mercredi 20 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2200393 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | TOUBALE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 février 2022, Mme B A, représentée par Me Toubale, avocat, demande au tribunal :
1°) de condamner solidairement l'Etat et l'Office français de l'immigration et de l'intégration à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de son préjudice extra-patrimonial ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son avocat de la somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et l'Etat ont commis une faute engageant leur responsabilité en la déclarant en fuite le 3 septembre 2020, en suspendant ses droits relatifs aux conditions matérielles d'accueil le 28 octobre 2020 et en annulant cette décision le 7 février 2021 ;
- elle a subi des préjudices extra-patrimoniaux, tenant aux troubles dans ses conditions d'existence de septembre 2020 à janvier 2021, à hauteur de 1 500 euros.
Une mise en demeure a été adressée le 24 mai 2022 à l'OFII et à la préfète du Loiret.
Par ordonnance du 29 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 septembre 2022.
Un mémoire présenté par l'OFII a été enregistré le 14 novembre 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.
La demande d'aide juridictionnelle présentée par Mme A a été rejetée par une décision du 11 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dicko-Dogan,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que Mme A, ressortissante vietnamienne née le 1er janvier 1976, entrée en France le 9 février 2020, a présenté le 4 mars 2020 une demande d'asile et a accepté, le même jour, l'offre de prise en charge au titre du dispositif national d'accueil. Convoquée à deux reprises le 27 juillet et le 25 août 2020 afin de procéder au renouvellement de son attestation de demandeur d'asile, l'intéressée n'a pas déféré à l'une et l'autre de ces convocations et a été déclarée en fuite par la préfète du Loiret le 3 septembre 2020, tandis que, le 28 octobre 2020, l'OFII a suspendu les conditions matérielles d'accueil de l'intéressée. Le 7 janvier 2021, la préfète du Loiret a rapporté la déclaration de fuite de Mme A, l'OFII rétablissant par conséquent les droits de l'intéressée. Le 6 février 2022, Mme A a sollicité de l'OFII et de la préfète du Loiret la réparation de son préjudice extra-patrimonial, en leur adressant une demande préalable indemnitaire à laquelle ils n'ont pas répondu en opposant ainsi un refus implicite à cette demande. Par sa requête Mme A demande au tribunal de condamner l'OFII et l'Etat (préfète du Loiret) à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de son préjudice moral.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues à l'article L. 744-1 est subordonné : () / 2° Au respect des exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. / Le demandeur est préalablement informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le fait de refuser ou de quitter le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation mentionnés au 1° du présent article ainsi que le non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile prévues au 2° entraîne de plein droit le refus ou, le cas échéant, le retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil () ".
3. Aux termes de l'article D. 744-43 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur au moment de l'édiction de l'acte attaqué, " le préfet transmet sans délai à l'Office français de l'immigration et de l'intégration les informations relatives à la durée de validité des attestations de demande d'asile ainsi que l'état d'avancement des procédures de détermination de l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile et de transfert, en particulier les dates de fuite ou de transfert effectif des intéressés ".
4. Mme A soutient que la responsabilité de l'Etat et de l'OFII est engagée du fait de la faute commise par la préfète du Loiret en déclarant l'intéressée en fuite le 3 septembre 2020, avec pour conséquence la suspension du versement de ses droits, puis en annulant cette déclaration de fuite le 7 janvier 2021. Cependant, la seule circonstance que la préfète du Loiret ait annulé la déclaration de fuite n'est pas de nature, à elle seule, à considérer cette décision comme affectée d'une illégalité fautive. Par suite, Mme A, qui d'ailleurs a été rétablie dans ses droits et dont le préjudice moral allégué n'est pas établi, n'est pas fondée à soutenir que l'Etat et l'OFII ont commis une faute de nature à engager leur responsabilité. Il suit de là que les conclusions indemnitaires de Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
5. Par voie de conséquence du rejet de ses conclusions principales, Mme A, qui au demeurant n'a pas été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, n'est pas fondée à solliciter la mise à la charge de l'Etat du versement à son conseil de la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie sera adressée à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Benoist Guével, président,
M. Lardennois, premier conseiller,
Mme Dicko-Dogan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2023.
La rapporteure,
Fatoumata DICKO-DOGAN
Le président,
Benoist GUÉVEL
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026
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01/06/2026