vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2200203 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | ANNOOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 janvier 2022 et le 14 avril 2023, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Lynx Entreprise, représentée par Me Annoot, avocate, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, des suppléments de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises auxquels elle a été assujettie au titre des années 2013 à 2015, ainsi que de l'amende pour factures de complaisance mise à sa charge en application du I de l'article 1737 du code général des impôts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été rendue destinataire de l'avis de vérification en temps utile ;
- elle démontre avoir eu recours à des sous-traitants en 2014 et 2015 et les factures de ces derniers, regardées par l'administration comme des factures de complaisance, correspondent à des prestations effectivement fournies par ces sous-traitants ; les factures produites présentent bien un caractère probant alors même qu'elles ne mentionneraient ni le nom des agents ayant effectué les prestations, ni les lieux de réalisation de ces prestations, ces informations n'étant pas pertinentes s'agissant de factures correspondant à des sommes d'heures de surveillance réalisées par le sous-traitant sur une période donnée ;
- la société ne disposant pas de sa propre flotte de véhicules, elle justifie que les véhicules appartenant à son dirigeant ont été utilisés dans l'intérêt de la société et que le nombre de kilomètres parcourus est cohérent avec les besoins de son activité ; ainsi, les remboursements de frais kilométriques exposés par son dirigeant et certains cadres de l'entreprise correspondent effectivement à des missions de caractère professionnel effectuées pour le compte de l'entreprise et doivent être admis en charge déductible ; en application de la propre doctrine de l'administration référencée BOI-RSA-BASE-30-50-30-20 n° 410 du 24 février 2017, les sommes versées aux dirigeants et salariés en dédommagement de l'utilisation de leurs véhicules, calculées sur la base du barème kilométrique fourni chaque année par l'administration, sont intégralement déductibles ; l'administration n'est pas fondée à solliciter la production de pièces justificatives telles que des factures d'essence, d'assurance ou d'entretien de véhicules dès lors que les frais de transport et de déplacement étaient remboursés à M. B sur la base des kilomètres parcourus par les salariés et non sur la base de " frais réels " ; enfin les chiffres avancés sont parfaitement cohérents au regard de l'activité de la société et du nombre de ses clients et de sites à surveiller comme en attestent le nombre de kilomètres parcourus les années suivantes ; en refusant de prendre en compte les conditions réelles de l'exploitation de l'entreprise et les caractéristiques propres à son fonctionnement, l'administration a entaché sa méthode de reconstitution d'incohérence ;
- elle est fondée à solliciter la décharge des impositions supplémentaires en matière de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, de taxe additionnelle à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises et de frais d'assiette sur ladite cotisation dès lors qu'elle justifie de la déductibilité des charges d'exploitation liées au remboursement des frais kilométriques ;
- l'amende prévue par les dispositions du 1 du I de l'article 1737 du code général des impôts n'est pas fondée dès lors qu'elle établit la réalité des prestations réalisées par ses sous-traitants et qu'il n'y pas eu de factures de complaisance ; par ailleurs, l'administration n'établit pas l'intention frauduleuse de la société ; enfin, il appartient à l'administration de revenir sur la base de calcul retenue et d'identifier précisément quelles factures correspondent effectivement à des factures de complaisance, ce qu'elle n'a pas fait ;
- la doctrine administrative référencée BOI-CF-INF-10-20-20 publié le 12 septembre 2012 (n° 60) précise que la mise en œuvre de la majoration de 80 % pour manœuvres frauduleuses prévue par le c de l'article 1729 du code général des impôts suppose la réunion de deux éléments : un manquement délibéré et la mise en œuvre de procédés destinés à égarer l'administration ou à restreindre son pouvoir de contrôle et de vérification, or le caractère de complaisance reconnu par l'administration aux factures de ses sous-traitants n'est pas établi, la réalité des prestations ayant été admise ;
- la majoration de 40 % pour manquement délibéré appliquée aux rappels en matière de taxe sur la valeur ajoutée afférents aux charges portées au compte " Autres fournitures " et aux cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés afférents aux remboursements de frais kilométriques à M. B n'est pas fondée dès lors que les rehaussements en cause ne sont pas fondés d'une part, et que l'administration n'établit pas l'intention délibérée d'éluder l'impôt comme le prévoit la doctrine référencée BOI-CF-INF-10-20-20 n° 30 et n° 40, d'autre part ; l'importance des sommes en cause ne permet pas à elle seule d'établir l'absence de bonne foi.
Par des mémoires enregistrés le 18 juillet 2022 et le 7 novembre 2023, le directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Ouest conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lardennois,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. L'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Lynx Entreprise, qui exerce une activité de surveillance, gardiennage et sécurité de magasins, grandes surfaces et autres établissements privés et dont le gérant et unique associé est M. A B, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité du 10 octobre 2016 au 5 mai 2017 portant sur la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015. Lors de ce contrôle, le service vérificateur a constaté que la société n'était pas en mesure de garantir la continuité du chemin de révision entre le document d'origine et l'écriture comptable et inversement et, au regard du cumul des anomalies constatées, a rejeté la comptabilité de la société comme dénuée de valeur probante. A l'issue du contrôle, l'administration fiscale, remettant en cause en matière d'impôt sur les sociétés, le droit à déduction de charges de sous-traitance et d'indemnités pour frais kilométriques et en matière de taxe sur la valeur ajoutée, le droit à déduction de la taxe afférente aux dépenses de sous-traitance, a, par deux propositions de rectification datées du 22 décembre 2016, s'agissant de l'exercice clos le 31 décembre 2013, et du 13 juin 2017 s'agissant des exercices clos en 2014 et 2015, notifié à la société des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des rehaussements en matière d'impôt sur les sociétés et de cotisations sur la valeur ajoutée des entreprises au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015. Par deux courriers datés des 21 février 2017 et 17 août 2017, la société a contesté ces rappels. Par deux réponses aux observations du contribuable datées du 9 novembre 2017, l'administration a maintenu sa position. La société Lynx Entreprise a alors exercé un recours hiérarchique qui, à la suite d'un entretien qui s'est tenu le 8 février 2018, a fait l'objet le 27 mars 2018 d'un rejet. Dans le cadre de l'interlocution, la société a été informée de l'abandon des rehaussements d'impôt sur les sociétés relatifs à la réintégration pour partie de ses dépenses de sous-traitance. Pour le restant, les impositions mises à la charge de la société, majorées de l'intérêt de retard et assorties de l'amende pour factures de complaisance prévue par le I de l'article 1737 du code général des impôts et de la majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue par l'article 1729 du même code, ont été maintenues. Les impositions en litige, à l'exception de la majoration de 80 % pour manœuvres frauduleuses prévue par l'article 1729 du code précité, ont été mises en recouvrement le 14 septembre 2018. En outre, une amende pour paiements en espèces a été appliquée au titre de l'exercice 2013. Par une réclamation du 29 décembre 2020, la société Lynx Entreprise a contesté les impositions ainsi mises à sa charge. Cette réclamation a fait l'objet d'une décision de rejet du 19 novembre 2021.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure :
2. Aux termes de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable à la procédure d'imposition en litige : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu ou une vérification de comptabilité ne peut être engagé sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification () ". Il incombe à l'administration d'établir que l'avis de vérification prévu par ces dispositions est parvenu en temps utile au contribuable.
3. La société requérante fait valoir que l'avis de vérification ne lui a pas été adressé en temps utile. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'administration a adressé à la société requérante le 13 septembre 2016 un avis de vérification dont le représentant légal de la société a accusé réception le 15 septembre suivant. Cet avis l'informait que la vérificatrice se présenterait au siège de la société le jeudi 29 septembre 2016 à 10 heures. Dans ces conditions, alors qu'en outre, par un courriel adressé le jour même à l'administration, la société a sollicité un report de l'intervention du vérificateur à la date du 10 octobre 2016 que l'administration a accepté, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les impositions litigieuses ont été établies à la suite d'une procédure irrégulière.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
S'agissant des rappels de taxe sur la valeur ajoutée procédant de la remise en cause de la taxe sur la valeur ajoutée déductible :
4. D'une part, aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. - La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération / 2. Le droit à déduction prend naissance lorsque la taxe déductible devient exigible chez le redevable () / II. - 1. Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables, et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est, selon le cas : / a) Celle qui figure sur les factures établies conformément aux dispositions de l'article 289 et si la taxe pouvait légalement figurer sur lesdites factures () ". D'autre part, aux termes de l'article 272 du même code : " () 2. La taxe sur la valeur ajoutée facturée dans les conditions définies au 4 de l'article 283 ne peut faire l'objet d'aucune déduction par celui qui a reçu la facture () ". Enfin, aux termes de l'article 283 du même code : " () 4. Lorsque la facture ne correspond pas à la livraison d'une marchandise ou à l'exécution d'une prestation de services, ou fait état d'un prix qui ne doit pas être acquitté effectivement par l'acheteur, la taxe est due par la personne qui l'a facturée () ".
