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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2200414

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2200414

mardi 12 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2200414
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantVEAUVY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 février 2022, M. B A, représenté par Me Gentilhomme, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Saint-Avertin à lui payer une indemnité de 16 874,63 euros en réparation de son préjudice financier, outre une somme 2 500 euros en réparation de son préjudice moral, avec intérêts au taux légal à compter du 1er octobre 2021, les intérêts étant eux-mêmes capitalisés ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Avertin la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il a exercé au sein de la commune du 5 juillet 2010 au 31 mars 2021 : la fin de son dernier contrat de maître-nageur sauveteur résulte d'une volonté de la commune et non de l'état d'urgence sanitaire ;

- son recrutement en qualité d'animateur au sein des accueils de loisirs sans hébergement de la commune de 2010 à 2018, qui avait pour objet de faire face à un besoin permanent, résulte du recours abusif à environ trente contrats à durée déterminée ;

- son recrutement en qualité de surveillant contractuel du 2 septembre 2010 au 15 avril 2018 l'a été dans le cadre de huit contrats, en raison de l'absence de cadre d'emplois, alors que l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 prévoit que ces contrats ont une durée maximale de six ans ; à compter du 2 septembre 2016, son contrat devait être un contrat à durée indéterminée ; ainsi la faute pour recours abusif à des contrats à durée déterminée est constituée ;

- son recrutement en qualité de maître-nageur à compter du 15 avril 2018 devait entraîner le maintien du contrat à durée indéterminée de surveillant contractuel dans de nouvelles fonctions ; alors que l'article 3-2 prévoit une durée maximale de recrutement de deux ans, renouvelable une fois, il a été recruté trois années par le biais de quatre contrats ;

- en cas de renouvellement abusif de contrat à durée déterminée, l'agent a droit à une indemnisation du préjudice causé lors de l'interruption de la relation d'emploi ; il a droit aux sommes prévues par l'article 43 du décret du 15 février 1988 en cas de licenciement, soit 11 231 euros pour onze années, 646,63 euros au titre des congés payés non pris en 2022 et 5 000 euros au titre du solde de tout compte en réparation du préjudice causé par la précarité de sa situation, ainsi que par le non-respect de la procédure de licenciement et 2 500 euros au titre de l'absence de contrats à durée indéterminée à compter de 2016.

Par un mémoire enregistré le 18 avril 2024, la commune de Saint-Avertin, représentée par Me Veauvy, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- un contrat à durée déterminée qui conduit en cours d'exécution à dépasser la durée maximale de six années n'est pas implicitement transformé en contrat à durée indéterminée ;

- s'agissant du recrutement en qualité d'animateur ALSH entre 2010 et 2018, le requérant a été recruté en raison de l'absence de cadre d'emploi, d'un accroissement saisonnier d'activité et d'un remplacement temporaire d'un fonctionnaire absent : ces contrats à durée déterminée ont été signés après de nombreuses périodes d'interruption de quelques jours à six mois, qui sont précisées ; le requérant ne justifie pas d'une durée de service de six ans avec une période d'interruption de moins de quatre mois ;

- s'agissant du recrutement en qualité de surveillant/encadrant, le requérant ne justifiait pas, au 2 septembre 2016, d'une durée d'exercice de six ans , mais de cinq ans, qui est détaillée ; la durée de six années a été atteinte le 1er novembre 2017, soit au cours du dernier contrat d'encadrant du 1er septembre 2017 au 13 avril 2018 ; il n'a pas sollicité la transformation de ce dernier contrat ; ainsi ne pouvait-il justifier d'un CDI dans le cadre de ses nouvelles fonctions de maître-nageur, lesquelles ne relèvent au demeurant pas de la même catégorie ; l'article 3-2 de la loi du 26 janvier 1984 s'oppose à ce que le contrat conclu en cas de vacance d'emploi, d'une durée initiale d'une année, soit reconduit sur une période excédant deux années, non à ce qu'un nouveau CDD soit conclu après chaque déclaration de vacance d'emploi ;

