jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202103 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CLAPOT - LETTAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrées les 20 juin 2022, 25 juin 2024 et 15 juillet 2024, M. I G, Mme J B épouse G, M. F G, Mme C G, Mme D G et M. A G, représentés par Me Lettat-Ouatah, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner solidairement le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours et la société Relyens Mutual Insurance, son assureur, à verser à M. I G la somme totale de 854 044,02 euros, à Mme J G la somme totale de 46 597 euros, à M. F G la somme totale de 26 076,55 euros et à Mme E G, M. A G et Mme D G la somme de 20 000 euros chacun, en réparation de leurs préjudices respectifs en lien avec la prise en charge de M. I G au sein de cet établissement le 3 août 2017 ;
2°) d'ordonner une expertise architecturale du domicile de M. I G et de désigner un expert à cette fin, afin qu'il se prononce sur le montant total des aménagements nécessaires de son logement ;
3°) de mettre à la charge du CHRU de Tours une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la prise en charge médicale de M. I G par le CHRU de Tours n'a pas été conforme aux règles de l'art et lui a fait perdre une chance de 50 % de voir ses séquelles réduites suite à son accident de vélo ; en s'abstenant de réaliser une chirurgie en urgence le 3 août 2017, cet établissement a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- M. I G est fondé à solliciter l'actualisation au jour du jugement de l'ensemble des indemnités qui lui seront allouées en réparation de ses préjudices patrimoniaux selon l'indice INSEE des prix à la consommation " ensemble des ménages hors tabac " ;
- il est également fondé à solliciter l'application du droit de préférence conformément à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
- s'agissant de ses préjudices, le CHRU de Tours et son assureur devront être condamnés solidairement, après application d'un taux de perte de chance de 50 %, à l'indemniser à hauteur de 10 689,25 euros au titre des dépenses de santé actuelles, de 1 420,95 euros au titre des frais divers temporaires, de 51 709,09 euros au titre de l'assistance par tierce personne temporaire, de 30 781,86 euros au titre des dépenses de santé futures, de 511 588,68 euros au titre de l'assistance par tierce personne permanente, de 24 336,76 euros au titre des frais de logement adapté déjà exposés, une expertise architecturale de son logement déterminera le montant exact de ce poste de préjudice, de 32 883,98 euros au titre des frais de véhicule adapté, de 12 133,44 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, de 32 000 euros au titre des souffrances endurées, de 6 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, de 85 500 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, de 15 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent, de 25 000 euros au titre du préjudice d'agrément et de 15 000 euros au titre du préjudice sexuel ;
- s'agissant des préjudices de Mme J G, le CHRU de Tours et son assureur devront être condamnés solidairement, en tenant compte d'un taux de perte de chance de 50 %, à lui verser les sommes de 1 597 euros au titre des frais de déplacement, de 15 000 euros au titre des troubles dans les conditions d'existence, de 20 000 euros au titre de son préjudice d'affection et de 10 000 euros au titre de son préjudice sexuel ;
- s'agissant des préjudices de M. F G, le CHRU de Tours et son assureur devront être condamnés solidairement, en tenant compte d'un taux de perte de chance de 50 %, à lui verser les sommes de 1 076,55 euros au titre des frais divers, de 10 000 euros au titre des troubles dans les conditions d'existence et de 15 000 euros au titre de son préjudice d'affection ;
- s'agissant des préjudices de Mme E G, de M. A G et de Mme D G, le CHRU de Tours et son assureur devront être condamnés solidairement, en tenant compte d'un taux de perte de chance de 50 %, à leur verser la somme de 20 000 euros chacun au titre du préjudice d'affection et des troubles dans les conditions d'existence.
Par des mémoires enregistrés les 28 octobre 2022 et 23 juillet 2024, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Loire demande au tribunal :
1°) de condamner le CHRU de Tours à lui verser la somme de 1 005 338,93 euros, augmentée des intérêts à compter du jugement à intervenir, en remboursement des débours qu'elle a exposés pour son assuré, M. I G, consécutivement à la prise en charge de ce dernier au sein de cet établissement le 3 août 2017 ;
2°) de condamner le CHRU de Tours à lui verser la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion ;
3°) de condamner le CHRU de Tours aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la responsabilité du CHRU de Tours est engagée en l'espèce ;
- sa créance définitive est chiffrée à la somme de 1 005 338,93 euros, ainsi qu'elle en justifie par l'argumentaire médico-technique de son médecin-conseil.
Par un mémoire, enregistré le 8 août 2023, la société MAIF, représentée par Me Pesme, demande au tribunal :
1°) de condamner le CHRU de Tours à lui verser la somme de 38 023,15 euros en remboursement des prestations qu'elle a versées à son assuré, M. I G, consécutivement à sa prise en charge au sein du CHRU de Tours le 3 août 2017 ;
2°) de mettre à la charge du CHRU de Tours la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- M. G avait souscrit une garantie " indemnisation des dommages corporels ", qu'à ce titre, elle lui a versé la somme de 36 800 euros et qu'elle est subrogée dans les droits de son assuré ;
- elle a également réglé, pour son compte, une somme de 576 euros au titre de frais d'aide à domicile ;
- la MGEN a, pour sa part, versé à M. I G une somme de 647,15 euros de prestations pour le compte de la MAIF.
Par des mémoires en défense enregistrés les 28 juin, 27 juillet et 13 septembre 2024, le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours et son assureur, la société Relyens Mutual Insurance, représentés par Me Derec, concluent à la limitation de l'indemnisation allouée aux consorts G et à leur assureur et au rejet des demandes présentées par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Loire.
Ils soutiennent que :
- les nouvelles conclusions indemnitaires des consorts G, excédant le montant total du chiffrage présenté dans la requête introductive d'instance, sont irrecevables dès lors qu'elles ont été formulées après le délai de recours contentieux et qu'aucun élément ne permet de justifier que les préjudices allégués se seraient aggravés en cours d'instance ;
- ils s'en rapportent à la justice sur la responsabilité à imputer au CHRU de Tours à raison de la prise en charge de M. I G le 3 août 2017, dans la limite de 50 % correspondant au taux de perte de chance évalué par l'expert ;
- le barème de capitalisation de -1 % retenu par les requérants ne peut qu'être écarté au profit d'un taux de 0 %, une indemnisation sous forme de rente sera d'ailleurs à privilégier ;
- la demande d'actualisation indemnitaire selon l'évolution de l'indice INSEE ne peut être appliquée dès lors qu'il s'agit de rembourser une dépense réelle, déjà payée dans le passé, au risque d'accorder à la victime une réparation supérieure à la valeur totale du préjudice et de créer un enrichissement sans cause ;
- l'indemnisation de M. I G sera limitée à 3 416,80 euros s'agissant des dépenses de santé actuelles, à 8 573,66 euros s'agissant des dépenses de santé futures, à 1 240,26 euros s'agissant des frais divers, à 32 117,61 euros s'agissant de l'assistance par tierce personne temporaire, à 42 495,83 euros s'agissant de l'assistance par tierce personne comprise entre le 8 janvier 2020 et le 31 décembre 2021, à 21 424 euros par an s'agissant de l'assistance par tierce personne future, à 20 990,27 euros s'agissant des frais de logement adapté, à 10 868,49 euros s'agissant des frais de véhicule adapté, 5 704,42 euros s'agissant du déficit fonctionnel temporaire, 13 500 euros d'agissant des souffrances endurées, 6 000 euros s'agissant du préjudice esthétique temporaire, 28 700 euros s'agissant du déficit fonctionnel permanent, 2 500 euros s'agissant du préjudice d'agrément et 2 500 euros au titre du préjudice sexuel, sous réserve des aides perçues, dont il appartient à l'intéressé de justifier ;
- l'indemnisation de Mme J G sera limitée à 1 597 euros s'agissant des frais divers, 7 500 euros s'agissant du préjudice d'affection et 1 000 euros s'agissant du préjudice sexuel ;
- l'indemnité allouée à M. F G sera limitée à 675,25 euros s'agissant des frais divers et 2 500 euros s'agissant du préjudice d'affection, les autres demandes seront rejetées ;
- l'indemnité allouée aux petits-enfants ne pourra excéder la somme de 1 250 euros chacun ;
- les demandes de la CPAM de la Loire seront rejetées dès lors que les frais d'hospitalisation et de rééducation fonctionnelle imputables à l'accident de vélo doivent être déduits, qu'il n'est pas justifié des soins post consolidation, que les frais médicaux sont sans lien avec la faute alléguée, que les frais pharmaceutiques et les frais de transports ne sont pas suffisamment détaillés et qu'une partie des soins futurs ne sont pas imputables à la faute alléguée ; à supposer que ces frais puissent être considérés comme imputables, même partiellement au manquement qui lui est reproché, il ne donne pas son accord au versement d'un capital représentatif des frais futurs dont le remboursement ne pourra s'effectuer que sur présentation de justificatifs ;
- l'indemnisation de la MAIF ne saurait dépasser la somme de 323,58 euros correspondant aux frais de santé, les autres demandes seront rejetées dès lors que le recours subrogatoire ne permet pas leur indemnisation ;
- les sommes allouées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne pourront pas dépasser la somme globale de 1 500 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des assurances ;
- la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Nehring ;
- les conclusions de M. Gauthier, rapporteur public
- et les observations de Me Lettat, représentant M. G et de Me Gaftoniuc, substituant Me Derec, représentant le centre hospitalier régional universitaire de Tours et la société Relyens Mutual Insurance.
Considérant ce qui suit :
1. M. I G, né en 1947, a été victime d'une chute à vélo le 1er août 2017, avec éjection et réception sur la tête. Transporté au centre hospitalier de Blois, il a fait l'objet d'un bilan lésionnel faisant état de cervicalgies basses et de dorsalgies hautes sans trouble neurologique ni traumatisme crânien. La radiographie du rachis cervical et dorsal réalisée aux urgences a seulement mis en évidence une hyperostose antérieure diffuse, compatible avec la maladie de Forestier dont M. G souffrait par ailleurs. Le lendemain, il a néanmoins présenté de violentes douleurs cervicales et une perte de sensibilité au niveau des deuxième et troisième doigts de la main droite puis du pouce de la main gauche avec sensation de décharge électrique intermittente dans les jambes sans déficit moteur. Un scanner du rachis cervical a été réalisé le jour même puis une IRM, le 3 août 2017, montrant une compression médullaire en C6-C7 par du matériel discal sur une fracture transdiscale C6-C7. M. G a alors été transféré, en fin d'après-midi, au service de réanimation traumatologique du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours. Son état s'est rapidement dégradé avec l'apparition, à partir de 18 heures, d'une paraplégie partielle devenue complète à 22 heures, s'y associant des paresthésies des membres supérieurs. Un traitement par corticoïdes à fortes doses lui est alors prescrit. En l'absence d'indication chirurgicale, M. G est rapatrié au centre hospitalier universitaire (CHU) de Saint-Etienne pour rapprochement familial le 5 août 2017. A son arrivée, il présente une tétraplégie complète ainsi qu'une difficulté à l'extension des membres supérieurs. Il est immédiatement pris en charge au bloc opératoire pour une décompression médullaire antérieure avec ostéosynthèse cervicale C6-C7. Toutefois, les suites neurologiques de cette intervention ont été défavorables, l'intéressé ayant conservé une tétraplégie complète.
