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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2100162

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2100162

jeudi 11 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2100162
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantLEDUC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 janvier 2021 et 25 septembre 2023, M. B E et Mme C E, représentés par Me Leduc, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier de Chartres à verser à M. E la somme totale de 39 530,50 euros en réparation de ses préjudices en lien avec les suites de la prise en charge dont il a bénéficié du 18 au 25 octobre 2018 au sein de cet établissement ;

2°) de condamner le centre hospitalier de Chartres à verser à Mme E la somme de 5 000 euros en réparation de son préjudice sexuel ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Chartres la somme de 5 000 euros chacun en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le centre hospitalier de Chartres a commis plusieurs fautes de nature à engager sa responsabilité qui ont généré un retard de diagnostic, aggravé les symptômes d'une hypotension intracrânienne compliquée d'une thrombophlébite cérébrale, retardé sa prise en charge et nécessité une seconde hospitalisation du 10 au 20 novembre 2018 ;

- l'établissement a également méconnu son obligation d'information ;

- s'agissant des préjudices de M. E imputables aux fautes du centre hospitalier de Chartres, cet établissement devra être condamné à lui verser les sommes de 280,50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire partiel, de 250 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire partiel total, de 4 000 euros au titre des souffrances endurées, de 3 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, de 3 000 euros au titre du préjudice d'agrément, de 15 000 euros au titre du préjudice sexuel, de 5 000 euros au titre du préjudice d'angoisse, de 4 000 euros au titre du préjudice financier et de 5 000 euros au titre du défaut d'information ;

- s'agissant des préjudices de Mme E, le centre hospitalier de Chartres devra être condamné à lui verser la somme totale de 5 000 euros au titre du préjudice sexuel.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2023, le centre hospitalier de Chartres, représenté par Me Derec, conclut au rejet de la requête de M. et Mme E et des demandes de la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher et, à titre subsidiaire, à la limitation du montant de l'indemnisation accordée ainsi qu'à la limitation à la somme de 1 200 euros du montant alloué à M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au rejet des demandes à ce titre de Mme E et de la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher.

Il soutient que :

- sa responsabilité ne peut être engagée en l'absence de faute dans la prise en charge de M. E ;

- si sa responsabilité est engagée, les préjudices imputables ne peuvent être constitués que de ceux qui ne sont pas liés à la pathologie initiale de M. E à savoir, d'une part, le déficit fonctionnel temporaire supplémentaire lié à la seconde hospitalisation du 10 au 20 novembre 2018 et aux examens complémentaires réalisés face à l'aggravation des symptômes, évalués à 500 euros et, d'autre part, le préjudice lié aux souffrances endurées estimées à 2,5/7 et évalué à 28,60 euros ;

- les demandes relatives aux préjudices liés à la pathologie initiale de M. E doivent être rejetées à savoir, le déficit fonctionnel temporaire partiel lié à cette pathologie, le déficit fonctionnel temporaire total, les souffrances endurées du fait de la pathologie, le préjudice financier, le préjudice résultant du défaut d'information, le préjudice d'agrément, le préjudice d'angoisse et le préjudice sexuel ; et concernant Mme E, le préjudice sexuel ;

- concernant la caisse primaire d'assurance maladie, seules peuvent être satisfaites les demandes relatives à la prise en charge des frais d'hospitalisation du 10 au 20 novembre 2018, les autres frais engagés n'étant pas en lien avec le retard de diagnostic ou n'étant pas démontrés.

Par un mémoire, enregistré le 26 juillet 2021, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Loir-et-Cher, agissant au nom et pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie d'Eure-et-Loir, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier de Chartres à lui verser la somme de 8 036,77 euros en remboursement des prestations prises en charge à la suite du retard de diagnostic dont a été victime M. E ;

2°) de condamner le centre hospitalier de Chartres à lui verser la somme de 1 098 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Chartres la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le centre hospitalier de Chartres a commis une faute de nature à engager sa responsabilité dans la prise en charge de M. E, à l'origine de ses préjudices ;

- cette faute consiste en un retard de diagnostic de l'hypotension intracrânienne dont était atteint l'intéressé, ayant provoqué l'aggravation des symptômes ainsi que la dégradation de son état de santé et nécessité une seconde hospitalisation et retardé son traitement ;