5. En vertu des dispositions combinées des articles 271, 272 et 283 du code général des impôts, un contribuable n'est pas en droit de déduire de la taxe sur la valeur ajoutée dont il est redevable à raison de ses propres opérations la taxe mentionnée sur une facture établie à son nom par une personne qui n'est pas le fournisseur réel de la marchandise ou de la prestation effectivement livrée ou exécutée. Dans le cas où l'auteur de la facture est régulièrement inscrit au registre du commerce et des sociétés, assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée et se présente comme tel à ses clients, il appartient à l'administration, si elle entend refuser à celui qui a reçu la facture le droit de déduire la taxe qui y est mentionnée, d'établir qu'il s'agit d'une facture de complaisance et que le contribuable le savait ou ne pouvait l'ignorer. Si l'administration apporte des éléments suffisants en ce sens, il appartient alors au contribuable d'apporter toutes justifications utiles sur cette opération, sans qu'il ne puisse être exigé de lui des vérifications qui ne lui incombent pas.
6. Il résulte de l'instruction qu'au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015, la société Lynx Entreprise a comptabilisé dans ses charges des factures de sous-traitance émises par les sociétés TSPG (exercice 2013), Espoir Sécurité (exercices 2013, 2014 et 2015) et MT Sécurité (exercices 2014 et 2015). A l'issue des opérations de vérification de la comptabilité de la société, le service vérificateur a contesté pour l'essentiel la déductibilité des charges de sous-traitance en matière d'impôt sur les sociétés au titre des exercices considérés et en matière de taxe sur la valeur ajoutée, la déductibilité de la taxe afférente à ces dépenses en considérant que les factures constituaient des factures de complaisance. Par la suite, dans le cadre de ses réponses aux observations du contribuable, l'administration a abandonné les rehaussements notifiés en matière d'impôt sur les sociétés à raison des factures de sous-traitance des sociétés Espoir Sécurité et MT Sécurité dont les paiements ont été effectués directement aux sous-traitants, à des salariés de la société Lynx Entreprise, ayant des fonctions d'agents de sécurité, à M. C, gérant de la société Espoir Sécurité ou à des salariés de la société MT Sécurité. En revanche, les charges correspondant à des paiements destinés à des salariés de la société Lynx Entreprise n'ayant pas des fonctions d'agents de sécurité, à des tiers ou crédités sur le compte courant de M. B ont été réintégrées aux résultats de la société. Toutefois, saisi par la société requérante, l'interlocuteur interrégional, estimant que l'ensemble des paiements correspondait à des prestations effectivement réalisées, a abandonné les rehaussements notifiés en matière d'impôt sur les sociétés correspondant aux factures de sous-traitance des sociétés Espoir Securité et MT Sécurité tout en maintenant les rappels de taxe sur la valeur ajoutée déductible afférents auxdites factures.
Quant aux relations de sous-traitance avec la société TSPG (exercice 2013) :
7. La société requérante ne soulève aucun moyen s'agissant des rappels de taxe sur la valeur ajoutée résultant de la remise en cause de la réalité des prestations assurées par la société TSPG au titre de l'exercice 2013. Par ailleurs, en tout état de cause, il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté que la société TSPG a cessé son activité le 31 décembre 2008 et a été radiée définitivement du registre du commerce et des sociétés le 3 septembre 2012, soit antérieurement à l'exercice 2013. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à demander la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée ainsi mis à sa charge.
