vendredi 23 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2100293 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LE METAYER & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 janvier 2021, l'Association pour la Fondation de la Maison de Retraite, représentée par la SCP d'avocats Le Métayer et Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 janvier 2021 par laquelle sa réclamation préalable a été rejetée ;
2°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 à raison des locaux occupés par l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Raymond Poulin au 9 rue du Vieux Bourg à Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret) ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient qu'elle peut se prévaloir, en application de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du paragraphe 40 de l'instruction du 10 janvier 2019 référencée BOI-IF-TFB-10-50-10-30 pour soutenir que l'immeuble en cause dans lequel est exercée une activité d'hébergement et de soins aux personnes âgées dépendantes, qui revêt un caractère sanitaire et social, doit être assimilé à une propriété improductive de revenus et bénéficier, par conséquence, de l'exonération prévue au 1° de l'article 1382 du code général des impôts.
Par un mémoire enregistré le 21 juillet 2021, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- dans l'hypothèse où l'association requérante devrait être regardée comme soulevant un moyen tiré du défaut de motivation de la décision du 13 janvier 2021 rejetant sa réclamation préalable, d'une part, un tel défaut de motivation est sans influence quant à la régularité et au bien-fondé de l'imposition contestée, et d'autre part, le moyen manque en fait ;
- l'association requérante ne justifiant pas d'un statut d'établissement public, ses propriétés ne peuvent pas bénéficier de l'exonération permanente de taxe foncière sur les propriétés bâties prévue par le 1° de l'article 1382 du code général des impôts.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. L'Association pour la Fondation de la Maison de Retraite, association régie par la loi de 1901, a, par une réclamation datée du 17 décembre 2020, contesté les cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 à raison des locaux occupés par l'EHPAD Raymond Poulin au 9 rue du Vieux Bourg à Saint-Jean-de-la-Ruelle. Sa réclamation a été rejetée par une décision du 13 janvier 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 13 janvier 2021 :
2. La décision par laquelle l'administration fiscale statue sur la réclamation contentieuse d'un contribuable ne constitue pas un acte détachable de la procédure d'imposition. Elle n'est pas susceptible d'être déférée à la juridiction administrative par la voie du recours pour excès de pouvoir et peut seulement faire l'objet d'un recours de plein contentieux tendant à la décharge des impositions contestées, présenté au titre de la procédure prévue par les articles L. 199 et R. 199-1 et suivants du livre des procédures fiscales. Par suite, les conclusions de l'association requérante tendant à l'annulation de la décision du 13 janvier 2021 sont irrecevables.
Sur les conclusions à fin de décharge :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 198-10 du livre des procédures fiscales : " () / En cas de rejet total ou partiel de la réclamation, la décision doit être motivée ".
4. L'association requérante ne peut utilement invoquer à l'appui de sa requête le fait que la décision de rejet de sa réclamation préalable serait insuffisamment motivée, cette circonstance étant sans influence sur la régularité et le bien-fondé des impositions contestées.
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1382 du code général des impôts : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : 1° Les immeubles nationaux, les immeubles régionaux, les immeubles départementaux pour les taxes perçues par les communes et par le département auquel ils appartiennent et les immeubles communaux pour les taxes perçues par les départements et par la commune à laquelle ils appartiennent, lorsqu'ils sont affectés à un service public ou d'utilité générale et non productifs de revenus, notamment : () / Sous réserve des dispositions du 9°, cette exonération n'est pas applicable aux immeubles qui appartiennent à des établissements publics autres que les établissements publics de coopération intercommunale, les syndicats mixtes, les pôles métropolitains, les ententes interdépartementales, les établissements publics scientifiques, d'enseignement et d'assistance ainsi que les établissements visés aux articles 12 et 13 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, ni aux organismes de l'Etat, des départements ou des communes ayant un caractère industriel ou commercial () ". Le bénéfice de l'exonération de la taxe foncière sur les propriétés bâties prévue au 1° de l'article 1382 du code général des impôts est soumis à la triple condition que les immeubles appartiennent à l'une des catégories de personnes publiques qui y sont énumérées, qu'ils soient affectés à l'exécution d'un service public ou d'utilité générale et, enfin, qu'ils ne soient pas productifs de revenus, fussent-ils symboliques, pour leur propriétaire.
6. Si les établissements publics d'hébergement pour personnes âgées dépendantes constituent des établissements publics d'assistance au sens des dispositions du douzième alinéa du 1° de l'article 1382 du code général des impôts, il ne résulte pas de l'instruction que l'association requérante, régie par la loi de 1901, puisse être regardée comme un établissement public. Dès lors elle n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration lui a refusé le bénéfice de l'exonération permanente de taxe foncière prévue par le douzième alinéa du 1° de l'article 1382 du code général des impôts.
En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale :
7. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration () ".
8. Pour demander la décharge des cotisations de taxe foncière auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020, l'association requérante se prévaut, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de l'instruction administrative 6 C-1213 n° 3 reprise au paragraphe 40 de l'instruction référencée BOI-IF-TFB-10-50-10-30 du 10 janvier 2019 qui prévoit, s'agissant de la condition d'absence de production de revenus à laquelle est subordonnée l'exonération de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour les personnes publiques, qu'" il convient, à titre de règle pratique, d'assimiler à des propriétés improductives de revenus celles où s'exerce une activité susceptible d'être exonérée de la cotisation foncière des entreprises en application du 1° de l'article 1449 du CGI, c'est-à-dire revêtant un caractère essentiellement culturel, éducatif, sanitaire, social, sportif ou touristique ". Toutefois, l'association requérante n'est pas fondée à se prévaloir de cette instruction qui ne comporte pas, s'agissant du caractère public du contribuable, une interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il est fait application par le présent jugement.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par l'Association pour la Fondation de la Maison de Retraite doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquence ses conclusions relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'Association pour la Fondation de la Maison de Retraite est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'Association pour la Fondation de la Maison de Retraite et au directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
Stéphane A
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026