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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2100355

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2100355

jeudi 20 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2100355
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELARLU SANDRINE MARIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 janvier 2021, des pièces enregistrées le 1er février 2021 et des mémoires enregistrés le 4 juillet 2021, le 3 août 2022, le 14 octobre 2022, le 3 février 2023 et le 10 février 2023, la commune de Vernouillet, représentée par Me Adeline-Delvolvé, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de mettre en cause les entreprises titulaires du marché de travaux de restauration du gymnase Marcel Pagnol, alloti, c'est-à-dire les sociétés Arcad, Eté 45, GT2E, Cebi 45, Peltier, Dias Construction, Delvalle-Gondouin, Apave, TTC, Alutech, Avez, LMC, Sertac, Ledoux Carrelages, Dubois, Revnor, Thyssenkrupp Ascenseurs, PCS, LTE, Art Dan Sols sportifs et TP 28 venant aux droits et obligations de la société Musci, ainsi que la Mutuelle des architectes de France (MAF), la SMABTP, la Millenium Insurance Cy et le BET Structure Bois (BESB) ;

2°) de condamner la société LR Architecture à lui verser la somme totale de 3 047 567,61 euros TTC en réparation de l'ensemble des préjudices subis en raison de la mauvaise exécution du contrat de maîtrise d'œuvre qu'elle a passé avec cette société pour la restauration du gymnase Marcel Pagnol ;

3°) de condamner la société LR Architecture à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ;

4°) de rejeter les demandes des sociétés Apave Parisienne, Arcad, SMABTP et GT2E appelées à la cause non en tant que défendeur, mais seulement en tant qu'observateurs au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;

5°) de mettre à la charge de la société LR Architecture une somme de 49 420,50 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens au nombre desquels figurent les frais d'expertise et 13 euros au titre du droit de plaidoirie ;

Elle soutient que :

- la responsabilité contractuelle de la société LR Architecture est engagée à raison de deux fautes :

* elle a élaboré un dossier de consultation des entreprises (DCE) erroné et irréalisable et elle a refusé d'admettre son erreur ; en sa qualité de maître d'œuvre, elle a établi son DCE sur la base de l'avant-projet définitif (APD), alors que ce dernier aurait dû être établi après l'étude de projet ; ce DCE prévoit la mise en place de demi-portiques en lamellé collé auquels sont joints six plans " Projet ", faisant apparaître une extension de 4,6 mètres ; selon l'expert, LR Architecture a supprimé des informations et opéré des modifications sur les plans qui avaient été transmis par la société Arcad ;

* elle a négligé de protéger la charpente du bâtiment, retrouvée exposée aux intempéries sans protection à la suite de la dépose de la toiture à rénover, causant à cette charpente des désordres irrémédiables ; si elle a informé le maire, par un courrier en date du 3 janvier 2018, de ce que " la charpente est soumise aux aléas du site et des intempéries ", elle n'a alors émis aucun ordre de service en vue de procéder à la couverture de la charpente ; elle ne l'a fait que le 1er juin suivant et aucune mesure de protection de cette dernière n'a été mise en œuvre ;

- les préjudices dont la réparation incombe à la société LR Architecture s'élèvent à un total de 3 047 567,61 € TTC, ainsi décomposé :

* les sommes exposées par la commune contrainte de faire cesser les travaux du fait de l'erreur commise par la société LR Architecture, ce qui a occasionné l'interruption du chantier et la résiliation de l'ensemble des contrats afférents soit, sur la base des décomptes de résiliation, 4 917 euros TTC pour la société Peltier, 164 535 euros HT pour la société Delvalle-Gondouin au titre de l'indemnisation de son préjudice financier du fait de l'arrêt de chantier qui a également sollicité le règlement des retenues de garantie à hauteur de 6 649,92 euros TTC, 15 912,86 euros TTC pour la société LTE, 37 820,07 euros TTC pour la société Alutech, 1 440 euros TTC pour la société Avez, 16 688,20 euros TTC pour la société Dias Construction, 2 023,71 euros TTC pour la société LMC, 5 406,6 euros TTC pour la société PCS, en sa qualité de titulaire du lot 11 Chauffage-ventilation, 28 131,7 euros TTC pour la société PCS en sa qualité de titulaire du lot 12 Plomberie et 10 037 euros TTC, 10 752,39 euros TTC pour la société Thyssenkrupp Ascenseurs au titre notamment des coûts de stockage et fabrication de l'ascenseur, 1 244,61 euros pour la société Musci et 294,39 euros pour la société Ledoux ;

* les condamnations matérielles dont la commune est susceptible de faire l'objet en raison d'éventuelles réclamations des entreprises, la Société Peltier présentant une demande d'indemnisation d'un montant de 39 445,15 euros HT, la société Delvalle-Gondouin, réclamant sa marge manquante à hauteur de 164 535 euros HT et la société LTE des frais d'étude engagés à hauteur de 13 260,72 euros HT ;

