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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2100730

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2100730

jeudi 4 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2100730
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantCABINET LEROY & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 février 2021, Mme M E, M. G B, M. C B, M. D B, Mme O B et Mme F B, agissant en leur nom personnel et en tant qu'ayants droit de M. H B, représentés par Me Leroy, demandent au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier régional d'Orléans à leur verser la somme globale de 175 545 euros en réparation de l'ensemble des préjudices subis en lien avec le décès de M. H B, leur conjoint et père, à la suite de sa prise en charge au sein de l'établissement ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier régional d'Orléans la somme de 9 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;

3°) de condamner le centre hospitalier régional d'Orléans aux entiers dépens de l'instance.

Ils soutiennent que :

- le centre hospitalier régional d'Orléans a commis une faute de nature à engager sa responsabilité résultant du choix thérapeutique erroné d'une chirurgie de stabilisation non adaptée par pose de prothèses discales sans fixation, d'un défaut de suivi par absence d'immobilisation rachidienne et d'un retard de prise en charge pour réaliser une deuxième intervention chirurgicale ;

- cette faute est à l'origine d'une majoration des souffrances endurées par M. B, d'un préjudice esthétique temporaire, d'une perte de chance évaluée à 75 % de retrouver une autonomie motrice et respiratoire et de pouvoir retourner à son domicile, M. B ayant dû être placé sous assistance respiratoire permanente par trachéotomie, accroissant les risques d'infection et de décès, lequel est survenu le 18 juillet 2017 en centre de réadaptation fonctionnelle ;

- le centre hospitalier régional d'Orléans devra être condamné à réparer les préjudices qui en ont résulté ;

- s'agissant des préjudices de M. H B, le centre hospitalier régional d'Orléans devra être condamné à verser à ses ayants droit une somme de 8 201,25 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, une somme de 26 250 euros au titre des souffrances endurées et une somme de 26 250 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;

- s'agissant des consorts Q, le centre hospitalier régional d'Orléans devra être condamné à leur verser une somme de 1 500 euros au titre de leurs frais de déplacement pour rendre visite à M. B au cours de son hospitalisation et une somme de 6 468,75 euros au titre des frais funéraires ;

- s'agissant des préjudices de Mme M E, le centre hospitalier régional d'Orléans devra être condamné à lui verser la somme de 22 500 euros au titre de son préjudice moral ;

- s'agissant des préjudices de M. G B, le centre hospitalier régional d'Orléans devra être condamné à lui verser la somme de 22 500 euros au titre de son préjudice moral ;

- s'agissant des préjudices de M. C B, le centre hospitalier régional d'Orléans devra être condamné à lui verser la somme de 22 500 euros au titre de son préjudice moral ;

- s'agissant des préjudices de Mme F B, le centre hospitalier régional d'Orléans devra être condamné à lui verser la somme de 13 125 euros au titre de son préjudice moral ;

- s'agissant des préjudices de Mme O B, le centre hospitalier régional d'Orléans devra être condamné à lui verser la somme de 13 125 euros au titre de son préjudice moral ;

- s'agissant des préjudices de M. D B, le centre hospitalier régional d'Orléans devra être condamné à lui verser la somme de 13 125 euros au titre de son préjudice moral.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 juin 2021 et 28 juillet 2022, le centre hospitalier régional d'Orléans, représenté par Me Boizard, conclut dans le dernier état de ses écritures :

1°) au rejet des conclusions tendant à l'indemnisation au titre du déficit fonctionnel temporaire total de M. H B ;

2°) à la limitation de l'indemnisation due aux ayants droit, déduction faite de la perte de chance évaluée à 75 %, à la somme de 15 000 euros au titre des souffrances endurées par M. H B et à la somme de 1 500 euros au titre du préjudice esthétique temporaire de ce dernier ;

3°) à la limitation de l'indemnisation du préjudice moral de Mme M E à 15 000 euros, du préjudice moral de MM. Mathys, Jason et Jimmy B à 9 000 euros chacun, de Mmes F et O B à 4 500 euros chacune, déduction faite de la perte de chance évaluée à 75 % ;

4°) au rejet du surplus des demandes.