- la CPAM d'Eure-et-Loir a été amenée à prendre en charge, d'une part, les frais d'hospitalisation en lien direct avec le dommage subi par M. E du fait de sa prise en charge au centre hospitalier de Chartres du 10 au 20 novembre 2018, à hauteur de 5 344 euros, les frais médicaux de l'intéressé jusqu'au 1er février 2019 à hauteur de 244,21 euros, ses frais pharmaceutiques du 20 novembre 2018 au 1er février 2019 à hauteur de 214,81 euros, d'autre part, ses pertes de gains professionnels actuels à hauteur de 1 817,94 euros et, enfin, ses dépenses de santé futures à hauteur de 424,81 euros correspondant à la poursuite du traitement jusqu'au 18 janvier 2020.

Vu :

- l'ordonnance du 12 novembre 2019 par laquelle la présidente du tribunal administratif a, dans l'instance en référé n° 1902240, désigné en qualité d'expert, le docteur D A ;

- l'ordonnance du 23 octobre 2020 par laquelle le magistrat désigné du tribunal administratif a liquidé et taxé à la somme de 1 800 euros les frais et honoraires de l'expertise confiée au docteur A ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bernard ;

- les conclusions de M. Gauthier, rapporteur public ;

- et les observations de Me Derec, représentant le centre hospitalier de Chartres.

Considérant ce qui suit :

1. M. B E, né le 20 mai 1979, a ressenti le 17 octobre 2018 des céphalées brutales, en position debout. Le 18 octobre 2018 au matin, du fait de l'aggravation des symptômes et d'une sensation de malaise général, il a appelé le SAMU qui l'a conduit au centre hospitalier Louis-Pasteur de Chartres où il a été hospitalisé, d'abord dans l'unité d'hospitalisation de courte durée, puis dans le service de neurologie, du 18 au 25 octobre 2018. Au cours de cette première hospitalisation, divers examens ont été réalisés, notamment plusieurs examens d'imagerie successifs consistant en deux scanners, un angio-scanner, une IRM et une angiographie par résonnance magnétique, qui n'ont pas révélé d'hémorragie méningée, ni de thrombophlébite cérébrale, ni de malformation vasculaire. Un examen neurologique a été réalisé dès l'hospitalisation aux urgences, qui n'a pas non plus révélé d'anomalie et un avis ORL a été recueilli depuis le service de neurologie. Enfin, l'avis sollicité auprès des médecins infectiologues a conduit à réaliser deux ponctions lombaires, d'abord aux urgences puis dans le service de neurologie, en vue d'éliminer l'hypothèse d'une méningite virale ou bactérienne. Le 25 octobre 2018, les hypothèses diagnostiques principales ayant été écartées, dont celle de la méningite bactérienne, M. E est retourné à son domicile, sans diagnostic certain et avec un traitement symptomatologique contre les céphalées. Devant l'aggravation de ses symptômes, M. E souffrant de céphalées, de nausées, de vertiges et ne pouvant se tenir debout, il a été de nouveau hospitalisé, le 10 novembre 2018, dans le service de neurologie du centre hospitalier de Chartres. Des examens complémentaires ont alors été réalisés, dont une IRM le 13 novembre 2018, aboutissant à de nouveaux constats qui ont conduit les neurologues du centre hospitalier de Chartres à solliciter un avis spécialisé auprès de l'hôpital Sainte-Anne de Paris. Le diagnostic d'hypotension intracrânienne a alors été posé. Un traitement par blood patch a été réalisé, permettant de soulager quasi immédiatement la douleur. M. E a pu rentrer à son domicile avec un traitement anticoagulant pour la phlébite cérébrale. Les symptômes cliniques et détectables à l'imagerie ont ensuite régressé et M. E a pu reprendre son activité professionnelle à temps plein le 2 janvier 2019, date qui a été fixée comme celle de la consolidation de son état de santé.

