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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2004549

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2004549

jeudi 13 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2004549
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELARL KIHL-DRIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 décembre 2020, Mme C B, représentée par la SELARL Kihl-Drié, avocats, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2014 et 2015 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la procédure a été irrégulière dès lors qu'elle n'a pas reçu les demandes d'information de l'administration qui lui ont été transmises sur une adresse de messagerie qu'elle a pourtant signalée comme non valide ;

- les gains de levée d'option ont déjà été imposés dans la catégorie des traitements et salaires ;

- l'administration a confondu les notions de gain d'acquisition et de gain de cession et l'ensemble des cessions a donné lieu à des moins-values ;

- l'absence d'imposition des plus-values a été reconnue par l'administration au titre des années 2011, 2012, 2013 et 2016 ;

- l'administration n'a pas tenu compte de l'attestation de prêt immobilier justifiant la déduction des intérêts d'emprunt.

Par un mémoire enregistré le 25 juin 2021, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Le Toullec,

- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B et M. A ont fait l'objet d'un contrôle sur pièces concernant leur dossier personnel au titre des années 2014 et 2015, années pendant lesquelles ils étaient liés par un pacte civil de solidarité. Par deux propositions de rectification du 18 décembre 2017, adressées séparément à Mme B et à M. A, l'administration a, d'une part, imposé, au titre des plus-values de cessions de valeurs mobilières, les cessions réalisées par Mme B d'un montant de 20 940 euros en 2014 et 42 107 euros en 2015, et, d'autre part, remis en cause un crédit d'impôt de 1 700 euros, au titre des intérêts d'un emprunt contracté pour l'acquisition d'une résidence principale, au titre de l'année 2014. Mme B a présenté des observations par courriers des 27 février et 1er mars 2018. L'administration, dans sa réponse à ces observations, a procédé à une diminution du montant des rehaussements relatifs aux plus-values de cessions mobilières, au titre de l'année 2014, après avoir modifié partiellement le régime et les modalités de calcul des impositions en cause, et maintenu les autres rectifications. Les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 30 septembre 2019 pour un montant de 12 392 euros au titre de l'année 2014 et de 27 171 euros au titre de l'année 2015. Mme B a contesté ces impositions à plusieurs reprises, et en dernier lieu, le 30 septembre 2020. Par une décision du 23 octobre 2020, l'administration a rejeté sa réclamation. Mme B demande la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie aux titres des années 2014 et 2015.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. Il résulte de l'instruction, notamment de la proposition de rectification du 18 décembre 2017, que le service a adressé à Mme B une première demande de renseignements par lettre du 7 novembre 2016, puis, après l'avoir reçue le 9 janvier 2017 lors d'un entretien au cours duquel elle a fourni la copie des bulletins de salaires des années 2014 et 2015, une demande de renseignements complémentaires par lettre du 9 janvier 2017. Par ailleurs, un mail de rappel de cette seconde demande lui a été envoyé le 8 mars 2017, mail dont il a été accusé réception. La circonstance, invoquée par la requérante, au demeurant non établie, qu'elle a signalé au service que l'adresse de messagerie n'était pas valide, n'est pas nature à rendre la procédure d'imposition irrégulière.

Sur le bien-fondé des impositions :

En ce qui concerne l'imposition des plus-values de cessions de valeurs mobilières :

3. D'une part, aux termes de l'article 150-0 A du code général des impôts : " I. - 1. Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices non commerciaux et aux bénéfices agricoles ainsi que des articles 150 UB et 150 UC, les gains nets retirés des cessions à titre onéreux, effectuées directement, par personne interposée ou par l'intermédiaire d'une fiducie, de valeurs mobilières, de droits sociaux, de titres mentionnés au 1° de l'article 118 et aux 6° et 7° de l'article 120, de droits portant sur ces valeurs, droits ou titres ou de titres représentatifs des mêmes valeurs, droits ou titres, sont soumis à l'impôt sur le revenu () ".

