Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2101565
vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2101565 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | SCP ARCOLE |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 avril 2024, M. B A, expert désigné, demande au juge des référés, sur le fondement des articles R. 532-1 et R. 532-3 du code de justice administrative, d'étendre les opérations d'expertise confiées par l'ordonnance n° 2101565 du 7 février 2022, telle que complétée par les ordonnances du 17 avril 2023 et du 21 février 2024, aux sociétés SMABTP, MAAF Assurances SA et SAV - GCL.
Il soutient que :
- la mise en cause de la société SMABTP en qualité d'assureur de la société Groupe SDE (actuellement en liquidation) et de la société Cance Aluminium, de même que celle de la société MAAF Assurances SA garantissant la société Inovacentre, s'avère nécessaire ;
- la société SAV - GCL, membre du groupement conjoint d'entreprises titulaires du lot technique n° 11 et plus spécialement responsable des prestations en matière de plomberie et sanitaire, est concernée par les désordres constatés au niveau des gaines techniques accueillant les câbles et les canalisations, de sorte que sa participation à l'expertise se révèle utile.
Par un mémoire enregistré le 30 avril 2024, la société SMABTP prise en qualité d'assureur de la société Cance Aluminium, représentée par la SCP Naba et Associés, ne s'oppose pas à la demande d'extension formulée par l'expert mais formule toutes protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire enregistré le 21 mai 2024, la SARL Agora et la société Atelier d'architecture BPG, représentées par le cabinet CMetB et Associés, s'en rapportent à justice sur l'opportunité de l'extension sollicitée et formulent d'ores et déjà toutes protestations et réserves.
La requête a été communiquée aux autres parties qui n'ont pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les demandes d'extension d'expertise :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ". Aux termes de l'article
R. 532-3 du même code : " Le juge des référés peut, à la demande de l'une des parties formée dans le délai de deux mois qui suit la première réunion d'expertise à laquelle elle a été convoquée, ou à la demande de l'expert formée à tout moment, étendre l'expertise à des personnes autres que les parties initialement désignées par l'ordonnance, ou mettre hors de cause une ou plusieurs des parties ainsi désignées. Il peut, dans les mêmes conditions, étendre la mission de l'expertise à l'examen de questions techniques qui se révélerait utile à la bonne exécution de cette mission, ou, à l'inverse, réduire l'étendue de la mission si certaines des recherches envisagées apparaissent inutiles ".
2. D'une part, il résulte des dispositions citées au point 1 que, lorsqu'il est saisi d'une demande d'une partie ou de l'expert tendant à l'extension de la mission de l'expertise à des personnes autres que les parties initialement désignées par l'ordonnance ou à l'examen de questions techniques qui se révélerait indispensable à la bonne exécution de cette mission, le juge des référés ne peut ordonner cette extension qu'à la condition qu'elle présente un caractère utile. Cette utilité doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. A ce dernier titre, le juge ne peut faire droit à une demande d'extension de l'expertise lorsque, en particulier, elle est formulée à l'appui de prétentions qui ne relèvent manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, qui sont irrecevables ou qui se heurtent à la prescription. Dans l'hypothèse où est opposée une forclusion ou une prescription, il lui incombe de prendre parti sur ces points.
3. D'autre part, la circonstance que les assurés qu'ils représentent soient présents à une expertise prescrite sur le fondement des dispositions citées au point 1 ne fait pas obstacle à ce que le juge des référés soit saisi de conclusions tendant à ce que cette expertise soit réalisée au contradictoire des assureurs des parties.
4. Par une ordonnance n° 2101565 du 7 février 2022, étendue par les ordonnances des 17 avril 2023 et du 21 février 2024, le présent tribunal a fait droit à la demande d'expertise présentée par l'Etablissement d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) dénommé Les Cèdres à La Ville-aux-Clercs (Loir-et-Cher) aux fins de décrire les désordres affectant la réhabilitation et l'agrandissement de cet établissement, d'en rechercher les causes et les responsabilités, d'indiquer les réparations nécessaires, leurs coûts et d'évaluer le préjudice subis par le requérant. A l'issue des échanges avec les parties et des accedits des 26 et 28 mars 2024, M. B A, expert désigné, sollicite que soit rendue commune et opposable aux compagnies SMABTP et MAAF Assurances SA la présente expertise en leur qualité d'assureurs respectifs des sociétés Groupe SDE, Cance Aluminium et Inovacentre déjà en cause. En outre, il demande que la société SAV - GCL en charge de la réalisation des ouvrages de plomberie et sanitaire soit également attraite à la cause, compte-tenu des désordres constatés dans les gaines techniques accueillant les canalisations.
5. Il résulte de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas contesté, que la présence des sociétés SAV - GCL, SMABTP et MAAF Assurances SA est utile à raison de leur participation directe, ou en qualité d'assureurs d'entreprises ayant réalisés des travaux publics pour compte de l'établissement public " Les cèdres ". Leurs présences aux opérations d'expertise est de nature à éclairer les travaux de l'expert et la demande de M. B A entre dans le champ des articles R. 532-1 et R. 532-3 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu d'y faire droit et d'étendre le périmètre de l'expertise à la société SAV - GCL, à la société SMABTP en qualités d'assureur en responsabilité civile et décennale des sociétés Groupe SDE et Cance Aluminium, ainsi qu'à la société MAAF Assurances SA en qualités d'assureur en responsabilité civile et décennale de la société Inovacentre.
O R D O N N E :
Article 1er : L'expertise prononcée par les ordonnances n° 2101565 des 7 février 2022, 17 avril 2023 et 21 février 2024 du président du tribunal administratif d'Orléans et confiée à M. B A est étendue à la société SAV - GCL, à la société SMABTP et à la société MAAF Assurances SA.
Article 2 : Compte tenu de ce qui précède, l'expert déposera son rapport définitif au greffe par voie électronique avant le 31 mars 2025. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'EHPAD Les Cèdres, à la société Amirato France, à l'atelier d'architecture BPG, à la société Agaura, à la société Edeis, à la société Polytec, à la société Saulnier-Ponroy en qualité de liquidateur judiciaire de la société TP BAT, à la compagnie MMA IARD, à la compagnie Lloyd's Insurance Company, à la compagnie Groupama Val-de-Loire, à la SMABTP, à la compagnie AXA France IARD, à la compagnie Generali IARD, à la compagnie Bothnia international insurance Ltd, à la société Bigot et fils, à la société Euro peinture 37, à la société ID Construction, à la société Lefevre, à la société Lhuillier, à la société Lizsol, à la société Soprema, à la société Facisol, à la société SIA sécurité incendie, à la société TSD SAS, à la société APAVE infrastructures et construction France, à la société SDE et son mandataire judiciaire la SELARL PJA prise en la personne de Me B Joulain, à la société Etablissements Cance, à la SARL Inovacentre, à la société La Chauvignoise de fermeture, à la société AK Menuiserie générale, à la société Galloux, à la société Cruard charpente et construction bois, à la société MAAF Assurances SA, à la société SAV - GCL et à l'expert.
Fait à Orléans, le 25 octobre 2024.
Le juge des référés
Frédéric DORLENCOURT
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
ABo