2. Estimant que la responsabilité du CHRU de Tours était engagée, les consorts G ont saisi, le 19 juin 2019, la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI), qui a ordonné une expertise, dont le rapport a été rendu le 10 juillet 2020. Par un avis du 3 septembre 2020, la CCI a estimé que l'indemnisation des préjudices subis par M. G, son épouse, ses enfants et petits-enfants, incombait, à hauteur de 50 %, à l'assureur du CHRU de Tours. Ce dernier a versé à l'intéressé une provision de 90 000 euros, le 18 février 2022, et a présenté une offre définitive le 16 mai 2022, qui n'a pas reçu l'accord des consorts G. Après avoir exercé en vain un recours indemnitaire préalable auprès du CHRU de Tours, par courrier reçu le 26 mai 2022, ils demandent au tribunal de condamner solidairement cet établissement hospitalier et son assureur, la société Relyens Mutual Insurance, à verser à M. I G la somme totale de 854 044,02 euros, à Mme J G la somme totale de 46 597 euros, à M. F G la somme totale de 26 076,55 euros, et à Mme E G, M. A G et Mme D G, la somme de 20 000 euros chacun en réparation de leurs préjudices respectifs résultant de la prise en charge de M. I G au sein de cet établissement le 3 août 2017.
Sur la fin de non-recevoir :
3. D'une part, il ne résulte d'aucune disposition législative ni réglementaire, ni d'aucune règle de procédure applicable devant la juridiction administrative, que des conclusions indemnitaires devraient être définitivement chiffrées devant les juges de première instance, avant l'expiration du délai de recours contentieux. D'autre part, il ne ressort pas des écritures des requérants que les chefs de préjudice invoqués procèderaient d'une cause juridique distincte de celle invoquée dans le délai de recours contentieux. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée par le CHRU de Tours et la société Relyens Mutual Insurance, selon laquelle les conclusions indemnitaires des Consorts G excédant le montant total de l'indemnisation chiffrée dans leur requête introductive d'instance seraient irrecevables, ne peut qu'être écartée.
Sur la responsabilité :
4. Aux termes du premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".
5. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise rendu dans le cadre de la procédure amiable, que lors de la prise en charge de M. G au centre hospitalier de Blois, le diagnostic de fracture et de compression médullaire a été posé. A son arrivée au CHRU de Tours, établissement hospitalier référent, le 3 août 2017, une indication opératoire était retenue pour le lendemain à 15h. Toutefois, compte tenu de l'évolution du tableau clinique dans la soirée du 3 août 2017, l'équipe médicale du CHRU de Tours a récusé la réalisation d'une chirurgie décompressive, diagnostiquant un syndrome de Schneider cervical et préconisant un traitement par corticoïdes. Il résulte cependant de l'instruction que M. G ne présentait pas un syndrome de Schneider mais bien une fracture transdiscale et une hernie discale qui imposait une intervention chirurgicale en urgence dès l'apparition des troubles neurologiques. Cette intervention n'a été réalisée qu'à la suite du transfert de l'intéressé au CHU de Saint-Etienne, le 5 août 2017, laquelle n'a pas permis au patient de recouvrer une motricité des membres en dessous de la cervicale C6, ce dernier conservant une tétraplégie complète. Il en résulte, ainsi que le relève l'expert, que la prise en charge de M. G au sein du CHRU de Tours n'était pas conforme aux règles de l'art et que, par suite, cet établissement hospitalier, qui ne conteste pas les conclusions du rapport d'expertise sur ce point, a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
Sur la perte de chance :
6. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel survenu, mais la perte d'une chance d'éviter ce dommage. La réparation qui incombe au centre hospitalier doit alors être évaluée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
7. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise amiable, que le manquement du CHRU de Tours dans la prise en charge de M. G est associé à une perte de chance d'éviter les séquelles neurologiques dont l'intéressé est demeuré atteint. L'expert évalue cette perte de chance à 50 % en raison de la situation anatomique de M. G rendant complexe le diagnostic ainsi que du mécanisme d'aggravation neurologique ayant rapidement conduit au déficit complet des deux membres inférieurs. Par suite, il y a lieu, alors qu'au demeurant l'évaluation de la perte de chance n'est pas contestée par les parties, de fixer celle-ci à 50 %.
Sur les préjudices de M. I G :
8. Le juge saisi d'un recours de la victime d'un dommage corporel et du recours subrogatoire formé par un organisme de sécurité sociale en application des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ou par un autre tiers-payeur sur le fondement des articles 28 et 29 de la loi du 5 juillet 1985 tendant à l'amélioration de la situation des victimes d'accidents de la circulation et à l'accélération des procédures d'indemnisation doit, pour chacun des postes de préjudices, déterminer le montant du préjudice en précisant la part qui a été réparée par des prestations versées par l'organisme de sécurité sociale ou l'autre tiers-payeur et celle qui est demeurée à la charge de la victime. Il lui appartient ensuite de fixer l'indemnité mise à la charge de l'auteur du dommage au titre du poste de préjudice en tenant compte, s'il a été décidé, du partage de responsabilité avec la victime. Le juge doit allouer cette indemnité à la victime dans la limite de la part du poste de préjudice qui n'a pas été réparée par des prestations, le solde, s'il existe, étant alloué à l'organisme de sécurité sociale ou à l'autre tiers payeur.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
9. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise amiable que la date de consolidation doit être fixée au 8 janvier 2020.