* un préjudice certain afférent à la dégradation de la charpente d'un montant de 254 352,20 euros au titre des charges liées à l'adaptation de la nouvelle charpente, suite à la dégradation de cette dernière, selon un devis réalisé le 1er septembre 2017, somme à parfaire, compte-tenu notamment de l'ancienneté de ce devis auquel doit s'ajouter la somme de 8 529,60 euros correspondant au coût de la mission d'investigation réalisée par le BET SBC, prise en charge par la commune ;

* le préjudice afférent à l'impossibilité d'utiliser le gymnase, l'interruption du chantier l'ayant privée de la possibilité d'organiser des manifestations sportives au sein du gymnase à brève échéance et de percevoir des recettes à ce titre soit, au regard des recettes enregistrées l'année précédant le début des travaux de rénovation du gymnase, une perte évaluée à 20 000 euros ;

* l'impossibilité d'utiliser le gymnase a entrainé le dépassement des délais par la commune de Vernouillet, pour percevoir des subventions, provenant notamment de la Dotation de Développement Urbain (DDU) dont le délai expirait en septembre 2019 , de la Région dont le délai expirait le 31 décembre 2018, ou encore du dispositif dit " croissance verte ", dont le délai expirait le 30 décembre 2019, ce qui a entrainé au total une perte à hauteur de 1 693 291,80 euros ainsi que d'autres types de subventions telles que la dotation versée par l'Etat (DPV) et le Fonds de soutien à l'IPL soit 198 000 euros, ainsi que la subvention du Centre National pour le Développement du Sport (CNDS) soit 380 000 euros ;

* l'impossibilité d'utiliser le gymnase a obligé les élèves du collège Marcel Pagnol à se rendre au gymnase de Dreux pour pouvoir pratiquer leurs activités sportives soit un coût supplémentaire de frais de transport de 8470 euros par an, soit 17 480 euros HT au titre des années 2018 et 2019 ;

*l'impossibilité d'utiliser le gymnase a impliqué de stocker l'ascenseur de ce dernier, les frais de stockage du 5 février 2018 au 24 septembre 2020 s'étant élevés à 4985 euros HT et la commune de Vernouillet justifiant de ces frais engagés, à raison d'un forfait de base de 120 euros HT puis 35 euros euros HT par semaine ;

* le préjudice afférent à l'éventuel surcoût de la construction lié à l'augmentation de l'indice du coût de la construction soit, dans le dernier état des écritures un surcoût de 59 347,03 euros ;

* le préjudice résultant des actes de vandalisme et de dégradation facilitées par l'arrêt et la durée du chantier car cet arrêt a facilité des intrusions, lesquelles ont entrainé un vol en date du 20 juillet 2018 dont le préjudice en résultant s'est élevé à 557, 85 euros, une dégradation en date du 23 octobre 2018, laquelle a entrainé une dépense à hauteur de 300 euros, ainsi qu'un acte de vandalisme en date du 10 février 2019, lequel a généré un préjudice à hauteur de 337,77 euros ;

* le préjudice afférent à la dégradation de la loge du gardien, car l'arrêt du chantier a entrainé des infiltrations d'eau, lesquelles ont alors dû impliquer une réfection totale de ladite loge pour un coût de 60 000 euros ;

*le préjudice afférent aux indemnités de résiliation de 5% versées aux entreprises, à hauteur totale de 78 808,72 euros, l'arrêt du chantier ayant subséquemment entrainé la résiliation pour motif d'intérêt général de l'ensemble des contrats conclus.

Par des mémoires, enregistrés le 19 février 2021 et un mémoire déposé le 6 février 2023, la société Apave Infrastructures et Construction France venant aux droits de la société Apave Parisienne, représentée par Me Marié, conclut à sa mise hors de cause dès lors qu'aucune conclusion n'est dirigée à son encontre et demande au tribunal de mettre à la charge de la commune de Vernouillet, la somme de 10 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la commune de Vernouillet a dirigé sa requête à son encontre mais sans former aucune demande à son égard et alors que sa responsabilité n'a pas été caractérisée par l'expert judiciaire.

Par des mémoires, enregistrés le 22 octobre 2021 et le 25 janvier 2023, la société Arcad et la SMABTP, représentées par Me Cousseau, concluent à leur mise hors de cause dès lors qu'aucune conclusion n'est dirigée à leur encontre et demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures, de rejeter les conclusions d'appel en garantie présentées par la société LR Architecture à leur encontre et de mettre à la charge de la commune de Vernouillet et/ou la société LR Architecture la somme de 10 000 euros à leur verser en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la commune de Vernouillet a dirigé sa requête à leur encontre mais sans former aucune demande à leur égard ; par suite, aucune conclusion d'appel en garantie ne peut être formée à leur encontre ;

- en toute hypothèse, la juridiction administrative est incompétente pour statuer sur toute demande qui serait dirigée contre la SMABTP car lorsqu'une personne publique est victime d'un dommage, son action directe contre l'assureur du responsable d'une personne privée relève de la compétence du juge judiciaire ;

- aucune responsabilité de la société Arcad ne peut être retenue ;

- la société LR Architecture a modifié les plans d'avant-projet en plans PRO, intégrant une augmentation de la portée de la structure de l'ouvrage et a, elle seule, établi le dossier de consultation des entreprises, auquel elle a annexé les plans modifiés par ses soins ainsi que la note de calcul qui ne traitait que de l'étude des portiques existants et non de l'état projeté intégrant l'extension ; l'expert met exclusivement en cause cette dernière, qui s'est livrée à une falsification de plans, au titre de l'établissement du dossier de consultation des entreprises qui comporte un projet techniquement irréalisable.

