vendredi 2 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2101853 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP DUBOSC SAUTROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 mai 2021, la société civile immobilière (SCI) Saint Firmin, représentée par la société d'avocats Dubosc-Sautrot, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 dans les rôles de la commune de Courtenay à raison d'un immeuble situé 6961 rue de Joigny ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la décharge de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 à raison du même bien ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le bâtiment en litige étant totalement inexploitable compte tenu de sa dangerosité, elle ne l'a pas occupé depuis la date de son acquisition le 20 décembre 2019 ;
- aucune ordure ménagère n'est enlevée du fait de la non-occupation de l'immeuble et en toute hypothèse, les déchets liés à l'exploitation envisagée seront gérés par une société spécialisée privée.
Par un mémoire enregistré le 23 novembre 2021, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la société requérante n'a pas vocation à utiliser elle-même le bâtiment concerné qui est destiné à être loué à plusieurs entreprises ; dès lors, en application des dispositions du I de l'article 1389 du code général des impôts, elle ne peut pas bénéficier d'un dégrèvement pour vacance d'immeuble ;
- la demande présentée au juge de l'impôt tendant à l'exonération à titre gracieux de la taxe foncière sur les propriétés bâties ainsi que de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères mises à sa charge au titre de l'année 2020 est irrecevable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de A,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Saint Firmin a acquis le 20 décembre 2019 un bâtiment industriel situé 6961 rue de Joigny à Courtenay à raison duquel elle a été assujettie au titre de l'année 2020 à une taxe foncière sur les propriétés bâties pour un montant de 392 073 euros. Elle a sollicité, le 28 septembre 2020, un dégrèvement de la taxe foncière ainsi mise à sa charge. Un premier dégrèvement de 99 629 euros lui a été accordé après réévaluation de la valeur locative selon la méthode comptable. Contestant le caractère industriel du bâtiment, la requérante a, par une réclamation du 30 décembre 2020, de nouveau sollicité un dégrèvement. Le service du cadastre saisi a procédé à une nouvelle révision de la valeur locative du bien en retenant une qualification de locaux professionnels et un dégrèvement partiel de 221 918 euros a été accordé par décision du 22 mars 2021. La société requérante sollicite la décharge des impositions restant à sa charge d'un montant total de 70 526 euros ou subsidiairement la décharge de la cotisation de taxe d'enlèvement des ordures ménagères d'un montant de 17 109 euros.
2. D'une part, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1415 de ce code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ". Aux termes de l'article 1393 du même code : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés non bâties de toute nature sises en France, à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Il résulte de ces dispositions qu'un immeuble devenu impropre à toute utilisation dans son ensemble ne constitue pas une propriété bâtie soumise à la taxe foncière sur les propriétés bâties en application de l'article 1380 du code général des impôts mais doit être assujetti à la taxe foncière sur les propriétés non bâties, en application de l'article 1393 du même code.
3. D'autre part, aux termes de l'article 1498 du code général des impôts : " I. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie, autres que les locaux mentionnés au I de l'article 1496, que les établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et que les locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501, est déterminée selon les modalités prévues aux II ou III du présent article () ". Les locaux du I de l'article 1496 du code général des impôts sont les " locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice d'une activité salariée à domicile ". Aux termes de l'article 1500 du même code : " I.-A.- Revêtent un caractère industriel les bâtiments et terrains servant à l'exercice d'une activité de fabrication ou de transformation de biens corporels mobiliers qui nécessite d'importants moyens techniques. / Revêtent également un caractère industriel les bâtiments et terrains servant à l'exercice d'activités autres que celles mentionnées au premier alinéa du présent A qui nécessitent d'importants moyens techniques lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre est prépondérant () ".