S'agissant des préjudices temporaires :
Quant aux dépenses de santé :
10. En premier lieu, s'agissant du matériel médical adapté, il résulte de l'instruction et notamment des factures produites que M. H G et la CPAM de la Loire, ont exposé, respectivement, les sommes de 2 200,01 euros et 558,99 euros au titre de l'achat d'un fauteuil roulant en 2017, soit un total de 2 759 euros, les sommes de 156,42 euros et 2,10 euros pour l'achat d'une ceinture lombaire soit un total de 158,52 euros, les sommes de 774,95 euros et 2 494,05 euros au titre de l'achat d'un second fauteuil roulant en 2019 soit un total de 3 269 euros, les sommes de 3 861,97 euros et 2 187,03 euros au titre de l'achat d'un fauteuil roulant électrique soit un total de 6 049 euros. Il résulte également de l'instruction que M. G a exposé les sommes de 55 euros pour l'achat d'une chaise de douche, de 145,20 euros pour l'achat d'une planche de transfert, de 59 euros pour l'achat d'une rampe en kit, de 70,60 euros pour l'achat d'un grip antidérapant, de 320,32 euros d'achat de garnitures, de 209,95 euros d'achat d'alèzes, de 28,28 euros d'achat de bas de contention et de 6,90 euros d'achat de pommade. En outre, la société MAIF, subrogée dans les droits de M. G, justifie d'une dépense de 34,22 euros au titre de dépenses d'orthopédie, ainsi d'une somme de 54,93 euros exposée au même titre et avancée par la société MGEN. Enfin, il ressort de l'attestation d'imputabilité du médecin conseil de la CPAM de la Loire, produite au dossier, que cette caisse justifie d'une dépense supplémentaire d'un montant de 14 381,06 euros de frais d'appareillages temporaires, incluant la location d'un lit médical, la location d'un matelas anti-escarres, et des dépenses relatives à des sondes urinaires, tubulaires pour dispositif d'irrigation transanale, de sondes rectales, de pansements, de compresses, de poches de stomie urinaires de coussin anti-escarre et de set de détersion pour plaies chroniques.
11. En second lieu, s'agissant des dépenses d'hospitalisation, il résulte du rapport d'expertise amiable que la faute imputable au CHRU de Tours a nécessité l'hospitalisation de M. I G entre le 16 août 2017 et le 1er septembre 2017 au CHU de Saint Etienne et à compter du 1er octobre 2017 jusqu'au 4 décembre 2017 au sein du centre hospitalier Bellevue. En outre, l'état de santé de l'intéressé a nécessité son hospitalisation en unité de jour deux jours par semaine à compter du 15 juin 2018 et jusqu'au 6 janvier 2020. Il résulte de la note du médecin conseil de la CPAM versée au dossier que la caisse a exposé une somme de 578 543 euros au titre des frais d'hospitalisation pour les périodes indiquées ci-dessus. La MAIF a quant à elle exposé la somme de 558 euros à ce même titre.
12. En troisième lieu, s'agissant des autres dépenses de santé, la CPAM justifie avoir exposé les sommes de 8 388,66 euros au titre des frais de médicaments, de 20 896,71 euros au titre de divers frais médicaux incluant les frais de consultation médicales, les soins infirmiers, les examens d'imagerie ainsi que les examens biologiques, et de 17 538,91 euros au titre de frais de transport, soit un total de 46 824,28 euros.
13. Par conséquent, le montant total du poste de préjudice relatif aux dépenses de santé temporaires doit être évalué à la somme de 653 526,26 euros, dont 50 % doit être solidairement mise à la charge du CHRU de Tours et de son assureur, en application du taux de perte de chance, soit la somme de 326 763,13 euros. Par application de la règle de priorité à la victime, M. I G est fondé à recevoir la somme de 7 888,60 euros. Après répartition proportionnelle du solde par rapport à leurs paiements respectifs, la CPAM de la Loire est fondée à recevoir la somme de 318 554,91 euros et la société MAIF est fondée à recevoir la somme de 319,62 euros.
Quant aux frais divers :
14. D'une part, il résulte de l'instruction que M. I G a exposé des frais kilométriques afin de se rendre à la réunion d'expertise médicale, dans le cadre de la procédure amiable d'indemnisation. Compte tenu du barème kilométrique alors applicable à un véhicule de six chevaux, les frais engagés peuvent être arrêtés à la somme de 582,77 euros. D'autre part, il résulte de l'instruction que M. I G justifie avoir exposé des frais d'honoraires de médecin conseil dans le cadre de la procédure amiable, d'un montant total de 1 820 euros. Dès lors que ces prestations ont été utiles à la résolution du litige, il y a lieu de les mettre à la charge du CHRU de Tours. En revanche, l'intéressé ne justifie pas des frais de péages qu'il a exposés pour se rendre à la réunion d'expertise médicale évoquée ci-dessus, malgré une mesure d'instruction en ce sens. Par suite, il y a lieu de condamner solidairement le CHRU de Tours et son assureur à verser à M. I G la somme de 2 402,77 euros au titre des frais divers, sans qu'il y ait lieu, pour ce poste de préjudice, d'appliquer un taux de perte de chance.
Quant à l'assistance par tierce personne :
15. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise rendu dans le cadre de la procédure amiable, que l'état de santé de M. I G nécessite une assistance par tierce personne, évaluée à huit heures par jour, entre le 15 juin 2018 jusqu'au 8 janvier 2020, excepté le 3 juillet 2019, du 6 au 13 août 2019 et du 31 octobre 2019 au 5 novembre 2019, dates durant lesquelles l'intéressé était hospitalisé. Ainsi le besoin en assistance par tierce personne temporaire doit être évalué à 557 jours. Il résulte de l'instruction, et notamment des factures produites par la société MAIF, que le coût horaire de cette aide doit être évalué à 19,20 euros, s'agissant de la prise en charge de l'intéressé. Il y a donc lieu d'évaluer le montant d'aide humaine globale à la somme de 85 555,20 euros. Il résulte de ces mêmes pièces que la MAIF a réglé pour le compte de M. G les frais d'aides à domicile à hauteur de 576 euros qu'il convient de déduire de ce montant, pour le porter à la somme de 84 979,20 euros. Ainsi le CHRU de Tours et son assureur doivent être condamnés à verser solidairement à M. G une somme de 42 489,60 euros, compte tenu du taux de perte de chance de 50 %.
