
Sur les conclusions en annulation des décisions refusant le versement de l'ARE :
2. Aux termes de l'article L. 5424-1 du code du travail : " Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire ou en cas de cessation d'un commun accord de leur relation de travail avec leur employeur, et lorsqu'ils satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 : () 2° Les agents non titulaires des collectivités territoriales et les agents non statutaires des établissements publics administratifs autres que ceux de l'Etat et ceux mentionnés au 4° ainsi que les agents non statutaires des groupements d'intérêt public ; () ". Aux termes de l'article 2 du décret du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public : " Sont considérés comme ayant été involontairement privés d'emploi : (). 2° Les personnels de droit public ou de droit privé dont le contrat est arrivé à son terme et n'est pas renouvelé à l'initiative de l'employeur ; () ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " Sont assimilés aux personnels involontairement privés d'emploi : () 2° Les personnels de droit public ou de droit privé ayant refusé le renouvellement de leur contrat pour un motif légitime lié à des considérations d'ordre personnel ou à une modification substantielle du contrat non justifiée par l'employeur ".
3. Pour l'application des articles L. 5421-1 et L. 5424-1 du code du travail, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de déterminer si les circonstances dans lesquelles un contrat de travail à durée déterminée n'a pas été renouvelé permettent de l'assimiler à une perte involontaire d'emploi. A ce titre, et ainsi que le prévoit désormais le décret du 16 juin 2020, l'agent qui refuse le renouvellement de son contrat de travail ne peut être regardé comme involontairement privé d'emploi, à moins que ce refus soit fondé sur un motif légitime, qui peut être lié notamment à des considérations d'ordre personnel ou au fait que le contrat a été modifié de façon substantielle et sans justification par l'employeur.
4. Le requérant soutient qu'il n'a jamais refusé le renouvellement de son contrat à durée déterminée pour la période s'étendant du 1er juillet 2020 au 30 juin 2021. Il fait valoir qu'il a seulement refusé de signer le contrat, celui-ci lui ayant été présenté pour signature la veille de sa prise d'effet, le 1er juillet 2020, en méconnaissance du délai de prévenance fixé à l'article 5 du contrat conclu précédemment. Toutefois, il est constant que la commune lui a fait une proposition de renouvellement de contrat à durée déterminée dans les mêmes conditions que le précédent. Dès lors, et ainsi que la commune lui a indiqué dans ses différents courriers, seul un motif légitime lié à des considérations d'ordre personnel autorisait la commune à l'assimiler à un personnel involontairement privé d'emploi et à lui verser l'ARE conformément au décret précité.
5. Si la commune a proposé au requérant d'étudier une telle éventualité dans la mesure où il pouvait justifier, dans les huit jours à compter de la réception de son courrier daté du 29 juillet 2020, d'un motif tel qu'un recrutement dans une autre entité, il ressort des pièces du dossier que celui-ci n'a pas fait état d'un tel motif. Dès lors, la commune était fondée à lui refuser le versement de l'ARE demandée, la circonstance qu'elle l'ait informé avec retard et qui plus est, d'abord uniquement à l'oral, de sa proposition de lui renouveler son contrat étant sans influence sur la légalité de sa décision.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions en annulation dirigées contre les décisions refusant le versement de l'ARE doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Il résulte des points précédents que la commune n'a pas commis de faute en refusant de verser au requérant l'ARE demandée. Dès lors, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions tendant à la condamnation de la commune à verser une somme au titre de l'ARE et une somme au titre du préjudice financier et du préjudice moral subis doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Olivet, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune d'Olivet.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Vincent, première conseillère,
M. Joos, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
La rapporteure,
Laurence B
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,
Lucie BARRUET
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026