4. Par ailleurs, aux termes de l'article 1389 du code général des impôts : " I. Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée () ". Aux termes de l'article 1524 du même code relatif à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères : " En cas de vacance d'une durée supérieure à trois mois, il peut être accordé décharge ou réduction de la taxe sur réclamation présentée dans les conditions prévues en pareil cas, en matière de taxe foncière ". Ces dispositions subordonnent le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties et de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères à la condition, notamment, que la vacance de l'immeuble normalement destiné à la location soit indépendante de la volonté du propriétaire, le caractère involontaire de la vacance s'appréciant eu égard aux circonstances dans lesquelles cette vacance est intervenue et aux démarches accomplies par le propriétaire, selon les possibilités qui lui étaient offertes, en fait comme en droit, pour la prévenir ou y mettre fin.
5. Enfin, aux termes de l'article 1520 du code général des impôts : " I. Les communes qui assurent au moins la collecte des déchets des ménages peuvent instituer une taxe destinée à pourvoir aux dépenses du service dans la mesure où celles-ci ne sont pas couvertes par des recettes ordinaires n'ayant pas le caractère fiscal () ". Aux termes de l'article 1521 du même code : " I. La taxe porte sur toutes les propriétés soumises à la taxe foncière sur les propriétés bâties () ". Il résulte de ces dispositions que la taxe d'enlèvement des ordures ménagères présente, non le caractère d'une rémunération pour services rendus, mais celui d'une imposition à laquelle est normalement assujetti tout redevable de la taxe foncière à raison d'un immeuble situé dans une commune où fonctionne un service d'enlèvement des ordures ménagères, même lorsqu'il n'utilise pas effectivement le service municipal ou intercommunal.
6. En premier lieu, si la société requérante, en se prévalant de l'état de vétusté de l'immeuble en litige le rendant inexploitable, ait entendu soutenir que le bien en litige ne pouvait pas être regardé comme une propriété bâtie au sens des dispositions de l'article 1380 du code général des impôts, il ne résulte pas de l'instruction que les détériorations invoquées en affectent le gros œuvre. Dans ces conditions, alors que les circonstances relatives à l'impossibilité d'exploiter le bien et à l'engagement des collectivités à aider la société requérante dans son projet de mise en place d'une plateforme de formation des personnes de longue date éloignées de l'emploi sont sans incidence, la société requérante n'établit pas qu'au 1er janvier de l'année d'imposition en litige, le bien était dans un état de délabrement le rendant impropre à toute utilisation commerciale dans son ensemble.
7. En deuxième lieu, il est constant que les locaux litigieux ne sont pas des locaux d'habitation. Par ailleurs, l'administration, par sa décision du 22 mars 2021, a reconnu qu'il ne s'agissait pas de locaux industriels. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les locaux en cause ne revêtaient pas un caractère professionnel au sens de l'article 1498 du code général des impôts.
8. En troisième lieu, si la société requérante entend se prévaloir des dispositions précitées du I de l'article 1389 du code général des impôts s'agissant de la taxe foncière sur les propriétés bâties et de l'article 1524 du même code s'agissant de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, il ne résulte pas de l'instruction ni qu'elle ait cherché à louer le bien litigieux, ni qu'elle l'ait elle-même utilisé.
9. En quatrième lieu, la circonstance que la SCI Saint Firmin ne bénéficie pas du service d'enlèvement des ordures ménagères, dès lors que l'immeuble en litige n'est pas exploité et ne génère donc pas de déchets et qu'à terme les déchets liés à l'exploitation envisagée seront gérés par une société spécialisée privée, est sans incidence sur le bien-fondé de son assujettissement à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, laquelle ne revêt pas le caractère d'une redevance pour services rendus.
10. En dernier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la société requérante ait présenté une demande tendant à la remise gracieuse de l'imposition litigieuse et il n'appartient pas au juge de l'impôt d'accorder une telle remise.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par la SCI Saint Firmin doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société civile immobilière Saint Firmin est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Saint Firmin et à la directrice régionale des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juin 2023.
Le magistrat désigné,
Stéphane A
La greffière,
Isabelle METEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commisaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026