16. En second lieu, si M. G demande à être indemnisé d'une somme de 4 657,30 euros correspondant aux frais engendrés par l'entretien de son jardin, il résulte de l'instruction que le besoin de tierce personne, évalué à huit heures par jour par l'expert, inclut 1h30 quotidienne pour l'entretien du domicile lequel doit être regardé comme s'étendant au jardin. Il en résulte que le requérant ne peut prétendre à aucune indemnisation supplémentaire au titre de l'assistance à tierce personne.
17. En dernier lieu, aux termes de l'article 28 de la loi du 5 juillet 1985 tendant à l'amélioration de la situation des victimes d'accidents de la 'circulation et à l'accélération des procédures d'indemnisation : " Les dispositions du présent chapitre s'appliquent aux relations entre le tiers payeur et la personne tenue à réparation d'un dommage résultant d'une atteinte à la personne, quelle que soit la nature de l'événement ayant occasionné ce dommage ". Aux termes de l'article 29 de cette même loi : " Seules les prestations énumérées ci après versées à la victime d'un dommage résultant des atteintes à sa personne ouvrent droit à un recours contre la personne tenue à réparation ou son assureur : () 3. Les sommes versées en remboursement des frais de traitement médical et de rééducation ; () 5. Les indemnités journalières de maladie et les prestations d'invalidité versées par les groupements mutualistes régis par le code de la mutualité, les institutions de prévoyance régies par le code de la sécurité sociale ou le code rural et les sociétés d'assurance régies par le code des assurances. ". Aux termes de l'article 30 de cette loi : " Les recours mentionnés à l'article 29 ont un caractère subrogatoire. ". L'article 31 de la même loi dispose que : " Les recours subrogatoires des tiers payeurs s'exercent poste par poste sur les seules indemnités qui réparent des préjudices qu'elles ont pris en charge, à l'exclusion des préjudices à caractère personnel. / Conformément à l'article 1252 du code civil, la subrogation ne peut nuire à la victime subrogeante, créancière de l'indemnisation, lorsqu'elle n'a été indemnisée qu'en partie ; en ce cas, elle peut exercer ses droits contre le responsable, pour ce qui lui reste dû, par préférence au tiers payeur dont elle n'a reçu qu'une indemnisation partielle. / Cependant, si le tiers payeur établit qu'il a effectivement et préalablement versé à la victime une prestation indemnisant de manière incontestable un poste de préjudice personnel, son recours peut s'exercer sur ce poste de préjudice ". Aux termes de l'article 33 de la même loi : " Hormis les prestations mentionnées aux articles 29 et 32, aucun versement effectué au profit d'une victime en vertu d'une obligation légale, conventionnelle ou statutaire n'ouvre droit à une action contre la personne tenue à réparation du dommage ou son assureur. / Toute disposition contraire aux prescriptions des articles 29 à 32 et du présent article est réputée non écrite à moins qu'elle ne soit plus favorable à la victime. / Toutefois lorsqu'il est prévu par contrat, le recours subrogatoire de l'assureur qui a versé à la victime une avance sur indemnité du fait de l'accident peut être exercé contre l'assureur de la personne tenue à réparation dans la limite du solde subsistant après paiements aux tiers visés à l'article 29. Il doit être exercé, s'il y a lieu, dans les délais impartis par la loi aux tiers payeurs pour produire leurs créances ".
18. Il résulte de la combinaison des dispositions rappelées ci-dessus que le recours subrogatoire de l'assureur ne peut s'exercer que sur les postes de préjudices à caractère patrimonial limitativement énumérés par l'article 29 de la loi du 5 juillet 1985, ainsi que sur les postes de préjudices à caractère personnel pour lesquels il établit de manière incontestable qu'il les a effectivement et préalablement pris en charge. Ainsi, alors même que les sommes versées par ces organismes sont définies à l'avance, elles doivent donner lieu à remboursement par la personne tenue à réparation ou son assureur, dès lors qu'elles sont relatives à de tels postes de préjudices à caractère personnel ou à des postes de préjudices à caractère patrimonial s'analysant comme des frais de traitement médical et de rééducation, des indemnités journalières ou des prestations d'invalidité au sens des dispositions précitées de l'article 29 de la loi du 5 juillet 1985 et que leur paiement est directement en lien avec l'accident subi par la victime d'un dommage résultant d'atteintes à sa personne.
19. S'agissant de la somme exposée par la société MAIF au titre de l'assistance par une tierce personne, les dispositions de l'article 33 de la loi du 5 juillet 1985 doivent se lire à la lumière de celles des articles 29 et 31 de la même loi et n'ouvrent ainsi pas droit à un recours subrogatoire sans limitation de l'assureur de la victime sur les préjudices patrimoniaux. Or, en vertu des dispositions citées ci-dessus de l'article 29, les frais d'assistance par une tierce personne, qui ne correspondent pas à un poste de préjudice à caractère personnel, ne sont pas au nombre des postes de préjudices patrimoniaux s'analysant comme des frais de traitement médical et de rééducation, des indemnités journalières ou des prestations d'invalidité susceptibles d'ouvrir droit à un tel recours subrogatoire de l'assureur. Dès lors, la société MAIF n'est pas fondée à solliciter le remboursement de la somme de 576 euros qu'elle a exposée à ce titre.
Quant aux frais d'aménagement du domicile et du véhicule :
20. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, rendu dans le cadre de la procédure amiable, que l'état de santé de M. I G nécessite l'aménagement de son domicile pour l'adapter à son handicap. Il résulte des factures produites que l'intéressé a exposé les sommes de 3 554,77 euros pour l'aménagement d'une salle de bain, de 14 331,12 euros pour la pose d'un ascenseur et de 15 778,80 euros s'agissant d'aménagements extérieurs d'accessibilité, ainsi que 3 857,59 euros pour la pose d'un ascenseur de piscine. En outre, M. G justifie payer une somme de 360 euros par an de frais d'entretien de l'ascenseur, soit un montant de 540 euros entre le mois de juillet 2018 et le mois de janvier 2020. Il y a donc lieu, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise complémentaire sur ce point, de condamner le CHRU de Tours à verser à M. G une somme de 19 031,14 euros, après application du taux de perte de chance de 50 %.
21. En second lieu, si les consorts G soutiennent avoir été dans l'obligation de faire l'achat d'un nouveau véhicule adapté au handicap de la victime, seuls les frais d'adaptation de ce véhicule présentent un lien avec la faute commise par le CHRU de Tours. Les consorts G justifient avoir exposé un montant de 9 289,31 euros à ce titre. Il y a donc lieu de condamner le CHRU de Tours à verser à M. G une somme de 4 644,66 euros, après application du taux de perte de chance.
S'agissant des préjudices permanents :
Quant à la période comprise entre la date de consolidation (8 janvier 2020) et le présent jugement (5 décembre 2024) :
22. En premier lieu, concernant le matériel médical adapté, il résulte de l'instruction et notamment des factures produites et des relevés de prestation de la CPAM de la Loire, que la caisse a déboursé la somme de 2 425,05 euros s'agissant de l'achat d'un fauteuil roulant électrique, la somme de 1 544,95 euros restant à la charge de la victime. En outre, les requérants indiquent, sans être contestés, d'une consommation d'une alèze par mois au prix unitaire de 11,05 euros, d'une garniture par jour d'un prix unitaire de 0,56 euro et d'un tube de pommade par mois d'un prix unitaire de 6,90 euros, pour un coût annuel de 419,80 euros, soit un coût total de 2 099 euros. Les requérants soutiennent également sans être contestés que M. G a une consommation de quatre paires de bas de contention pour un coût annuel de 397,44 euros et donc un total de 1 987,20 euros pour la période concernée. En outre, la CPAM de la Loire justifie avoir déboursé la somme de de 35 410,17 euros de frais d'appareillage, incluant la location d'un lit médical, la location d'un matelas anti-escarres, et des dépenses relatives à des sondes urinaires, tubulaires pour dispositif d'irrigation transanale, de sondes rectales, de pansements, de compresses, de poches de stomie urinaires, de coussin anti-escarre et de set de détersion pour plaies chroniques. Ainsi, le montant total du poste de préjudice relatif aux frais permanents de matériel médical adapté doit être évalué à la somme de 43 466,37 euros, soit 21 733,19 euros après application du taux de perte de chance de 50 %, que doivent rembourser le CHRU de Tours et son assureur. Par application de la règle de priorité à la victime, M. I G est fondé à recevoir la somme de 5 631,15 euros et la CPAM de la Loire la somme de 16 102,04 euros.
23. En deuxième lieu, concernant les autres dépenses de santé, la CPAM de la Loire justifie, par la production d'un relevé de débours et d'une note de son médecin conseil, avoir exposé la somme de 75 204,17 euros de frais d'hospitalisation entre le 16 janvier 2020 et le 30 juin 2022, de 47 366,85 euros de frais médicaux incluant les frais de consultation médicales, les soins infirmiers, les examens d'imagerie ainsi que les examens biologiques, 16 597,14 euros de frais de médicaments et 5 462,02 euros de frais de transport soit un total de 144 630,18 euros. Par suite, il y a lieu de condamner le CHRU de Tours et son assureur à verser solidairement à la CPAM de la Loire une somme de 72 315,09 euros, après application du taux de perte de chance de 50 %.
24. En troisième lieu, M. I G justifie payer une somme de 360 euros par an de frais d'entretien de l'ascenseur, soit un montant de 1 800 euros entre le mois de janvier 2020 et la date du présent jugement. Il y a donc lieu de lui accorder la somme de 900 euros après application du taux de perte de chance de 50 %.
25. En dernier lieu, s'agissant de l'assistance par tierce personne, ainsi qu'il a été dit précédemment, le besoin de M. I G a été évalué par l'expert à 8 heures par jour pendant une durée de 1 794 jours entre la date de consolidation et la date du présent jugement. Il résulte de l'instruction, et notamment des factures produites par la société MAIF, que le coût horaire de cette aide doit être évalué à 19,20 euros. Ainsi le coût de l'aide humaine nécessité par l'état de santé de la victime doit être évalué à la somme 275 558,40 euros, il convient donc d'accorder à M. I G la somme de 137 779,20 euros après application du taux de perte de chance de 50 %.