- les créances relatives aux contrats conclus avant l'année 2018 sont prescrites ;

- le requérant ne justifie pas la somme de 5 000 euros demandée au titre de son préjudice financier, ni la somme de 2 500 euros sollicitée au titre du préjudice moral.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 1999/70/CE du Conseil de l'Union européenne du 28 juin 1999 ; - la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;

- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;

- le décret n° 2011-558 du 20 mai 2011 ;

- le code civil ;

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les conclusions de M. Lombard, rapporteur public,

- et les observations de Me Gentilhomme, représentant M. A, et de Me Gault-Ozimek, substituant Me Veauvy, représentant la commune de Saint-Avertin.

Considérant ce qui suit :

1. Il résulte de l'instruction qu'à compter du 2 septembre 2010 et jusqu'en 2018, M. A a été recruté par la commune de Saint-Avertin (37550) sur un poste d'animateur de catégorie C afin d'assurer des activités de loisirs dans le cadre de divers contrats à durée déterminée (CDD). Il a également au cours de cette même période été recruté de 2012 à 2018 pour assurer des fonctions d'adjoint d'animation au sein de la maison des jeunes. La commune de Saint-Avertin a également recruté M. A en qualité de surveillant contractuel au sein du groupe scolaire des Grands Champs à compter du 2 septembre 2010 et jusqu'en 2018. Puis, à partir du 16 avril 2018, M. A a changé de fonctions et recruté par voie de contrat à durée déterminée ayant pris fin le 31 mars 2021 sur un emploi de maître-nageur sauveteur à la piscine municipale. Par un courrier du 29 septembre 2021, M. A a demandé à la commune de Saint-Avertin de l'indemniser du préjudice financier et moral causé par le recours à des contrats à durée déterminée. Sa demande a été rejetée le 23 novembre 2021 par le maire de Saint-Avertin.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la faute liée à l'absence de conclusion d'un CDD à compter du 2 septembre 2016 :

2. Aux termes de l'article 1er de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'Etat (..) toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis ". Lorsqu'est demandée l'indemnisation du préjudice résultant de l'illégalité d'une décision administrative, la créance correspondant à la réparation de ce préjudice se rattache à l'exercice au cours duquel cette décision a été régulièrement notifiée.

3. Si M. A soutient qu'ayant été recruté dans les fonctions de surveillant à compter du 2 septembre 2010, il a exercé cette fonction pendant six années au sein de la commune et qu'en conséquence le contrat à durée déterminée (CDD) venant à échéance le 15 juillet 2016 aurait dû être remplacé à compter de cette date par un contrat à durée indéterminée (CDI) et non par le CDD finalement conclu débutant le 31 août 2016, il ne résulte toutefois pas de l'instruction que M. A avait sollicité l'indemnisation des préjudices résultant du maintien d'un CDD dans le délai de quatre années prévu par les dispositions citées au point précédent, courant à compter du 1er janvier 2017. Par suite, la commune de Saint-Avertin est fondée à soutenir que la demande indemnitaire présentée de M. A est prescrite sur ce point.

En ce qui concerne la faute liée à l'absence de conclusion d'un CDI à compter du 15 avril 2018 :

4. Aux termes de l'article 3-4 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, dans sa rédaction applicable : " II. - Tout contrat conclu ou renouvelé pour pourvoir un emploi permanent en application de l'article 3-3 avec un agent qui justifie d'une durée de services publics de six ans au moins sur des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique est conclu pour une durée indéterminée. La durée de six ans mentionnée au premier alinéa du présent II est comptabilisée au titre de l'ensemble des services accomplis auprès de la même collectivité ou du même établissement dans des emplois occupés sur le fondement des articles 3 à 3-3. Elle inclut, en outre, les services effectués au titre du deuxième alinéa de l'article 25 s'ils l'ont été auprès de la collectivité ou de l'établissement l'ayant ensuite recruté par contrat. Pour l'appréciation de cette durée, les services accomplis à temps non complet et à temps partiel sont assimilés à des services effectués à temps complet. Les services accomplis de manière discontinue sont pris en compte, sous réserve que la durée des interruptions entre deux contrats n'excède pas quatre mois ".

5. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie d'aucun droit au renouvellement de son contrat. Il résulte en revanche des dispositions citées au point précédent que si une collectivité ou un établissement décide de renouveler l'engagement d'un agent territorial recruté par un contrat à durée déterminée, cette collectivité ou cet établissement ne peut le faire que par une décision expresse et pour une durée indéterminée si l'agent justifie d'une durée de services publics de six ans au moins auprès de la même collectivité ou du même établissement sur des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique. Dans l'hypothèse où ces conditions d'ancienneté sont remplies par un agent territorial avant l'échéance du contrat, celui-ci ne se trouve pas tacitement transformé en contrat à durée indéterminée. Dans un tel cas, les parties ont la faculté de conclure d'un commun accord un nouveau contrat, à durée indéterminée, sans attendre cette échéance. Elles n'ont en revanche pas l'obligation de procéder à une telle transformation de la nature du contrat, ni de procéder à son renouvellement à son échéance.

6. Il résulte de l'instruction que le dernier CDD de M. A en qualité d'encadrant de temps périscolaire au titre de la période du 1er septembre 2017 au 6 juillet 2018 a prématurément pris fin le 13 avril 2018 lorsque celui-ci a occupé un nouvel emploi de maître-nageur sauveteur, ainsi qu'il a été dit au point 1. M. A soutient que son contrat d'encadrant aurait dû être à durée indéterminée et que, par suite, le contrat de maître-nageur sauveteur devait également être conclu à durée indéterminée.

8. En premier lieu, à supposer, ainsi que l'admet la commune de Saint-Avertin, que les conditions d'ancienneté requises par les dispositions précitées étaient remplies à compter du 1er novembre 2017 au titre de l'emploi d'encadrant, le contrat souscrit au titre de la période du 1er septembre 2017 au 13 avril 2018 n'a pu être tacitement transformé en CDI au regard des principes énoncés au point 5 et alors que M. A ne soutient ni même n'allègue avoir sollicité la modification du CDD conclu en CDI.

9. En second lieu, il ne résulte pas de l'instruction qu'à la date du 13 avril 2018, M. A avait exercé six années sur des fonctions relevant de la catégorie B, équivalente à celle d'un maître-nageur sauveteur, l'emploi d'encadrant précédemment exercé relevant de la catégorie C. Par suite, M. A qui n'a pas exercé des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique ne peut utilement soutenir que la commune de Saint-Avertin aurait commis une faute en refusant de conclure un CDI.

En ce qui concerne le recours abusif à des CDD :

10. Aux termes de l'article 1er de la directive 1999/70/CE du Conseil de l'Union européenne du 28 juin 1999 concernant l'accord-cadre CES, UNICE et CEEP sur le travail à durée déterminée : " La présente directive vise à mettre en œuvre l'accord-cadre sur le travail à durée déterminée, figurant en annexe, conclu le 18 mars 1999 entre les organisations interprofessionnelles à vocation générale (CES, UNICE, CEEP) ". Aux termes de l'article 2 de cette directive : " Les États membres mettent en vigueur les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la présente directive au plus tard le 10 juillet 2001 ou s'assurent, au plus tard à cette date, que les partenaires sociaux ont mis en place les dispositions nécessaires par voie d'accord, les États membres devant prendre toute disposition nécessaire leur permettant d'être à tout moment en mesure de garantir les résultats imposés par la présente directive. Ils en informent immédiatement la Commission. ". Aux termes des stipulations de la clause 5 de l'accord-cadre annexé à la directive, relatif aux mesures visant à prévenir l'utilisation abusive des contrats à durée déterminée : " 1. Afin de prévenir les abus résultant de l'utilisation de contrats ou de relations de travail à durée déterminée successifs, les États membres, après consultation des partenaires sociaux, conformément à la législation, aux conventions collectives et pratiques nationales, et/ou les partenaires sociaux, quand il n'existe pas des mesures légales équivalentes visant à prévenir les abus, introduisent d'une manière qui tienne compte des besoins de secteurs spécifiques et/ou de catégories de travailleurs, l'une ou plusieurs des mesures suivantes : / a) des raisons objectives justifiant le renouvellement de tels contrats ou relations de travail ; / b) la durée maximale totale de contrats ou relations de travail à durée déterminée successifs ; / c) le nombre de renouvellements de tels contrats ou relations de travail. 2. / Les États membres, après consultation des partenaires sociaux et/ou les partenaires sociaux, lorsque c'est approprié, déterminent sous quelles conditions les contrats ou relations de travail à durée déterminée : / a) sont considérés comme "successifs" ; / b) sont réputés conclus pour une durée indéterminée ".