Par un mémoire, enregistré le 23 décembre 2021, la société GT2E, représentée par Me Cousseau, conclut à sa mise hors de cause dès lors qu'aucune conclusion n'est dirigée à son encontre et demande au tribunal de mettre à la charge de la commune de Vernouillet la somme de 5 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la commune de Vernouillet a dirigé sa requête à son encontre mais sans former aucune demande à son égard ;

- aucune responsabilité de la société GT2E ne peut être retenue.

Par des mémoires, enregistrés le 6 septembre 2022 et le 31 janvier 2023, la société MIC Insurance et la société MIC Insurance Company, représentées par Me Perreau, concluent dans le dernier état de leurs écritures, à leur mise hors de cause dès lors qu'aucune conclusion n'est dirigée à leur encontre et demandent au tribunal de mettre à la charge de la commune de Vernouillet et/ou toute partie perdante la somme de 2 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la commune de Vernouillet a dirigé sa requête à leur encontre mais sans former aucune demande à leur égard ;

- en toute hypothèse, la juridiction administrative est incompétente pour statuer sur toute demande qui serait dirigée contre elle car la juridiction de l'ordre judiciaire est seule compétente pour connaître de l'appréciation des garanties d'assurance qui supposent l'analyse d'un contrat de droit privé, alors même que l'appréciation de la responsabilité de l'assuré relèverait du juge administratif ;

- la responsabilité de son assurée, la société Delvalle Gondoin a expressément été écartée par l'expert dans son rapport car membre du groupement de maitrise d'œuvre, elle n'a pas conçu les travaux dont la dangerosité était crainte et, titulaire du lot charpente mais uniquement des travaux de couverture-bardage, les travaux lui incombant n'ont pas été exécutés suite à la décision de la commune de ne pas poursuivre l'exécution des travaux.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 14 novembre 2022 et le 23 janvier 2023, la société LR Architecture, représentée par Me Delair, conclut dans le dernier état de ses écritures au rejet de toutes les demandes dirigées à son encontre, subsidiairement, demande au tribunal de retenir la responsabilité de la commune de Vernouillet, de la société Peltier, de la société Arcad et de réduire les montants réclamés, de condamner solidairement la société Arcad, la SMABTP et la société Peltier à la garantir intégralement de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre et de rejeter toutes les demandes reconventionnelles présentées par la société Peltier. Elle demande en outre au tribunal de mettre à la charge de la commune de Vernouillet, la société Arcad, la SMABTP et la société Peltier et tout succombant, une somme de 2 500 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative

Elle soutient que :

S'agissant de la conception :

- la responsabilité recherchée incombe à la société Peltier qui, sachant l'ampleur du travail d'études, aurait dû intégrer, dès la remise de son dossier, un bureau d'étude compétent si elle s'estimait elle-même insuffisamment compétente et qui n'a remis qu'un plan d'exécution incorrect que le Bureau de Contrôle a refusé, n'a remis aucune note de calcul des ouvrages qu'elle s'était engagée à réaliser et qui est donc responsable par son défaut d'étude en phase de conception de la situation de blocage qui en est résulté ;

- la responsabilité recherchée incombe également au BET Arcad car la solution de 3,00 mètres d'agrandissement était, dès l'origine, affectée de défauts qui ne ressortaient que de la mission du BET Structures et non des prestations à charge de LR Architecture ;

Sur la durée de blocage du chantier laissant la charpente découverte aux intempéries :

- la commune a décidé de démolir intégralement l'ensemble sportif litigieux pour réaliser une tout autre opération qui n'a plus aucun lien avec la précédente et les intempéries ne peuvent donc faire naitre aucun préjudice au titre d'un projet qui a été complétement abandonné ;

- subsidiairement, la responsabilité liée à l'absence de protection incombe à l'entreprise Peltier en application des dispositions du CCAG Travaux et du CCTP du lot concerné, qui confiaient au titulaire du lot la préservation des ouvrages et alors que le temps d'exposition aux intempéries aurait été réduit si la commune avait résilié le marché afin de lancer un nouvel appel d'offres ainsi que préconisé par LR Architecture, ou si la commune avait adressé à Peltier une demande de protection des ouvrages en exécution de son marché ;

Sur les préjudices :

- le litige porte sur la seule salle d'évolution c'est-à-dire le gymnase ;

- les pertes de recettes réclamées à hauteur de 20 000 euros ne sont pas établies ni dans leur principe, s'agissant d'un établissement entièrement fermé, ni dans leur montant ;

- l'expert a exactement retenu qu'aucun lien de causalité n'était justifié entre le vandalisme perpétré et le litige, de même s'agissant des désordres affectant la loge du gardien ;

-il ne peut y avoir de préjudice relatif à l'éventuel surcoût de la construction dès lors que c'est un tout autre programme qui sera mis en œuvre par la commune dans le cadre de sa nouvelle opération de création d'un ensemble neuf ;

- il n'y a pas de préjudice indemnisable afférent à l'impossibilité d'utiliser le gymnase car il était possible de poursuivre les travaux sur les 3 autres zones constituées par le dojo, la salle de tennis et la salle de tennis de table et la commune a finalement décidé de faire détruire le gymnase ;

- il n'y a pas de préjudice réparable afférent aux condamnations matérielles dont la commune est susceptible de faire l'objet en raison d'éventuelles réclamations des entreprises, car un préjudice doit être né actuel et certain pour être réparable et la commune ne justifie ni de paiements relatifs à ces réclamations, ni même de mémoires en réclamation ou de procédures en cours ;

- le préjudice résultant de pertes de subventions n'est pas démontré ;

- le préjudice lié aux frais de transport des élèves du collège n'est pas établi car il n'est pas justifié des frais liés aux années précédentes alors même que ce gymnase n'offrait pas alors tous les services sportifs et que l'opération pouvait être poursuivie sans difficulté afin de disposer des zones dojo, salle de tennis et salle de tennis de table ;

Sur les demandes reconventionnelles de la société Peltier :

- elles sont irrecevables d'une part, car cette société ne peut demander que LR Architecture garantisse la commune, d'autre part, sa demande d'une indemnité liée au marché passé avec la commune n'a pas de lien suffisant avec le litige car aucun mémoire en réclamation ne parait avoir été adressé par cette société et il n'est pas établi si la commune a pris une décision à ce titre, ni si la demande en justice a été formée dans les délais de contestation ; en outre, la société Peltier réclame des indemnités liées à la non-exécution de son marché mais ne justifie pas avoir fait l'objet d'une procédure de résiliation ; enfin, elle se borne à présenter une lettre de son expert-comptable ;

- elles sont infondées car cette société a été défaillante dans son travail d'études.

Par un mémoire enregistré le 17 janvier 2023, la société Peltier représentée par Me Cruchaudet, demande au tribunal de condamner la commune de Vernouillet à lui verser la somme de 39 445,15 euros HT, laquelle sera garantie par la société LR Architecture, de rejeter les demandes de la société LR Architecture et de mettre à la charge de la société LR Architecture la somme de 5 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'interruption du chantier relève de la responsabilité unique et entière de la société LR Architecture, maître d'œuvre ;

- il ne peut pas lui être fait le reproche de n'avoir fait aucune remarque sur la faisabilité du projet au moment de la remise de son offre, la remise de son plan EXE du 24 avril 2017 n'emportant pas approbation de la conception d'origine du maitre d'œuvre ;

- elle a subi, en conséquence, un préjudice lié à la résiliation de son marché par la commune de Vernouillet constitué par la perte de la marge brute sur le reste du chantier qui est de 39 445,15 euros ; la société LR Architecture doit être condamnée à garantir la commune de cette condamnation.

Par des mémoires enregistrés le 6 février 2023 et le 7 février 2023 et un mémoire déposé le 24 février 2023, la Mutuelle des architectes de France (MAF) représentée par Me Bernier demande au tribunal, à titre principal, de prononcer sa mise hors de cause dès lors qu'aucune réclamation n'a été formulée à son encontre et que les juridictions administratives sont incompétentes pour connaitre des actions directes dirigées à l'encontre d'un assureur de droit privé, à titre subsidiaire, de rejeter les conclusions de la commune de Vernouillet compte-tenu de l'absence de lien de causalité entre les fautes et les préjudices sollicités dès lors que ceux-ci procèdent de son inertie, et de leur caractère injustifié, s'agissant tant du principe que du quantum, à titre encore plus subsidiaire, de retenir la responsabilité des sociétés Arcad et Peltier et, en tout état de cause, de la déclarer bien fondée à solliciter l'application de la franchise et du plafond de garantie de 500 000 euros au titre des dommages immatériels non consécutifs, conformément aux conditions générales et particulières de la police, opposables à toute partie et de mettre à la charge de la commune de Vernouillet la somme de 10 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la commune forme des demandes de condamnation exclusivement à l'encontre de la société LR Architecture ;

- toute action dirigée contre elle relève de la compétence exclusive des juridictions de l'ordre judiciaire ;

- subsidiairement, il n'y a pas de lien de causalité entre les fautes et le montant exorbitant sollicité par la commune au titre de ses préjudices ; la survenance d'un doute légitime sur la conception de la charpente et de la toiture, de nature à justifier uniquement une interruption du chantier, est la conséquence des fautes commises par les sociétés Arcad, LR Architecture et Peltier ; les préjudices allégués par la commune procèdent de la seule inertie de celle-ci qui, au demeurant, va finalement tirer un profit de la situation puisque le projet initial lui laissait un reste à charge de 2,5 millions alors que celui du futur projet sera de 2 millions ;

