mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2200826 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL ETHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mars 2022, M. et Mme C demandent au tribunal d'annuler la lettre de relance du 10 février 2022 prise sur le fondement de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales par le comptable public portant sur le paiement d'une somme de 48,50 € correspondant aux frais de cantine et de garderie de leur fils A pour le mois de septembre 2021.
Ils soutiennent que :
- leur fils A est entré en CP en 2021 mais qu'ils ont été contraints de le retirer de l'école en raison de son état de santé et d'assurer son instruction à domicile ;
- ils ne sont pas redevables de la facture de 48,50 € émise à leur encontre dès lors que leur fils a été exclu de l'école ;
- ils n'ont pas été informés que les repas non pris seraient facturés s'ils n'en informaient pas préalablement l'école.
Par un mémoire enregistré le 5 septembre 2022, la commune de Possé-sur-Cisse, représentée par Me Gentilhomme, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des requérants une somme de 2.000 € au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas recevable dès lors que le recours est dirigé contre une lettre de relance qui présente un caractère purement confirmatif et ne fait pas grief ;
- la requête n'est pas recevable pour cause de tardiveté dès lors que le titre exécutoire émis le 17 novembre 2021 n'a pas été contesté dans le délai de recours contentieux ;
- la requête n'est pas recevable dès lors que la demande qui tend à une décharge de payer aurait dû être présentée avec un ministère d'avocat ;
- la requête n'est pas recevable dès lors que le contentieux n'a pas été lié ;
- la requête n'est pas recevable dès lors que les conclusions indemnitaires n'ont pas été chiffrées ;
- la requête n'est pas recevable dès lors qu'elle ne comporte ni moyens, ni conclusions ;
- la requête n'est pas fondée dès lors que la mairie et l'école n'étaient tenues par aucun texte à une obligation d'information des parents et alors que l'information figurait sur la note de service communiquée à tous les usagers de la cantine ;
- leur enfant n'a pas été exclu mais ce sont ses parents qui ont décidé de l'instruire à domicile ;
- le préjudice moral n'est nullement établi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et les administrations ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C ont scolarisé leur enfant A en classe préparatoire (CP) à l'école élémentaire de Pocé-sur-Cisse (37530) à compter de la rentrée scolaire le jeudi 2 septembre 2021 après l'avoir inscrit le 20 juin 2021 au restaurant scolaire et à l'accueil périscolaire. Ils assureront finalement son instruction à domicile à compter du lundi 6 septembre 2021. Une facture n° 194524 d'un montant total de 48,50 € en date du 7 octobre 2021 sera émise à leur encontre. Elle fait apparaître un accueil périscolaire facturé à 0,30 € et 17 repas pour un prix unitaire de 2,80 € dont un seul pris et les 16 autres facturés mais non pris en raison d'absences non justifiées. Un titre exécutoire portant la mention des voies et délais de recours sera également et par la suite émis le 17 novembre 2021 à leur encontre portant sur les frais de repas et de garderie dûs pour le mois de septembre 2021 pour un montant de 48,50 €. Une lettre de relance en date du 10 février 2022 prise sur le fondement de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales leur sera ensuite notifiée par la direction départementale des finances publiques les invitant à régulariser leur situation dans les meilleurs délais, faute de quoi une procédure visant à obtenir ladite somme due sera engagée dans un délai de 30 jours. M. et Mme C qui ont introduit une requête le 14 mars 2022 doivent être regardés, au regard de leurs écritures et explications, comme sollicitant l'annulation de cette lettre de relance les invitant à régulariser dans les meilleurs délais leur situation en procédant au paiement de la somme de 48,50 € rendue exécutoire par le titre émis le 17 novembre 2021 concernant la facture impayée n° 194524 portant sur les frais de cantine et de garderie périscolaire du mois de septembre 2021.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative: " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ". Selon l'article R. 612-1 du code précité : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. () ". Ces dispositions permettent au juge de rejeter une requête entachée d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte en cours d'instance, notamment dans les trois premiers cas d'irrecevabilité énoncés au 4° de l'article R. 222-1, sans être tenu d'inviter le requérant, dûment averti par ailleurs de la formalité exigée, à régulariser sa requête.
3. Selon l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge./ L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".
4. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. () Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public compétent lui adresse une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. () / 6° Pour les créances d'un montant inférieur à 15 000 €, la mise en demeure de payer mentionnée au 5° est précédée d'une lettre de relance adressée par le comptable public ou d'une phase comminatoire, par laquelle il demande à un huissier de justice d'obtenir du redevable qu'il s'acquitte auprès de lui du montant de sa dette./ Les frais de recouvrement sont versés directement par le redevable à l'huissier de justice. Le montant des frais, qui restent acquis à l'huissier de justice, est calculé selon un taux proportionnel aux sommes recouvrées fixé par arrêté conjoint du ministre chargé du budget et du ministre de la justice./ Lorsque la lettre de relance ou la phase comminatoire n'a pas été suivie de paiement, le comptable public peut adresser une mise en demeure de payer. Dans ce cas, l'exécution forcée des poursuites donnant lieu à des frais peut être engagée à l'expiration d'un délai de huit jours suivant la notification de la mise en demeure de payer () ".
5. La lettre de relance par laquelle le comptable public invite une personne visée par un titre exécutoire à s'acquitter de la somme concernée ne constitue pas un acte faisant grief.
6. La lettre de relance par laquelle le comptable public constate qu'à la date du
10 février 2022 la somme de 48,50 € réclamée à M. et Mme D par l'émission d'un titre exécutoire le 17 novembre 2021 n'a pas été réglée et invite ces derniers à régulariser leur situation dans les meilleurs délais est dépourvue de tout caractère décisoire et ne constitue ainsi pas un acte susceptible de recours, ainsi que le soutient la commune de Pocé-sur-Cisse dans son mémoire en défense. Dès lors, les conclusions aux fins d'annulation de cette lettre de relance sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.
7. L'article R. 421-1 du code de justice administrative dispose : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ". Et selon l'article R. 421-5 dudit code : " " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".
8. A supposer que les conclusions de M. et Mme C soient interprétées et requalifiées comme étant dirigées contre le titre exécutoire émis le 17 novembre 2021, celui-ci comportait cependant la mention des voies et délais de recours. Aussi leurs conclusions à fin d'annulation et de décharge enregistrées le 17 mars 2022 sont-elles tardives et doivent être rejetées.
9. Dans ces conditions, et sans qu'il soit nécessaire de statuer sur les autres et nombreuses fins de non-recevoir opposées en défense par la commune de Pocé-sur-Cisse, la requête de M. et Mme C doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Pocé-sur-Cisse au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Pocé-sur-Cisse au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M et Mme B C et à la commune de Pocé-sur-Cisse.
Fait à Orléans, le 1er octobre 2024.
Le président de la 5e chambre,
Samuel DELIANCOURT
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026