11. Les dispositions précitées de la directive européenne, telles qu'elles ont été interprétées par la Cour de justice de l'Union européenne, imposent aux Etats membres d'introduire de façon effective et contraignante dans leur ordre juridique interne, s'il ne le prévoit pas déjà, l'une au moins des mesures énoncées aux a) à c) du paragraphe 1 de la clause 5, afin d'éviter qu'un employeur ne recoure de façon abusive au renouvellement de contrats à durée déterminée. Lorsque l'Etat membre décide de prévenir les renouvellements abusifs en recourant uniquement aux raisons objectives prévues au a), ces raisons doivent tenir à des circonstances précises et concrètes de nature à justifier l'utilisation de contrats de travail à durée déterminée successifs.

12. Il ressort également de l'interprétation de la directive retenue par la Cour de justice de l'Union européenne que le renouvellement de contrats à durée déterminée afin de pourvoir au remplacement temporaire d'agents indisponibles répond, en principe, à une raison objective au sens de la clause citée ci-dessus, y compris lorsque l'employeur est conduit à procéder à des remplacements temporaires de manière récurrente, voire permanente, et alors même que les besoins en personnel de remplacement pourraient être couverts par le recrutement d'agents sous contrats à durée indéterminée. Toutefois, si l'existence d'une telle raison objective exclut en principe que le renouvellement des contrats à durée déterminée soit regardé comme abusif, c'est sous réserve qu'un examen global des circonstances dans lesquelles les contrats ont été renouvelés ne révèle pas, eu égard notamment à la nature des fonctions exercées par l'agent, au type d'organisme qui l'emploie, ainsi qu'au nombre et à la durée cumulée des contrats en cause, un abus.

13. Il incombe au juge, pour apprécier si le recours, en application des dispositions mentionnées au point précédent, à des contrats à durée déterminée successifs présente un caractère abusif, de prendre en compte l'ensemble des circonstances de fait qui lui sont soumises, notamment la nature des fonctions exercées, le type d'organisme employeur ainsi que le nombre et la durée cumulée des contrats en cause.

14. M. A a, d'une part, été recruté en qualité d'animateur non diplômé puis d'animateur diplômé et d'adjoint d'animation dans le cadre de CDD au cours de la période de 2010 à 2018. Il résulte de l'instruction, d'une part, que ces contrats d'une durée pouvant atteindre 91 jours, voire 280 jours dans le cadre du remplacement de fonctionnaires momentanément absents, se sont succédé pour exercer des fonctions qui n'étaient pas sensiblement différentes avec des périodes d'interruption de durée limitée. A compter du 16 avril 2018 et sans interruption jusqu'au 31 mars 2021, il a été, d'autre part, recruté sur un emploi de maître-nageur sauveteur fondé sur les dispositions de l'article 3-2 de la loi du 26 janvier 1984 autorisant, dans la limite de trois années, le recrutement d'un agent non titulaire dans l'attente du recrutement d'un agent titulaire. Par suite, alors que la commune ne produit aucun élément susceptible de justifier les modalités d'emploi de M. A, ce dernier est fondé à soutenir qu'en procédant à son recrutement dans ces conditions pendant une période de plus d'une décennie la commune de Saint-Avertin a recouru de manière abusive à des CDD.

En ce qui concerne les chefs de préjudices :

S'agissant du préjudice financier :

15. L'indemnisation du préjudice subi par M. A lors de l'interruption de la relation d'emploi doit être évaluée en fonction des avantages financiers auxquels il aurait pu prétendre en cas de licenciement s'il avait été employé dans le cadre d'un CDI.

16. M. A, qui a perçu une rémunération de 2 042 euros net en mars 2021, sollicite une indemnité de 11 231 euros en réparation du préjudice financier correspondant au montant de l'indemnité qui lui aurait été allouée avec 11 années d'ancienneté.

17. Aux termes du premier alinéa de l'article 45 du décret du 15 février 1988, pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale, applicable en l'espèce : " La rémunération servant de base au calcul de l'indemnité de licenciement est la dernière rémunération nette des cotisations de la sécurité sociale et, le cas échéant, des cotisations d'un régime de prévoyance complémentaire, effectivement perçue au cours du mois civil précédant le licenciement. Elle ne comprend ni les prestations familiales, ni le supplément familial de traitement, ni les indemnités pour travaux supplémentaires ou autres indemnités accessoires. ". En application des dispositions de l'article 46 de ce même décret, l'indemnité de licenciement est égale à la moitié de la rémunération de base définie à l'article 45 précité pour chacune des douze premières années de services et au tiers de la même rémunération pour chacune des années suivantes, sans pouvoir excéder douze fois la rémunération de base.

18. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice au regard des règles sus énoncées en condamnant la commune de Saint-Avertin à verser à M. A une indemnité de 11 000 euros au titre du préjudice causé par la fin de relation de travail

19. Pour les mêmes raisons que celles énoncées aux points 13 et 15, M. A est également fondé à obtenir une indemnité de 640 euros au titre des congés payés non pris au cours de l'année 2021.

S'agissant des préjudices personnels :

20. S'agissant de l'indemnisation du préjudice moral du fait de son maintien dans une situation précaire, son fait générateur réside également dans la rupture des relations contractuelles à l'échéance de son dernier contrat de travail.

21. Il sera fait une juste estimation des préjudices subis par M. A en condamnant la commune à lui verser la somme de 2 500 euros au titre de son préjudice moral ainsi que la somme de 2 500 euros au titre des troubles dans les conditions d'existence.

S'agissant des intérêts :

22. Selon l'article L. 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. () ". Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application des dispositions précitées du code civil courent à compter de la réception par la partie débitrice de la réclamation de la somme principale. Par suite, M. A a droit aux intérêts légaux afférents aux intérêts échus à compter de la réception de sa demande par la commune de Saint-Avertin le 1er octobre 2021.

S'agissant de la capitalisation des intérêts :

23. Aux termes de l'article 1343-2 du code civil : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise.". La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. Les intérêts dus à M. A seront capitalisés à compter du 3 février 2022 et à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure.

Sur les frais d'instance :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie principalement perdante dans la présente instance, la somme que demande la commune de Saint-Avertin. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de la commune de Saint-Avertin sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La commune de Saint-Avertin est condamnée à verser à M. A une indemnité totale de 16 640 euros. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 1er octobre 2021, les intérêts étant eux-mêmes capitalisés en application de l'article 1154 du code civil à compter du 3 février 2022.

Article 2 : La commune de Saint-Avertin est condamnée à verser la somme de 1 500 euros à M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Avertin sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le surplus des conclusions est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Saint-Avertin.

Délibéré après l'audience du 22 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Samuel Deliancourt, président,

M. Jean-Luc Jaosidy, premier conseiller,

Mme Aurore Bardet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.

Le rapporteur,

Jean-Luc C

Le président,

Samuel DELIANCOURT

La greffière,

Aurore MARTIN

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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