Il soutient que :

- si sa responsabilité est engagée du fait des manquements ayant entrainé une perte de chance de 75 % d'éviter le décès de M. B, aucun lien de causalité n'est établi entre la prise en charge et le déficit fonctionnel temporaire total ;

- le préjudice résultant des souffrances endurées doit être indemnisé au regard du référentiel proposé par l'ONIAM, auquel doit être appliqué le taux de perte de chance de 75 % ;

- la demande d'indemnisation du préjudice moral de Mme E, des enfants majeurs et des enfants mineurs doit être ramenée à de plus justes proportions ;

- les requérants n'ayant pas fourni de justificatifs des frais de transports, ce poste de préjudice ne peut être indemnisé ;

- son assureur ayant adressé aux requérants une offre d'indemnisation, témoignant de son inscription dans le cadre d'une démarche amiable, les intéressés ne sont pas fondés à obtenir la prise en charge des frais d'instance.

La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme K ;

- les conclusions de Mme Palis De Koninck, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Etiemble, substituant Me Leroy, représentant Mme E et les consorts B et de Me Nuza, substituant Me Boizard, représentant le centre hospitalier régional d'Orléans.

Considérant ce qui suit :

1. M. H B, alors âgé de soixante-quatre ans, a été victime d'un accident de la circulation, le 5 juin 2016, lui ayant provoqué un traumatisme rachidien, un déficit des deux membres inférieurs et un déficit sensitif des deux mains. Il a été pris en charge par le service d'aide médicale urgente (SAMU) d'Eure-et-Loir qui l'a conduit aux urgences du centre hospitalier de Châteaudun, puis transféré au centre hospitalier régional d'Orléans le même jour. Une IRM médullaire ayant révélé une compression médullaire en rapport avec une volumineuse hernie discale C6-C7, un hématome épidural antérieur ainsi qu'une hernie C5-C6 paramédiane gauche non compressive, une intervention chirurgicale en urgence a été réalisée. Elle a consisté en la mise en place d'une prothèse en C6-C7 et en C5-C6. Face à la survenance d'une paraplégie de niveau T4 sensitif et d'un déficit des membres supérieurs à prédominance distale au niveau C6, qualifié de tétraplégie incomplète au niveau cervical bas, une trachéotomie a été réalisée le 7 juin 2016. M. B souffrant de troubles respiratoires et le déficit moteur connaissant une aggravation pour remonter jusqu'au niveau C2, une nouvelle IRM et un scanner ont été réalisés le 8 juin 2016, révélant une luxation majeure avec une migration de la prothèse C6-C7 en intracanalaire et conduisant à une nouvelle intervention chirurgicale, réalisée le même jour, avec ostéosynthèse postérieure C6-C7 par plaques et vis articulaire. M. B étant resté atteint d'une tétraplégie de niveau sensitif et moteur C2, il lui a été prescrit une minerve sur mesure le 16 juin 2016, un traitement psychiatrique et une gastrostomie. A partir de juillet 2016, il a été placé sous ventilation assistée. Le 23 août 2016, il a été transféré au centre de réadaptation fonctionnelle de L'hospitalet à Montoire-sur-Le Loir où il est décédé, le 18 juillet 2017, dans un tableau de défaillance respiratoire.

2. Estimant que la responsabilité du centre hospitalier régional d'Orléans était engagée dans les dommages subis par M. H B et son décès, Mme M E, sa concubine, MM. Jimmy, Jason et Mathys B, ses fils et A O et F B, ses filles, ont saisi la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) le 13 février 2018 d'une demande d'indemnisation. Une expertise a été confiée au professeur L I, neurochirurgien, qui a remis son rapport à la commission le 5 avril 2019. Par une décision rendue le 27 mai 2019, la commission a sursis à statuer dans l'attente d'une seconde expertise, confiée au professeur N J, neurochirurgien, qui a rendu son rapport le 9 octobre 2019. Par un avis du 5 novembre 2019, la CCI a estimé que la réparation des préjudices subis par M. H B et ceux résultant de son décès incombait à l'assureur du centre hospitalier régional d'Orléans à hauteur de 75 %. Le 11 février 2020, l'assureur de l'établissement a proposé aux consorts P une indemnisation totale de 43 540 euros en réparation de l'ensemble de leurs préjudices. Estimant ces offres insuffisantes, les consorts P les ont refusées. Par la requête ci-dessus analysée, ces derniers demandent au tribunal de condamner le centre hospitalier régional d'Orléans à leur verser une somme de 60 701,25 euros en leur qualité d'ayants droit de M. H B pour les préjudices subis par ce dernier avant son décès, une somme de 1 500 euros pour leurs frais de déplacement pendant son hospitalisation, une somme de 6 468,75 euros au titre des frais funéraires, à verser à Mme M E, M. G B et M. C B ainsi qu'une somme de 22 500 euros chacun au titre de leur préjudice moral, et à Mme F B, Mme O B et M. D B une somme de 13 125 euros chacun, également au titre de leur préjudice moral.