- le préjudice à hauteur de 176.361,23 euros au titre des indemnités sollicitées par les sociétés Peltier, Delvalle-Gondouin, Lte, Alutech, Avez, Dias, LMC, PCS et Thyssenkrupp n'est pas établi ;

- de même le préjudice réclamé à hauteur de 78 808,72 euros au titre des indemnités de résiliation pour motif d'intérêt général de 5% versées aux entreprises n'est pas établi dès lors que la commune ne justifie pas avoir versé ces sommes ; s'agissant des sociétés TTC, Sertac, Ledouy Carrelage, Dubois, Revnor, Art Dan Sols sportifs et ETP Musci, la commune ne produit même pas les décomptes de résiliation ;

- s'agissant de la demande formée au titre de la perte de marge sollicitée par la société Peltier à hauteur de 39 445,20 euros HT, celle-ci ne démontre pas que l'activité non réalisée sur le chantier litigieux n'a pas été compensée partiellement ou totalement par d'autres chantiers ; cette société a soumissionné en s'abstenant de procéder à toute vérification préalable de la faisabilité du projet et a cru pouvoir s'abstenir de réaliser des études d'exécution, en dépit de ses obligations contractuelles ;

- s'il est vrai que les agissements de la société LR Architecture sont suffisamment graves pour justifier un refus de garantie de la MAF au motif d'exercice anormal de la profession et de l'existence d'une faute dolosive, c'est à tort que l'expert retient une faute exclusive de celle-ci alors que la société Peltier a méconnu ses obligations contractuelles et que le BET Arcad a commis initialement une erreur s'agissant du calcul du portique, le projet initial n'étant pas davantage réalisable que celui modifié.

Vu :

- le code des marchés publics ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lefebvre-Soppelsa,

- les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique,

- et les observations de Me Adeline-Delvolvé pour la commune de Vernouillet, Me Cousseau pour les sociétés Arcad et GT2E et la SMABTP, Me Cruchaudet pour la société Peltier, Me Tanguy pour la MAF et Me Marié pour la société Apave Parisienne.

Considérant ce qui suit :

1. La commune de Vernouillet a engagé des travaux de réhabilitation du gymnase Marcel Pagnol et conclu, à cet effet, un marché de maîtrise d'œuvre le 30 avril 2015 avec un groupement conjoint et solidaire constitué de la société LR Architecture, mandataire, de la société Arcad, bureau d'études structure, de la société Cebi 45, bureau d'études fluides, et de la société GT2E, bureau d'études électricité. Par avenants de novembre 2015, la société Cebi 45 s'est désistée et la société Ete 45 a intégré le groupement. Arcad était le bureau d'études structure. La mission de contrôle technique du marché a été confiée à la société Apave. Les lots du marché ont été attribués selon la répartition suivante : Lot n°1 Désamiantage à la société TTC, Lot n°2 Démolitions Fondations Gros œuvre à la société Dias Construction, Lot n°3 Charpente à la société Peltier, Lot n°4 Couverture Bardage à la société Delavalle Gondouin, Lot n°5A Menuiseries extérieures à la société Alutech, Lot n°5B Serrurerie à la société Avez, Lot n°6 Menuiseries intérieures à la société LMC, Lot n°7 Faux plafonds à la société Sertac, Lot n°8 Sols durs-faïences à la société Ledoux Carrelages, Lot n°9 Peinture Sols souples aux sociétés Dubois et Revnor, Lot n°10 Ascenseur Elévateur à la société Thyssenkrupp, Lot n°11 Chauffage Ventilation à la société PCS, Lot n°12 Plomberie à la société PCS, Lot n°13 Electricité courants forts et faibles à la société LTE, Lot n°14 Sols et équipements sportifs à la société Art Dan sols sportifs et Lot n°15 VRD Aménagement à la société ETP Musci.

2. Dans le cadre de l'exécution de son lot, la société Peltier a mandaté un bureau d'études extérieur, le BET Structures Bois (BESB), en vue de la vérification de la faisabilité du projet. Le BESB a conclu au caractère dangereux de la solution technique proposée par la société Arcad au stade de l'avant-projet. La société Peltier a alors, d'une part, demandé à LR Architecture et Arcad de justifier leur position par des notes de calcul et a, d'autre part, adressé une nouvelle proposition technique à la commune de Vernouillet. Questionnée par la commune, la société LR architecture a maintenu sa position quant aux calculs en cause et une situation de blocage est apparue. La commune de Vernouillet a alors sollicité auprès du tribunal la désignation d'un expert. Par une ordonnance du 29 octobre 2018, la présidente du tribunal administratif a désigné un expert qui a déposé son rapport le 3 avril 2020. En parallèle, la commune de Vernouillet a adressé, le 21 janvier 2020, à la société LR Architecture une mise en demeure préalable à une éventuelle décision de résiliation pour faute du marché de maîtrise d'œuvre aux motifs de manquements de la société à ses obligations contractuelles, puis, le 15 avril 2020, lui a notifié la résiliation dudit marché pour faute sur le fondement de l'article 32 du CCAG-PI. Le Comité consultatif interrégional de règlement amiable des différends ou litiges relatifs aux marchés publics (CCRA) a rendu le 13 avril 2022 un avis favorable au maintien de cette décision de résiliation. Le projet de réhabilitation du gymnase Marcel Pagnol a été abandonné.

