LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2004395

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2004395

jeudi 28 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2004395
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSCP GUILLAUMA PESME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 décembre 2020, Mme D C, représentée par Me Guillauma, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier de l'agglomération montargoise à lui verser une somme totale de 22 106 euros en réparation de ses préjudices, somme augmentée des intérêts moratoires à compter de la réception de la demande préalable dont elle a saisi le centre hospitalier le 24 avril 2020 ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de l'agglomération montargoise la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et de le condamner aux entiers dépens.

Elle soutient que :

- la responsabilité du centre hospitalier de l'agglomération montargoise doit être engagée pour faute aux motifs de manquements commis au cours de l'intervention chirurgicale pour hystérectomie qu'elle a subie dans cet établissement le 6 octobre 2015 ainsi que d'un défaut d'information préalable à cette intervention et d'un défaut de surveillance, caractérisé par l'absence de réalisation des bilans nécessaires au cours de son hospitalisation du 15 au 20 octobre 2015 en urologie, ayant entraîné un retard de diagnostic et de traitement d'une anémie et d'infections urinaires ;

- s'agissant des préjudices subis, elle doit être indemnisée des sommes de 1 631,60 euros au titre des dépenses qu'elle a engagées pour frais médicaux, dispositifs de protection urinaire, déplacements, dépassements d'honoraires non couverts par l'assurance maladie, de 3 475 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire, de 5 000 euros au titre de son préjudice sexuel et de celui de son compagnon, de 4 000 euros au titre des souffrances endurées, de 1 000 euros au titre de son préjudice esthétique permanent, de 6 000 euros au titre de son préjudice d'agrément et de 1 000 euros au titre de son préjudice moral.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2022, le centre hospitalier de l'agglomération montargoise, représenté par Me Derec, conclut à la limitation de l'indemnisation des préjudices subis à hauteur de la somme de 7 085 euros, à la limitation des frais éventuellement dus sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à 1 500 euros et au rejet des autres demandes de Mme C.

Il fait valoir que :

- les frais divers dont il est demandé l'indemnisation ne sont pas attestés par des justificatifs ;

- le déficit fonctionnel temporaire ne peut être indemnisé qu'à hauteur de 15 euros par jour, pour une durée totale de 139 jours ;

- le préjudice sexuel est déjà indemnisé dans le cadre de la prise en considération du déficit fonctionnel temporaire ;

- le préjudice d'agrément n'est pas attesté ;

- le préjudice moral ne peut être justifié par un défaut d'information sur l'identité du chirurgien préalablement à la réalisation de l'intervention.

La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher qui n'a pas produit de mémoire.

La requête a été communiquée au rectorat de l'académie d'Orléans-Tours qui n'a pas produit de mémoire.

Vu :

- l'ordonnance du 24 mai 2018 par laquelle la présidente du tribunal administratif a ordonné une expertise et désigné, en qualité d'expert, le docteur A B ;

- l'ordonnance du 4 février 2019 par laquelle la présidente du tribunal administratif a liquidé et taxé à la somme de 2 340 euros TTC les frais et honoraires de l'expertise confiée au docteur B ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code civil ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bernard ;

- les conclusions de M. Gauthier, rapporteur public ;

- et les observations de Me Gasner, substituant Me Guillauma, représentant Mme C et de Me Derec, représentant le centre hospitalier de l'agglomération montargoise.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D C, alors âgée de cinquante et un ans, a été opérée, sur adressage de son médecin gynécologue, au centre hospitalier de l'agglomération montargoise le 23 juin 2015 et a subi une annexectomie en raison de la présence d'un kyste sur l'ovaire gauche. Une analyse ayant conduit à diagnostiquer que le kyste était une tumeur de la granulosa, une nouvelle intervention a été réalisée le 6 octobre 2015, au cours de laquelle Mme C a subi une hystérectomie totale et une omentectomie. Mme C souffrant de douleurs rénales post-opératoires et de fuites urinaires importantes, une cytoscopie a été réalisée le 12 octobre 2015. Celle-ci a révélé des points de suture au niveau de l'urètre droit et a conduit à la pose d'une sonde vésicale. Une réimplantation urétéro-vésicale a été tentée sans succès le 16 octobre 2015, au cours d'une nouvelle intervention, à la suite de laquelle Mme C a été hospitalisée en urologie, également au centre hospitalier de l'agglomération montargoise jusqu'au 20 octobre 2015. Elle a ensuite consulté un médecin généraliste, qui l'a adressée à une clinique d'Auxerre et une nouvelle intervention a eu lieu le 1er décembre 2015 pour réparation d'une fistule vésico-vaginale. Face à la persistance des infections urinaires, des douleurs et des pertes urinaires importantes, une dernière intervention a enfin été réalisée à l'hôpital Foch de Suresnes, à l'issue de laquelle les séquelles des précédentes interventions ont été résolues.

