jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102159 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | JUGIEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 juin 2021, M. C A demande au tribunal :
1°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier de Dreux de réexaminer sa situation pécuniaire dans un délai de deux mois à compter de la date de la décision à intervenir et sous astreinte d'un montant de 200 euros par jour de retard à l'expiration de ce délai ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Dreux à lui verser la somme de 75 000 euros en réparation du préjudice moral subi du fait d'un harcèlement moral dont il aurait été la victime ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Dreux la somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction :
- ayant accompli un temps de travail additionnel à son service hebdomadaire, il a droit au paiement de ses obligations de service conformément aux dispositions de l'article R. 6152-7 du code de la santé publique ;
- ayant également effectué des permanences de soins et de travail au-delà des obligations de service hebdomadaires, il a droit, en application des dispositions de l'article D. 6152-23-1 du code de la santé publique, d'une part, au paiement des indemnités d'astreintes non rémunérées d'un montant de 1 868,44 euros pour 2019 et 6 251,04 euros pour 2020 et, d'autre part, des indemnités de déplacement et des astreintes de sécurité d'un montant de 133,90 euros pour des déplacements de plus de trois heures, de 65,41 euros pour des déplacements de moins de trois heures, le tout au titre de l'année 2019 et d'un montant de 239,83 euros pour des déplacements de plus de trois heures, 30,91 euros pour des astreintes de sécurité, 15,47 euros pour des demi-astreintes de sécurité et 139,14 euros pour des déplacements de moins de trois heures, le tout au titre de l'année 2020 ;
- il a également droit au paiement de ses services des dimanches, jours fériés et appels exceptionnels, qui ont fait l'objet de tableaux validés par le chef de service ;
- il est en droit de prétendre à une valorisation du solde de son compte épargne temps, qui a été sous-évalué ;
- en sa qualité de chef de pôle, il est aussi en droit d'obtenir le versement de la prime d'intéressement aux résultats qui a été versée à l'ensemble des autres chefs de pôle, sauf à subir une discrimination ; ce versement est d'autant plus justifié que le directeur de l'établissement s'était engagé à lui verser cette rémunération supplémentaire pour un montant fixé entre 1 200 euros et 1 400 euros et qu'il a fourni des efforts considérables dans la gestion financière de la crise sanitaire liée au covid-19 en permettant la réalisation d'importantes économies budgétaires ;
En ce qui concerne les conclusions indemnitaires :
- alors que ses états de service et l'efficacité de ses travaux dans la gestion de la crise sanitaire étaient unanimement reconnus, il a été victime d'une mise à l'écart à compter du jour où le directeur du centre hospitalier de Dreux a souhaité connaître sa position sur un signalement judiciaire remontant à 2017 sans lien avec son activité médicale au sein de cet établissement ; il a été écarté d'un projet " covid " à compter de mai 2020 alors qu'il en était l'initiateur en qualité de chef de pôle ; ses conditions de travail se sont dégradées, ses nombreuses heures de travail n'étant plus payées et ses déplacements n'étant pas correctement comptabilisés et payés ; de plus, ses fonctions de chef de pôle et, par suite, de membre de directoire lui ont également été retirées ; ces agissements répétés constitutifs d'un harcèlement moral imputables au centre hospitalier ont produit des effets sur sa santé jusqu'à un épisode dépressif majeur d'intensité sévère réactionnelle et ont compromis son avenir professionnel par l'impossibilité d'une mutation à terme au sein du centre hospitalier de Dreux.
Par un mémoire enregistré le 28 mars 2022, le centre hospitalier de Dreux, représenté par Me Lesné, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions qui tendent au paiement de sommes d'argent visées par la réclamation préalable adressée le 8 octobre 2020, présentées après l'expiration du délai de deux mois visé par l'article R. 421-2 du code de justice administratives, sont tardives et, par suite, irrecevables ; les autres demandes qui se rapportent au paiement de diverses sommes qui n'ont pas été précédées par une réclamation préalable sont également irrecevables faute de liaison du contentieux conformément aux dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;
- aucun des autres moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, praticien hospitalier au centre hospitalier de Perpignan, a été mis à disposition à temps plein auprès du centre hospitalier de Dreux, dans l'attente de la procédure de mutation organisée par le centre national de gestion lors du deuxième tour de recrutement des praticiens hospitaliers pour l'année 2019, en vertu d'une convention du 11 février 2019, à effet au 4 mars 2019. En l'absence de nomination sur le poste vacant de praticien hospitalier publié par le centre hospitalier de Dreux et à l'issue de la prolongation de sa mise à disposition, l'intéressé a réintégré le centre hospitalier de Perpignan le 10 octobre 2020. Le 12 octobre 2020, M. A a présenté auprès du centre hospitalier de Dreux une demande en paiement du solde de son compte épargne-temps (CET) égal à 26,5 jours. Par une décision du 20 novembre 2020, le directeur des affaires médicales du centre hospitalier de Dreux a fait droit à la demande de monétisation du solde du CET. Par sa requête, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision implicite née du silence gardé par l'administration pendant plus de deux mois sur sa demande en paiement des rappels dus au titre des services accomplis et qu'il soit enjoint au directeur du centre hospitalier de Dreux de réexaminer sa situation pécuniaire.
2. Le 7 mai 2021, M. A, estimant avoir été victime d'agissements de harcèlement moral, a adressé au centre hospitalier de Dreux une réclamation indemnitaire. Le silence gardé par le directeur du centre hospitalier de Dreux, pendant plus deux mois, a fait naître une décision implicite de rejet de cette demande. Par sa requête, M. A demande également l'indemnisation du préjudice moral subi du fait du harcèlement moral dont il aurait été la victime.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
3. Aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet () ". En vertu de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception. (). ", ni celles de son article L. 112-6 qui dispose que : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis () ". L'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre les autorités administratives et leurs agents.
4. D'une part, il résulte de l'ensemble des dispositions citées au point précédent, qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics. Ce n'est qu'au cas où, dans le délai de deux mois ainsi décompté, l'auteur de la demande adressée à l'administration reçoit notification d'une décision expresse de rejet qu'il dispose alors, à compter de cette notification, d'un nouveau délai pour se pourvoir.
5. D'autre part, les règles relatives au délai raisonnable au-delà duquel le destinataire d'une décision ne peut exercer de recours juridictionnel, qui ne peut en règle générale excéder un an sauf circonstances particulières, sont également applicables à la contestation d'une décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur une demande présentée devant elle, lorsqu'il est établi que le demandeur a eu connaissance de la décision et qu'il n'a pas été informé des voies et délais de recours dans les conditions prévues par les dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration. Cette règle ne saurait cependant s'appliquer aux agents publics qui ne sont pas soumis aux dispositions de l'article L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration et qui se trouvent dans une situation statutaire différente s'agissant de leurs relations avec l'administration qui les emploie de celles des citoyens en litige avec cette administration. Ces agents ne disposent, en conséquence, que d'un délai de deux mois à compter de la naissance de la décision implicite pour exercer un recours contentieux en excès de pouvoir.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A a demandé au centre hospitalier de Dreux, par un courrier du 8 octobre 2020 reçu le 12 octobre 2020, le versement des sommes lui restant dues au titre de l'ensemble des heures travaillées, y compris les week-end et jours fériés. Le directeur du centre hospitalier de Dreux a rejeté cette demande par une décision implicite, née le 12 décembre 2020. En application des dispositions du premier alinéa de l'article R. 421-2 du code de justice administrative, le délai de recours contre cette décision implicite a couru à compter de cette date et M. A n'était recevable à la contester que jusqu'au 12 février 2020. A défaut de contestation dans ce délai, cette décision est devenue définitive. Les conclusions présentées par le requérant à fin d'annulation et, en tant qu'elles s'y rattachent, les conclusions accessoires à fin d'injonction sont, dès lors, ainsi que l'oppose le centre hospitalier de Dreux aux termes de son mémoire en défense, irrecevables et ne peuvent en conséquence qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal :
7. En dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, du code de justice administrative, il n'appartient pas au tribunal administratif d'adresser des injonctions à l'administration. En l'espèce, alors que la demande de monétisation des 26,5 jours inscrits au CET présentée par M. A le 12 octobre 2020 a déjà été entièrement satisfaite le 20 novembre 2020, les conclusions du requérant tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration de réexaminer sa situation pécuniaire en vue d'une revalorisation de ces droits n'entrent pas dans les prévisions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative dès lors que les motifs du présent jugement n'impliquent pas que le centre hospitalier de Dreux prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé. Par suite, ainsi que l'oppose le centre hospitalier aux termes de son mémoire en défense, elles sont irrecevables et ne peuvent en conséquence qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors applicable : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel () ".
9. D'une part, il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
10. D'autre part, pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé.
11. M. A fait valoir qu'à compter de mai 2020, à la suite de la révélation de l'existence d'un signalement judiciaire remontant à 2017 dépourvu de lien avec son activité médicale et au sujet duquel il s'est expliqué auprès du directeur du centre hospitalier de Dreux, il a été victime d'une mise à l'écart, d'une dégradation de ses conditions de travail et de prise en charge financière, d'une perte de responsabilité et de perspectives de mutation et que ces agissements répétés imputables à sa hiérarchie ont entraîné un retentissement psychologique important.
12. D'abord, si M. A soutient qu'il a été mis à l'écart d'un projet de drive-test destiné au dépistage du covid-19 alors qu'il en était l'initiateur en qualité de chef de pôle médicotechnique, il ne ressort pas des pièces produites par le requérant et notamment pas des termes d'un courriel du directeur en charge des affaires générales, des projets et du système d'information du centre hospitalier de Dreux, en date du 15 mai 2020, l'invitant à prendre connaissance d'une " proposition " de " projet martyr de procédure portant sur les modalités de fonctionnement du centre de prélèvement " et à adresser en retour tout complément et amélioration, que sa hiérarchie aurait exprimé une quelconque intention de le dessaisir dudit projet. Au contraire, la réponse faite à ce courriel par M. A, également produite par ce dernier, aux termes de laquelle il affirme " être totalement étranger à ce projet " et demande à " être retiré " de la liste des coparticipants, démontre sans équivoque qu'il est lui-même à l'origine de ce retrait. Par suite, cette circonstance n'est pas en elle-même susceptible de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral dont il aurait été la victime.
13. Ensuite, si M. A affirme qu'il a été victime d'une dégradation de ses conditions de prise en charge financière illustrée par des refus de paiement d'heures de service et de frais de déplacement, ces faits, qui ne sauraient être déduits des seuls courriers et courriels adressés par l'intéressé à sa hiérarchie, ni d'un courriel afférent à la situation d'un autre praticien hospitalier, ne sont corroborés par aucune autre pièce produite. Par suite, ces circonstances ne sont pas davantage de nature à faire présumer l'existence d'un harcèlement moral dont il aurait été la victime.
14. Par ailleurs, M.A se prévaut d'une décision du directeur général du centre hospitalier de Dreux, en date du 9 juillet 2020, mettant fin à ses fonctions de chef de pôle, lui ayant fait perdre sa qualité de membre du directoire de l'établissement, ainsi que des chances sérieuses de mutation au sein de ce même hôpital. Cependant, il résulte de l'instruction et notamment d'un compte rendu, du 17 décembre 2020, du directeur des ressources humaines et des affaires médicales de l'établissement que cette décision motivée par une posture managériale trop autoritaire, elle-même à l'origine de situations conflictuelles avec les confrères et autres professionnels de l'établissement, a été prise dans l'intérêt du service. Par suite, cette décision prise dans le cadre d'exercice normal du pouvoir hiérarchique ne révèle pas davantage l'existence d'un harcèlement moral dont M. A aurait été la victime.
15. Enfin, si M. A entend faire valoir qu'il souffre de troubles anxio-dépressifs consécutivement à l'ensemble des faits ainsi décrits, il résulte du certificat produit par le requérant, établi le 17 juillet 2020 par un médecin psychiatre exerçant au sein du même établissement, que l'intéressé faisait déjà l'objet d'un suivi médical depuis plus d'un mois à la date des premiers faits en litige. En outre, si ce certificat fait état d'un arrêt de travail débuté le 28 mai 2020 " dans le cadre d'un épisode dépressif majeur d'intensité sévère réactionnelle ", il ne fait nullement état de troubles ayant pour origine un conflit objectif d'origine professionnelle opposant M. A à sa hiérarchie. Dans ces conditions, le syndrome anxio-dépressif dont souffre M. A n'est pas susceptible de faire révéler et de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral dont celui-ci aurait été victime.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les agissements dénoncés par M. A, pris ensemble ou isolément, n'étant pas constitutifs de harcèlement moral, l'administration n'a commis aucune faute en s'abstenant de prendre des mesures pour y mettre fin. Dès lors, ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
17. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Dreux, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A une somme au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Dreux au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au centre hospitalier de Dreux.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère,
M. Joos, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.
Le rapporteur,
Emmanuel B
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
La greffière,
Lucie BARRUET
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026