Quant aux frais futurs :
26. En premier lieu, d'une part, M. G demande l'indemnisation à titre viager des dépenses de renouvellement des consommables et des bas de contention, dont le coût annuel total doit être évalué, ainsi qu'il a été dit au point 22 du présent jugement, à la somme de 817,24 euros. D'autre part, s'agissant du matériel médical dont il a fait l'acquisition, M. G justifie d'un coût d'achat d'un fauteuil roulant manuel d'un montant total de 3 269 euros et d'une motorisation d'un coût de 6 049 euros, à renouveler tous les quatre ans. Il justifie également de l'achat d'une planche de transfert d'un montant de 145 euros à renouveler tous les six ans. Ainsi, le montant des dépenses annuelles de renouvellement d'équipement médical adapté doit être fixé à 3 170,91 euros. Enfin, M. G justifie exposer une somme de 360 euros par an d'entretien de son ascenseur dont la pose a été nécessité par son état de santé. Ainsi, le CHRU de Tours et son assureur doivent être condamnés à verser solidairement une rente trimestrielle d'un montant de 441,36 euros à M. I G, après application du taux de perte de chance de 50 %. Elle sera versée sur présentation des justificatifs et après déduction des remboursements éventuels des organismes sociaux. Cette rente ainsi calculée à compter de la date du présent jugement sera versée à titre viager et revalorisée par application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale.
27. En second lieu, il résulte de l'instruction et notamment de l'attestation de soins futurs rédigé par le médecin conseil de la CPAM de la Loire, que celle-ci exposera annuellement une somme de 39 023,80 euros au titre des frais futurs comprenant les soins médicaux, les frais d'hospitalisation, de pharmacie, les actes de biologie, les soins infirmiers, les soins de kinésithérapie et les frais d'appareillage. Ainsi, le CHRU de Tours et son assureur doivent être condamnés à verser une rente trimestrielle d'un montant 4 877,98 euros à la CPAM de la Loire, après application du taux de perte de chance de 50 %. Elle sera versée sur présentation des justificatifs. Cette rente ainsi calculée à compter de la date du présent jugement sera versée à titre viager et revalorisée par application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale.
28. En dernier lieu, lorsque le juge administratif indemnise, dans le chef de la victime d'un dommage corporel, la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit, à cette fin, se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime. Si le juge n'est pas en mesure de déterminer, lorsqu'il se prononce, si la personne handicapée sera placée dans une institution spécialisée ou hébergée au domicile de sa famille, il lui appartient de lui accorder une rente trimestrielle couvrant les frais de son maintien au domicile familial, en précisant le mode de calcul de cette rente dont le montant doit dépendre du temps passé au domicile familial au cours du trimestre.
29. Eu égard à ce qui a été dit précédemment, le CHRU de Tours et son assureur devront verser solidairement une rente à M. I G sur la base de huit heures de tierce personne active par jour, au taux de 19,20 euros, d'un montant de 14 016 euros par trimestre, soit 7 008 euros après application du taux de perte de chance de 50 %. Les sommes perçues au titre de la prestation de compensation du handicap ou de toutes autres aides ayant le même objet, sauf celles pour lesquelles une disposition particulière permet à l'organisme qui a versé la prestation d'en réclamer le remboursement si le bénéficiaire revient à meilleure fortune, devront être déduites. Cette rente trimestrielle ainsi calculée à compter de la date du présent jugement sera versée à titre viager et revalorisée par application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale.
En ce qui concerne les préjudices extra patrimoniaux :
S'agissant des préjudices temporaires :
30. En premier lieu, s'agissant du déficit fonctionnel temporaire, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que M. I G a présenté un déficit fonctionnel temporaire total d'une durée de 402 jours correspondant aux jours d'hospitalisation imputables à la faute du CHRU de Tours, entre le 1er août 2017 et la date de consolidation, et un déficit fonctionnel temporaire partiel, évalué à 75 %, pour les périodes hors hospitalisations, comprises entre le 15 juin 2018 et le 8 janvier 2020 soit durant 274 jours. Il résulte également du rapport d'expertise, qu'en l'absence de faute, l'intéressé aurait présenté un déficit fonctionnel temporaire total durant 15 jours, puis un déficit de 50 % pendant 30 jours, un déficit de 50 % pendant 90 jours et enfin un déficit de 10 % pendant 267 jours. En tenant compte de l'ensemble de ces éléments, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire de l'intéressé en l'évaluant à la somme de 12 500 euros, sur la base d'un montant de 20 euros par jour pour un déficit fonctionnel total. Par suite, il y a lieu de condamner le CHRU de Tours et son assureur à verser solidairement à M. I G une somme de 6 250 euros, après application du taux de perte de chance.
31. En deuxième lieu, s'agissant des souffrances endurées, celles-ci ont été évaluées à 6/7 par l'expert durant la période de consolidation. Il en sera fait une juste appréciation en accordant une somme de 15 000 euros à la victime, après application du taux de perte de chance de 50 %.
32. En dernier lieu, il résulte de l'expertise que M. I G a présenté un préjudice esthétique temporaire évalué à 5/7 par l'expert. Il en sera fait une juste appréciation en accordant une somme de 6 000 euros à la victime, après application du taux de perte de chance de 50 %.
S'agissant des préjudices définitifs :
33. En premier lieu, d'une part, il résulte de l'instruction que M. I G présente un déficit fonctionnel permanent, évalué à 75 % par l'expert, dont 65 % imputables à la faute commise par l'équipe médicale du CHRU de Tours. Dès lors que la victime était âgée de 73 ans à la date de consolidation, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 110 000 euros. Il résulte également de l'instruction que M. I G a perçu de la part de son assureur, la société MAIF, une somme de 36 800 euros visant à réparer ce préjudice. Ainsi, le préjudice supporté par le requérant doit être évalué à la somme de 73 200 euros. Il y a donc lieu de condamner le CHRU de Tours et son assureur à verser solidairement à M. G une somme de 36 600 euros, après application du taux de perte de chance de 50 %. D'autre part, il y a lieu d'accorder à la société MAIF, subrogée dans les droits de M. G, la somme de 18 400 euros, après application de ce même taux de perte de chance, dès lors qu'elle établit, conformément au dernier alinéa de l'article 31 de la loi du 5 juillet 1985 visé ci-dessus, avoir effectivement et préalablement versé à l'assuré, la somme de 36 800 euros en réparation de son préjudice personnel d'atteinte permanente à son intégrité physique et psychique.