2. Le 24 avril 2020, Mme C a adressé une demande préalable d'indemnisation au centre hospitalier de l'agglomération montargoise, reçue le 4 mai 2020 par l'établissement et qui a été rejetée implicitement le 4 juillet 2020. Elle faisait suite à une première demande préalable d'indemnisation du 14 décembre 2016, rejetée par une décision du 25 avril 2017, qui ne précisait toutefois pas les délais et voies de recours. L'assureur de Mme C, la Filia MAIF, a sollicité une première expertise médicale, dont le rapport a été rendu le 8 avril 2016. Le juge des référés du présent tribunal a ordonné une seconde expertise le 24 mai 2018 et l'expert désigné a rendu son rapport le 10 novembre 2018. Par sa requête, Mme C demande au tribunal d'engager la responsabilité du centre hospitalier de l'agglomération montargoise pour les manquements constatés au cours de l'intervention chirurgicale du 6 octobre 2015 et au cours de son hospitalisation du 15 au 20 octobre 2020 et l'indemnisation de ses préjudices.

Sur la responsabilité pour faute du centre hospitalier de l'agglomération montargoise :

3. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".

En ce qui concerne la prise en charge médicale :

4. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du docteur B désigné par le juge des référés du tribunal, que la réalisation d'une hystérectomie était indiquée dans le cadre d'un diagnostic de tumeur de la granulosa. Celle-ci a été réalisée le 6 octobre 2015 au centre hospitalier de l'agglomération montargoise. Toutefois, tant cet expert que celui précédemment désigné par l'assureur de la requérante s'accordent sur le fait que ce type d'intervention nécessite le repérage per-opératoire des uretères, afin de prévenir les sutures pouvant être provoquées par des brûlures lors de l'hémostase et de réparer les éventuelles plaies survenues au décours de l'intervention. Il résulte de l'instruction que ce repérage n'a pas été pratiqué lors de l'intervention concernée, ce qui constitue un manquement aux règles de l'art. Or, Mme C a subi, au cours de cette intervention, une lésion de l'uretère droit, qui n'a été constatée que lors de l'intervention suivante, pratiquée le 16 octobre 2015 par un chirurgien urologue du centre hospitalier de l'agglomération montargoise, l'existence d'une fistule vésico-annale n'ayant, quant à elle, été révélée que le 22 octobre 2015 à la suite de la prescription d'examens complémentaires par le médecin généraliste de l'intéressée. Ces complications ont nécessité trois interventions, postérieurement à celle du 6 octobre 2015, ayant consisté en la réimplantation de l'uretère droit, en la pose successives de sondes, ainsi qu'en deux cures de fistule, la première réalisée à la clinique Sainte-Marguerite d'Auxerre, où Mme C a été hospitalisée du 30 novembre au 3 décembre 2015 et la seconde, à l'hôpital Foch de Suresnes, qui a cette fois permis de réparer totalement les séquelles. Il résulte également de l'instruction, et notamment des deux rapports d'expertise, que la surveillance de l'état de Mme C a révélé certains manquements au cours de son hospitalisation en urologie, du 15 au 20 octobre 2015, aucun bilan sanguin ou urinaire n'ayant en effet été prescrit. Il s'ensuit que le défaut de repérage des uretères au cours de l'intervention du 6 octobre 2015 et le défaut de surveillance post-opératoire ayant retardé le diagnostic d'anémie et provoqué des infections urinaires constatées en sortie d'hospitalisation, constituent des manquements fautifs au titre desquels la responsabilité du centre hospitalier de l'agglomération montargoise doit être engagée.

