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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2102747

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2102747

vendredi 14 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2102747
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP LE METAYER & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 juillet 2021, M. A B, représenté par la SCP d'avocats Le Métayer et Associés, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il justifie de la réalité de ses frais kilométriques qu'il évalue à 27 243 euros au titre de l'année 2014 ;

- c'est par méconnaissance des règles comptables et fiscales qu'il s'est permis d'encaisser sur ses comptes personnels des chèques professionnels correspondant à des recettes de la société Maintenance Incendie Protection à fin de compenser des sommes avancées par ses soins pour le compte de ladite société.

Par un mémoire enregistré le 21 janvier 2022, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- s'agissant de la charge de la preuve, dès lors que M. B n'a présenté aucune observation à la suite de la notification qui lui a été faite des propositions de rectification, elle lui incombe ;

- s'agissant des frais kilométriques, M. B, par la simple production des relevés kilométriques de son véhicule, sans indication des lieux de départ et d'arrivée, des motifs des déplacements, des sites des chantiers et de leur corrélation avec les clients, ne justifie pas la réalité et le caractère professionnel du kilométrage parcouru ;

- s'agissant des revenus considérés comme distribués, le requérant n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause les affirmations contenues dans les attestations qu'il a lui-même établies selon lesquelles les sommes encaissées sur ses comptes personnels correspondaient à des recettes de la société Maintenance Incendie Protection n'ayant pas été comptabilisées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B a fait l'objet d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle portant sur les années 2014 à 2016 ainsi que d'un examen de comptabilité au titre de son activité d'agent commercial en matière de sécurité incendie portant sur ses déclarations de bénéfices non commerciaux et de taxe sur la valeur ajoutée des années 2014 à 2016. Dans le cadre de l'examen de la comptabilité de son entreprise personnelle, l'administration a notamment remis en cause le bien-fondé de la déduction d'une partie des frais kilométriques déclarés au titre de l'année 2014 et par une proposition de rectification du 13 décembre 2017, le rehaussement de son impôt sur le revenu correspondant lui a été notifié. Par une seconde proposition de rectification du 20 décembre 2017, il a été considéré comme ayant bénéficié de revenus distribués par la société Maintenance Incendie Protection et des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2014 lui ont été notifiées sur le fondement du c de l'article 111 du code général des impôts. Les impositions supplémentaires à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales résultant de l'examen de comptabilité ont été assorties des intérêts de retard et des majorations prévues à l'article 1758 A du code général des impôts, et celles résultant de l'examen contradictoire de la situation fiscale personnelle ont été assorties des intérêts de retard et de la majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue à l'article 1729 du code général des impôts. M. B n'a présenté aucune observation et les impositions ont été mises en recouvrement le 31 décembre 2018. Par une première réclamation contentieuse du 16 septembre 2019, M. B a contesté les impositions supplémentaires mises à sa charge au titre des années 2014 à 2016. Cette réclamation a fait l'objet d'une décision de rejet du 20 février 2020. Par une seconde réclamation du 23 décembre 2020, M. B a de nouveau contesté les impositions mises à sa charge mais uniquement en ce qu'elles concernent l'année 2014. Cette nouvelle réclamation a fait l'objet d'une décision de rejet du 18 juin 2021.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne les frais kilométriques :

2. Aux termes de l'article 93 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice à retenir dans les bases de l'impôt sur le revenu est constitué par l'excédent des recettes totales sur les dépenses nécessitées par l'exercice de la profession () ". Quelle que soit la procédure d'imposition suivie à l'encontre du contribuable, il lui appartient de justifier que les sommes qu'il a déduites ou entend déduire de son bénéfice non commercial ont constitué des dépenses nécessitées par l'exercice de sa profession.

3. Quel que soit le mode de déduction réel ou forfaitaire des frais de véhicules, il appartient au contribuable de justifier par tous moyens le nombre de kilomètres parcourus à titre professionnel au cours de l'année d'imposition.

4. M. B se borne à produire, d'une part, la carte grise de son véhicule et d'autre part, trois fiches récapitulatives de frais kilométriques pour les mois d'octobre, novembre et décembre 2014 mentionnant le nom des clients visités et le kilométrage parcouru, sans produire toutefois la moindre pièce attestant de la réalité et du caractère professionnel de ses déplacements. Ainsi, en l'absence de pièces plus probantes, c'est à bon droit que l'administration a considéré que le volume kilométrique déclaré par le contribuable ne pouvait être tenu pour établi et lui a substitué sa propre évaluation, déterminée à partir des statistiques de l'activité d'agent commercial établies par l'association régionale de gestion agréée pour les professions libérales. La circonstance que M. B soutienne n'avoir déclaré que 35 % des frais kilométriques qu'il aurait réellement assumés est sans incidence.

En ce qui concerne les revenus distribués :

5. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () c. Les rémunérations et avantages occultes () ".

6. M. B n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause les affirmations contenues dans les attestations qu'il a établies le 2 novembre 2017 et aux termes desquelles il reconnaît avoir encaissé sur ses comptes personnels des recettes de la société Maintenance Incendie Protection qui, à l'issue de la vérification de comptabilité dont cette société a fait l'objet, se sont révélées non comptabilisées. S'il soutient que ces sommes correspondent à des avances qu'il aurait consenties à la société, il ne produit toutefois aucun élément à l'appui de ses allégations de nature à en établir la véracité. Dès lors, M. B, qui ne peut utilement invoquer sa méconnaissance des règles fiscales et comptables, n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration a considéré les sommes litigieuses comme des revenus distribués sur le fondement du c de l'article 111 du code général des impôts.

7. Il résulte de ce qui précède, alors que M. B ne fait valoir aucun moyen relatif au chef de rehaussement afférent à la remise en cause de la déduction de cadeaux à la clientèle, ni aucun moyen propre à l'appui de ses conclusions relatives aux contributions sociales, que ses conclusions à fin de décharge doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :

8. D'une part, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge le versement de la somme demandée par le requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

9. D'autre part, la présente instance ne comporte aucun dépens et par suite les conclusions tendant à leur remboursement doivent en tout état de cause être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice régionale des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.

Délibéré après l'audience du 31 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Dorlencourt, président,

Mme Le Toullec, première conseillère,

M. Lardennois, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.

Le rapporteur,

Stéphane C

Le président,

Frédéric DORLENCOURT

La greffière,

Isabelle METEAU

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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