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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2102863

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2102863

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2102863
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL SYLVIE MAZARDO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 août 2021, Mme B A, représentée par Me Mazardo, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite du 23 juin 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier régional d'Orléans a refusé de lui attribuer une prime Covid outre un complément de prime annuelle ;

2°) d'enjoindre au directeur général du centre hospitalier universitaire d'Orléans de lui verser la prime Covid à hauteur de 500 euros ainsi qu'un complément de prime annuelle ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire d'Orléans une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée, en tant qu'elle lui refuse le versement de la prime Covid, est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 6 du décret du 14 mai 2020 dès lors que son arrêt de travail est en lien avec le covid ;

- cette décision, en tant qu'elle lui refuse le versement d'un complément de prime annuelle, méconnaît ses droits.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2021, le centre hospitalier régional d'Orléans conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n°2020-568 du 14 mai 2020 ;

- l'arrêté du 24 mars 1967 relatif aux conditions d'attribution de primes de service aux personnels de certains établissements énumérés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bernard,

- et les conclusions de M. Gauthier, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A est affectée au sein du service de stérilisation du centre hospitalier régional d'Orléans. Après avoir bénéficié de jours d'autorisation spéciale d'absence les 17, 20, 26 et 27 mars 2020, elle a été placée en congé de maladie du 28 mars au 24 avril 2020. Par un courrier du 22 avril 2021, reçu le 23 avril, elle a sollicité l'attribution de la prime exceptionnelle versée aux personnels des agents des établissements publics de santé dans le cadre de l'épidémie de covid-19 ainsi que la réévaluation de sa prime annuelle. Par sa requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de la décision implicite par laquelle le directeur général du centre hospitalier régional d'Orléans a rejeté ses demandes.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la prime exceptionnelle liée au Covid-19 :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 2 du décret du 14 mai 2020 relatif au versement d'une prime exceptionnelle aux agents des établissements publics de santé et à certains agents civils et militaires du ministère des armées et de l'Institution nationale des invalides dans le cadre de l'épidémie de covid-19 : " La prime exceptionnelle est versée aux personnes mentionnées à l'article 1er qui ont exercé leurs fonctions de manière effective, y compris en télétravail, entre le 1er mars et le 30 avril 2020. () ". Aux termes de l'article 6 de ce décret : " I. - Le montant de la prime exceptionnelle est réduit de 50 p. 100 du montant de la prime en cas d'absence d'au moins 15 jours calendaires pendant la période de référence mentionnée au 1er alinéa de l'article 2. / Les personnes absentes plus de 30 jours calendaires au cours de la période de référence mentionnée au 1er alinéa de l'article 2 ne sont pas éligibles au versement de la prime. / II. - L'absence est constituée par tout motif autre que : / - le congé de maladie, l'accident de travail, la maladie professionnelle, dès lors que ces trois motifs bénéficient d'une présomption d'imputabilité au virus covid-19 () ".

3. Il résulte de ces dispositions que les agents des établissements publics de santé ne sont pas éligibles au versement de la prime exceptionnelle versée dans le cadre de l'épidémie de covid-19 lorsqu'ils ont été absents, entre le 1er mars et le 20 avril 2020, pendant une période excédant 30 jours calendaires, à l'exception notamment du cas où cette absence résulte d'un congé de maladie dès lors que ce motif d'absence bénéficie d'une présomption d'imputabilité au virus covid-19. Cette présomption peut toutefois être écartée lorsque l'administration apporte la preuve contraire établissant qu'une autre cause est à l'origine du congé de maladie.

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a bénéficié, au cours de la période de référence, de quatre jours d'autorisation spéciale d'absence puis d'un congé de maladie de 28 jours en raison d'un " syndrome dépressif + contact proche covid 19 ", selon les mentions portées par son médecin généraliste sur l'avis d'arrêt de travail du 28 mars 2020 transmis au centre hospitalier régional d'Orléans. Il est en outre constant que la requérante n'avait pas elle-même contracté le virus du covid-19 ainsi qu'il en ressort des tests nasopharyngés négatifs des 27 mars et 11 avril 2020 qu'elle produit à l'appui de sa requête. Il en résulte, ainsi que le fait valoir le centre hospitalier régional d'Orléans, que la contamination au covid-19 n'est pas à l'origine du congé de maladie de Mme A. Par suite, et ce alors même qu'elle aurait été en contact avec ses enfants et son gendre, testés positifs à ce virus, c'est sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation que le centre hospitalier régional d'Orléans lui a refusé le versement de la prime exceptionnelle prévue par le décret du 14 mai 2020 visé ci-dessus dès lors que l'intéressée a été absente plus de 30 jours calendaires au cours de la période de référence.

En ce qui concerne la prime de service :

5. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 24 mars 1967 relatif aux conditions d'attribution de primes de service aux personnels de certains établissements énumérés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 modifié : " Dans les établissements d'hospitalisation, de soins ou de cure publics (), les personnels titulaire et stagiaire ainsi que les agents des services hospitaliers recrutés à titre contractuel peuvent recevoir des primes de services liées à l'accroissement de la productivité de leur travail dans les conditions prévues au présent arrêté() ". Aux termes de l'article 3 du même arrêté : " La prime de service ne peut être attribuée au titre d'une année qu'aux agents ayant obtenu pour l'année considérée une note au moins égale à 12,5 () Pour tenir compte des sujétions journalières réelles, toute journée d'absence entraîne un abattement d'un cent quarantième du montant de la prime individuelle. Toutefois, n'entraînent pas abattement les absences résultant : / Du congé annuel de détente ; / D'un déplacement dans l'intérêt du service ; / D'un congé consécutif à un accident du travail ou à une maladie professionnelle ; / D'un congé de maternité ; / D'une autorisation spéciale d'absence accordée dans le cadre de l'épidémie de covid-19 () ".

6. Il résulte de ces dispositions que le bénéfice de la prime de service à laquelle peuvent prétendre les personnels des services hospitaliers est lié à l'exercice effectif des fonctions, sauf exceptions limitativement énumérées, parmi lesquelles ne figure pas le congé de maladie.

7.

Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été placée en congé de maladie pour la période du 28 mars au 24 avril 2020. Ainsi, le centre hospitalier régional d'Orléans n'a pas méconnu les dispositions citées ci-dessus en procédant à un abattement sur le montant de sa prime annuelle.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite du directeur général du centre hospitalier régional d'Orléans, née le 23 juin 2021, doivent être rejetées.

Sur les autres conclusions :

9. En premier lieu, le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions de Mme A à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

10. En second lieu, doivent également être rejetées ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dès lors que le centre hospitalier universitaire d'Orléans n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier universitaire d'Orléans.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Lesieux, présidente,

Mme Bernard, première conseillère,

M. Nehring, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

La rapporteure,

Pauline BERNARD La présidente,

Sophie LESIEUX

La greffière,

Céline BOISGARD

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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