En ce qui concerne le défaut d'information :

5. L'article L. 1111-2 du code de la santé publique prévoit que toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé et que cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus.

6. La requérante soutient qu'ayant été satisfaite de la première intervention pour annexectomie bilatérale pratiquée au centre hospitalier de l'agglomération montargoise, le 23 juin 2015, le fait pour cet établissement de ne pas l'avoir informée que l'opération du 6 octobre 2015 serait réalisée par un autre chirurgien, constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'hôpital. Cette absence d'information, préalablement à l'intervention chirurgicale, sur l'identité du médecin qui allait la pratiquer, n'est pas contestée en défense. Toutefois, aucune disposition légale ou réglementaire n'impose d'informer le patient du nom du chirurgien en charge de l'opération. La requérante, qui ne détenait ainsi aucun droit à donner son accord quant au choix de son chirurgien, n'est pas fondée à se prévaloir d'un défaut d'information quant à la participation du praticien qui a réalisé l'intervention, ni à être indemnisée du préjudice moral qu'elle soutient avoir subi en conséquence.

7. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité du centre hospitalier de l'agglomération montargoise ne peut être engagée qu'à raison des fautes tenant, d'une part, au défaut de repérage des uretères au cours de l'hystérectomie pratiquée le 6 octobre 2015 et, d'autre part, aux insuffisances dans la surveillance post-opératoire réalisée au cours de l'hospitalisation de la requérante du 15 au 20 octobre 2015.

Sur la fraction du préjudice indemnisable :

8. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

9. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, le défaut de repérage des uretères au cours de l'hystérectomie pratiquée le 6 octobre 2015 est responsable des préjudices subis par Mme C. Il résulte de l'instruction, et en particulier des deux rapports d'expertise, que cette faute a conduit à la lésion de l'uretère droit et à l'apparition d'une fistule vésico-vaginale à l'origine des douleurs et des troubles urinaires, ayant nécessité deux autres interventions chirurgicales. Par suite, il y a lieu de retenir que le dommage subi par la requérante est directement et entièrement en lien avec la faute commise au cours de l'intervention chirurgicale du 6 octobre 2015 et qu'il y a lieu, dès lors, de mettre à la charge du centre hospitalier de l'agglomération montargoise la réparation de l'entier dommage subi par l'intéressée.

Sur l'indemnisation des préjudices de Mme C :

10. Il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise du docteur B, que la date de consolidation de l'état de santé de la requérante a été fixée au 31 mai 2016.

En ce qui concerne les préjudices temporaires :

S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :

Quant aux dépenses de santé :

11. En application des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, le juge saisi d'un recours de la victime d'un dommage corporel et du recours subrogatoire d'un organisme de sécurité sociale doit, pour chacun des postes de préjudices, déterminer le montant du préjudice en précisant la part qui a été réparée par des prestations de sécurité sociale et celle qui est demeurée à la charge de la victime. Il lui appartient ensuite de fixer l'indemnité mise à la charge de l'auteur du dommage au titre du poste de préjudice en tenant compte, s'il a été décidé, du partage de responsabilité avec la victime ou, le cas échéant, de ce que cette responsabilité n'est engagée que dans la limite d'une perte de chance pour la victime d'obtenir une amélioration ou d'éviter une aggravation de son état. Le juge doit allouer cette indemnité à la victime dans la limite de la part du poste de préjudice qui n'a pas été réparée par des prestations, le solde, s'il existe, étant alloué à l'organisme de sécurité sociale.

12. Si Mme C demande le remboursement des protections qu'elle a dû porter en conséquence des pertes urinaires importantes qu'elle a subies, elle ne produit toutefois aucun justificatif de ces dépenses, alors que cela lui a été opposé en défense.

13. Par ailleurs, la requérante ne peut être indemnisée des autres frais médicaux qu'elle évoque sous le libellé de " dépenses de pharmacie ", dont la formulation est imprécise et qui ne sont pas non plus attestés par des factures.