2. Par une requête enregistrée le 14 juin 2019, M. E a sollicité en référé la mise en place d'une expertise auprès du tribunal administratif d'Orléans qui, par une ordonnance du 12 novembre 2019, a désigné le docteur D A, neurologue, en qualité d'expert. Celui-ci a remis son rapport le 14 octobre 2020. Par un courrier daté du 7 décembre 2020, M. E a adressé au centre hospitalier de Chartres une demande d'indemnisation préalable, que l'établissement a rejetée par courrier du 14 décembre 2020. Par la requête ci-dessus analysée, M. et Mme E demandent au tribunal de condamner le centre hospitalier de Chartres à verser à M. E la somme totale de 39 530,50 euros en réparation de ses préjudices en lien avec les suites de sa prise en charge au centre hospitalier de Chartres et de condamner le centre hospitalier de Chartres à verser à Mme E, la somme de 5 000 euros au titre de son préjudice sexuel.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation présentées par M. et Mme E :

En ce qui concerne le défaut d'information :

3. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel ". En application de ces dispositions, doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence. En cas de manquement à cette obligation d'information, si l'acte de diagnostic ou de soin entraîne pour le patient, y compris s'il a été réalisé conformément aux règles de l'art, un dommage en lien avec la réalisation du risque qui n'a pas été porté à sa connaissance, la faute commise en ne procédant pas à cette information engage la responsabilité de l'établissement de santé à son égard, pour sa perte de chance de se soustraire à ce risque en renonçant à l'opération. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction, compte tenu de ce qu'était l'état de santé du patient et son évolution prévisible en l'absence de réalisation de l'acte, des alternatives thérapeutiques qui pouvaient lui être proposées ainsi que de tous autres éléments de nature à révéler le choix qu'il aurait fait, qu'informé de la nature et de l'importance de ce risque, il aurait consenti à l'acte en question.

4. Si M. E soutient qu'il a été informé trop rapidement et de manière insuffisamment précise des risques inhérents aux ponctions lombaires qui ont été pratiquées lors de sa première période d'hospitalisation, du 18 au 25 octobre 2018, il reconnaît également qu'une information plus précise n'aurait pas pu conduire à un autre choix thérapeutique, étant donné l'erreur initiale de diagnostic. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que, compte tenu de son état de santé et du risque de méningite, M. E aurait renoncé à la réalisation des ponctions lombaires et qu'il aurait perdu une chance de se soustraire à l'aggravation des symptômes, à la deuxième hospitalisation et aux préjudices qui en ont résulté.

En ce qui concerne le retard de diagnostic :

5. Il résulte de l'instruction que M. E a ressenti le 17 octobre 2018 des vertiges, des céphalées inhabituelles particulièrement marquées en position debout, et une fatigue soudaine. Le lendemain, 18 octobre 2018, les symptômes ne s'étant pas apaisés, il a été conduit au service des urgences du centre hospitalier de Chartres, puis admis le même jour dans le service de neurologie du même établissement. Au cours de son premier séjour en hospitalisation, du 18 au 25 octobre 2018, divers examens ont été réalisés et des avis ont été recueillis auprès de divers spécialistes, visant à éliminer principalement les hypothèse diagnostiques de l'hémorragie méningée, de la thrombophlébite cérébrale et, surtout, de la méningite. Les investigations ont ainsi été menées, d'une part, par l'intermédiaire de plusieurs examens d'imagerie successifs. Un premier scanner a ainsi été réalisé lors de l'hospitalisation du requérant aux urgences, le 18 octobre 2018, qui n'a pas montré " d'hémorragie méningée spontanément décelable ", suivi d'un angio-scanner réalisé le 20 octobre 2018, qui n'a pas révélé de dilatation anévrismale ni de trombophlébite cérébrale, puis d'une IRM et d'une angiographie par résonnance magnétique, réalisées le 23 octobre 2018, qui n'ont pas non plus montré de thrombophlébite cérébrale ni de malformation vasculaire. Enfin, un second scanner a été réalisé avant la sortie de M. E, le 25 octobre 2018, qui n'a pas permis de remettre en cause les précédents résultats. D'autre part, le service des urgences a sollicité, dès le 18 octobre 2018, un examen neurologique et un avis en infectiologie, et le service de neurologie a, de son côté, fait appel à un avis ORL. Sur avis des médecins infectiologues de l'établissement, des ponctions lombaires ont été pratiquées, la première, qui a nécessité trois tentatives, au service des urgences et la seconde, réalisée après quatre tentatives lors de l'hospitalisation de l'intéressé en neurologie, afin d'écarter, même en l'absence de fièvre, l'hypothèse d'une méningite. Les résultats de ces investigations ont finalement conduit, le 25 octobre 2018, à ce que M. E retourne à son domicile sans diagnostic certain et avec un traitement symptomatologique contre les céphalées.

