LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2004726

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2004726

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2004726
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP IMAGINE BROSSOLETTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 décembre 2020 et le 5 mai 2021, M. et Mme F et C D, représentés par Me Cruchaudet, demandent au tribunal :

1°) à titre principal, d'enjoindre à la commune de Beauche, sous astreinte, de réaliser les travaux prescrits par l'expertise judiciaire pour le rétablissement de leur aisance de voirie, à titre subsidiaire, de mettre à la charge de la commune de Beauche le versement de la somme de 11 385 euros pour le déplacement du portail de leur propriété ;

2°) de condamner la commune de Beauche au paiement de la somme de 10 000 euros en réparation du trouble de jouissance de leur véhicule camping-car ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Beauche les dépens de l'instance et la somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les travaux que la commune a fait entreprendre du 23 avril au 11 octobre 2019 sur la place du monument aux morts, qui se situe en face de leur résidence, ainsi que dans la rue de Saint Martin, ne permettent plus, en raison du rétrécissement de la chaussée et de l'absence de " bateau " au droit de leur maison, de garer leur camping-car dans la propriété ;

- le maintien de l'aisance de voirie qu'ils possédaient par le passé pour l'ensemble de leurs véhicules, par la simple réalisation de deux bateaux qui leur permettraient de manœuvrer devrait être rétabli ;

- la surélévation du terrain communal de 60 à 80 centimètres est illégale et dangereuse, la constitution de ce remblai portant un préjudice certain dans la jouissance de leur propriété ;

- le trottoir qui a été créé en face de l'entrée de leur propriété n'était pas obligatoire ;

- leur véhicule est désormais stationné à cinquante kilomètres de leur propriété ;

- le contentieux est lié en cours d'instance ;

- la circulation des personnes à mobilité réduite ne fait pas obstacle à la pose d'un bateau au droit de leur portail.

Par des mémoires enregistrés le 26 mars 2021 et le 28 mai 2021, la commune de Beauche, représentée par Me Monti, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens de l'instance.

Elle soutient que :

- les travaux de pose de béton désactivé et de rénovation du réseau d'évacuation des eaux pluviales répondent à des exigences de sécurité routière et le rétrécissement de la voie a notamment pour objet la circulation des personnes à mobilité réduite ; la largeur de la chaussée (4,95 m) excède la limite règlementaire (4 m) ; la manœuvre réalisée jusqu'alors par les requérants était dangereuse ;

- la requête est irrecevable, la demande indemnitaire ne pouvant être adressée au conseil de l'administration ;

- les solutions préconisées par l'expert sont contraires à l'intérêt général ;

- le trouble de jouissance allégué n'est pas établi, des places de stationnement étant disponibles à 200 mètres de l'habitation, près du cimetière et de la salle des fêtes ;

- le bateau au droit du portail des requérants existe déjà.

Vu :

- l'ordonnance du président du tribunal administratif du 16 décembre 2019 désignant M. A B, architecte, en qualité d'expert ;

- le rapport d'expertise déposé le 17 juillet 2020 ;

- l'ordonnance du président du tribunal administratif du 21 septembre 2020, liquidant les frais de l'expertise à la somme de 2 922,35 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. E,

- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,

- et les observations de Me Cruchaudet, représentant M. et Mme D, et G, représentant la commune de Beauche.

Considérant ce qui suit :

1. Il résulte de l'instruction que M. et Mme D sont propriétaires d'une maison à usage d'habitation principale située 2 rue de Saint Martin à Beauche (28270). Les requérants possèdent un camping-car qu'ils pouvaient stationner sur leur propriété, la rue étant suffisamment large pour leur permettre d'effectuer les manœuvres nécessaires au stationnement du véhicule au droit de la maison. La commune de Beauche a fait entreprendre des travaux publics du 23 avril au 11 octobre 2019 sur la place du monument aux morts, qui se situe en face de la résidence des requérants, ainsi que dans la rue de Saint Martin. A l'issue des travaux, les requérants ont pu constater l'impossibilité de réaliser la manœuvre de recul de leur camping-car, en raison du rétrécissement de la chaussée après les travaux ainsi que de l'absence d'un abaissement du trottoir réalisé en face de leur domicile et devant leur porte d'entrée. Les requérants soutiennent que leur réclamation préalable, présentée auprès de l'avocat de la commune, a été implicitement rejetée.

