vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2100648 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DOGAN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 27 janvier 2021, enregistrée le 3 février 2021 au greffe du tribunal administratif d'Orléans, le président du tribunal administratif de Montreuil a transmis la requête de Mme A au tribunal administratif d'Orléans en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Par une requête et des mémoire enregistrés le 1er septembre 2020, le 29 octobre 2020 et le 12 avril 2022, Mme B A, représentée par Me Dogan, avocat, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017 ;
2°) le bénéfice du sursis de paiement prévu à l'article L. 277 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la procédure d'imposition est entachée d'irrégularités dès lors d'une part, que le service vérificateur n'était pas compétent territorialement pour la mener et, d'autre part, qu'elle n'a pas été rendue destinataire de la proposition de rectification qui lui a été notifiée à une adresse à Romorantin-Lanthenay alors qu'elle avait informé les services fiscaux de sa nouvelle adresse et que conformément à la doctrine administrative référencée BOI-CF-IOR-10-30 du 27 février 2014, il appartient à l'administration d'adresser la proposition de rectification à la dernière adresse portée à sa connaissance.
Par un mémoire enregistré le 29 novembre 2021, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le lieu d'exercice de l'activité professionnelle de la requérante situé à Romorantin-Lanthenay donnait compétence à la brigade départementale de vérifications du Loir-et-Cher qui avait, en application des dispositions du III de l'article 350 terdecies de l'annexe III au code général des impôts, un droit de suite pour procéder à la vérification des déclarations de revenu global de la requérante domiciliée en Seine-Saint-Denis ;
- la proposition de rectification du 23 mai 2019 a été adressée à la requérante à l'adresse indiquée par celle-ci lors du premier entretien de l'examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle ; si elle avait effectivement signalé un changement de domiciliation à la toute fin de la procédure de contrôle, elle a malgré tout accusé réception le 24 mai 2019 de la proposition de rectification et n'établit pas que la signature portée sur l'accusé de réception n'était pas la sienne ou a été apposée par une personne non habilitée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A a fait l'objet d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle au titre des années 2015, 2016 et 2017. Par une proposition de rectification du 23 mai 2019, des disponibilités demeurées inexpliquées en 2016 et 2017 ont été taxées d'office en application des articles L. 16 et L. 69 du livre des procédures fiscales. Aucune observation n'a été présentée par Mme A. Les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, assorties des intérêts de retard et d'une majoration de 40 % pour manquement délibéré, ont été mises en recouvrement le 30 septembre 2019. Mme A a contesté ces impositions par une réclamation contentieuse du 18 décembre 2019, qui a fait l'objet d'une décision de rejet du 1er juillet 2020. Mme A demande la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ainsi mises à sa charge au titre des années 2016 et 2017.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la compétence territoriale du service vérificateur :
2. Aux termes de l'article 350 terdecies de l'annexe III au code général des impôts dans sa version alors en vigueur : " I. - Sous réserve des dispositions des articles 409 et 410 de l'annexe II au code général des impôts, seuls les fonctionnaires de la direction générale des finances publiques appartenant à des corps des catégories A et B peuvent fixer les bases d'imposition et liquider les impôts, taxes et redevances ainsi que proposer les rectifications () / III. - Les fonctionnaires mentionnés au premier alinéa du I et compétents territorialement pour procéder aux contrôles visés à l'article L. 47 du livre des procédures fiscales d'une personne physique ou morale ou d'un groupement peuvent exercer les attributions définies à cet alinéa pour l'ensemble des impositions, taxes et redevances, dues par ce contribuable, quel que soit le lieu d'imposition ou de dépôt des déclarations ou actes relatifs à ces impositions, taxes et redevances () ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'agent vérificateur, qui relevait de la direction départementale des finances publiques de Loir-et-Cher, dans le ressort territorial de laquelle la requérante était soumise à déclaration à raison de son activité exercée sous l'enseigne La Créole à Romorantin-Lanthenay, était compétent pour procéder au contrôle des déclarations de revenu global de la requérante, domiciliée en Seine-Saint-Denis. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence territoriale du service vérificateur doit être écarté.