14. Dans ces circonstances, Mme C ne peut être indemnisée des dépenses de santé qu'elle soutient avoir supportées.

Quant aux frais divers :

15. Il résulte de l'instruction, et notamment des deux rapports d'experts, que tant l'intervention pratiquée à la clinique Sainte-Marguerite d'Auxerre que celle réalisée à l'hôpital Foch de Suresnes ont été rendues nécessaires par les manquements constatés lors de l'intervention du 6 octobre 2015. Si Mme C demande à être indemnisée du coût de ses déplacements vers ces établissements ainsi que des dépassements d'honoraires de consultation qu'elle a dû prendre en charge, elle n'apporte aucun justificatif pour justifier tant de la nature que du montant des dépenses qu'elle invoque, alors que cela lui est opposé en défense. Aucune somme ne peut, par suite, lui être accordée à ce titre.

S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux temporaires :

16. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du docteur B, que Mme C a présenté un déficit fonctionnel temporaire total du 1er novembre 2015 au 31 mai 2016, soit pendant cent-trente-neuf jours, à l'exclusion de la période du 2 janvier au 15 mars 2016, où l'intéressée a présenté un déficit fonctionnel partiel à 50 %. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en accordant à Mme C une somme de 2 000 euros.

17. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que les conséquences de la faute commise au cours de l'hystérectomie ont rendu les rapports sexuels impossibles, jusqu'à la date de consolidation. Il sera fait une juste appréciation du préjudice sexuel subi par la requérante en lui accordant une somme de 1 000 euros.

18. En dernier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment des rapports d'expertise, que la faute commise au cours de l'hystérectomie pratiquée le 6 octobre 2015 a été à l'origine des souffrances ressenties par la requérante du fait des trois interventions chirurgicales qui s'en sont suivies, ainsi que de la réparation de la fistule par prélèvement de lambeau sur la grande lèvre, et des infections urinaires successives. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées jusqu'à la date de consolidation, lesquelles ont été évaluées par les experts à 3 sur une échelle de 7, en accordant à Mme C à ce titre la somme de 4 000 euros.

En ce qui concerne les préjudices permanents :

19. Les cicatrices constatées par les deux experts, et qui sont la conséquence des trois interventions chirurgicales consécutives à celle du 6 octobre 2015, notamment de la deuxième cure de fistule qui a créé une cicatrice de quinze centimètres dans la région inguinale droite, représentent un préjudice esthétique permanent qu'il y a lieu d'indemniser à hauteur de 1 000 euros.

20. En revanche, si Mme C soutient qu'avant l'intervention du 6 octobre 2015, elle pratiquait une activité sportive régulière, en l'occurrence la course à pied, elle n'apporte pas d'éléments probants pour en attester. Par suite, aucune indemnisation ne peut lui être allouée au titre du préjudice d'agrément.

21. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de l'agglomération montargoise la somme totale de 8 000 euros en réparation de l'ensemble des préjudices subis par Mme C.

Sur les intérêts :

22. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1153 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.

23. Mme C est fondée à demander le versement des intérêts au taux légal sur les sommes qui lui sont allouées par le présent jugement à compter de la date de réception par le centre hospitalier de l'agglomération montargoise de sa réclamation préalable, soit le 4 mai 2020.

Sur les frais d'expertise :

24. Il y a lieu de mettre à la charge définitive du centre hospitalier de l'agglomération montargoise les frais d'expertise liquidés et taxés à la somme de 2 340 euros par une ordonnance de la présidente du tribunal du 4 février 2019.

Sur les frais de justice :

25. Il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de l'agglomération montargoise une somme de 1 500 euros à verser à Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier de l'agglomération montargoise est condamné à verser à Mme C une somme de 8 000 euros au titre de l'indemnisation de ses préjudices. Cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 4 mai 2020.

Article 2 : Les frais et honoraires de l'expertise qui ont été taxés et liquidés à la somme de 2 340 euros par ordonnance de la présidente du tribunal sont mis à la charge du centre hospitalier de l'agglomération montargoise.

Article 3 : Le centre hospitalier de l'agglomération montargoise versera une somme de 1 500 euros à Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, au centre hospitalier de l'agglomération montargoise, à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera adressée à l'expert.

Délibéré après l'audience du 14 mars 2024 à laquelle siégeaient :

Mme Rouault-Chalier, présidente,

Mme Palis De Koninck, première conseillère,

Mme Bernard, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.

La rapporteure,

Pauline BERNARD

La présidente,

Patricia ROUAULT-CHALIER

La greffière,

A BRAUD

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions