mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102001 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | FRANKLIN SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 3 juin 2021 et le 14 octobre 2021, la SAS Océalis Europ Assistance la Téléassistance et l'association française de Téléassistance (AFRATA), représentées par Me Marchand, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'avis de sommes à payer n° 2021-112-1 d'un montant de 208 euros émis le 15 mars 2021 à l'encontre de la SAS Océalis Europ Assistance par le service départemental d'incendie de secours d'Indre-et-Loire ;
2°) de décharger la SAS Océalis Europ Assistance de l'obligation de payer résultant de ce titre exécutoire ;
3°) condamner le service départemental d'incendie et de secours au paiement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- le contrat de téléassistance conclu avec le particulier ne prévoit aucune prestation de déplacement au domicile ; le 9 janvier 2021, Europ Assistance a tenté à plusieurs reprises de joindre son abonné ainsi que les membres de son réseau de proximité ; en l'absence de réponse, les services de secours d'Indre-et-Loire ont été contactés ;
- il n'est pas établi que la délibération prévue par l'article L. 1424-2 du code général des collectivités territoriales fixant les conditions selon lesquelles une participation peut être demandée au service de téléassistance a été publiée conformément aux dispositions de l'article R. 1424-17 de ce code ; le titre ne comporte pas d'indication des bases de liquidation ; ce titre ne comporte pas la signature de son auteur et l'indication de son débiteur, qui ne saurait être que le particulier ayant tiré profit de l'intervention du SDIS, est erronée ;
- la mission de secours urgents aux personnes victimes d'accident, prévue par le 4° de l'article L. 1424-2 du code général des collectivités territoriales, incombe aux SDIS ; elles se prévalent du référentiel commun de secours à la personne du 25 juin 2008, qui revêt un caractère réglementaire ; ce référentiel est repris par l'arrêté du ministre de l'intérieur du 24 avril 2009 ; ce référentiel confie aux SDIS la mission de procéder in situ au levée de doutes concernant l'état de santé d'une personne et au relevage de celle-ci ; elles se prévalent du rapport de l'IGAS ;
- la mise de la participation à la charge de l'opérateur de téléassistance, qui n'est pas le bénéficiaire de l'intervention des équipes de secours, est injustifiée et méconnaît le principe d'égalité devant les charges publiques.
Par des mémoires enregistrés les 3 et 16 août 2021, le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) d'Indre-et-Loire, représenté par Me Cebron de Lisle, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérantes sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'AFRATA ne justifie d'aucun intérêt à agir contre une décision individuelle défavorable ;
- le titre exécutoire est suffisamment motivé, notamment en ce qui concerne l'indication des bases de liquidation, la délibération fixant le montant de la participation est régulièrement publiée ; le titre est signé par son auteur ;
- le signalement effectué par un opérateur de téléassistance doit être considéré comme effectué de sa propre initiative et non de celle de son client, la société Europ Assistance n'étant investie d'aucun mandat de son client ;
- le paiement de la participation se rapporte à des prestations particulières fournies par le SDIS à des personnes privées dans leur intérêt propre ; le signalement effectué par l'opérateur de téléassistance doit être regardé comme une demande d'intervention ; les interventions sont sans lien avec les missions de service public dont est investi le SDIS ; elles ne donnent lieu qu'au constat que le client est en bonne santé ou déjà hospitalisé, ou au seul relevage de celui-ci ;
- la participation demandée ne méconnaît pas le principe d'égalité devant les charges publiques, dans la mesure où elle est réclamée, conformément à l'article L. 1424-42 du code général des collectivités territoriales, pour toute intervention sans lien avec les missions du SDIS.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jaosidy,
- les conclusions de M. Lombard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, la SAS Océalis Europe Assistance et l'AFRATA demandent l'annulation de l'avis de somme à payer n° 2021-112-1 émis par le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) d'Indre-et-Loire en vue du recouvrement de la somme de 208 euros au titre d'une intervention au domicile de M. A, titulaire d'un contrat de téléassistance avec elle, qui avait déclenché le 9 janvier 2021 son alarme de téléassistance, outre la décharge de la somme ainsi mise à sa charge.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête :
2. Lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge.
3. Aux termes de l'article L. 1424-2 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable au litige : " Les services d'incendie et de secours sont chargés de la prévention, de la protection et de la lutte contre les incendies. / Ils concourent, avec les autres services et professionnels concernés, à la protection et à la lutte contre les autres accidents, sinistres et catastrophes, à l'évaluation et à la prévention des risques technologiques ou naturels ainsi qu'aux secours d'urgence. / Dans le cadre de leurs compétences, ils exercent les missions suivantes : / 1° La prévention et l'évaluation des risques de sécurité civile ; / 2° La préparation des mesures de sauvegarde et l'organisation des moyens de secours ; / 3° La protection des personnes, des biens et de l'environnement ; / 4° Les secours d'urgence aux personnes victimes d'accidents, de sinistres ou de catastrophes ainsi que leur évacuation. ". Aux termes de l'article L. 1424-42 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Le service départemental d'incendie et de secours n'est tenu de procéder qu'aux seules interventions qui se rattachent directement à ses missions de service public définies à l'article L. 1424-2. / S'il a procédé à des interventions ne se rattachant pas directement à l'exercice de ses missions, il peut demander aux personnes bénéficiaires une participation aux frais, dans les conditions déterminées par délibération du conseil d'administration () ".
4. Il résulte de ces dispositions combinées que les services d'incendie et de secours ne doivent supporter la charge que des interventions qui se rattachent directement aux missions de service public définies à l'article L. 1424-2 du code général des collectivités territoriales, au nombre desquelles figurent les secours d'urgence aux personnes victimes d'accidents, qui ne sauraient être facturées à ces dernières. Les interventions ne relevant pas directement de l'exercice de leurs missions de service public peuvent en revanche donner lieu à une participation aux frais des personnes qui en sont bénéficiaires, dans les conditions déterminées par le conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours.
5. Il résulte de l'instruction, en particulier du journal d'appel produit, que le
9 janvier 2021 à 5 h 19 du matin, le dispositif personnel d'alarme de M. A, client de la SAS Ocealis Europe Assistance, a émis un signal d'alerte auprès de cette société, que celle-ci, après avoir tenté, sans succès, de contacter son client à 5 h 20, 5 h 24, 5 h 30, ainsi qu'un proche qu'il avait désigné, par deux fois à 5h 25 et 5 h 29, et alors que ce proche contacté a refusé de se déplacer, a finalement alerté la régulation médicale d'urgence à 5 h 30. Cette dernière a décidé de faire intervenir au domicile de M. A le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) d'Indre-et-Loire qui a constaté que celui-ci avait déclenché son alarme par inadvertance et ne nécessitait aucun secours.
6. Au moment de lancer ces interventions, le SDIS d'Indre-et-Loire avait agi au titre de la mission de service public de secours aux personnes au sens de l'article L. 1424-2 du code général des collectivités territoriales. La circonstance que ces interventions se soient finalement révélées inutiles ne permet pas de les regarder, a posteriori, comme ne relevant pas de cette mission et par suite facturables à la personne secourue. Il ne résulte pas de l'instruction que la société requérante n'aurait pas accompli les diligences qui lui incombent pour éviter des interventions inutiles et que ces interventions devaient être regardées comme ayant été sollicitées par cette société à son profit.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés, que l'avis de sommes à payer n° 2021-112-1 émis le 15 mars 2021 par le SDIS d'Indre-et-Loire doit être annulé et qu'il y a lieu de prononcer la décharge de la somme de 208 euros.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des parties les sommes qu'elles demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'avis de sommes à payer n° 2021-112-1 émis le 15 mars 2021 par le SDIS d'Indre-et-Loire est annulé.
Article 2 : La SAS Océalis Europ Assistance la Téléassistance est déchargée de l'obligation de payer la somme de 208 euros.
Article 3 : Les conclusions présentées par les parties sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Océalis Europ Assistance la Téléassistance, à l'association française de Téléassistance (AFRATA) et au service départemental d'incendie et de secours d'Indre-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Deliancourt, président,
M. Jaosidy, premier conseiller,
Mme Bardet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
Jean-Luc JAOSIDY
Le président,
Samuel DELIANCOURT
La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026