Quant aux relations de sous-traitance avec les sociétés Espoir Sécurité et MT Sécurité :
8. Il résulte de l'instruction que pour remettre en cause la déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée ayant grevé les factures émises par les sociétés sous-traitantes Espoir Sécurité et MT Sécurité, selon la procédure de rectification contradictoire, l'administration fiscale a considéré que les factures précitées avaient un caractère de complaisance. S'agissant de la société Espoir Sécurité, pour laquelle le contrat de sous-traitance produit date de 2011, elle a mis en évidence d'une part, que la société, qui a fait l'objet d'un jugement du 7 janvier 2015 d'ouverture d'une procédure de liquidation judiciaire simplifiée ne pouvant être mise en œuvre que pour les sociétés employant moins de cinq salariés avec une date de cessation de paiements fixée au 1er août 2013 et dont il ne résulte pas de l'instruction qu'il l'autorisait à poursuivre son activité, ne disposait pas des moyens humains et matériels pour réaliser les prestations facturées et d'autre part, que son gérant, M. C, avait été embauché par la société Lynx Entreprise dès le mois de novembre 2014 soit un mois à peine après la date déclarée de cessation temporaire d'activité de son entreprise le 30 septembre 2013. Par ailleurs elle a relevé que la société Espoir Sécurité n'avait déposé aucune déclaration annuelle des salaires pour les exercices 2014 et 2015 en contradiction avec les déclarations préalables à l'embauche déposées et que la société requérante n'avait pas procédé à l'ensemble des vérifications prévues à l'article L. 8222-1 du code du travail pour s'assurer que son cocontractant s'acquittait de certaines obligations déclaratives et formalités prévues par la législation du travail. D'autre part, pour remettre en cause la déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée ayant grevé les factures émises par la société MT Sécurité, pour laquelle aucun contrat de sous-traitance ne lui a été produit, l'administration fiscale a relevé l'absence d'ordre chronologique dans la numérotation de ses factures en méconnaissance des dispositions de l'article L. 123-12 du code de commerce, l'absence de précisions de ses factures s'agissant des périodes et lieux d'intervention et la multiplicité de paiements pour une seule facture. En outre, l'administration fiscale a relevé un certain nombre d'incohérences dans les tableaux récapitulatifs produits par la société requérante lors du contrôle et ensuite établis dans le cadre de ses observations en réponse aux propositions de rectification et plus particulièrement dans celui intitulé " fichier réconciliant les factures des sous-traitants avec plannings " faisant apparaître le nombre d'heures sur les déclarations annuelles des salaires alors qu'il est constant que la société Espoir Sécurité n'en a pas déposé. L'administration fiscale a aussi relevé le fait que les factures de sous-traitance produites présentaient une grande similitude tant en termes de mise en page que de libellés et que les taux horaires facturés étaient identiques d'un sous-traitant à l'autre et variés à la hausse ou à la baisse de manière identique aux mêmes périodes sans que le moindre avenant ne soit signé. Par ailleurs, l'administration a retenu que la société requérante n'avait pas été en mesure de produire de fiches de présence des salariés sur les sites d'intervention, ou encore d'éventuelles correspondances commerciales ou comptes rendus des prestations réalisées permettant de corroborer les horaires mentionnés sur les factures de ses sous-traitants. Enfin, à la suite de l'exercice de son droit de communication auprès des banques au sein desquelles la société Lynx Entreprise possède un compte, l'administration a pu relever que certains des paiements ne se sont pas faits directement aux sous-traitants mais à des agents employés par la société Lynx Entreprise, à des tiers (notamment par l'émission de chèques sans ordre) ou même directement au nom du gérant de la société Espoir Sécurité, et non au nom de sa société, ou directement à des agents employés par ses sous-traitants.
