jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2100956 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | PROUST |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 15 mars 2021, le 22 mars 2021 et le
21 décembre 2021, la SARL Aline, représentée par Me Proust, demande au tribunal :
1°) condamner la commune du Grand Pressigny et son assureur MMA solidairement à lui payer une somme de 10 593,79 euros ;
2°) de mettre à la charge de la commune du Grand Pressigny et son assureur MMA solidairement une somme de 3 000 euros au titre de l'article 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'expert a évalué la perte d'exploitation à 40 772 euros ; un versement a été effectué de la somme de 37 544,33 euros, déduction faite de la somme de 8.793,79 euros prétendument réglés au titre des préjudices intervenus en 2013 et 2014 ; cependant la commune et son assureur n'ont pas produit de justificatifs correspondant aux indemnisations de perte d'exploitation en rapport avec le sinistre évalué par l'expert judiciaire ;
- l'expert a écarté toute évaluation de la perte d'exploitation pour l'année 2013 dans le cadre de l'expertise judiciaire, dès lors, il n'est pas possible de déduire des sommes versées par l'assureur au titre de l'année 2013 ;
- la commune a précisé le 22 janvier 2020 l'affectation des sommes de " 1.231,34 euros au titre des pertes d'exploitation pour les chambres 11 et 900 euros pour la perte d'exploitation de Chambre 28 " soit d'une somme de 2.131,34 euros ; en tout état de cause, cette somme ne peut être déduite des pertes d'exploitation évaluées par l'expert car elle concerne des chambres des premier et deuxième étages donc non évaluées par l'expert judiciaire. ;
- il existe deux sinistres survenus le premier en décembre 2013 et le deuxième en juillet 2014 ;
- il n'y a pas lieu d'exclure les frais d'expertise comptable de 1 500 euros ;
- l'expert judiciaire a relevé dans son rapport la période indemnisable ; les dégâts des eaux ayant pu exister dans l'hôtel dans les chambres situées aux 1er et 2ème étages numérotées 11, 12 et 28, n'ont pas fait l'objet d'une évaluation par l'expert judiciaire ; la somme de
2.131,34 euros ne peut être déduite des pertes d'exploitation évaluées par l'expert judiciaire car elle concerne des chambres premiers et deuxième étages donc non évaluées par l'expert judiciaire.
Par un mémoire, enregistré le 30 juillet 2021, la commune du Grand Pressigny et la société d'assurances MMA IARD, représentées par Me Oulad Ben Said, concluent au rejet de la requête et demandent qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la demande indemnitaire est tardive ;
- une lettre du conseil de la commune du 22 janvier 2020 a précisé que la somme de 8 793,19 euros se répartissait entre 1 231,34 euros de perte d'exploitation pour les chambres
11 et 12, 900 euros de perte d'exploitation pour la chambre 28 et 6 662,45 euros de perte d'exploitation en 2014 de la chambre PMR ; elle produit les chèques émis pour le règlement de ces sommes ;
- il est demandé la mise hors de cause de l'agent général d'assurance MMA qui ne peut en aucun cas être confondu avec la compagnie d'assurance MMA et qui n'a aucune vocation à indemniser quiconque ; il est sollicité du tribunal l'intervention volontaire des MMA IARD SA qui est l'assureur de la commune ; l'action directe exercée contre l'assureur de la commune est irrecevable ;
- il n'existe aucune corrélation entre la numérotation des chambres présentée par la SARL Aline dans le cadre de sa requête en référé avec celle présentée et retenue par l'expert judiciaire ni avec celle qui avait été donnée durant l'expertise technique amiable ;
- la mission de l'expert judiciaire concerne l'ensemble des pertes d'exploitation subies en relation avec le sinistre par la SARL ALINE sans aucune distinction quelconque de période ou de chambre ;
- l'expert judiciaire précise que la note d'honoraires de l'expert-comptable de 1 500 euros litigieuse n'a pas été présentée comme pièce à la procédure ;
- la main d'œuvre de 300 euros basée sur un coût horaire de 8,57 € pour des travaux d'une durée de 35 heures est irrecevable, les MMA en leur qualité d'assureur ont déjà versé une somme de 3.427 € au titre des travaux d'embellissement conformément aux pièces n°4 et 5 communiquées par la SARL ALINE annexées à sa requête délivrée en référé ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- l'ordonnance de la présidente du tribunal administratif du 1er février 2019 désignant M. A B, expert-comptable, en qualité d'expert ;