En ce qui concerne la régularité de la notification de la proposition de rectification :
S'agissant de l'application de la loi fiscale :
4. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Aux termes de l'article L. 76 du même livre : " Les bases ou les éléments servant au calcul des impositions d'office sont portés à la connaissance du contribuable, trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions () ".
5. Il résulte de ces dispositions que la proposition de rectification doit être envoyée à l'adresse que le contribuable a donnée à l'administration. Celui-ci n'est toutefois pas privé des garanties que lui assure la procédure d'imposition au seul motif que le pli contenant l'acte de procédure a été envoyé à une autre adresse si ce pli lui est effectivement parvenu. Si le contribuable soutient que l'avis d'accusé de réception d'un pli recommandé, portant notification des redressements qui lui sont assignés, n'a pas été signé par lui, il lui appartient d'établir que le signataire de l'avis n'avait pas qualité pour recevoir le pli dont il s'agit. Dans le cas où le contribuable n'apporte aucune précision sur l'identité de la personne signataire des avis litigieux et s'abstient de dresser la liste des personnes qui, en l'absence de toute habilitation, auraient néanmoins eu qualité pour signer de tels avis, il ne peut être regardé comme ayant démontré que le signataire de l'avis de réception n'était pas habilité à réceptionner ce pli.
6. Il est constant que la proposition de rectification du 23 mai 2019 a été envoyée à l'adresse de Romorantin-Lanthenay que Mme A avait donnée aux services fiscaux le 27 juillet 2018 lors du premier entretien de l'examen de sa situation fiscale personnelle. Si par la suite, le 10 mai 2019, la requérante a informé le service des impôts des particuliers de Seine-Saint-Denis dont elle dépendait de son changement d'adresse et de sa domiciliation en Belgique depuis le mois de mars 2019, il résulte de l'instruction qu'elle n'a pas informé le service vérificateur de la direction départementale des finances publiques de Loir-et-Cher de ce changement d'adresse lors de l'entretien de synthèse qui s'est tenu le 2 mai précédent et dont le compte rendu dressé le 6 mai rappelait à Mme A qu'elle avait demandé que les courriers concernant la procédure lui soient adressés à Romorantin-Lanthenay. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, Mme A ne peut pas être regardée comme ayant accompli de manière loyale les diligences utiles et nécessaires aux fins de signaler son changement d'adresse au service vérificateur. Dès lors, alors qu'il résulte de l'instruction qu'il a été accusé réception le 24 mai 2019 de la notification de la proposition de rectification adressée au nom de Mme A à Romorantin-Lanthenay et que l'intéressée n'apporte aucun élément permettant de démontrer que le signataire de l'avis de réception n'était pas habilité à réceptionner le pli, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la proposition de rectification lui aurait été irrégulièrement notifiée.
S'agissant de l'interprétation administrative de la loi fiscale :
7. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. / Il en est de même lorsque, dans le cadre d'un examen ou d'une vérification de comptabilité ou d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle, et dès lors qu'elle a pu se prononcer en toute connaissance de cause, l'administration a pris position sur les points du contrôle, y compris tacitement par une absence de rectification () ".
8. Mme A ne peut se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A précité du livre des procédures fiscales, d'instructions administratives qui, traitant de questions relatives à la procédure d'imposition, ne peuvent être regardées comme comportant une interprétation de la loi fiscale au sens de cet article.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de sursis de paiement :
10. Les conclusions relatives au sursis de paiement ont perdu leur objet dès lors que le présent jugement statue sur le fond de l'affaire. Il n'y a dès lors pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande Mme A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant au bénéfice du sursis de paiement.
Article 2 : Les conclusions de la requête de Mme A sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.
Délibéré après l'audience du 13 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2023.
Le rapporteur,
Stéphane C
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026