vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202001 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP CM&B COTTEREAU MEUNIER BARDON &ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 juin 2022 et le 3 octobre 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Locam, représentée par Me Vacheron, demande au tribunal :
1°) à titre principal :
- de condamner l'EHPAD de Semblançay à lui verser une indemnité contractuelle de résiliation à la suite de l'inexécution du contrat n°1189525 à hauteur de la somme de 37 872, 01 euros, outre les intérêts au taux de la principale facilité de refinancement appliqué par la banque centrale européenne à son opération de refinancement principale la plus récente effectuée avant le premier jour de calendrier du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, soit à compter du 9 février 2022, majorée de huit points, et la capitalisation des intérêts ;
- de condamner l'EHPAD de Semblançay à lui verser une indemnité contractuelle de résiliation à la suite de l'inexécution du contrat n°1189526 à hauteur de la somme de 41 199,84 euros, outre les intérêts au taux de la principale facilité de refinancement appliqué par la banque centrale européenne à son opération de refinancement principale la plus récente effectuée avant le premier jour de calendrier du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, soit à compter du 9 février 2022, majorée de huit points, et la capitalisation des intérêts ;
2°) à titre subsidiaire :
- de condamner l'EHPAD de Semblançay à lui verser une indemnité au titre du manque à gagner à la suite de l'inexécution du contrat n°1189525 à hauteur de la somme de 26 912,77 euros, outre les intérêts au taux de la principale facilité de refinancement appliqué par la banque centrale européenne à son opération de refinancement principale la plus récente effectuée avant le premier jour de calendrier du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, soit à compter du 9 février 2022, majorée de huit points, et la capitalisation des intérêts ;
- de condamner l'EHPAD de Semblançay à lui verser une indemnité au titre du manque à gagner à la suite de l'inexécution du contrat n°1189526 à hauteur de la somme de 37 872, 01 euros, outre les intérêts au taux de la principale facilité de refinancement appliqué par la banque centrale européenne à son opération de refinancement principale la plus récente effectuée avant le premier jour de calendrier du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, soit à compter du 9 février 2022, majorée de huit points, et la capitalisation des intérêts ;
3°) à titre infiniment subsidiaire :
- de condamner l'EHPAD de Semblançay à lui verser une indemnité au titre de l'enrichissement sans cause à la suite de l'inexécution du contrat n°1189525 à hauteur de la somme de 18 210,98 euros, outre les intérêts au taux de la principale facilité de refinancement appliqué par la banque centrale européenne à son opération de refinancement principale la plus récente effectuée avant le premier jour de calendrier du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, soit à compter du 8 février 2022, majorée de huit points, et la capitalisation des intérêts ;
- de condamner l'EHPAD de Semblançay à lui verser une indemnité au titre de l'enrichissement sans cause à la suite de l'inexécution du contrat n°1189526 à hauteur de la somme de 24 857,99 euros, outre les intérêts au taux de la principale facilité de refinancement appliqué par la banque centrale européenne à son opération de refinancement principale la plus récente effectuée avant le premier jour de calendrier du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, soit à compter du 8 février 2022, majorée de huit points, et la capitalisation des intérêts ;
4°) en tout état de cause, d'enjoindre l'EHPAD de Semblançay à lui restituer à ses frais le matériel conformément aux stipulations du contrat sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'EHPAD de Semblançay la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
- l'EHPAD ne s'acquittant plus des loyers lui étant dus à raison des contrats n°s 1189525 et 1189526, elle a résilié lesdits contrats en application de l'article 12 des clauses de ces contrats : elle est par suite bien fondée à demander que lui soient versées les indemnités de résiliation contractuelles, ainsi que les indemnités liées aux clauses pénales et les intérêts de retard ;
- à titre subsidiaire, elle a subi un manque à gagner correspondant respectivement aux 13 et 12 loyers non versés par l'EHPAD ; le manque à gagner n'est pas constitué de la seule différence entre le montant de l'acquisition qu'elle a effectué auprès d'Evolugreen et les loyers perçus ;
- à titre infiniment subsidiaire, elle a droit à une indemnisation au titre de l'enrichissement sans cause de l'EHPAD.
Par un mémoire enregistré le 8 février 2023, l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) intercommunal Semblançay-La Membrolle, représenté par Me Bardon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la SAS Locam une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par ordonnance du 15 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de commerce ;
- le code des marchés publics ;
- le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Best-De Gand,
- les conclusions de M. Joos, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) intercommunal Semblançay-La Membrolle a conclu les 19 mars 2014 et 23 janvier 2015 avec la société Locam deux contrats de location de packs eco-leds (443 éléments et 1040 éléments) pour une durée, chacun, de 20 trimestres, en contrepartie d'un loyer trimestriel de respectivement 2 120, 40 euros TTC et 3 120, 20 euros TTC. Le matériel, fourni par la société Evolugreen, a été installé respectivement pour chaque contrat les 2 juin 2015 et 26 février 2015 par cette société, tandis que la société Locam s'en est portée acquéreur. Après que la société Evolugreen ait été placée en liquidation judiciaire le 1er février 2017, l'EHPAD a, par un courrier du 14 avril 2017, informé la société Locam de ce qu'elle considérait les deux contrats signés avec Locam comme caducs à compter du 17 mars 2017, un mois après un courrier adressé au liquidateur de la société Evolugreen resté sans réponse. Par des courriers du 13 janvier 2022 et 7 décembre 2021, la société Locam a prononcé la résiliation des deux contrats au motif que l'EHPAD ne procédait plus au paiement des loyers depuis le 30 juin 2017 et a demandé le paiement des indemnités de résiliation contractuellement prévues. Par un courrier du 2 février 2022 notifié à l'EHPAD le 5 février 2022, la société Locam a présenté une réclamation indemnitaire préalable. Par sa requête, la société Locam demande la condamnation de l'EHPAD intercommunal Semblançay-La Membrolle à lui verser, à titre principal, une indemnité de résiliation de 78 623,84 euros en application des clauses des contrats, à titre subsidiaire, une indemnité d'un montant de 64 336,77 euros au titre de son manque à gagner et des loyers impayés et, à titre infiniment subsidiaire, une indemnité d'un montant de 43 068,97 euros au titre de l'enrichissement sans cause.
Sur les conclusions tendant à une indemnisation sur le fondement des clauses contractuelles :
2. D'une part, l'administration peut décider, à tout moment, la résiliation d'un contrat dans l'intérêt du service, c'est-à-dire pour un motif d'intérêt général, même en l'absence de clause en ce sens du contrat. L'administration contractante peut ainsi, en tout état de cause, et en vertu des règles générales applicables aux contrats administratifs, mettre fin avant terme aux marchés publics, sous réserve des droits à indemnité des intéressés.
3. D'autre part, le cocontractant lié à une personne publique par un contrat administratif est tenu d'en assurer l'exécution, sauf en cas de force majeure, et ne peut notamment se prévaloir des manquements ou défaillances de l'administration pour se soustraire à ses propres obligations contractuelles ou prendre l'initiative de résilier unilatéralement le contrat. Il est toutefois loisible aux parties de prévoir, dans un contrat qui n'a pas pour objet l'exécution même du service public, les conditions auxquelles le cocontractant de la personne publique peut résilier le contrat en cas de méconnaissance par cette dernière de ses obligations contractuelles, sous réserve d'avoir, au préalable, mis à même la personne publique de s'opposer à la rupture des relations contractuelles pour un motif d'intérêt général.
4. Enfin, aux termes de l'article 12 de chacun de deux contrats dont les stipulations sont identiques : " Résiliation contractuelle du contrat- a) Pour défaut du respect dudit contrat, le contrat de location pourra notamment être résilié de plein droit par le loueur, sans aucune formalité judiciaire huit jours après une mise en demeure restée sans effet dans les cas suivants : inobservation par le locataire de l'une des conditions générales ou particulières du présent contrat, non-paiement d'un loyer () l'arrivée du terme constituant à elle seule la mise en demeure (.) ".
En ce qui concerne l'exception tirée de la caducité des contrats opposée par l'EHPAD :
5. D'une part, l'EHPAD intercommunal Semblançay-La Membrolle ne peut utilement se prévaloir dans le présent litige des dispositions de l'article 1186 du code civil issues de l'ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016 portant réforme du droit des contrats, du régime général et de la preuve des obligations qui ne sont applicables qu'à compter du 1er octobre 2016 aux contrats conclus après cette date, les contrats en litige ayant été conclus en mars 2014 et janvier 2015.
6. D'autre part, l'EHPAD intercommunal Semblançay-La Membrolle soutient que la procédure de liquidation judiciaire de la société Evolugreen, fournisseur des packs leds, ouverte par un jugement du tribunal de commerce de Nanterre du 1er février 2017, a nécessairement eu pour effet de rendre caduc le contrat signé avec la société Locam, cette dernière société n'ayant pas pallié les défaillances du fournisseur et n'ayant pas proposé de solution de substitution. Toutefois, il résulte des termes de l'article 1er des contrats signés entre l'EHPAD et la société Locam, que le procès-verbal d'installation signé par le locataire, l'EHPAD, et le fournisseur a constaté la bonne exécution de la transaction et a déclenché ainsi le paiement du fournisseur par la société Locam. Ainsi, aux termes des contrats et des deux procès-verbaux d'installation qui ont bien été signés par l'EHPAD, sans restriction ni réserves, l'ensemble du matériel est réputé avoir été livré par le fournisseur et être conforme, à la date de signature des deux procès-verbaux. Dès lors, la circonstance selon laquelle le fournisseur a été placé en liquidation postérieurement aux procès-verbaux d'installation est sans incidence sur l'exécution du contrat signé entre la société Locam et l'EHPAD, qui était un contrat de fourniture et non un contrat de fourniture et maintenance. Il résulte de ce qui précède que l'exception tirée de la caducité des contrats en cause doit être écartée.
En ce qui concerne la résiliation des contrats et les indemnités de résiliation en découlant :
7. En premier lieu, pour contester la validité des résiliations de contrats effectuées par la société Locam en décembre 2021 et janvier 2022, l'EHPAD intercommunal Semblançay-La Membrolle fait valoir que les deux contrats en litige doivent être regardés comme ayant été résiliés un mois après la mise en demeure au liquidateur judiciaire de la société Evolugreen effectuée le 17 février 2017 sur le fondement de l'article L. 641-11-1 du code de commerce, soit le 17 mars 2017, ainsi qu'elle en a averti la société Locam par lettre du 14 avril 2017. Toutefois les contrats n°s 1189525 et 1189526 en litige ont été signés entre la société Locam, société de financement, et l'EHPAD intercommunal. Le fournisseur Evolugreen n'étant pas co-contractant, et le courrier du 14 avril ne contenant aucune mention explicite d'une résiliation adressée à la société Locam, l'EHPAD ne peut être regardé comme ayant valablement résilié les contrats en cause au 17 mars 2017.
8. En deuxième lieu, les contrats en cause doivent être regardés comme ayant été pleinement exécutés. Alors qu'il résulte de l'instruction que l'EHPAD a cessé de s'acquitter des loyers que l'établissement devait contractuellement à la société Locam au titre des contrats n°1189525 et n°1189526 à compter du 30 juin 2017, en application desdits contrats qui prévoyaient 20 loyers trimestriels, la société Locam a droit au paiement de treize loyers d'un montant unitaire de 2 120,40 euros TTC, soit la somme globale de 27 565,20 euros, d'une part, et douze loyers d'un montant unitaire de 3 120, 20 euros TTC, soit la somme totale de 37 454,40 euros, d'autre part.
9. En troisième lieu, la société Locam demande également la condamnation de l'EHPAD intercommunal Semblançay-La Membrolle à lui verser une somme en application de la clause pénale prévue par l'article 12 des contrats suscités. L'EHPAD en défense n'apporte aucun élément relatif notamment aux pratiques observées pour des marchés comparables ou aux caractéristiques particulières du marché en litige de nature à établir que cette clause pénale présente un caractère manifestement excessif. Dès lors, il y a également lieu de condamner l'EHPAD à payer à la société requérante les sommes respectives de 2 756,20 euros et de 3 745, 44 euros au titre des indemnités dues en application de la clause pénale.
10. En dernier lieu, la société Locam n'a pas droit au paiement d'intérêts de retard tel que mentionné dans sa requête dès lors que le présent jugement lui accorde au point 12 le versement d'intérêts moratoires ayant le même objet. Au demeurant, bien que mentionnés les intérêts de retard n'ont pas été inclus dans le total des sommes demandées au titre de l'exécution du contrat n°1189526.
Sur les intérêts et la capitalisation :
11. Aux termes de l'article 4, alors en vigueur, du décret du 29 mars 2013 : " Lorsque les sommes dues en principal ne sont pas mises en paiement à l'échéance prévue au contrat ou à l'expiration du délai de paiement, le créancier a droit, sans qu'il ait à les demander, au versement des intérêts moratoires et de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement prévus aux articles 39 et 40 de la loi du 28 janvier 2013 susvisée ". Aux termes de l'article 8 du même décret : " I. - Le taux des intérêts moratoires est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. / Les intérêts moratoires courent à compter du jour suivant l'échéance prévue au contrat ou à l'expiration du délai de paiement jusqu'à la date de mise en paiement du principal incluse ".
12. La société Locam a droit aux intérêts au taux appliqué par la banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au 1er février 2022, majoré de huit points de pourcentage sur la somme totale de 65 019,60 euros à compter du délai de trente jours suivant la date de réception de sa première demande de paiement par l'EHPAD, soit à compter du 5 février 2022. En outre, il y a lieu de faire droit à la demande de capitalisation des intérêts à compter du 5 février 2023 ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
13. La société Locam a droit aux intérêts aux taux en vigueur sur les sommes issues de l'application de la clause pénale, soit 6 501,64 euros à compter du 5 février 2022. En outre, il y a lieu de faire droit à la demande de capitalisation des intérêts à compter du 5 février 2023 ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les conclusions à fin de restitution du matériel :
14. En application des stipulations de l'article 15 des contrats, la fin du contrat implique que l'équipement soit rendu au lieu et à la date indiqués par le loueur. Il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas allégué, que l'EHPAD intercommunal Semblançay-La Membrolle aurait fait obstacle à la restitution du matériel à la société Locam. Il n'y a dès lors pas lieu de faire droit à la demande de la société Locam tendant à ce qu'il soit enjoint à l'EHPAD de lui restituer le matériel sous astreinte.
Sur les frais de l'instance :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Locam, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par l'EHPAD intercommunal Semblançay-La Membrolle au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu dans les
circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'EHPAD intercommunal Semblançay-La Membrolle la somme sollicitée par la société Locam sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'EHPAD intercommunal Semblançay-La Membrolle est condamné à verser à la société Locam les sommes de 65 019,60 euros et de 6 501,64 euros TTC. La somme de 65 019,60 euros sera assortie des intérêts au taux appliqué par la banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au 1er février 2022, majoré de huit points de pourcentage à compter du 5 février 2022. La somme de 6 501,64 euros sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 février 2022. Les intérêts échus à la date du 5 février 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par l'EHPAD intercommunal Semblançay-La Membrolle sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée (SAS) Locam et à l'établissement public d'hospitalisation des personnes âgées dépendantes (EHPAD) intercommunal Semblançay-La Membrolle.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guével, président,
Mme Best-De Gand, première conseillère,
Mme Keiflin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
La rapporteure,
Armelle BEST-DE GAND
Le président,
Benoist GUEVELLa greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026