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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2004374

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2004374

jeudi 2 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2004374
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantVEAUVY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 septembre 2020, M. C B doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler l'ordre de reversement émis par le directeur général des finances publiques d'Indre-et-Loire le 25 septembre 2020 d'un montant de 1 550,64 euros au titre d'un trop-perçu de supplément familial de traitement (SFT) se rapportant à la période de juin 2018 à novembre 2019 ;

2°) d'annuler le courrier du 24 novembre 2020 par lequel le président de la communauté de communes Touraine Vallée de l'Indre l'a informé de l'existence d'un indu d'indemnité d'exercice de missions des préfectures (IEMP) perçu en novembre 2019 d'un montant de 1 143,37 euros et de la nécessité de procéder à son remboursement.

Il soutient que :

- le trop-perçu de SFT en litige se rapporte à une période durant laquelle il était employé par la communauté de communes Touraine Vallée de l'Indre ; cet indu révèle l'existence d'une faute commise par la direction des ressources humaines de la collectivité ; par ailleurs, cette même direction a commis une deuxième faute en omettant de l'interroger en 2018 sur une actualisation de sa situation en considération de l'âge de ses enfants ; alors qu'il travaille au sein de Tours métropole Val-de-Loire depuis le 1er mars 2020 et que ce trop-perçu lui a été notifié douze mois après sa survenance, eu égard aux fautes commises, il ne peut être tenu de rembourser cet indu ;

- l'IEMP, qui est une prime versée mensuellement, a été versée à tort au titre d'une année complète en novembre 2019 à l'ensemble des agents de la communauté de communes Touraine Vallée de l'Indre ; cet indu procède d'une erreur de la part de la direction des ressources humaines de la collectivité ; eu égard à cette faute, il ne peut davantage être tenu au remboursement de ce second indu.

Par un mémoire enregistré le 15 juin 2021, la communauté de communes Touraine Vallée de l'Indre, représentée par Me Cebron de Lisle, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est dépourvue de conclusions en méconnaissance des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ; par suite, elle est irrecevable ;

- alors que l'ordre de reversement du trop-perçu de SFT a été notifié le 25 septembre 2020, la requête tendant à la contestation de ce titre n'a été enregistrée que le 9 décembre 2020, autrement dit à l'issue du délai de deux mois visé par l'article R. 421-1 du code de justice administrative ; par suite, cette contestation est irrecevable ;

- le courrier adressé le 24 novembre 2020 avait pour unique objet d'informer M. B qu'un titre exécutoire sera prochainement notifié pour le recouvrement de l'indu d'IEMP ; étant purement informative, cette lettre ne revêt pas le caractère d'un acte faisant grief ; elle n'est donc pas susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir ; cette contestation est donc également irrecevable ;

- à titre subsidiaire, aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Le directeur départemental des finances publiques d'Indre-et-Loire, à qui la procédure a été communiquée le 10 janvier 2023, n'a pas produit d'observations.

Par une ordonnance du 31 mai 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 juin 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- et les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B a exercé des fonctions au sein de la communauté de communes Touraine Vallée de l'Indre en tant que titulaire au grade d'adjoint administratif de deuxième classe jusqu'au 1er mars 2020. Le 25 septembre 2020, le directeur général des finances publiques d'Indre-et-Loire a émis à son encontre un ordre de reversement d'une somme de 1 550,64 euros correspondant à un trop-perçu de supplément familial de traitement (SFT) se rapportant à la période de juin 2018 à novembre 2019. Par ailleurs, par un courrier en date du 24 novembre 2020, la communauté de communes Touraine Vallée de l'Indre l'a informé de l'existence d'un indu d'indemnité d'exercice de missions des préfectures (IEMP) perçu en novembre 2019 d'un montant de 1 143,37 euros. Par sa requête, M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de l'ordre de reversement du 25 septembre 2020, ainsi que de la notification d'indu du 24 novembre 2020.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'ordre de reversement du 25 septembre 2020 :

2. D'une part, il est constant que la somme versée à M. B au titre du SFT et réclamée par la communauté de communes Touraine Vallée de l'Indre constitue une erreur de liquidation et non une décision accordant un avantage financier. Le requérant ne peut donc se prévaloir de droits acquis à l'encontre de l'ordre de reversement émis le 25 septembre 2020. Il appartenait au président de la communauté de communes de corriger cette erreur et de réclamer rétroactivement le reversement de la somme payée à tort.

3. D'autre part, le juge a la faculté, même en l'absence de conclusions indemnitaires, de réduire le montant de la créance pour tenir compte d'une erreur ou d'une carence de l'administration.

4. M. B soutient que l'administration a commis une faute dans la gestion de sa rémunération en omettant de procéder en 2018 à une révision de ses droits au SFT pour tenir compte de l'âge de ses enfants. Toutefois, à supposer même que cette erreur de liquidation ait perduré, le requérant, à qui au demeurant il appartenait de déclarer son changement de situation, en se bornant à manifester son opposition au remboursement du trop-perçu, ne caractérise pas le préjudice qui en résulterait.

5. Il résulte de l'ensemble des éléments qui précèdent et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir soulevées en défense que les conclusions présentées par M. B à fin d'annulation de l'ordre de reversement doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la notification d'indu du 24 novembre 2020 :

6. Si la lettre par laquelle l'administration informe un agent qu'il doit rembourser une somme indument payée et que, en l'absence de paiement spontané de sa part, cette somme sera retenue sur son traitement est une décision susceptible de faire l'objet d'un recours de plein

contentieux, la lettre par laquelle l'administration informe ce même agent qu'il doit rembourser une somme indument payée et que, en l'absence de paiement spontané de sa part, un titre de perception lui sera notifié est, en revanche, une mesure préparatoire de ce titre, qui n'est pas susceptible de recours.

7. Il résulte de l'instruction que par une lettre du 24 novembre 2020, le président de la communauté de communes Touraine Vallée de l'Indre a informé M. B qu'il était redevable de la somme de 1 143,37 euros en raison d'une double perception de l'IEMP et que, comme il ne fait plus partie des effectifs de la collectivité, il sera prochainement rendu destinataire d'un courrier de la trésorerie, lui précisant les modalités de recouvrement de ce trop-perçu. Dans ces conditions, en l'absence de toute possibilité pour la collectivité de procéder à la récupération de sa créance par la voie de la compensation ou de la retenue sur traitement, le courrier du 24 novembre 2020, alors même qu'il ne comporte aucune précision quant aux modalités de cette récupération, doit être regardé comme annonçant l'émission d'un ordre de reversement ou d'un titre de perception à défaut de paiement spontané par le requérant de la somme réclamée par son ex-employeur. Par suite, ce courrier, qui présente le caractère d'une mesure préparatoire, n'était pas susceptible de recours de la part de M. B. Ses conclusions à fin d'annulation ne peuvent, dès lors, ainsi que le soutient la communauté de communes Touraine Vallée de l'Indre aux termes de son mémoire en défense, qu'être rejetées comme irrecevables.

Sur les frais liés au litige :

8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté de communes Touraine Vallée de l'Indre en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la communauté de communes Touraine Vallée de l'Indre.

Copie en sera adressée pour information au directeur départemental des finances publiques d'Indre-et-Loire.

Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,

Mme Defranc-Dousset, première conseillère,

M. Joos, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.

Le rapporteur,

Emmanuel A

La présidente,

Anne LEFEBVRE-SOPPELSA

La greffière,

Nadine PENNETIER-MOINET

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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