9. Pour contester le faisceau d'indices recueilli par l'administration, la société requérante se prévaut de la bonne entente entre les dirigeants des sociétés sous-traitantes et le dirigeant de la société Lynx Entreprise justifiant qu'elle ait fourni un modèle de facture unique conforme à la réglementation et que chacun de ses sous-traitants pratique les mêmes tarifs horaires. Elle souligne que les factures émises par ses sous-traitants sont établies en fonction des heures à pourvoir figurant sur les plannings qu'elle leur adresse en amont lors de l'ordre de mission mais ne sont pas toujours corrigées a posteriori ce qui expliquerait les incohérences que l'administration a pu constater sur les tableaux récapitulatifs qu'elle lui a remis. Par ailleurs, le fait qu'elle n'ait pas vérifié l'authenticité de certains des justificatifs produits par la société Espoir Sécurité n'est pas de nature selon elle à démontrer que les prestations n'ont pas été réalisées par le sous-traitant. D'autre part, si elle a embauché dès le mois de novembre 2014 le gérant de la société Espoir Sécurité, ce n'est pas pour autant qu'elle ne pouvait plus avoir recours aux services de sa société, mais il s'agissait simplement de pouvoir répondre à la demande de certains clients refusant le recours à des sous-traitants. Enfin, elle fait valoir que la circonstance que la facture émise par un sous-traitant a été payée à un tiers ne signifie pas pour autant que les prestations n'ont pas été réalisées par le sous-traitant émetteur de la facture. Par ailleurs, elle se prévaut des usages de la profession qui voudraient que ses salariés soient aussi salariés par ses sociétés sous-traitantes lui permettant ainsi d'avoir un certain nombre d'agents de sécurité disponibles en cas de pic de demande, et inversement de ne pas avoir de salarié sans mission lorsque l'activité est en baisse. Elle justifie aussi par un souci d'efficacité et de rapidité des règlements le fait que certains des paiements ont été assurés directement par son gérant ou par des membres de son personnel administratif. Enfin, elle fait valoir qu'en tout état de cause, elle est en droit de solliciter une réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée correspondant aux sommes qui n'ont pas été versées à des tiers dès lors que l'administration les a admises en charges pour déterminer son bénéfice imposable.
10. Toutefois, en premier lieu, il résulte de l'instruction que ces éléments sont insuffisants pour remettre en cause le faisceau d'indices recueilli par l'administration, alors que d'une part, il est établi qu'aucune pièce justificative de la réalité de l'exécution par les sociétés Espoir Sécurité et MT Sécurité des prestations facturées n'est produite, que la société Espoir Sécurité ne disposait pas des moyens humains pour réaliser les prestations en cause et que les mentions portées sur les factures ne permettent pas de déterminer la nature des prestations réalisées ni les modalités exactes de rémunération ou le nom des agents de sécurité ayant réalisé les prestations et que d'autre part, il n'est pas contesté que sur les exercices 2014 et 2015 aucun des salariés de la société requérante n'était aussi salarié de la société Espoir Sécurité et que seuls quatre salariés de la société requérante étaient également salariés de MT Sécurité. Dans ces conditions, alors que le caractère marginal du chiffre d'affaires généré par la sous-traitance est sans incidence, que le besoin de la société de recourir à la sous-traitance n'est pas contesté et que la société se borne à soutenir, sans en justifier, que selon les usages de la profession, une partie des prestations a été directement payée aux salariés des sociétés sous-traitantes concernées, l'administration était bien fondée à regarder les factures en cause comme des factures de complaisance et à considérer que la société requérante ne pouvait l'ignorer. Dès lors, la société requérante ne pouvait pas bénéficier d'un droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée figurant sur les factures en litige. En second lieu, si l'administration fiscale, par souci de réalisme économique, a pu admettre pour la détermination du bénéfice imposable de la société requérante en tant que charges déductibles les sommes payées directement aux sociétés sous-traitantes, compte tenu de l'impossibilité d'établir la rattachement précis de telles sommes à telles ou telles factures, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle est en droit de bénéficier de la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée à raison des montants des sommes effectivement réglées aux sociétés sous-traitantes.
S'agissant des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés procédant de la remise en cause des charges déductibles liées aux indemnités kilométriques :
11. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts, applicable à l'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 du même code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature () ". Si, en vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 de ce code que de la correction de leur inscription en comptabilité. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive.
12. Il résulte de l'instruction que l'administration a réintégré dans les résultats de la société Lynx Entreprise, les regardant comme non justifiés et par suite, comme ne correspondant pas à une charge réelle, les remboursements de frais kilométriques versés à M. B, pour des montants de 154 635 euros au titre de l'année 2013, de 117 696 euros au titre de l'année 2014 et de 84 078 euros au titre de l'année 2015. La société conteste le caractère injustifié des indemnités versées à M. B en expliquant que la société ne disposait pas de sa propre flotte de véhicules, que tous les véhicules utilisés par les salariés de la société et M. B appartenaient à ce dernier, que la société intervenait à l'époque sur plus de soixante-dix sites répartis sur l'ensemble du territoire et que les chiffres avancés sont parfaitement cohérents au regard des distances parcourues au titre des années suivantes. Elle fait valoir pour expliquer le défaut de production de justificatifs que M. B a été victime d'inondations à son domicile personnel où il entreposait les archives de sa société mais que malgré la destruction de la quasi-totalité des justificatifs relatifs à la période considérée, et notamment des plannings du personnel sur la base desquels les indemnités kilométriques étaient versées sur la base des kilomètres parcourus et non sur la base des frais réels ce qui explique l'absence des factures d'essence, d'assurance ou d'entretien des véhicules, elle a reconstitué et produit, en réponse à la proposition de rectification, un tableau définitif, retraçant pour chaque déplacement, le motif du déplacement, les dates et lieux ainsi que le nombre de kilomètres parcourus par chacun des véhicules utilisés. Par ailleurs, elle fait valoir que ne figure dans ses comptes aucun autre poste de dépenses lié aux frais de déplacement du personnel d'encadrement ce qui démontrerait que M. B assurait bien personnellement la prise en charge desdits frais et se faisait ensuite rembourser les dépenses ainsi exposées dans l'intérêt de l'entreprise. Ensuite, elle soutient que la méthode de reconstitution employée par l'administration, conduisant à refuser la déduction de l'intégralité des frais kilométriques, ne reflète pas les conditions réelles de l'exploitation de l'entreprise et les caractéristiques propres à son exploitation dès lors que l'activité de la société requiert par nature que ses salariés se déplacent. Toutefois, il résulte de l'instruction que lors des opérations de contrôle, la société n'a pas été en mesure de produire le moindre justificatif, à l'exception d'un tableau prévisionnel et que par ailleurs, le tableau récapitulatif produit à l'appui de ses observations en réponse à la proposition de rectification du 13 juin 2017, établi postérieurement aux opérations de contrôle, s'il indique la ville de destination, d'une part, ne précise pas le nom du client auprès duquel la société serait intervenue, ni le lieu exact de l'intervention, et d'autre part comporte de nombreuses incohérences. Ainsi, selon ce tableau, M. D, salarié de la société Lynx Entreprise, aurait utilisé l'un des six véhicules de M. B en mai et juin 2014 alors qu'il n'est pas contesté qu'il était à Chicago aux dates visées dans le tableau. De même, ce tableau fait état de trajets parcourus avec le véhicule Porsche en mars 2015 qui ne figuraient pas sur le tableau prévisionnel initialement fourni lors des opérations de contrôle et inversement pour des trajets effectués avec le véhicule BMW. En outre, si la société requérante a produit deux factures de nettoyage de la société Proglass pour les véhicules Porsche et BMW en date des 7 janvier 2014 et 12 septembre 2014 faisant état d'un kilométrage pour chacun de ces véhicules de 215 453 kilomètres pour le premier et de 228 261 kilomètres pour le second, il ressort des pièces obtenues par l'administration dans le cadre de l'exercice de son droit de communication, d'une part, que la société Proglass a indiqué n'avoir établi aucune facture au titre de l'année 2014 pour ces deux véhicules ou au nom de la société Lynx Entreprise ou de son gérant et d'autre part, que les kilométrages mentionnés sur ces deux factures, dont au demeurant le caractère probant est douteux, ne sont pas en concordance avec les kilométrages indiqués sur les factures d'entretien obtenues par l'administration auprès des concessionnaires BMW et Porsche faisant état d'un kilométrage de 91 035 kilomètres au 15 avril 2014 pour le véhicule Porsche et de 102 837 kilomètres pour le véhicule BMW à la date du 6 novembre 2014. Par ailleurs, les factures d'entretien obtenues des deux concessionnaires permettent d'établir que le véhicule BMW a parcouru entre le 23 janvier 2013 et le 15 décembre 2015 19 933 kilomètres et que le véhicule Porsche a parcouru une distance de 22 723 kilomètres entre le 15 avril 2014 et le 15 octobre 2015 alors que les tableaux fournis par la société mentionnent sur la période allant de janvier 2013 à décembre 2015 une distance parcourue de 247 844 kilomètres pour le véhicule BMW et de 293 608 kilomètres pour le véhicule Porsche. Enfin, la société ne produit aucun justificatif concernant les quatre autres véhicules qui selon ses dires auraient été utilisés durant la période considérée. Si la société produit à l'instance un tableau de synthèse retraçant les kilométrages parcourus au cours de l'année 2018 démontrant à ses yeux la cohérence des chiffres avancés au titre des années 2013, 2014 et 2015, ce nouveau tableau n'est appuyé d'aucune pièce justificative de la réalité des kilomètres parcourus. De même si la société fait valoir que M. B aurait été victime de vols et d'escroquerie de la part d'un garagiste auquel il aurait confié ses véhicules Porsche et BMW et qui aurait modifié frauduleusement les compteurs des deux véhicules en en diminuant le kilométrage afin de mieux les vendre, elle n'apporte aucun élément probant à l'appui de ses allégations. Dès lors, à défaut pour la société requérante de produire des éléments suffisamment probants de nature à justifier des distances alléguées et du fait qu'elles aient été parcourues dans l'intérêt de son exploitation, l'administration était fondée à remettre en cause intégralement la déductibilité des indemnités kilométriques versées à M. B.
S'agissant des cotisations sur la valeur ajoutée des entreprises :
13. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que les conclusions à fin de décharge des suppléments de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises par voie de conséquence de la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'amende pour facture de complaisance :
14. Aux termes de l'article 1737 du code général des impôts : " I.- Entraîne l'application d'une amende égale à 50 % du montant : / 1. Des sommes versées ou reçues, le fait de travestir ou dissimuler l'identité ou l'adresse de ses fournisseurs ou de ses clients, les éléments d'identification mentionnés aux articles 289 et 289 B et aux textes pris pour l'application de ces articles ou de sciemment accepter l'utilisation d'une identité fictive ou d'un prête-nom () ".
15. Il résulte de ce qui a été dit aux point 9 et 10 que l'administration rapporte la preuve de ce que la société requérante ne pouvait ignorer avoir pris part à un circuit frauduleux de facturation. Il suit de là qu'elle était fondée à infliger à cette société l'amende prévue par les dispositions précitées du code général des impôts.
En ce qui concerne la majoration de 40 % pour manquement délibéré :
16. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
17. Pour appliquer la majoration pour manquement délibéré prévue par les dispositions précitées, l'administration s'est fondée d'une part, sur le fait que les plannings fournis par la société requérante aux fins de justifier les kilométrages parcourus présentaient de telles incohérences qu'ils ne pouvaient refléter une situation réelle et révélaient une intention délibérée de la société de se soustraire à l'impôt, d'autre part, sur l'importance et la répétition des remboursements de dépenses injustifiées, et enfin, sur le fait que lors du contrôle, le service a constaté l'existence d'un compte " autres fournitures " comptabilisant des dépenses afférentes à des cadeaux clientèle ayant permis à la société de contourner volontairement l'exclusion du droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée. Ainsi, l'administration apporte la preuve du caractère délibéré des manquements de la société requérante. Par suite, la société Lynx Entreprise n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration lui a infligé la majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue par les dispositions précitées de l'article 1729 du code général des impôts.
18. Il résulte de tout ce qui précède que la société Lynx Entreprise n'est pas fondée à demander la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période allant du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015, et de l'amende infligée en application du I de l'article 1737 du code général des impôts.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
19. Les dispositions de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme réclamée par la société requérante au titre des frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Lynx Entreprise est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée Lynx Entreprise et au directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Ouest.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
Le rapporteur,
Stéphane LARDENNOIS
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026