2. Le maître d'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages, qui doivent revêtir un caractère anormal et spécial pour ouvrir droit à réparation, résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ne sont pas susceptibles d'ouvrir droit à indemnité les préjudices qui n'excèdent pas les sujétions susceptibles d'être normalement imposées, dans l'intérêt général, aux riverains des ouvrages publics.

3. D'une part, il résulte de l'instruction, contrairement aux allégations des requérants, que les travaux réalisés pour la commune de Beauche, maître d'ouvrage, répondent à la nécessité impérieuse de réduire la vitesse de la circulation routière à l'intérieur de l'agglomération, d'ailleurs dénoncée par M. et Mme D dès l'année 2009. Il résulte également de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que ces travaux ont également eu pour objet d'améliorer la circulation des piétons, et notamment des personnes à mobilité réduite en centre-ville, par l'aménagement de trottoirs sur des portions de la voie qui en étaient dépourvues. Il résulte enfin de l'instruction que la largeur de la voie publique rue Saint-Martin (4 m 95) est suffisante pour permettre l'aménagement de deux sens de circulation. Dans ces conditions, les travaux doivent être regardés comme répondant à un impératif d'intérêt général.

4. Il résulte de l'instruction, d'autre part, que l'aménagement de la rue Saint-Martin résultant des travaux publics n'a pas privé les requérants de la possibilité de garer leur véhicule personnel dans leur propriété et n'a dès lors pas eu pour effet de supprimer une " aisance de voirie ". Il n'est pas soutenu ni même allégué que M. et Mme D auraient un usage quotidien de leur camping-car. La commune de Beauche soutient également, sans être contredite sur ce point, que les requérants disposent de places de stationnement pour leur véhicule de loisir à deux cents mètres de l'habitation.

5. Il résulte dès lors de l'instruction que le désagrément causé aux requérants ne peut être regardé comme revêtant un caractère excédant les sujétions pouvant normalement être imposées aux riverains des voies publiques. Ce désagrément n'est pas de nature à ce qu'il soit fait droit aux conclusions tendant au rétablissement de l'accès du camping-car dans la propriété. Il ne peut davantage être à l'origine d'un préjudice indemnisable. Au demeurant, il résulte de l'instruction, ainsi que le soutient la commune de Beauche, que les manœuvres réalisées avant les travaux pour ranger le camping-car présentaient un caractère dangereux. Il suit de là que les conclusions à fin d'injonction et d'indemnisation présentées par M. et Mme D doivent être rejetées, sans qu'il y ait lieu de statuer sur leur recevabilité.

Sur la charge définitive les frais d'expertise :

6. Il y a lieu de mettre les frais de l'expertise, liquidés à la somme de 2 922,35 euros par ordonnance du 21 septembre 2020, à la charge définitive de M. et Mme D.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et sur les dépens de l'instance :

7. Les dispositions de l'article L. 761 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Beauche, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande les requérants. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. et Mme D une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. et Mme D est rejetée.

Article 2 : Les frais de l'expertise, liquidés à la somme de 2 922,35 euros par ordonnance du 21 septembre 2020, sont mis à la charge définitive de M. et Mme D.

Article 3 : M. et Mme D verseront à la commune de Beauche la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme F et C D et à la commune de Beauche.

Délibéré après l'audience du 20 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M.Delamarre, présidente,

M. Jaosidy, premier conseiller,

Mme Bertrand, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.

Le rapporteur,

Jean-Luc E

La présidente,

Anne-Laure DELAMARRELa greffière

Aurore MARTIN

La République mande et ordonne à la préfète d'Eure-et-Loir, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions