vendredi 31 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2200490 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL WALTER & GARANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 février 2022, M. E B, représenté par la société Walter et Garance Avocats, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge partielle des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2017 à 2019 ainsi que des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016, assortie des intérêts moratoires ;
2°) mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'engagement de location n'a pas été interrompu au moment de l'entrée dans les lieux de Mme A le 13 février 2015 dès lors que celle-ci y a, dès cette date, établi sa résidence principale ;
- les conditions de loyer et de ressources sont également remplies, qu'il s'agisse de la locataire Mme A, qui a loué l'appartement jusqu'au 3 juillet 2019, ou de la locataire suivante Mme D, qui l'a loué à compter du 6 juillet 2019.
Par un mémoire enregistré le 22 juin 2022, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en ce qui concerne les années 2014 et 2017 dès lors que la réclamation contentieuse du 17 décembre 2021 est tardive s'agissant de ces deux années ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Toullec,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a acquis le 14 décembre 2010 un logement neuf situé 7 rue du Franc Palais à Joué-lès-Tours. Ce logement a fait l'objet d'un engagement de location de neuf ans au titre du dispositif dit " C intermédiaire " prévu à l'article 199 septvicies du code général des impôts. A l'issue d'un contrôle sur pièces portant sur les années 2015 et 2016, le service, par une proposition de rectification du 28 novembre 2018, a notamment remis en cause la réduction d'impôt spécifique de 30 % relative à l'investissement locatif, appliquée par M. B sur ses revenus fonciers des années 2013 à 2015, au motif que son engagement avait été rompu en 2015 par la poursuite de la location de son logement par Mme A qui ne l'occupait pas à titre de résidence principale et qui ne remplissait pas non plus les conditions de ressources à la date de signature du bail. Les impositions supplémentaires en découlant ont été mises en recouvrement le 30 avril 2019. Par deux réclamations préalables des 9 avril et 21 septembre 2021, rejetées respectivement le 21 juin 2021 et le 17 décembre 2021, M. B a revendiqué le bénéfice de la réduction d'impôt prévue par le dispositif " C intermédiaire " au titre des années 2014 à 2019 au motif qu'il en remplit l'ensemble des conditions. Par la présente requête, il demande la décharge partielle, d'une part, des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014, 2017, 2018 et 2019 et d'autre part, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016.
2. Aux termes de l'article 199 septvicies du code général des impôts : " I. - 1. Les contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B qui acquièrent, entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2012, un logement neuf ou en l'état futur d'achèvement bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu à condition qu'ils s'engagent à le louer nu à usage d'habitation principale pendant une durée minimale de neuf ans () / IV. - La réduction d'impôt est calculée sur le prix de revient du logement retenu dans la limite de plafonds par mètre carré de surface habitable fixés par décret en fonction de la localisation du logement et sans pouvoir dépasser 300 000 € () / La réduction d'impôt est répartie sur neuf années. Elle est accordée au titre de l'année d'achèvement du logement ou de son acquisition si elle est postérieure et imputée sur l'impôt dû au titre de cette même année puis sur l'impôt dû au titre de chacune des huit années suivantes à raison d'un neuvième de son montant total au titre de chacune de ces années () / VII. - La réduction d'impôt obtenue fait l'objet d'une reprise au titre de l'année au cours de laquelle intervient : / 1° La rupture de l'engagement de location () ".
3. Ces dispositions permettent au contribuable ayant acquis, construit ou transformé un logement, directement ou par le truchement d'une société civile non soumise à l'impôt sur les sociétés autre qu'une société civile de placement immobilier, de bénéficier d'une réduction d'impôt dite dispositif " C ", calculée sur le prix de revient du logement retenu pour sa fraction inférieure à 300 000 euros à condition, notamment, qu'il s'engage à louer le logement acquis pendant une période minimale de neuf ans. Cependant, le bénéfice de cet avantage fiscal est subordonné à la condition objective que le locataire fasse effectivement de l'immeuble qui lui est loué par le contribuable son habitation principale. La condition de location du logement à usage d'habitation principale doit être respectée non seulement au moment de la signature du bail, mais également pendant toute la période de l'engagement de location. Le non-respect de la condition relative à l'affectation des locaux du fait du locataire entraîne la reprise de la réduction d'impôt obtenue au titre de l'année au cours de laquelle intervient le changement d'affectation. La condition en question s'apprécie de façon objective, si bien que la circonstance que les propriétaires auraient accompli des diligences auprès des locataires serait sans incidence, dès lors que le bien n'était pas effectivement occupé par le locataire au titre de sa résidence principale.
4. Pour établir que Mme A occupait son logement en tant qu'habitation principale depuis son arrivée dans les lieux, le requérant produit notamment une copie du contrat de location conclu le 7 février 2015 qui précise que l'immeuble est à usage exclusif de résidence principale ainsi que la copie d'une convention signée par Mme A et son mari le 27 janvier 2015 dans laquelle celle-ci déclare prendre " un appartement à ses frais () et ce dès la présente, soit le 27/01/2015 ", son mari, duquel elle se sépare, demeurant au domicile conjugal. Il produit également une copie de l'ordonnance de non-conciliation du tribunal de grande instance de Tours du 3 décembre 2019 autorisant les époux A à introduire l'instance en divorce, laquelle ordonnance relève que les époux A ont précisé être séparés depuis le mois de février 2015. Toutefois, ce n'est qu'à compter de cette ordonnance de non-conciliation que le juge a attribué à M. A la jouissance à titre gratuit du logement situé 6 lieu-dit Munat à Villandry. Le requérant produit également le bulletin de salaire de Mme A du mois d'octobre 2017, une facture Free de mai 2017, un avis de sommes à payer pour des frais de crèche daté de juin 2017 et une facture EDF du 17 février 2019, sur lesquels figurent l'adresse du 7 rue du Franc Palais à Joué-lès-Tours. Ces pièces ne permettent pas à elles seules de justifier que Mme A habitait à titre principal à cette adresse au titre des années en litige et particulièrement au titre des années 2015 et 2016. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que Mme A n'a pas mentionné dans ses déclarations de revenus au titre des années 2015 à 2018 avoir pour résidence principale cet immeuble mais s'est déclarée domiciliée au 6 lieu-dit Munat à Villandry, qu'elle et son mari ont été assujettis à la taxe d'habitation à raison de ce logement, en tant que résidence principale, au titre des années 2016, 2017 et 2018 et que Mme A a été assujettie à la taxe d'habitation à raison du logement du requérant, en tant que résidence secondaire, au titre de l'année 2018. Eu égard à la teneur de ces déclarations fiscales, les pièces produites par le requérant ne sont pas suffisamment probantes pour établir que l'appartement de Joué-lès-Tours loué à Mme A constituait effectivement l'habitation principale de cette dernière au sens des dispositions de l'article 199 septvicies du code général des impôts au titre des années 2015 à 2018. L'administration a donc pu à bon droit considérer que l'engagement de location avait été rompu en 2015 et remettre en cause la réduction d'impôt opérée par le requérant au titre des années 2015 et 2016, à la suite de son contrôle sur pièces.
5. S'il n'est pas contesté que le logement du requérant a été loué depuis son acquisition en décembre 2010 jusqu'en 2019, soit pendant une période minimale de neuf ans, à trois locataires successifs, il résulte de ce qui a été point 4 que M. B n'a pas assuré la location de ce bien de manière continue à des personnes qui en auraient fait leur résidence principale. Par suite, l'administration était fondée à lui refuser le bénéfice de la réduction d'impôt prévu à l'article 199 septvicies du code général des impôts au titre des années 2014 à 2019.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par l'administration, que les conclusions à fin de décharge doivent être rejetés ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, en tout état de cause, celles tendant au versement d'intérêts moratoires.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et à la directrice régionale des finances publiques du Centre Val-de-Loire et du département du Loiret.
Délibéré après l'audience du 17 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
Mme Dicko-Dogan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.
La rapporteure,
Hélène LE TOULLEC
Le président,
Frédéric DORLENCOURTLa greffière,
Isabelle METEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026