mercredi 20 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2101761 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL DUVIVIER ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 17 mai 2021 et le 18 février 2022, M. et Mme A, représentés par Me Pironnet, avocat, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017.
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les locations proposées par la SARL L2SL2B sont des prestations professionnelles de nature hôtelière ou para-hôtelière, non soumises au régime fiscal de la location meublée, la société proposant trois services sur les quatre prévus au b du 4° de l'article 261 du code général des impôts et dispose des moyens pour fournir les prestations suivantes :
* le nettoyage régulier des locaux : les contrats de location prévoient en annexe B un ménage hebdomadaire/fin de séjour, prestation facturée de manière obligatoire à 75 euros ; M. A et son associé M. B se rendent sur place en début de saison pour nettoyer l'appartement et l'approvisionner en cadeaux et packs de bienvenue mais aussi en fin de saison pour nettoyer l'appartement et effectuer des réparations plus importantes ; le gardien de la résidence est sur place pour effectuer le ménage ; la société dispose des moyens nécessaires pour assurer un ménage journalier de l'appartement ;
* la mise à disposition de draps et de serviettes proposée aux locataires ;
* l'accueil assuré par un mandataire présent sur place : l'accueil est personnalisé à la remise des clefs ; son numéro de téléphone ainsi que ceux de MM. B et A sont systématiquement donnés aux locataires assurant ainsi une hotline durant le séjour ;
- ils participent d'une façon personnelle, directe et continue à l'activité de la société, conformément au 1° bis du I de l'article 156 du code général des impôts :
* Mme A assurait la comptabilité durant les années 2016 et 2017 ; Mme B s'occupe de l'ameublement, la décoration et la confection des rideaux et accessoires ; M. A et M. B se déplacent en début et fin de saison pour finaliser l'équipement et l'aménagement de l'appartement, notamment lors de la première saison, nettoyer l'appartement et l'approvisionner en cadeaux et packs de bienvenue, vérifier et remettre à niveau l'appartement, nettoyer le stock de draps et de serviettes ; M. B assure une partie importante de la relation client avec notamment la promotion de l'appartement sur les sites de location, le traitement des demandes, la gestion du planning et des encaissements ; M. A assure également cette partie relation client lorsque M. B est indisponible ;
- dès lors que l'activité présente le caractère d'une activité commerciale exercée à titre professionnel, les déficits provenant de cette activité pouvaient s'imputer sur leur revenu global conformément à l'article 156 du code général des impôts.
Par un mémoire enregistré le 28 octobre 2021, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Toullec,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) L2SL2B, dont M. et Mme A ainsi que M. et Mme B détiennent chacun, à parts égales, 25 parts et qui a opté pour l'assujettissement à l'impôt sur le revenu en application de l'article 239 bis AA du code général des impôts, donne en location un appartement meublé de 58 m² situé 57 avenue du Général Leclerc à Saint-Tropez (Var). M. et Mme A ont déclaré, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, la quote-part leur incombant des déficits industriels et commerciaux déclarés par la société au titre des années 2016 et 2017 provenant de la location de ce meublé, et ont déduit cette quote-part de leur revenu global en application de l'article 156 du code général des impôts. A la suite d'un contrôle sur pièces, l'administration fiscale a, par une proposition de rectification du 9 décembre 2019, après avoir constaté le caractère non professionnel de l'activité de location meublée, remis en cause l'imputation sur le revenu global de M. et Mme A des déficits dégagés par cette activité et procédé au rehaussement de leur base imposable générant des impositions supplémentaires de 5 672 euros au titre de l'année 2016 et de 9 486 euros au titre de l'année 2017. Ces rectifications ont été contestées par les intéressés le 16 décembre 2019. L'administration, en réponse, les a maintenues. Les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 31 décembre 2020. Par une décision du 17 mars 2021, l'administration a rejeté la réclamation contentieuse du 9 février 2021 de M. et Mme A, qui demandent au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu à laquelle ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017.
