vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2101055 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LE METAYER & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 22 mars 2021 et le 23 juillet 2021, la société Point Phone, représentée par la SCP d'avocats Le Métayer et associés, demande au tribunal :
1°) de constater le caractère infondé du défaut de présentation de comptabilité retenu par l'administration ;
2°) de constater l'exonération de taxe sur la valeur ajoutée sur les commissions sur les prestations de collecte de fonds ;
3°) de constater la validation du report déficitaire déclaré au titre de l'exercice 2016 ;
4°) d'annuler, avec toutes conséquences de droit, la décision du 15 janvier 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret a rejeté sa réclamation préalable ;
5°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2015, 2016 et 2017 ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
Sur le défaut de présentation de comptabilité :
- elle a proposé à plusieurs reprises au service vérificateur de lui communiquer les documents relatifs aux exercices clos en 2011, 2012, 2013 et 2014 en format papier et les a adressés par message électronique du 10 décembre 2018 ;
- même si le service affirme ne pas avoir reçu le message électronique comportant les documents comptables et n'aurait pas pu les analyser en temps utile en raison du délai de trois mois dont il disposait pour procéder à la vérification de comptabilité, cette dernière a bien été mise à disposition du service et il ne peut être retenu un défaut de présentation de comptabilité.
Sur l'exonération de taxe sur la valeur ajoutée des prestations de collecte de fonds :
- le service de transfert de fonds qu'elle assure intervenant dans le cadre d'une fiducie, elle n'intervient pas en tant que simple intermédiaire mais elle se comporte en qualité de propriétaire des fonds transférés ; dès lors, elle doit pouvoir bénéficier de l'exonération de taxe sur la valeur ajoutée prévue par les dispositions du d du 1° de l'article 261 C du code général des impôts.
Sur le report déficitaire :
- il y a lieu de constater qu'à l'issue de l'entretien hiérarchique, un déficit afférent à l'exercice clos au 31 décembre 2016 demeure disponible à concurrence de 35 528 euros ;
- des rehaussements en base sont maintenus au titre de l'exercice 2015 à hauteur de 12 688 euros et au titre de l'exercice 2017 à hauteur de 4 383 euros ;
- la société a sollicité l'imputation sur le déficit afférent à l'exercice 2016 d'une somme de 12 688 euros afin d'annuler le redressement relatif à l'exercice clos au 31 décembre 2015 et sollicite le report du déficit résiduel à concurrence de la somme de 4 383 euros sur l'assiette redressée maintenue au titre de l'exercice 2017 ;
- dès lors, il convient de constater que le solde déficitaire dont la société demeure titulaire s'élève à 18 477 euros.
Par un mémoire enregistré le 25 juin 2021, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut d'une part, au non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, et d'autre part, au rejet de la requête pour le surplus.
Il soutient que :
- s'agissant du défaut de présentation de comptabilité, les opérations de vérification se sont déroulées du 8 octobre au 10 décembre 2018, dès lors la société requérante disposait d'un délai de deux mois pour fournir les éléments demandés et à défaut de production des documents comptables relatifs aux exercices clos en 2011, 2012, 2013 et 2014, c'est à bon droit que le service a dressé un procès-verbal le 10 décembre 2018 pour défaut de présentation de comptabilité ;
- s'agissant des rappels d'impôt sur les sociétés, il a déjà été fait droit, dans la décision d'acceptation partielle du 15 janvier 2021, à la demande de la société requérante.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Point Phone est spécialisée dans le secteur d'activité des télécommunications et exerce à ce titre notamment une activité de vente de communications téléphoniques et d'appareils de communication mais aussi de transferts de fonds à l'étranger. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, étendue au 31 juillet 2018 en matière de taxe sur la valeur ajoutée. Par une proposition de rectification du 17 décembre 2018, des rectifications en matière de taxe sur la valeur ajoutée et d'impôt sur les sociétés ont été portées à sa connaissance. A l'issue de l'examen des observations adressées par la société le 18 février 2019, le service a, par une réponse aux observations du contribuable datée du 28 février 2019, abandonné une partie des rappels. La société a alors exercé un recours hiérarchique au terme duquel ont été abandonnés les rehaussements à l'impôt sur les sociétés au titre de l'année 2015 relatifs à deux crédits d'un montant de 3 000 euros inscrits au crédit du compte courant. Saisie à l'initiative de la société, la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, dans sa séance du 2 mars 2020, a pour une part émis un avis favorable aux rehaussements notifiés et s'est déclarée incompétente pour d'autres. Les impositions supplémentaires restant en litige pour des montants en droits de 66 993 euros et en pénalités de 4 340 euros au titre des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et de 2 240 euros en droits et 419 euros en pénalités au titre de l'impôt sur les sociétés ont fait l'objet d'une mise en recouvrement le 15 septembre 2020. Par une réclamation datée du 20 octobre 2020, la société a contesté l'ensemble des rappels de taxe sur la valeur ajoutée à l'exception de ceux afférents à l'insuffisance de déclaration constatée par un rapprochement avec le chiffre d'affaires ainsi que les rappels d'impôt sur les sociétés mis à sa charge. Par une décision du 15 janvier 2021, l'impôt sur les sociétés a donné lieu à un dégrèvement total. Par la présente requête, la société Point Phone doit être regardée comme sollicitant du juge de l'impôt, outre l'annulation de la décision du 15 janvier 2021, d'une part, la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2015, 2016 et 2017, à hauteur de 26 233 euros en droits et 1 556 euros en pénalités, à raison de son activité de transfert de fonds, et d'autre part, la validation du report déficitaire déclaré au titre de l'exercice 2016.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 15 janvier 2021 :
2. La décision par laquelle l'administration fiscale statue sur la réclamation contentieuse d'un contribuable ne constitue pas un acte détachable de la procédure d'imposition. Elle n'est pas susceptible d'être déférée à la juridiction administrative par la voie du recours pour excès de pouvoir et peut seulement faire l'objet d'un recours de plein contentieux tendant à la décharge des impositions contestées, présenté au titre de la procédure prévue par les articles L. 199 et R. 199-1 et suivants du livre des procédures fiscales. Par suite, les conclusions de la société requérante tendant à l'annulation de la décision du 15 janvier 2021 sont irrecevables.
Sur les conclusions relatives à la taxe sur la valeur ajoutée :
3. Par une décision du 25 juin 2021, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret a prononcé un dégrèvement des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels la société Point Phone a été assujettie à raison de son activité de transfert de fonds à hauteur des sommes de 26 233 euros en droits et 1 556 euros en pénalités. Par suite, les conclusions de la société Point Phone tendant à la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2015, 2016 et 2017 sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions relatives à l'impôt sur les sociétés :
4. Il résulte de l'instruction qu'à l'issue de l'entretien hiérarchique, un déficit afférent à l'exercice clos au 31 décembre 2016 demeurait disponible à concurrence de 35 528 euros mais que des rehaussements en base ont été maintenus au titre de l'exercice 2015 à hauteur de 12 688 euros et à hauteur de 4 383 euros au titre de l'exercice 2017. Par décision du 15 janvier 2021, l'administration a procédé à un dégrèvement total des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles la société restait assujettie au titre des années 2015 et 2017 en imputant donc nécessairement le déficit dégagé à raison de l'exercice 2016 sur les résultats bénéficiaires de 2015 et de 2017. Il ne résulte pas de l'instruction qu'il existerait un litige entre la société requérante et l'administration en ce qui concerne le solde du déficit reportable. Par suite, les conclusions de la requête relatives à l'impôt sur les sociétés sont dépourvues d'objet et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
5. D'une part, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
6. D'autre part, la présente instance ne comporte aucun dépens et par suite les conclusions tendant à leur remboursement doivent en tout état de cause être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions de la société Point Phone.
Article 2 : La somme de 1 500 euros est mise à la charge de l'Etat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Point Phone et à la directrice régionale des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.
Délibéré après l'audience du 17 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.
Le rapporteur,
Stéphane A
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026