LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2101576

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2101576

jeudi 4 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2101576
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantCABINET CASADEI-JUNG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 avril 2021 et le 2 mars 2024, Mme B D, agissant en son nom personnel et au nom de son enfant mineur A C, représentée par Me Brossas, demande au tribunal :

1°) condamner in solidum la commune de Marigny-les-Usages et son assureur à indemniser l'ensemble des préjudices causés par l'accident dont a été victime son fils A le 20 mars 2015 ;

2°) d'ordonner avant-dire droit, une expertise afin de déterminer les conséquences dommageables de l'accident et d'évaluer l'ensemble des préjudices ;

3°) de condamner in solidum la commune de Marigny-les-Usages et son assureur à lui payer, à titre de provision, la somme de 2 000 euros au titre de l'indemnisation des préjudices subis par son fils et la somme de 500 euros au titre de ses préjudices personnels ;

4°) de mettre à la charge in solidum de la commune de Marigny-les-Usages et de son assureur la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la commune doit être déclarée responsable en sa qualité de propriétaire ; la conception défectueuse de l'ouvrage établit le défaut d'entretien ; une décision implicite de rejet a été opposée à sa réclamation préalable reçue le 6 janvier 2023 ;

- en vertu des articles L. 551-1 et L. 212-15 du code de l'éducation, la commune est responsable des fautes de surveillance pendant le temps d'accueil périscolaire ;

- une expertise doit être ordonnée.

Par des mémoires, enregistrés le 6 octobre 2021 et le 15 mars 2024, la commune de Marigny-les-Usages, représentée par Me Forcinal, conclut au rejet de la requête, demande que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et que la société SMACL Assurances soit condamnée à la garantir de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre.

Elle soutient que :

- l'ouvrage public ne souffre d'aucun défaut d'entretien normal et l'accident est imputable entièrement au comportement de la jeune victime ;

- pour le même motif, aucun défaut de surveillance n'est imputable à la commune.

Par un mémoire, enregistré le 11 février 2022, la SA SMACL Assurances, représentée par Me Rainaud, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la clôture était en bon état et ne présentait, du fait de sa conception ou de son état, aucun caractère dangereux pour les enfants ;

- l'accident est dû entièrement à l'imprudence de l'enfant et au non-respect des consignes données ;

- la requérante n'apporte aucune preuve d'une faute dans l'organisation du service.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Jaosidy,

- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,

- et les observations de Me Brossas, représentant Mme D, et de Me Tissier-Lotz, représentant la commune de Marigny-les-Usages.

Considérant ce qui suit :

1. Le vendredi 20 mars 2015 vers 15 heures, pendant la période d'accueil périscolaire, l'enfant A C, fils de la requérante alors âgé de huit ans, s'est blessé au menton en se hissant sur le haut d'une clôture de l'école primaire de Marigny-les-Usages (Loiret). Mme D demande la condamnation de la commune à la réparation des préjudices causés à son enfant et à elle-même du fait de l'accident.

Sur les conclusions indemnitaires de Mme D :

2. Pour obtenir réparation par le maître de l'ouvrage des dommages qu'il a subis, l'usager de l'ouvrage public doit démontrer, d'une part, la réalité de son préjudice et, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse sur elle, il incombe à la collectivité, soit d'établir qu'elle a normalement entretenu l'ouvrage, soit de démontrer la faute de la victime ou l'existence d'un évènement de force majeure.

3. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la conception de la clôture, d'une hauteur de 1,36 mètres, destinée à délimiter l'enceinte de l'école primaire, et pourvue de picots non acérés dirigés vers le haut, révèle par elle-même un défaut d'entretien de cet ouvrage public, qui n'exposait pas les usagers, dans des conditions normales d'utilisation, à d'autres risques que ceux que comportent normalement l'usage de ce type d'équipement. Les recommandations de la commission de sécurité des consommateurs du 11 avril 2001 dont se prévaut la requérante, qui préconisent l'usage de grillages sans picots, ne sont pas de nature, dans les termes dans lesquelles elles sont rédigées, à caractériser un défaut de conception. La circonstance que, postérieurement à l'accident, la commune a décidé d'inverser le sens de la pose de la clôture et de diriger les picots vers le bas n'est pas davantage de nature à établir le défaut d'entretien normal.

4. En second lieu et en toute hypothèse, il résulte de l'instruction et il n'est pas sérieusement contesté que l'enfant A n'a pas suivi les consignes données par les accompagnateurs de l'accueil périscolaire. Il résulte de l'instruction, et notamment des attestations sur l'honneur produites par la commune, qu'alors qu'il avait été demandé aux enfants de sa classe de s'aligner deux par deux en attendant l'ouverture du portillon donnant sur le terrain multisports, le jeune A est sorti sans raison de son rang et s'est hissé sur le haut du grillage. Ces attestations concordantes relèvent le comportement habituel de désobéissance du jeune élève et Mme D ne produit aucun élément, qu'elle est seule à même de produire, susceptible de contredire les mentions de ces attestations. Par suite, la commune de Marigny-les-Usages est fondée à soutenir que l'accident est entièrement imputable à une faute de la victime.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 212-15 du code de l'éducation : " Sous sa responsabilité et après avis du conseil d'administration ou d'école et, le cas échéant, accord de la collectivité propriétaire ou attributaire des bâtiments, en vertu des dispositions du présent titre, le maire peut utiliser les locaux et les équipements scolaires dans la commune pour l'organisation d'activités à caractère culturel, sportif, social ou socio-éducatif pendant les heures ou les périodes au cours desquelles ils ne sont pas utilisés pour les besoins de la formation initiale et continue. Ces activités doivent être compatibles avec la nature des installations, l'aménagement des locaux et le fonctionnement normal du service. Elles doivent également respecter les principes de neutralité et de laïcité () ".

6. Il résulte de l'instruction que l'activité périscolaire se tenant dans la cour de l'école primaire était placée sous la surveillance de trois accompagnateurs, chacun d'entre eux ayant la charge d'un groupe de 18 enfants. Contrairement aux allégations de la requérante, les modalités d'encadrement ainsi définies par la commune ne sont pas de nature à caractériser un défaut de surveillance. La commune de Marigny-les-Usages établit que l'accident n'a pu survenir qu'en raison du comportement imprévisible de la victime, alors que celle-ci devait rester dans les rangs, conformément aux consignes reçues. Dans ces circonstances, Mme D n'apporte pas la preuve d'une faute de la commune dans la surveillance de l'activité.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme D doit être rejetée, sans qu'il y ait lieu d'ordonner une expertise.

Sur l'appel en garantie de la société d'assurances SMACL Assurances :

8. En l'absence d'engagement de responsabilité de la commune de Marigny-les-Usages prononcé par le présent jugement, l'appel en garantie présentée par cette dernière est dépourvu d'objet et ne peut qu'être rejeté.

Sur les frais de l'instance :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune la somme demandée par Mme D. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de la requérante sur le fondement de ces dispositions. Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la SA SMACL Assurances au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Mme D versera à la commune de Marigny-les-Usages la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions aux fins d'appel en garantie présentées par la commune de Marigny-les-Usages sont rejetées.

Article 4 : Les conclusions présentées par la SA SMACL Assurances sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à la commune de Marigny-les-Usages et à la SA SMACL Assurances.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Lacassagne, président,

M. Jaosidy, premier conseiller,

M. Gasnier, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.

Le rapporteur,

Jean-Luc JAOSIDY

Le président,

Denis LACASSAGNE

La greffière,

Aurore MARTIN

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions