vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2004054 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELAFA CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 novembre 2020 et le 3 décembre 2021, M. A B, représenté par la SELAFA Cassel, avocats, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours à lui verser la prime de service au titre des trois années au cours desquelles il ne l'a pas perçue ainsi qu'une somme de 10 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 17 août 2020, en réparation des préjudices subis du fait de sa non-titularisation et des faits de harcèlement moral dont il a été victime en l'absence de mise en œuvre de la protection fonctionnelle ;
2°) de mettre à la charge du CHRU de Tours la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus de titularisation résultant de la décision du 19 mai 2020 est entaché d'une illégalité fautive car la durée effective de son stage n'a été que de 560 jours ;
- il a en outre été victime de faits constitutifs de harcèlement moral de la part de ses collègues de travail, en conséquence desquels il s'est trouvé contraint d'être placé en congés de maladie puis n'a pas été titularisé au motif qu'il aurait été trop souvent absent pour pouvoir être noté, alors que ces absences étaient toutes dues à un état dépressif directement lié au harcèlement ;
- la responsabilité de son employeur est engagée au titre de la protection fonctionnelle due aux agents contre le harcèlement moral ;
- placé en congé de maladie du fait du harcèlement dont il a été victime, il n'a pu bénéficier de la prime de service au titre des années 2017 à 2019 ; il est donc fondé à demander réparation de ce préjudice financier au centre hospitalier ;
- à raison des fautes commises par le centre hospitalier, il a subi un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence dont il est fondé à demander réparation à hauteur de 10 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 juillet 2021 et 30 juin 2022, le CHRU de Tours, représenté par la SELARL Atlantic Juris, avocats, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge du requérant la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires visant au versement des primes de service au titre des années 2017 à 2019 sont irrecevables dès lors qu'aucun recours n'a été formé dans le délai du recours contentieux contre les décisions fixant le montant des primes pour chacune des années en cause et sont, en tout état de cause, infondées ;
- aucune faute ne peut être retenue à son encontre ;
- le harcèlement moral dénoncé n'est pas établi ;
- les dispositions relatives à la protection fonctionnelle ne sont pas applicables ;
- le préjudice moral allégué n'est pas établi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 97-487 du 12 mai 1997 ;
- le décret n° 2016-636 du 19 mai 2016 ;
- le décret n° 2016-1705 du 12 décembre 2016
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Capul, représentant le centre hospitalier régional et universitaire de Tours.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été recruté à compter du 1er octobre 2014 dans le cadre d'un contrat unique d'insertion par le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours en qualité d'ouvrier professionnel qualifié et a été affecté au service " sureté accueil " dépendant de la direction des services techniques. Il a été placé en position de stagiaire dans ce même grade à compter du 1er août 2016. Après recueil de l'avis de la commission administrative paritaire, son stage a été prolongé de six mois. Au terme de son stage, la commission administrative paritaire a émis un avis défavorable à sa titularisation et, par une décision du 19 mai 2020, le directeur du CHRU a refusé de le titulariser et a prononcé sa radiation des cadres à compter du 6 juillet 2020. Par une réclamation du 17 juillet 2020, M. B a demandé au CHRU de l'indemniser des préjudices subis du fait de sa non titularisation, d'une part, des faits de harcèlement moral dont il a été victime, d'autre part, et de lui verser les primes de service auxquelles il pouvait prétendre au titre des années 2017 à 2019. Sa demande a été expressément rejetée par une décision du 17 septembre 2020. Par la présente requête, il demande que le CHRU de Tours soit condamné à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices subis et que lui soient versées les primes de service auxquelles il pouvait prétendre au titre des années 2017 à 2019.