4. D'autre part, aux termes de l'article 80 bis du code général des impôts, dans sa version applicable aux options sur titres et actions gratuites attribuées avant le 28 septembre 2012 : " I. L'avantage correspondant à la différence entre la valeur réelle de l'action à la date de levée d'une option accordée dans les conditions prévues aux articles L. 225-177 à L. 225-186 du code de commerce, et le prix de souscription ou d'achat de cette action constitue pour le bénéficiaire un complément de salaire imposable dans les conditions prévues au II de l'article 163 bis C () ". Aux termes de l'article 80 quaterdecies, dans sa version applicable aux options sur titres et actions gratuites attribuées avant le 28 septembre 2012 : " I. - Les actions attribuées dans les conditions définies aux articles L. 225-197-1 à L. 225-197-3 du code de commerce sont imposées entre les mains de l'attributaire selon les modalités prévues au 6 bis de l'article 200 A lorsque les actions attribuées demeurent indisponibles sans être données en location pendant une période minimale de deux ans qui court à compter de leur attribution définitive () ". Aux termes de l'article 163 bis C alors applicable : " I. L'avantage défini à l'article 80 bis est imposé lors de la cession des titres dans les conditions prévues au 6 de l'article 200 A si les actions acquises revêtent la forme nominative et demeurent indisponibles sans être données en location, suivant des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat, jusqu'à l'achèvement d'une période de quatre années à compter de la date d'attribution de l'option () ". Aux termes de l'article 200 A applicable au litige : " () / 6. Sauf option du bénéficiaire pour l'imposition à l'impôt sur le revenu suivant les règles applicables aux traitements et salaires, l'avantage mentionné au I de l'article 163 bis C, le cas échéant diminué du montant mentionné au II de l'article 80 bis imposé selon les règles applicables aux traitements et salaires, est imposé au taux de 30 % à concurrence de la fraction annuelle qui n'excède pas 152 500 € et de 41 % au-delà % () / 6 bis. Sauf option pour l'imposition à l'impôt sur le revenu selon les règles applicables aux traitements et salaires, l'avantage correspondant à la valeur à leur date d'acquisition des actions mentionnées à l'article 80 quaterdecies est imposé au taux de 30 % () ".

5. Il résulte de l'instruction que le service a été informé par l'établissement bancaire Caceis Corporate Trust que Mme B avait réalisé des cessions de valeurs mobilières d'un montant de 20 940 euros en 2014 et 42 107 euros en 2015.

6. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, par courrier du 1er mars 2018, Mme B, dans le cadre de ses observations en réponse à la proposition de rectification du 18 décembre 2017, a précisé qu'elle avait bénéficié de différents plans de stock-options, les 16 octobre 2007, 11 février 2008, 10 février 2009 et 10 février 2010 et produit la déclaration récapitulative des opérations sur valeurs mobilières et revenus de capitaux mobiliers la concernant établie par Caceis Corporate Trust au titre de l'année 2014. Il ressort de cette déclaration, produite devant le juge par l'administration, que la requérante a procédé en 2014 à une cession de valeurs mobilières d'un montant de 20 940 euros, qui a généré des plus-values d'acquisition issues de levées d'options d'un montant de 9 146 euros, des plus-values d'acquisition issues d'attributions gratuites d'actions d'un montant de 2 964 euros, des moins-values de cessions de valeurs mobilières issues de stock-options avant abattement pour durée de détention d'un montant de 45 euros et des plus-values de valeurs mobilières issues d'attributions gratuites d'actions avant abattement pour durée de détention d'un montant de 2 505 euros. Le service a, dans sa réponse du 20 mai 2019 aux observations du contribuable, pris en compte ces différents gains, en leur appliquant les articles 80 bis et 80 quaterdecies du code général des impôts, et modifié en conséquence l'imposition initiale issue de la proposition de rectification, alors calculée, en l'absence de justificatifs, à partir de la somme de 20 940 euros correspond au montant total des cessions de valeurs mobilières réalisées en 2014, sur le fondement de l'article 150-0 A du même code. Les impositions sur le revenu relatives aux cessions de valeurs mobilières ont ainsi été établies à 12 392 euros au lieu de 16 184 euros.

7. La requérante soutient que les gains de levées d'options ont déjà été imposés dans la catégorie des traitements et salaires, comme en attestent ses bulletins de salaire. Toutefois, elle n'apporte à l'appui de son moyen aucune pièce justificative et, notamment, aucun bulletin de salaire. Le service a précisé, dans sa réponse aux observations des contribuables, que figurait sur le bulletin de salaire du mois de janvier 2014 une seule plus-value d'acquisition de 1 252 euros, dénommée " PLUS VALUE ACQUIS " et a fait observer que ce montant figurait à la fois dans la partie " Rémunération brute " et dans la rubrique " Autres retenues " de sorte que cette somme n'avait pas été payée. Il a ajouté qu'elle n'apparaissait pas non plus dans le net imposable de l'employeur. La requérante n'apporte aucune pièce permettant de remettre en cause ces éléments. Elle n'est dès lors pas fondée à soutenir que les gains de levées d'options ont été déclarés dans le net imposable de ses salaires en 2014 et 2015. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction et notamment des sommes mentionnées dans la déclaration récapitulative des opérations sur valeurs mobilières et revenus de capitaux mobiliers la concernant établie par Caceis Corporate Trust au titre de l'année 2014 que l'ensemble des cessions a donné lieu à des moins-values.

8. En second lieu, la circonstance que l'absence d'imposition des plus-values a été reconnue par l'administration au titre des années 2011, 2012, 2013 et 2016 est sans incidence sur le bien-fondé des impositions en litige dès lors que la requérante n'établit pas qu'elle se trouvait, pour les années 2014 et 2015, dans la même situation de fait.

9. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'administration ne pouvait imposer, comme elle l'a fait, les plus-values qu'elle a réalisées en 2014 et 2015.

En ce qui concerne la remise en cause du crédit d'impôt :

10. Il résulte de l'instruction que Mme B et M. A ont bénéficié d'un crédit d'impôt d'un montant de 1 700 euros, après avoir déclaré au titre de l'année 2014 un montant de 18 565 euros au titre des intérêts de l'emprunt contracté pour l'acquisition de leur résidence principale - achetée le 4 juillet 2007. Le service a remis en cause ce crédit d'impôt faute de justificatif de la part des contribuables. La requérante se borne à soutenir que l'administration n'a pas tenu compte de l'attestation de prêt immobilier justifiant la déduction des intérêts d'emprunt qu'elle lui a fournie. Toutefois, elle ne produit pas devant le juge l'attestation précitée. Par ailleurs, le service a indiqué, sans être contredit, que ces intérêts avaient été portés en crédit d'impôt pour la première fois lors des impositions respectives sur les revenus de l'année 2007 de Mme B et de M. A et qu'ils n'ouvraient droit à crédit d'impôt que jusqu'au 3 juillet 2012. L'administration précise, dans son mémoire en défense, sans être contredite, que les contribuables avaient fourni, à l'appui de leurs observations du 27 février 2018, l'extrait d'un tableau d'amortissement pour un prêt immobilier intitulé " tableau d'amortissement définitif au 26 mars 2015 suite à renégociation du taux ", signé le 17 avril 2015, mentionnant des annuités courant du 3 avril 2019 au 3 novembre 2027 mais ne mentionnant aucun montant d'intérêts d'emprunt pour l'année 2014. Par suite, en l'absence de toute justification établissant que les intérêts déduits en 2014 répondaient aux conditions de déductibilité de l'article 200 quaterdecies du code général des impôts, l'administration était fondée à remettre en cause le crédit d'impôts de 1 700 euros au titre de l'année 2014.

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Le requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la directrice régionale des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2020, à laquelle siégeaient :

M. Dorlencourt, président,

Mme Le Toullec, première conseillère,

M. Lardennois, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.

La rapporteure,

Hélène LE TOULLEC

Le président,

Frédéric DORLENCOURT

La greffière,

Isabelle METEAU

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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