3. Par sa requête, la commune de Vernouillet, qui a mis en cause tous les intervenants au marché ainsi que la société TP 28 venant aux droits et obligations de ETP Musci, la MAF, la SMABTP, la Millenium Insurance Cy et le BET Structure Bois (BESB) demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner la société LR Architecture sur le fondement de sa responsabilité contractuelle à lui verser la somme totale de 3 047 567,61 euros en réparation de l'ensemble des préjudices subis et de la garantir des condamnations dont elle ferait l'objet suite à l'abandon du projet. La société Peltier conclut au rejet des conclusions dirigées à son encontre et demande au tribunal de condamner la commune de Vernouillet à lui verser la somme de 39 445,15 euros HT, laquelle sera garantie par la société LR Architecture. La société LR Architecture conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de toutes les demandes dirigées à son encontre, subsidiairement, demande au tribunal de retenir la responsabilité de la commune de Vernouillet, de la société Peltier et de la société Arcad et de condamner solidairement la société Arcad, la SMABTP et la société Peltier à la garantir intégralement de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre et de rejeter les demandes reconventionnelles présentées par la société Peltier.

Sur la responsabilité de la société LR Architecture :

En ce qui concerne le dossier de consultation des entreprises (DCE)

4. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport de l'expert, ainsi que de l'avis rendu par le CCRA, que le groupement de maîtrise d'œuvre était notamment chargé de la mission Diagnostic (DIA), Avant-projet sommaire (APS), Avant-projet définitif (APD), Etudes de projet (PRO) et études d'exécution (EXE), que la société Arcad, qui était le bureau d'études structures, a élaboré un APD et l'a transmis à LR Architecture, et que celle-ci a, seule, élaboré le DCE qui ne comportait pas, ainsi qu'il le devait, les études de projets mais seulement l'APD, lequel comportait des plans au cartouche d'Arcad non validés par celui-ci.

5. Il résulte également de l'instruction, et notamment du rapport de l'expert, que ce DCE, auquel étaient joints six plans " Projet ", faisait apparaître une extension de toiture de 4,6 mètres au lieu de 3 mètres apparaissant sur les plans initialement transmis par le BET Arcad à LR Architecture, extension qui impliquait nécessairement d'entreprendre des travaux supplémentaires avec des modifications architecturales et la réalisation de renforcements structurels. L'expert indique que LR Architecture a supprimé des informations et opéré des modifications sur les plans qui lui avaient été transmis par le BET Arcad et que " le projet comme il a été décrit dans le DCE est irréalisable ". Au demeurant, il résulte de l'instruction que, par lettre du 6 juillet 2021, la MAF, assureur de LR Architecture, lui a refusé sa garantie au motif que son contrat ne couvre pas les dommages résultant d'un exercice anormal de la profession d'architecte, le choix de son assurée de falsifier un document technique, comportement susceptible de créer un sinistre structurel grave, contrevenant aux conditions d'exécution normale de sa mission.

6. Il résulte de ce qui précède, d'une part, que la responsabilité contractuelle de la société LR Architecture qui a rédigé le DCE erroné comportant une portée de charpente différente de celle initialement envisagée, est engagée, d'autre part, que celle-ci n'est pas fondée à soutenir que la responsabilité du BET Arcad, dont elle a redessiné les plans, et de la société Peltier, exécutante, à laquelle il ne peut être reproché de n'avoir fait aucune remarque sur la faisabilité du projet avant la remise de son offre ni de n'avoir pas, alors, vérifié les études d'exécution ou mené nouvelles études dès lors qu'ainsi que le relève l'expert l'erreur n'était pas détectable au stade de l'appel d'offres, serait engagée.

En ce qui concerne le défaut de protection de la charpente du bâtiment

7. La commune soutient que la société LR Architecture a négligé de protéger la charpente du bâtiment, retrouvée exposée aux intempéries sans protection à la suite de la dépose de la toiture à rénover, causant à cette charpente des désordres irrémédiables. Toutefois, quand bien même LR Architecture, mandataire du groupement de maîtrise d'œuvre qui a informé le maire, par un courrier en date du 3 janvier 2018, de ce que " la charpente est soumise aux aléas du site et des intempéries ", n'a alors émis aucun ordre de service en vue de procéder à la couverture de la charpente, et ne l'a fait que le 1er juin suivant, sans effet, aucune mesure de protection de la charpente n'ayant été mise en œuvre, il résulte de l'instruction, ainsi qu'elle le fait valoir, d'une part que la garde du chantier incombe au titulaire du lot, d'autre part que la commune, informée de la situation, pouvait elle-même prendre l'initiative de protéger son bâtiment. Il résulte de ce qui précède que la commune de Vernouillet n'est pas fondée à rechercher la responsabilité contractuelle de la société LR Architecture en ce qui concerne le défaut de protection de la charpente.

Sur les préjudices indemnisables :

8. En premier lieu, il résulte tant du point précédent que de la circonstance que la commune a finalement décidé la démolition du bâtiment, que les demandes indemnitaires en lien avec le défaut de protection de la charpente et tenant aux charges liées à l'adaptation de la nouvelle charpente, suite à la dégradation de cette dernière, doivent être rejetées.

9. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que la commune de Vernouillet a abandonné le projet et par suite procédé à la résiliation, pour motif d'intérêt général, des marchés conclus avec les différentes entreprises intervenantes à la construction et qu'elle leur a, par suite, d'une part versé les situations correspondant à des travaux déjà effectués ainsi qu'en attestent les décomptes de résiliation produits en cours d'instance, d'autre part versé à chacune une indemnité de résiliation. La commune est par suite fondée à demander la condamnation de la société LR Architecture à lui verser les sommes de 16 688,20 euros qu'elle justifie avoir payée à la société Dias, 11 491,20 euros qu'elle justifie avoir payée à la société Peltier, 6 649,92 euros qu'elle justifie avoir payée à la société Delvalle-Gondouin, 37 820,07 euros qu'elle justifie avoir payée à la société Alutech, 1 440 euros qu'elle justifie avoir payée à la société Alves, 2 023,71 euros qu'elle justifie avoir payée à la société LMC, 10 037 euros qu'elle justifie avoir payée à la société ThyssenKrupp, 5 406,60 euros qu'elle justifie avoir payée à la société PCS en sa qualité de titulaire du lot 11 Chauffage-ventilation et 28 137,70 euros qu'elle justifie avoir payée à la société PCS en sa qualité de titulaire du lot 12 Plomberie, 15 912,86 euros qu'elle justifie avoir payée à la société LTE, soit la somme totale de 135 607,26 euros, ainsi que la somme totale de 78 808,72 euros qu'elle justifie avoir versée au titre des 5 % d'indemnité de résiliation due à chaque entreprise contractante.

10. En revanche, d'une part, si la commune soutient qu'elle est susceptible de faire l'objet de condamnations en raison d'éventuelles réclamations des entreprises, la société Delvalle-Gondouin réclamant sa marge manquante à hauteur de 164 535 euros HT et la société LTE des frais d'étude engagés à hauteur de 13 260,72 euros HT, elle ne justifie pas du caractère certain du paiement de ces sommes. Ses conclusions aux fins de réparation présentées à ce titre ne peuvent par suite qu'être rejetées.

11. D'autre part, si la commune de Vernouillet demande la condamnation de la société LR Architecture à réparer des préjudices afférents à l'impossibilité d'utiliser le gymnase tenant d'une part, en une perte de recettes liées à l'organisation de manifestations sportives, d'autre part, en l'indemnisation des frais 2018 et 2019 de transport des élèves vers une autre enceinte sportive, enfin en des frais de stockage de l'ascenseur du gymnase du 5 février 2018 au 24 septembre 2020, il ne résulte pas de l'instruction un lien suffisamment direct et certain entre ces dommages financiers et la faute contractuelle de la société LR Architecture.

12. De même, si la commune demande également réparation de préjudices liés selon elle à l'arrêt du chantier résultant d'une part, d'actes de vandalisme et de dégradation facilitées par cet arrêt et, d'autre part, d'infiltrations d'eau ayant dégradé la loge du gardien et impliqué une réfection totale de celle-ci pour un coût de 60 000 euros, il ne résulte pas de l'instruction un lien suffisamment direct et certain entre ces dommages et la faute contractuelle de la société LR Architecture.

13. En dernier lieu, la commune de Vernouillet, qui a finalement abandonné son projet de rénovation et opté pour une reconstruction à neuf du gymnase, soutient qu'elle a perdu le bénéfice de subventions notamment de la Dotation de Développement urbain (DDU) ou encore du dispositif dit " croissance verte ", à hauteur de 1 693 291,80 euros ainsi que d'autres types de subventions telles que la dotation versée par l'Etat (DPV) et le Fonds de soutien à l'IPL soit 198 000 euros, ainsi que la subvention du Centre National pour le Développement du Sport (CNDS), soit 380 000 euros. Toutefois, le caractère certain de la perte desdites subventions ne résulte pas de l'instruction. Par ailleurs, dès lors que le projet en litige a été abandonné, aucune indemnisation d'un préjudice lié au surcoût de construction ne peut être retenu.

Sur les conclusions d'appels en garantie :

14. Ainsi qu'il a été dit au point 6, la seule société fautive est la société LR Architecture. Par suite, les conclusions d'appel en garantie présentées par celle-ci à l'encontre d'une part, de la société Peltier, d'autre part de la société Arcad et, en tout état de cause, la SMABTP son assureur, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions reconventionnelles présentées par la société Peltier :

15. La société Peltier demande au tribunal de condamner la commune de Vernouillet à lui verser la somme de 39 445,15 euros HT, au titre d'une perte de marge brute sur le reste du chantier et de condamner la société LR Architecture à garantir la commune de cette condamnation. Contrairement à ce qui est soutenu par la société LR Architecture ces conclusions présentent un lien suffisant avec le litige.

16. D'une part, il résulte de l'instruction que le montant réclamé, entériné par l'expert judiciaire, a été sollicité par la société Peltier auprès de la commune le 12 février 2021 dans son décompte général du 9 février 2021, d'autre part il n'est ni établi, ni même allégué que la commune, qui fait, aux termes de ses écritures, état de cette réclamation et conclut à la condamnation de LR Architecture à lui verser la somme correspondante, aurait procédé au paiement de cette somme. Dès lors, la commune de Vernouillet doit être condamnée à verser cette somme, non sérieusement contestée, à la société Peltier et la société LR Architecture doit être condamnée à garantir la commune de cette condamnation.

Sur les frais d'expertise :

17. Par ordonnance du 25 juin 2020, la présidente du tribunal a taxé et liquidé les frais et honoraires de l'expertise à la somme de 15 305,48 euros TTC. Il y a lieu de mettre cette somme à la charge définitive de la société LR Architecture.

Sur les frais liés au litige :

18. D'une part, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la société LR Architecture au titre des frais exposés et non compris dans les dépens une somme de 3 000 euros à verser à la commune de Vernouillet.

19. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées, sur le même fondement, par la société Apave Infrastructures et Construction France venant aux droits de la société Apave Parisienne, la société Arcad, la SMABTP, la société GT2E, la société MIC Insurance et la société MIC Insurance Company, la société Peltier, la MAF et la société LR Architecture.

Sur le droit de plaidoirie :

20. Aux termes de l'article R. 723-26-1 du code de la sécurité sociale : " Le droit de plaidoirie prévu au premier alinéa de l'article L. 723-3 est exigible devant les juridictions administratives de droit commun et les juridictions de l'ordre judiciaire () Le droit de plaidoirie ne peut faire l'objet d'aucune dispense ". Et aux termes de l'article R. 723-26-2 du même code : " Le droit de plaidoirie est dû à l'avocat pour chaque plaidoirie faite aux audiences dont la liste est fixée par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice. À défaut de plaidoirie, est considéré comme ayant plaidé l'avocat représentant la partie à l'audience () ". Enfin, en application des dispositions de l'article R. 723-26-3 de ce code : " Le montant du droit de plaidoirie est fixé à 13 euros ". Le conseil de la commune ayant été présent à l'audience, il y a lieu de faire droit à ses conclusions tendant à ce qu'une somme de 13 euros soit mise à la charge de la société LR Architecture au titre du droit de plaidoirie.

D E C I D E :

Article 1er : La société LR Architecture est condamnée à verser à la commune de Vernouillet la somme de 214 415,98 euros TTC au titre de sa responsabilité contractuelle.

Article 2 : La commune de Vernouillet est condamnée à verser à la société Peltier la somme de 39 445,15 euros HT.

Article 3 : La société LR Architecture garantira la commune de Vernouillet de la condamnation prononcée à son encontre à l'égard de la société Peltier.

Article 4 : Les frais d'expertise taxés et liquidés à la hauteur de 15 305,48 euros TTC sont mis à la charge définitive de la société LR Architecture.

Article 5 : La société LR Architecture versera à la commune de Vernouillet la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : La société LR Architecture versera à la commune de Vernouillet la somme de 13 euros au titre de l'article R. 723-26-1 du code de la sécurité sociale.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Vernouillet, la société LR Architecture, la société Arcad, la société Eté 45, la société GT2E, la société Cebi 45, la société Peltier, la société Dias Construction, la société Delvalle-Gondouin, la société Apave Infrastructures et Construction France venant aux droits de la société Apave Parisienne, la société TTC, la société Alutech, la société Avez, la société LMC, la société Sertac, la société Ledoux Carrelages, la société Dubois, la société Revnor, la société Thyssenkrupp Ascenseurs, la société PCS, la société LTE, la société Art Dan Sols sportifs et la société TP 28 venant aux droits et obligations de la société Musci, la Mutuelle des architectes de France (MAF), la SMABTP, la société MIC Insurance et la société MIC Insurance Company et au BET Structure Bois.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,

Mme Defranc-Dousset, première conseillère,

M. Joos, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.

La présidente-rapporteure,

Anne LEFEBVRE-SOPPELSA

L'assesseure la plus ancienne,

Hélène DEFRANC-DOUSSETLa greffière,

Nadine PENNETIER-MOINET

La République mande et ordonne à la préfète d'Eure-et-Loir en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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