S'agissant du licenciement :
2. Aux termes de l'article 8 du décret du 12 décembre 2016 portant statut particulier des personnels de la filière ouvrière et technique de la catégorie C de la fonction publique hospitalière : " (). Les ouvriers principaux de 2e classe sont recrutés conformément aux dispositions de l'article 4-6 de ce décret [décret n° 2016-636 du 19 mai 2016] relatives aux recrutements par concours interne et externe sur titres. / () L'affectation, le stage et la titularisation des candidats admis à ces concours sont régis par les dispositions des articles 4-8, 4-9 et 4-10 du décret du 19 mai 2016 précité. ". Aux termes de l'article 4-9 du décret du 19 mai 2016 relatif à l'organisation des carrières des fonctionnaires de catégorie C de la fonction publique hospitalière: " Les fonctionnaires recrutés après avis de la commission de sélection compétente dans le grade relevant de l'échelle de rémunération C1 et les fonctionnaires recrutés au titre du concours externe dans le grade relevant de l'échelle de rémunération C2 sont nommés stagiaires et accomplissent un stage d'une durée d'un an./ A l'issue de ce stage, les stagiaires dont les services ont donné satisfaction sont titularisés. Les autres stagiaires peuvent, après avis de la commission administrative paritaire, être autorisés à effectuer un stage complémentaire d'une durée maximale d'un an. Si le stage complémentaire a été jugé satisfaisant, les intéressés sont titularisés. / Lorsque des fonctionnaires ne sont pas titularisés à l'issue du stage initial ou à l'issue du stage complémentaire, ils sont soit licenciés s'ils n'avaient pas préalablement la qualité de fonctionnaire, soit réintégrés dans leur corps ou cadre d'emplois d'origine, selon les dispositions qui leur sont applicables. ". En outre, aux termes de l'article 33 du décret du 12 mai 1997 fixant les dispositions communes applicables aux agents stagiaires de la fonction publique hospitalière : " Quand, du fait des congés de toute nature autres que le congé annuel, le stage a été interrompu pendant au moins trois ans, l'agent stagiaire doit, à l'issue du dernier congé, recommencer la totalité du stage prévu par le statut particulier du corps dans lequel il a vocation à être titularisé./ Si l'interruption a duré moins de trois ans, l'intéressé ne peut être titularisé, après avis de la commission administrative paritaire compétente, avant d'avoir accompli la période complémentaire de stage qui est nécessaire pour atteindre la durée normale du stage./ Lorsque l'interruption a duré plus d'un an, la reprise des fonctions est subordonnée à la vérification de l'aptitude physique à l'emploi dans les conditions prévues par la réglementation en vigueur. ".
3. Le requérant soutient qu'il n'avait pas accompli l'intégralité de son stage et ne pouvait donc faire l'objet d'une décision de licenciement. Il ajoute qu'au 13 janvier 2020, il ne justifiait que de 18 mois de stage et aurait dû, dès lors, bénéficier d'une prorogation de six mois, d'autant que les appréciations formulées lors de ses évaluations étaient très positives.
4. D'une part, il résulte de l'instruction que M. B a été placé en position de stagiaire au 1er août 2016 pour une durée d'un an. Par une décision du 27 août 2018 son stage été prorogé pour une durée de six mois à compter du 5 mai 2018, date à laquelle il avait accompli une année de stage. Il a été placé en congé de maladie du 25 mai 2018 au 25 juin 2019, puis en congé de maladie ordinaire du 23 septembre 2019 au 14 octobre 2019 et du 13 janvier 2020 au 15 février 2020. Il s'ensuit qu'à la date du 12 mars 2020, mentionnée dans la décision du 19 mai 2020 comme date du prononcé de son refus de titularisation, il avait effectué les dix-huit mois de stage résultant de la prorogation prononcée le 27 août 2018.
5. D'autre part, si M. B soutient qu'il aurait dû bénéficier d'une seconde prorogation de stage d'une durée de six mois, ainsi qu'il vient d'être dit au point précédent, à la date du 12 mars 2020 il avait accompli l'intégralité de son stage et sa radiation des cadres, fondée sur l'appréciation portée par l'administration sur son aptitude à exercer les fonctions confiées et sur sa manière de servir, pouvait donc intervenir à tout moment.
6. Enfin, il résulte de l'instruction que lui ont été reprochés, notamment, un manque d'investissement dans les tâches confiées ainsi qu'une insuffisance de motivation dans la réalisation du travail en commun. Par suite, au regard de sa manière de servir, le CHRU a pu décider, sans erreur de droit ni erreur manifeste d'appréciation, de ne pas prolonger son stage et de procéder à sa radiation des cadres.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'établit pas que la décision refusant de le titulariser serait entachée d'illégalité. Dès lors, la responsabilité du CHRU de Tours ne peut être engagée à ce titre.
S'agissant du défaut de mise en œuvre de la protection fonctionnelle :
8. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 janvier 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. / () ". Aux termes de l'article 11de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " I.-A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. () IV. La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. /() ".
9. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés
par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile
10. Le requérant soutient qu'il a été victime de la part de ses collègues de travail de faits constitutifs de harcèlement moral. A ce titre, il soutient que ses conditions de travail se sont dégradées à compter de sa mise en stage et qu'il a eu le sentiment que ses collègues ne voulaient pas qu'il soit titularisé. Il affirme avoir souffert d'attitudes vexatoires, de propos racistes et dévalorisants qui ont porté atteinte à sa dignité et ont eu un effet négatif sur sa santé entrainant un état dépressif et son placement en congé de longue maladie pendant plus d'un an et indique avoir déposé une main courante en avril 2018 afin de dénoncer le comportement de ses collègues à son endroit.
11. Il résulte cependant de l'instruction, d'une part, qu'informé de cette situation, le centre hospitalier a diligenté une enquête interne au cours de laquelle les personnels du service ont été entendus individuellement, un compte rendu de chacun de ces entretiens ayant été établi par le directeur des ressources humaines, et que l'examen de ces comptes rendus fait apparaître que M. B, qui participait avec ses collègues à des activités sportives et entretenait avec eux des rapports cordiaux, s'est peu à peu isolé et enfermé dans une attitude de méfiance, les suspectant de vouloir lui nuire. D'autre part, que les faits dénoncés par l'intéressé, lesquels demeurent imprécis, ne sont nullement établis. En revanche, il apparaît que, dans le même temps, il a dû faire face à des changements importants dans sa vie privée, lesquels ont eu un retentissement psychique important. A ce titre, le rapport d'expertise établi par un médecin psychiatre en mai 2019 à son retour de congés de maladie, en vue de sa reprise du travail, indique que M. B a présenté " un épisode psychotique aigu avec un délire de persécution centré sur ses collègues de travail ", lequel a été stabilisé par un traitement médical dont il bénéficiait toujours à la date de l'expertise. Aux termes de ce rapport d'expertise, la pathologie que l'intéressé a développée ne présente pas de lien avec ses conditions de travail. Dès lors, il résulte de l'instruction que la réalité du harcèlement moral dont le requérant déclare avoir été victime n'est nullement établie.
12. Par suite, la responsabilité du CHRU de Tours ne peut être engagée pour ne pas avoir mis en place des mesures de protection de son agent contre les actes de harcèlement dont il déclare avoir été victime de la part de ses collègues, le harcèlement dénoncé n'étant pas établi.
S'agissant de la prime de service au titre des années 2017 à 2019 :
13. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté interministériel du 24 mars 1967 relatif aux conditions d'attribution de primes de service aux personnels de certains établissements énumérés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 pris sur le fondement de l'article L.813 du code de la santé publique : " (), les personnels titulaire et stagiaire ainsi que les agents des services hospitaliers recrutés à titre contractuel peuvent recevoir des primes de services liées à l'accroissement de la productivité de leur travail dans les conditions prévues au présent arrêté. ". Aux termes de l'article 2 de ce même arrêté : " () Dans la limite des crédits définis à l'alinéa précédent, les montants individuels de la prime de service sont fixés, pour un service annuel complet, en considération de la valeur professionnelle et de l'activité de chaque agent. ".
Enfin, aux termes de l'article 3 de cet arrêté : " La prime de service ne peut être attribuée au titre d'une année qu'aux agents ayant obtenu pour l'année considérée une note au moins égale à 12,5. L'autorité investie du pouvoir de nomination fixe les conditions dans lesquelles le montant de la prime varie proportionnellement aux notes obtenues sans qu'il puisse excéder 17 p. 100 du traitement brut de l'agent au 31 décembre de l'année au titre de laquelle la prime est attribuée./ Pour tenir compte des sujétions journalières réelles, toute journée d'absence entraîne un abattement d'un cent quarantième du montant de la prime individuelle. Toutefois, n'entraînent pas abattement les absences résultant :/ Du congé annuel de détente ;/ D'un déplacement dans l'intérêt du service ;/ D'un congé consécutif à un accident du travail ou à une maladie professionnelle ; /D'un congé de maternité. / Une absence de quatre heures est comptée pour une demi-journée et une absence de huit heures pour une journée. /() ".
14. Il résulte de ces dispositions que le bénéfice de la prime annuelle de service à laquelle peuvent prétendre les personnels qu'elles visent, parmi lesquels figurent les agents exerçant dans les établissements d'hospitalisation, est lié à l'exercice effectif des fonctions pendant l'année considérée. Si l'abattement d'un cent quarantième par journée d'absence n'est pas applicable en cas d'absence pour maladie imputable au service, l'intéressé ne soutient ni même n'allègue avoir été, au titre des années considérées, placé en congé de maladie imputable au service. Alors que, de par sa nature même, la prime dont l'intéressé demande le versement est liée aux sujétions réelles supportées par l'agent dans le cadre de l'exercice de ses fonctions ainsi qu'à sa valeur professionnelle et à son activité, compte tenu de ses absences et des abattements qui en découlent, et alors ainsi qu'il a été dit, que la réalité du harcèlement moral dont le requérant déclare avoir été victime n'est nullement établie, celui-ci ne peut prétendre qu'il a été placé en congé de maladie et n'a pu en conséquence bénéficier de la prime de service au titre des années 2017 à 2019 du fait de ce prétendu harcèlement. Par suite, la responsabilité du CHRU ne peut être engagée pour ne pas lui avoir versé cette prime.
15. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir, qu'aucune faute n'étant imputable au CHRU, les conditions indemnitaires présentées par le requérant ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHRU de Tours, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B la somme réclamée par le CHRU de Tours au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le CHRU de Tours au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2021, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère,
M. Joos, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
La rapporteure,
Hélène C
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,
Sarah LEROY
La République mande et ordonne à la préfète de la région Centre-Val de Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026