Sur la responsabilité du centre hospitalier :

En ce qui concerne les fautes :

3. Aux termes du premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. ".

4. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport du professeur I et de celui du professeur J, rendus dans le cadre de la procédure amiable devant la CCI, qu'en raison des lésions rachidiennes assorties d'une paraplégie subies par M. H B du fait d'un accident de la circulation survenu le 5 juin 2016, diagnostiquées en premier lieu au centre hospitalier de Châteaudun puis le même jour au centre hospitalier régional d'Orléans, l'équipe médicale de ce dernier établissement a décidé de réaliser en urgence une intervention chirurgicale. Celle-ci a consisté en une exérèse et une arthroplastie sur deux étages en C6C7 et en C5C6. Dans les suites opératoires, M. B a présenté une paraplégie de niveau T4 sensitif et un déficit des membres supérieurs au niveau de la vertèbre C6 traduisant une tétraplégie. Le 7 juin 2016, M. B a été à nouveau pris en charge au bloc opératoire pour la réalisation d'une trachéotomie. Le 8 juin 2016, son état a connu une dégradation respiratoire et une aggravation du déficit moteur révélant une aggravation de l'état neurologique. Une IRM et un scanner ont alors été réalisés, qui ont permis de diagnostiquer une luxation majeure avec une migration de la prothèse en C6C7 en intra-canalaire, qui a nécessité une nouvelle intervention chirurgicale en urgence, au cours de laquelle a été pratiquée une ostéosynthèse postérieure C6C7 par plaques et vis articulaires. Il résulte de l'instruction, et notamment des conclusions concordantes des deux experts désignés par la CCI, que le geste opératoire réalisé lors de la première intervention n'était pas indiqué pour ce type de pathologie, face au risque d'instabilité rachidienne, laquelle aurait nécessité que soit pratiquée, d'emblée, une ostéosynthèse par pose de plaque et vis. Par ailleurs, il apparaît que la dégradation de l'état de M. B est également liée à l'absence d'immobilisation par minerve dans les suites immédiates de cette première intervention. Enfin, il est également reproché aux équipes du centre hospitalier régional d'Orléans d'avoir tardé à réaliser une nouvelle IRM, prescrite dès le 7 juin 2016 lorsque l'état neurologique de M. B s'est dégradé, mais réalisée le 8 juin 2016 seulement, ce qui a retardé d'autant la ré-intervention nécessaire. A l'issue des deux interventions réalisées, M. B présentait une tétraplégie complète C2 et avait perdu son autonomie respiratoire, ce qui a finalement conduit à son décès. Dans ces conditions, eu égard aux défaillances successives constatées, la prise en charge médicale globale de M. B n'apparaît pas conforme aux règles de l'art. Par suite, le centre hospitalier régional d'Orléans a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.

En ce qui concerne la perte de chance :

5. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

6. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport du professeur J, dont les conclusions sont reprises par la CCI, que si l'accident de la circulation dont a été victime M. B est la cause d'une partie des lésions rachidiennes qu'il a présentées par la suite et de leurs conséquences, la perte totale de son autonomie respiratoire et motrice et l'augmentation des risques d'infections respiratoires qui ont contribué à son décès, sont en lien direct avec l'erreur de choix thérapeutique commise lors de l'intervention chirurgicale du 5 juin 2016, ainsi qu'avec le défaut de suivi post-opératoire, le port d'une minerve n'ayant été appliqué que le 16 juin 2016. Dans ces conditions, il y a lieu d'évaluer l'ampleur de cette perte de chance d'éviter le décès à 75 %.

Sur l'indemnisation des préjudices :

En ce qui concerne les préjudices de M. H B :

7. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède avant d'avoir elle-même introduit une action en réparation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers.

8. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment des deux rapports d'expertise, qu'après l'opération du 5 juin 2016, et en raison de la gravité des lésions rachidiennes subies par M. H B du fait de l'accident de la circulation dont il a été victime, les manquements constatés dans sa prise en charge médicale n'ont pas allongé la durée de son déficit fonctionnel temporaire total, la gravité de son état initial nécessitant, en toutes hypothèses, une hospitalisation prolongée et une prise en charge rééducative. Les requérants ne sont donc pas fondés à demander réparation de ce poste de préjudice.

9. En deuxième lieu, M. H B a enduré des souffrances du fait des manquements constatés dans la prise en charge dont il a fait l'objet. Ces souffrances sont évaluées à un niveau de 6/7 par les experts sollicités par la CCI et ce jusqu'à son décès, le 18 juillet 2017. Ces souffrances étant estimées comme intégralement imputables aux manquements constatés, l'indemnisation de ce préjudice est évaluée à 23 000 euros.

10. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport établi par le professeur J, que le préjudice esthétique temporaire subi par M. H B a été évalué à un niveau de 6/7, imputable intégralement aux défaillances fautives. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en fixant à 23 000 euros l'indemnisation due à ce titre.

11. En quatrième lieu, il résulte des rapports d'expertise que l'état de M. H B n'a pas été consolidé. Par suite, les conclusions tendant à la réparation d'un déficit fonctionnel permanent doivent être écartées.

En ce qui concerne les préjudices de la compagne et des enfants de M. H B :

S'agissant des préjudices patrimoniaux :

12. Il résulte de l'instruction, et notamment des factures produites, que Mme E a exposé une somme de 8 425 euros au titre des frais d'obsèques de son compagnon. Il y a lieu, par suite, de l'indemniser à hauteur de la somme de 6 318,75 euros, compte tenu du taux de perte de chance retenu.

13. Il résulte de l'instruction, comme évoqué au point 8, que la durée d'hospitalisation de M. H B n'a pas été majorée par les manquements fautifs constatés dans sa prise en charge par le centre hospitalier régional d'Orléans. Ainsi les requérants, qui au surplus n'ont produit aucune pièce de nature à justifier des dépenses qu'ils indiquent avoir supportées, ne sont donc pas fondés à demander l'indemnisation de leurs frais de déplacement pour lui rendre visite pendant son hospitalisation et son séjour en établissement spécialisé.

S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux :

14. En premier lieu, Mme E a subi un préjudice moral du fait des souffrances endurées par son compagnon et du décès de celui-ci. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de lui allouer à ce titre une somme de 22 000 euros, ramenée à la somme de 16 500 euros après application du taux de perte de chance de 75 %.

15. En deuxième lieu, à la date de la première intervention chirurgicale subie par M. H B, celui-ci avait encore à sa charge un enfant de neuf ans. Au titre de son préjudice moral, il y a lieu d'allouer à M. G B la somme de 22 000 euros ramenée à la somme de 16 500 euros après application du taux de perte de chance de 75 %.

16. En troisième lieu, il résulte de l'instruction qu'à la date de sa prise en charge par le centre hospitalier régional d'Orléans, M. H B avait un fils de dix-huit ans, vivant également au domicile. Au titre de son préjudice moral, il y a lieu d'allouer à M. C B la somme de 16 000 euros ramenée à la somme de 12 000 euros après application du taux de perte de chance de 75 %.

17. En dernier lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par les trois autres enfants de M. H B, jeunes majeurs âgés de vingt-trois, vingt-sept et vingt-huit ans au moment des faits et qui ne vivaient plus auprès de leur père, en leur allouant à chacun la somme de 12 000 euros ramenée à la somme de 9 000 euros après application du taux de perte de chance de 75 %.

Sur les frais liés au litige :

18. D'une part, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier régional d'Orléans une somme globale de 1 500 euros à verser aux consorts P sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

20. D'autre part, aucun frais d'expertise n'a été exposé dans la présente instance. Dès lors, les conclusions des requérants tendant à ce que les dépens soient mis à la charge du centre hospitalier régional d'Orléans sont sans objet et doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier régional d'Orléans est condamné à verser aux ayants droit de M. H B une somme de 46 000 euros en réparation de ses préjudices propres.

Article 2 : Le centre hospitalier régional d'Orléans est condamné à verser à Mme M E une somme de 22 818, 75 euros en réparation des préjudices subis du fait du décès de son conjoint.

Article 3 : Le centre hospitalier régional d'Orléans est condamné à verser à M. G B une somme de 16 500 euros en réparation de son préjudice.

Article 4 : Le centre hospitalier régional d'Orléans est condamné à verser à M. C B une somme de 12 000 euros en réparation de son préjudice.

Article 5 : Le centre hospitalier régional d'Orléans est condamné à verser à Mme F B, à Mme O B et à M. D B une somme de 9 000 euros chacun en réparation de leur préjudice.

Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme M E, M. G B, M. C B, Mme F B, Mme O B, M. D B, au centre hospitalier régional d'Orléans et à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher.

Délibéré après l'audience du 13 avril 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Rouault-Chalier, présidente,

Mme Bernard, première conseillère,

M. Nehring, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.

La rapporteure,

La présidente,

Pauline K

Patricia ROUAULT-CHALIER

La greffière,

Agnès BRAUDLa République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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