6. Sur la pertinence et les effets des ponctions lombaires réalisées, le requérant soutient que l'absence de fièvre lors de sa première hospitalisation aurait dû permettre d'écarter d'emblée l'hypothèse de la méningite, et d'éviter la réalisation des ponctions lombaires qui ont aggravé les symptômes de l'hypotension intracrânienne dont il souffrait en réalité et qui a été diagnostiquée le 13 novembre 2018 seulement, à la suite d'une nouvelle IRM. Toutefois, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'hypotension intracrânienne représente un " syndrome rare ", d'une incidence de cinq cas pour 100 000 habitants par an, dont le diagnostic est difficile. En l'espèce, en l'absence de signe clinique de cette pathologie au cours de la première hospitalisation, il apparaît justifié que les neurologues aient évoqué en première intention d'autres hypothèses, plus fréquentes, dont la listéria et la méningite et qu'ils aient prescrit les examens adaptés pour les écarter. Il résulte ainsi de l'expertise médicale que ces hypothèses, notamment celle de la méningite infectieuse " semblaient réalistes au vu du tableau clinique initial ", de sorte que " la réalisation de la ponction lombaire était logique ". Enfin, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise citant une note du service de neurologie, que si M. E est retourné à son domicile avec un diagnostic incertain et un traitement uniquement symptomatique contre les céphalées, il lui avait aussi été donné certaines consignes lui indiquant notamment " d'appeler le service si aggravation pour blood patch ". Dans ces circonstances particulières, compte tenu de la difficulté du diagnostic à poser et des moyens effectivement mis en œuvre par le centre hospitalier de Chartres, qui a réalisé les examens d'imagerie et de biologie requis avec diligence, et mobilisé les avis des spécialistes concernés au sein de l'établissement, M. E n'est pas fondé à soutenir que le retard de diagnostic et de prise en charge par l'équipe médicale de l'hypotension intracrânienne dont il souffrait, serait constitutif d'une faute médicale de nature à engager la responsabilité de l'hôpital.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation présentées par M. E et par Mme E doivent être rejetées.

Sur les demandes de la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher :

8. Ainsi qu'il a été dit au point 6, le centre hospitalier de Chartres n'ayant pas commis de faute médicale de nature à engager sa responsabilité, la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, agissant au nom et pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie d'Eure-et-Loir, n'est pas fondée à solliciter le remboursement des sommes qu'elle a exposées au bénéfice de son assuré.

Sur les dépens :

9. Il y a lieu de mettre à la charge définitive de M. et Mme E les frais et honoraires de l'expertise confiée au docteur A, liquidés et taxés à la somme de 1 800 euros par une ordonnance du magistrat désigné du tribunal du 23 octobre 2020.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge du centre hospitalier de Chartres, qui n'est pas dans la présente instance la partie tenue aux dépens, les sommes demandées par M. et Mme E et par la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E et de Mme E est rejetée.

Article 2 : Les demandes indemnitaires présentées par la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, agissant au nom et pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie d'Eure-et-Loir, sont rejetées.

Article 3 : Les frais et honoraires d'expertise liquidés et taxés à la somme de 1 800 euros par ordonnance du 23 octobre 2020 sont mis à la charge de M. et Mme E.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, à Mme C E, au centre hospitalier de Chartres et à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher.

Copie en sera adressée à l'expert.

Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Rouault-Chalier, présidente,

Mme Bernard, première conseillère,

M. Nehring, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.

La rapporteure,

La présidente,

Pauline BERNARD

Patricia ROUAULT-CHALIER

La greffière,

Nadine REUBRECHT

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de la prévention en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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