jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2104630 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PHILIPPON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 décembre 2021, et un mémoire enregistré le 27 septembre 2022, Mme B C représentée par Me Philippon, demande au tribunal d'annuler les titres de perception N° 045000 038 053 045 262099 2020 0001277 d'un montant de 1 005,20 euros, N° 045000 038 053 045 485527 2020 0001248 d'un montant de 251,30 euros, N° 045000 038 053 045 485527 2020 0001247 d'un montant de 251,30 euros et N° 045000 038 053 045 485527 2020 0001246 d'un montant de 251,30 euros ainsi que les saisies administratives à tiers détenteur référencées SADT n° REP CENT-20-2900001138 09 0450 pour un montant de 1 106,20 euros, SADT n° REP CENT-20-2900001139 09 0450 pour un montant de 276,30 euros ,SADT n° REP CENT-20-2900001140 09 0450 pour un montant de 276,30 euros et SADT n° REP CENT-20-2900001141 09 0450 pour un montant de 276,30 euros ;
2°) de prononcer la décharge des sommes correspondantes ;
3°) de mettre à la charge de l'université de Tours la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les titres de perception ne sont pas motivés en droit et insuffisamment précis en fait ;
- ils sont entachés d'erreur de fait car ses absences étaient justifiées par son état de santé et elle n'a pas eu de volonté délibérée de manquer les cours ;
- la saisie étant fondée sur une créance inexistante, il y a lieu de prononcer son annulation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mars 2022 et un mémoire déposé le 30 septembre 2022, le directeur général du centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) d'Orléans-Tours conclut au rejet de la requête.
Il soutient que l'université de Tours lui a signalé Mme C comme absente et que dès lors les sommes indument perçues en qualité de boursière doivent être remboursées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de l'éducation ;
- la circulaire n° 2018-079 du 25 juin 2018 relative aux modalités d'attributions des bourses d'enseignement supérieur sur critères sociaux, des aides au mérite et des aides à la mobilité internationale pour l'année 2018-2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente-rapporteure ;
- et les conclusions de Mme A de Gand, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, étudiante à l'université François Rabelais de Tours, demande au tribunal d'annuler les titres de perception émis au titre d'indus de bourse ainsi que les saisies administratives à tiers détenteur et de prononcer la décharge des sommes correspondantes.
2. En premier lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ". Aux termes de l'article 112 de ce décret : " Les ordres de recouvrer relatifs aux autres recettes comprennent : / 1° Les titres de perception mentionnés à l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales ; () ". Aux termes de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales : " Constituent des titres exécutoires les arrêtés, états, rôles, avis de mise en recouvrement, titres de perception ou de recettes que l'Etat, les collectivités territoriales ou les établissements publics dotés d'un comptable public délivrent pour le recouvrement des recettes de toute nature qu'ils sont habilités à recevoir. ". En application de ces dispositions, une collectivité publique ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre de perception lui-même, soit par une référence précise à un document joint à ce titre ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elle s'est fondée pour mettre les sommes en cause à la charge de ce débiteur.
3. En l'espèce, les titres de perception attaqués qui mentionnent comme objet de la créance " termes de bourse de [période précise] " " à reverser car manque d'assiduité aux cours " indiquent de façon suffisamment précise les bases et éléments de calcul déterminant le montant des indus mis à la charge de la requérante pour que celle-ci puisse les contester. Par suite, ils sont suffisamment motivés.
4. En second lieu, aux termes de l'annexe 4 de la circulaire n° 2018-079 du 25 juin 2018 relative aux modalités d'attributions des bourses d'enseignement supérieur sur critères sociaux, des aides au mérite et des aides à la mobilité internationale pour l'année 2018-2019 : " En application des articles L. 612-1-1 (issu de la loi n° 2018-166 du 8 mars 2018 relative à l'orientation et à la réussite des étudiants) et D. 821-1 du Code de l'éducation, l'étudiant bénéficiaire d'une bourse doit être régulièrement inscrit (inscription administrative et pédagogique) et assidu aux cours, travaux pratiques ou dirigés, réaliser les stages obligatoires intégrés à la formation et se présenter aux examens, faute de quoi le versement de la bourse est suspendu et un ordre de reversement est émis pour obtenir le remboursement des mensualités de bourse indûment perçues. () En cas de non-respect de l'obligation d'inscription pédagogique ou d'assiduité aux cours, le Crous suspend le versement de la bourse. Cette suspension est également opérée lorsque l'étudiant ne se présente pas à la session d'examen qui se déroule à la fin du 1er semestre. Si, à la suite d'une relance de son établissement, les justificatifs du non-respect de ces obligations ne sont toujours pas fournis par l'étudiant à son établissement, une procédure d'émission d'un ordre de reversement d'une partie ou de la totalité de la bourse est mise en œuvre. Il en est de même si l'étudiant ne se présente pas à la session d'examen qui se déroule à la fin du second semestre. ". Selon le 2.1 de cette même annexe : " Les contrôles afférents à l'assiduité aux cours et à la présence aux examens sont conduits, tout au long de l'année, sous la responsabilité des présidents d'université, des directeurs d'école et des chefs d'établissement. Ceux-ci doivent apporter toute leur coopération en fournissant aux services du Crous les documents ou fichiers relatifs à l'assiduité des étudiants et à leur présence aux examens. En cas de non-respect de l'obligation d'assiduité aux cours, le Crous suspend le versement de la bourse. () Si, à la suite d'une relance de son établissement, les justificatifs ne sont toujours pas fournis par l'étudiant à son établissement, une procédure d'émission d'un ordre de reversement d'une partie ou de la totalité de la bourse est mise en œuvre. () ". Enfin, aux termes du paragraphe 2.2 de cette annexe : " Lorsqu'un étudiant titulaire d'une bourse d'enseignement supérieur sur critères sociaux doit interrompre ses études au cours de l'année universitaire pour des raisons médicales graves (traitement médical, hospitalisation), il est tenu d'en informer les services de gestion des bourses et de leur transmettre toutes les pièces justificatives nécessaires. Dans ce cas, l'interruption d'études ne suspend pas le paiement de la bourse pendant la période considérée. ".
5. Il résulte de ces dispositions que le versement des bourses de l'enseignement supérieur est subordonné, notamment, à des conditions d'assiduité aux cours et de présence aux examens. Elles impliquent que l'étudiant soit inscrit et assidu aux cours, travaux pratiques ou dirigés et se présente aux examens et concours correspondant à ses études, le non-respect de l'une de ces obligations entraînant le reversement des sommes indûment perçues.
6. La requérante, qui conteste être redevable d'un indu de bourse sur critères sociaux pour les mois de décembre 2018 à mai 2019 à raison d'un défaut d'assiduité aux cours, soutient qu'elle a été absente lors de cette période pour raisons de santé. Cependant, elle se borne à produire un certificat médical en date du 17 mai 2019 aux termes duquel un médecin certifie, sans autre précision, notamment de dates, que son état de santé " a nécessité plusieurs absences scolaires depuis décembre 2018 ". Elle n'établit pas avoir ainsi avoir dû interrompre pour la période en litige ses études pour des raisons médicales graves ni a fortiori en avoir informé les services de gestion des bourses. Ce seul certificat n'est pas suffisant pour établir que son défaut d'assiduité était justifié et que les remboursements demandés seraient infondés.
7. Il résulte de tout ce qui précède, la circonstance que son manque d'assiduité n'était pas délibéré étant sans incidence, que les conclusions à fin d'annulation des titres de perceptions présentées par Mme C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence et sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité, ses conclusions à fin d'annulation des saisies administratives à tiers détenteur, ses conclusions aux fins de décharge et ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) d'Orléans-Tours.
Copie en sera transmise à la direction régionale des finances publiques Centre-Val de Loire.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
M. Joos, premier conseiller,
Mme Bertrand, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.
La présidente-rapporteure,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
L'assesseur le plus ancien,
Emmanuel JOOS
La greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026