vendredi 17 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2101256 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 3ème chambre |
| Avocat requérant | JANIAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 9 avril 2021, le 1er décembre 2021 et le 4 mars 2022, M. A B, représenté par Me Janiaud, avocat, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2020 ;
2°) de prononcer la pérennité des éléments de fait et de changement d'affectation déclarés sur le modèle IL le 1er janvier 2020 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- le dégrèvement en cours d'instance n'est que la conséquence de ses écritures et de sa ténacité face à une administration fiscale de mauvaise foi ;
- il a bien souscrit une déclaration IL, conformément aux dispositions de l'article 1406 I du code général des impôts, qu'il a déposée auprès des services lors d'un rendez-vous physique ;
- cette déclaration constate les agrandissements résultant du permis de construire déposé : le site du 3 rue du Prieuré des Chaises à Clévilliers représente désormais une surface totale de 253 m2 comprenant un studio de 25 m2, accessoire à la résidence principale du 12 rue du Prieuré des Chaises, un atelier de 74 m2 et une surface couverte de stationnement de 154 m2.
Par des mémoires enregistrés le 21 octobre 2021 décembre 2021 et le 8 février 2022, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut à ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête.
Il soutient que :
- la requête est devenue sans objet du fait du dégrèvement prononcé le 19 octobre 2021 en cours d'instance d'un montant de 173 euros ;
- il a fait une application mesurée de la loi fiscale en décidant d'imposer le silo en tant que dépendance bâtie isolée, malgré l'absence de dépôt d'une déclaration de changement d'affectation ou d'utilisation, mais pour prendre en compte, d'une part, l'état du silo décrit dans l'acte notarié et, d'autre part, le fait que M. B, sans activité professionnelle en 2020, ne pourra l'utiliser à titre commercial.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que M. et Mme B ont acquis, le 6 décembre 2018, un terrain d'une surface totale de 8 087 m2 situé sur la commune de Clévilliers (Eure-et-Loir), comprenant notamment un silo vertical, cadastré A 235, situé 3 rue du Prieuré des Chaises, appartenant à la société coopérative agricole Interface Céréales. M. B a été assujetti à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2020 concernant l'ensemble du terrain pour un montant total de 4 348 euros. Le silo a été imposé à hauteur de 2 760 euros, l'administration fiscale ayant déterminé sa valeur locative selon la méthode d'appréciation directe, en l'absence de souscription de la déclaration 6660-REV-K par l'ancien propriétaire. Par une réclamation du 9 décembre 2020, M. B a contesté le bien-fondé de cette imposition au motif que le silo constitue, depuis son acquisition, selon les mentions de l'acte notarié, un bien vacant, impropre à une quelconque utilisation, notamment de stockage ou de transformation en habitation. Par une décision du 11 février 2021, l'administration fiscale a fait partiellement droit à sa demande et prononcé un dégrèvement de 2 370 euros. Elle a revu l'évaluation du silo en utilisant la catégorie " DEP 5 ", relative aux installations spécifiques de stockage, et en conservant l'affectation commerciale du bien au motif qu'il est vacant et non réaffecté à un autre usage. Elle a recalculé la taxe foncière qui a été établie à 390 euros. M. B a saisi le tribunal en demandant " le rejet " de la qualification commerciale de l'ancien silo agricole et, par voie de conséquence, " l'application du tarif ayant trait à une dépendance de la résidence principale d'un contribuable n'exerçant aucune activité professionnelle ". Il doit ainsi être regardé comme demandant la réduction de la cotisation de taxe foncière à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2020. A la suite du dégrèvement prononcé en cours d'instance par l'administration, le requérant demande au tribunal de prononcer " la pérennité " des éléments de fait et de changement d'affectation déclarés sur le modèle IL le 1er janvier 2020.
2. Par une décision du 19 octobre 2021, l'administration a prononcé, en cours d'instance, le dégrèvement d'un montant de 173 euros. Elle a évalué la valeur du silo en tant que dépendance bâtie isolée et indique avoir pris en compte l'état du silo décrit dans l'acte notarié ainsi que le fait que M. B, sans activité professionnelle en 2020, ne pourra l'utiliser à titre commercial. Le requérant ne conteste pas que ce dégrèvement correspond à sa demande. Les conclusions à fin de réduction présentées par le requérant sont, par suite, devenues sans objet.
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de réduction présentées par M. B.
Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice régionale des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2023.
La magistrate désignée,
Hélène C
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026