2. Aux termes de l'article 156 du code général des impôts : " L'impôt sur le revenu est établi d'après le montant total du revenu net annuel dont dispose chaque foyer fiscal. Ce revenu net est déterminé eu égard aux propriétés et aux capitaux que possèdent les membres du foyer fiscal désignés aux 1 et 3 de l'article 6, aux professions qu'ils exercent, aux traitements, salaires, pensions et rentes viagères dont ils jouissent ainsi qu'aux bénéfices de toutes opérations lucratives auxquelles ils se livrent, sous déduction : / I.- Du déficit constaté pour une année dans une catégorie de revenus ; si le revenu global n'est pas suffisant pour que l'imputation puisse être intégralement opérée, l'excédent du déficit est reporté successivement sur le revenu global des années suivantes jusqu'à la sixième année inclusivement. / Toutefois, n'est pas autorisée l'imputation : () / 1° bis des déficits provenant, directement ou indirectement, des activités relevant des bénéfices industriels ou commerciaux lorsque ces activités ne comportent pas la participation personnelle, continue et directe de l'un des membres du foyer fiscal à l'accomplissement des actes nécessaires à l'activité. Il en est ainsi, notamment, lorsque la gestion de l'activité est confiée en droit ou en fait à une personne qui n'est pas un membre du foyer fiscal par l'effet d'un mandat, d'un contrat de travail ou de toute autre convention. Les déficits non déductibles pour ces motifs peuvent cependant être imputés sur les bénéfices tirés d'activités de même nature exercées dans les mêmes conditions, durant la même année ou les six années suivantes. Ces modalités d'imputation ne sont pas applicables aux déficits provenant de l'activité de location directe ou indirecte de locaux d'habitation meublés ou destinés à être loués meublés () / 1° ter Des déficits du foyer fiscal provenant de l'activité de location directe ou indirecte de locaux d'habitation meublés ou destinés à être loués meublés lorsque l'activité n'est pas exercée à titre professionnel au sens du IV de l'article 155. Ces déficits s'imputent exclusivement sur les revenus provenant d'une telle activité au cours de celles des dix années suivantes pendant lesquelles l'activité n'est pas exercée à titre professionnel au sens des mêmes dispositions () ".
3. Il ressort de la proposition de rectification que le service a estimé qu'en application des dispositions du 1° ter du I de l'article 156 du code général des impôts citées au point 2, les déficits, déclarés au titre des années 2016 et 2017, correspondant à la quote-part du foyer fiscal des requérants dans le résultat imposable de la société L2SL2B et provenant de l'activité de location meublée, résultaient d'une activité exercée à titre non professionnel dans la mesure où les deux conditions prévues au IV de l'article 155 du code général n'étaient pas satisfaites. Il a alors considéré que leur quote-part des déficits aurait dû être déclarée dans la catégorie des " revenus industriels et commerciaux non professionnels () " et ne pouvait s'imputer sur le revenu global de M. et Mme A, mais sur les revenus d'une activité de location meublée exercée à titre non professionnel au cours des dix années suivantes.
4. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.
5. Les requérants soutiennent, d'une part, que l'activité de la société doit être qualifiée d'activité para-hôtelière et, d'autre part, qu'ils exercent une activité à titre professionnel dès lors qu'ils participent d'une façon personnelle, directe et continue à l'activité de la société.
6. Si les requérants soutiennent que Mme A assurait la comptabilité sur les années 2016 et 2017 et que M. A assure une partie de la relation client lorsque M. B est indisponible, ils n'apportent aucune pièce justificative à l'appui de leurs allégations. S'il résulte de l'instruction que M. A se déplace en début et fin de saison sur le lieu de location, les pièces produites ne permettent en revanche pas d'établir qu'il remet lui-même le logement en état et nettoie le stock de draps et de serviettes. Il ne résulte pas de l'instruction que les requérants participent à l'accueil des clients, à la remise des clefs et au nettoyage régulier de l'appartement entre chaque location. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent être regardés comme participant de manière personnelle, continue et directe à l'activité de la société L2SL2B et ne justifie pas dès lors qu'ils l'exerçaient de manière professionnelle.
7. Par suite, et alors même que l'activité de leur société pourrait être qualifiée de para-hôtelière, l'administration était fondée à remettre en cause l'imputation des déficits industriels et commerciaux sur le revenu global de M. et Mme A.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. et Mme A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et à la directrice régionale des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Guével, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
Mme Dicko-Dogan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2023.
La rapporteure,
Hélène LE TOULLEC
Le président,
Benoist GUÉVEL
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026