- le rapport d'expertise, déposé le 12 juillet 2019 ;
- l'ordonnance du 8 octobre 2019 taxant les frais d'expertise à la somme de 5 566,12 euros.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jaosidy,
- et les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Aline, qui exploite depuis juin 2013 un établissement commercial dénommé Auberge Savoie Villars, a été victime de remontées d'humidité mises en évidence en décembre 2013, puis en juillet 2014. Il n'est pas contesté que ces préjudices résultent de défauts d'étanchéité du réseau d'évacuation des eaux pluviales de la commune du Grand Pressigny. L'expert judiciaire désigné par le tribunal a estimé que la SARL Aline a subi une perte d'exploitation. Il a ainsi constaté que la chambre 1 n'avait pu être louée de décembre 2013 à avril-mai 2018, la chambre 2 qu'il désigne comme étant celle attribuée aux personnes à mobilité réduite (PMR) n'a pas pu être louée de mars 2015 à avril-mai 2018 et la chambre 10, où loge l'apprenti, de septembre 2013 à août 2014. L'expert a également pris en compte la perte d'exploitation pour les prestations petit-déjeuner et restaurant. Il conclut à une perte d'exploitation globale de 40 772 euros " sous déduction d'une éventuelle indemnisation déjà perçue au titre de la perte d'exploitation ". Il a écarté une note d'honoraire de 1 500 euros pour la détermination d'une perte de marge car non produite durant la procédure et a limité à 300 euros le coût de la main d'œuvre fournie par le gérant pour la rénovation des chambres. La SARL Aline, qui ne conteste pas avoir perçu la somme de 37 544,33 euros, demande la condamnation solidaire de la commune et de son assureur MMA Iard au paiement d'une somme de 15 593,79 euros, incluant, outre la perte d'exploitation, une note d'honoraires d'un expert-comptable de 1 500 euros et la somme de 300 euros représentant le coût de la main-d'œuvre nécessaire pour la réfection d'une chambre.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune :
2. A supposer que la commune de Grand Pressigny a entendu soulever ce moyen, la règle issue du principe de sécurité juridique selon laquelle le destinataire d'une décision administrative individuelle qui a reçu notification de cette décision ou en a eu connaissance dans des conditions telles que le délai de recours contentieux ne lui est pas opposable doit, s'il entend obtenir l'annulation ou la réformation de cette décision, saisir le juge dans un délai raisonnable, qui ne saurait, en règle générale et sauf circonstances particulières, excéder un an, ne trouve pas à s'appliquer aux recours tendant à la mise en jeu de la responsabilité d'une personne publique qui, s'ils doivent être précédés d'une réclamation auprès de l'administration, ne tendent pas à l'annulation ou à la réformation de la décision rejetant tout ou partie de cette réclamation mais à la condamnation de la personne publique à réparer les préjudices qui lui sont imputés. La fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit par suite être écartée.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'assureur de la commune :
3. Les services d'assurances sont soumis au code de la commande publique et, s'ils sont conclus par des personnes morales de droit public, sont des contrats administratifs en vertu de l'article L.6 de ce code. Si l'action directe ouverte par l'article L. 124-3 du code des assurances à la victime d'un dommage, ou à l'assureur de celle-ci subrogé dans ses droits, contre l'assureur de l'auteur responsable du sinistre, tend à la réparation du préjudice subi par la victime, elle poursuit l'exécution de l'obligation de réparer qui pèse sur l'assureur en vertu du contrat d'assurance. Elle relève par suite, comme l'action en garantie exercée, le cas échéant, par l'auteur du dommage contre son assureur, de la compétence de la juridiction administrative, dès lors que le contrat d'assurance présente le caractère d'un contrat administratif. Il suit de là que la fin de non-recevoir opposée par la commune du Grand Pressigny et de son assureur MMA IARD doit être rejetée.
Sur l'indemnisation de la perte d'exploitation :
4. A la demande du juge du référé provision statuant par une ordonnance 2001439 du 17 juillet 2020 devenue définitive, la SARL Aline a précisé que l'hôtel possède 10 chambres, que le 1er étage du bâtiment principal compte 5 chambres numérotées de 10 à 15, et le 2ème étage, trois autres chambres numérotées de 27 à 29. Puis dans un bâtiment annexe se situent la chambre n°2 et la chambre pour les personnes à mobilité réduite (PMR) que la requérante affirme être la chambre 1.
5. La commune du Grand Pressigny soutient n'être redevable d'aucune indemnité au titre de la perte d'exploitation, dès lors qu'outre la somme non contestée de 37 544,33 euros, la SARL Aline a, d'une part, perçu les sommes de 1 231,34 euros et de 900 euros par chèque émis le 26 décembre 2014 et par virement du 30 décembre 2013 et, d'autre part, et la somme de 1 000 euros par chèque émis le 17 juillet 2014 et la somme de 5 662,45 euros par chèque émis le 24 décembre 2014, soit une somme totale de 8 793,79 euros.
6. D'une part, il résulte de l'instruction, et notamment de la " lettre officielle " du conseil de la commune du 22 janvier 2020 que les sommes de 1 231,34 euros et 900 euros indemnisent la perte d'exploitation des chambres 11, 12 et 28, situées au premier et deuxième étage de l'immeuble, alors que le rapport d'expertise n'a évalué que la perte d'exploitation des chambres 1,10 et de la chambre pour personne à mobilité réduite, située également au rez-de-chaussée. Il suit de là que cette somme ne peut venir en déduction de l'indemnité proposée par le rapport d'expertise, dont ni le principe ni le montant ne sont utilement contestés. La circonstance que l'ordonnance du juge des référés avait assigné à l'expert la mission de chiffrer l'ensemble des préjudices dont pourrait se prévaloir la société Aline en relation directe avec les troubles nés du défaut d'étanchéité du réseau d'évacuation des eaux pluviales est par elle-même sans incidence sur le présent litige, dès lors que le montant de 40 772 euros a été déterminé dans les conditions rappelées au point 1.
7. D'autre part, il résulte de l'instruction que les sommes de 1 000 euros et de 5 662,45 euros indemnisent également une perte d'exploitation. La somme de 6 662,45 euros a été déterminée au terme d'une expertise amiable réalisée à la demande de la société MMA IARD. Le rapport d'expertise amiable daté du 12 décembre 2014 précise que la perte d'exploitation résulte du sinistre survenu en décembre 2013 et que cette somme est destinée à l'indemnisation d'une perte de dix mois d'exploitation. Ainsi, la SARL Aline est fondée à soutenir que cette somme ne peut venir en déduction de l'indemnité déterminée par le rapport d'expertise judiciaire, couvrant la période de mars 2015 à avril-mai 2018.
8. Il résulte de ce qui précède que la SARL Aline est fondée à demander la condamnation solidaire de la commune du Grand Pressigny et de son assureur MMA IARD au paiement d'une somme de 8 793,79 euros.
Sur la note d'honoraires :
9. Si la société requérante demande l'indemnisation de frais d'expertise comptable à hauteur de la somme de 1 500 euros, elle n'a produit cette note ni dans le cadre de l'expertise judiciaire, ni dans le cadre de la présente instance. Par suite, sa demande doit être rejetée, en l'absence de preuve des frais qu'elle soutient avoir exposés.
Sur les frais de main d'œuvre :
10. La SARL Aline demande le versement de la somme de 300 euros, représentant la rémunération des heures effectuées par le gérant pour la rénovation des chambres. Il résulte toutefois de l'instruction que la commune du Grand Pressigny a indemnisé le coût de la rénovation des chambres à hauteur de la somme de 3 427 euros le 24 avril 2018. La SARL Aline n'établit pas que le montant de l'indemnisation serait insuffisante. Au demeurant, l'ordonnance du juge des référés du 17 juillet 2020 a condamné la commune à verser la somme de 300 euros à la requérante.
Sur les frais d'expertise :
11. Il y a lieu de mettre la charge définitive des frais d'expertise, liquidés à la somme de 5 566,12 euros par ordonnance du 8 octobre 2019, à la charge de la commune du Grand Pressigny
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées par la SARL Aline sur le fondement des dispositions précitées. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SARL Aline, qui n'est pas la partie principalement perdante la présente instance, la somme que demandent la commune du Grand Pressigny et son assureur.
D E C I D E :
Article 1er : La commune du Grand Pressigny et la société d'assurances MMA Iard sont solidairement condamnées à payer à la SARL Aline la somme de 8 793,79 euros.
Article 2 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Les frais de l'expertise, liquidés à la somme de 5 566,12 euros par ordonnance du 8 octobre 2019, sont mis à la charge définitive de la commune du Grand Pressigny.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune du Grand Pressigny et par la société d'assurances MMA Iard sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Aline, à la commune du Grand Pressigny et à la société d'assurances MMA Iard.
Délibéré après l'audience du 8 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
M. Jaosidy, premier conseiller,
Mme Pajot, conseillère.
Lu en audience publique le 22 juin 2023.
Le rapporteur,
Jean-Luc JAOSIDY
La présidente,
Anne-Laure DELAMARRE
La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
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Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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01/06/2026