34. En second lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise judicaire, que M. I G a conservé un préjudice esthétique permanent évalué à 4,5/7. Il en sera fait une juste appréciation en accordant à l'intéressé une somme de 10 000 euros, après application du taux de perte de chance de 50 %.
35. En troisième lieu, M. G se prévaut d'un préjudice d'agrément et justifie avoir pratiqué les activités de randonnée et de ski juste avant la survenance de son dommage, rendant impossible l'accomplissement de ces mêmes activités. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 5 000 euros, en tenant compte du taux de perte de chance de 50 %.
36. En dernier lieu, il résulte de l'expertise que M. I G a subi un préjudice sexuel qualifié de complet en lien avec la faute du CHRU de Tours. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en accordant à l'intéressé une somme de 2 500 euros en tenant compte du taux de perte de chance de 50 %.
En ce qui concerne la demande d'actualisation :
37. M. G demande l'actualisation, à la date du présent jugement, des sommes allouées au titre de ses préjudices patrimoniaux, en fonction de la dépréciation monétaire, sur la base de l'indice des prix à la consommation " ensemble des ménages hors tabac " publiés par l'INSEE depuis l'année du fait dommageable. Toutefois, le préjudice résultant de la diminution de la valeur de la monnaie n'est pas de ceux qui peuvent ouvrir droit à indemnité. Par suite, cette demande ne peut qu'être rejetée.
38. Il résulte de tout ce qui précède que le CHRU de Tours ainsi que son assureur doivent être condamnés à verser solidairement à M. G la somme totale de 302 117,12 euros, de laquelle sera déduite la somme de 90 000 euros déjà perçue par l'intéressé à titre de provision, soit la somme de 212 117,12 euros. Le CHRU de Tours ainsi que son assureur doivent également être condamnés solidairement à verser la somme de 18 719,62 euros à la société MAIF ainsi qu'à verser la somme de 406 972,04 euros à la CPAM de la Loire. En outre, cet établissement hospitalier ainsi que son assureur devront verser solidairement les rentes dans les conditions décrites aux points 26, 27 et 29 du présent jugement.
Sur les préjudices de Mme J G :
39. En premier lieu, s'agissant des frais divers, l'intéressée justifie avoir exposé des frais de déplacement entre son domicile et le CHU de Saint Etienne puis entre son domicile et l'hôpital Bellevue, durant les hospitalisations de son mari, respectivement distants de 8 et 16 km. Compte tenu du barème kilométrique applicable à un véhicule de six chevaux, les frais engagés peuvent être arrêtés à la somme de 1 704 euros après application du taux de perte de chance de 50 %.
40. En deuxième lieu, la vie de Mme J G a été bouleversée par le lourd handicap de son mari, elle a ainsi droit à réparation de son préjudice d'accompagnement et de son préjudice sexuel. Il sera fait une juste appréciation de ces préjudices en les évaluant à la somme globale de 15 000 euros, incluant le taux de perte de chance de 50 %.
41. En troisième lieu, Mme J G est fondée à se prévaloir d'un préjudice d'affection en lien avec la dégradation de l'état de santé de son mari. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en accordant à l'intéressée une somme de 4 000 euros en tenant compte du taux de perte de chance de 50 %.
42. Il résulte de ce qui précède que le CHRU de Tours ainsi que son assureur doivent être condamnés à verser solidairement à Mme J G la somme totale de 20 704 euros.
Sur les préjudices de M. F G
43. En premier lieu, s'agissant des frais divers, l'intéressé justifie avoir exposé des frais de déplacement entre son domicile et le CHU de Saint Etienne puis entre son domicile et l'hôpital Bellevue, durant les hospitalisations de son père, respectivement distants de 8 et 16 km. Compte tenu du barème kilométrique applicable à un véhicule de six chevaux, les frais engagés peuvent être arrêtés à la somme de 284 euros après application du taux de perte de chance de 50 %. En revanche, si le requérant demande le remboursement des frais engagés pour ses vacances qu'il a été contraint d'annuler pour rendre visite à son père, ce préjudice ne présente pas de lien avec la faute commise par le CHRU de Tours, il n'y a donc pas lieu de l'indemniser.
44. En second lieu, la vie de M. F G a été bouleversé par le lourd handicap de son père, il a ainsi droit à réparation de son préjudice d'accompagnement Il sera fait une juste appréciation de ces préjudices en les évaluant à la somme globale de 5 000 euros, incluant le taux de perte de chance de 50 %.
45. En troisième lieu, M. F G est fondé à se prévaloir d'un préjudice d'affection en lien avec la dégradation de l'état de santé de son père. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en accordant à l'intéressé une somme de 4 000 euros en tenant compte du taux de perte de chance de 50 %.
46. Il résulte de ce qui précède que le CHRU de Tours ainsi que son assureur doivent être condamnés à verser solidairement à M. F G la somme totale de 9 284 euros.
Sur les préjudices de Mme C G, Mme D G et M. A G :
47. Les petits-enfants de M. I sont fondés à se prévaloir d'un préjudice d'affection résultant du lourd handicap de leur grand-père, dont il sera fait une juste appréciation en leur allouant à ce titre une somme de 1 000 euros chacun, compte tenu du taux de perte de chance de 50 %.
Sur les frais de gestion :
48. L'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale permet aux caisses d'assurance maladie exerçant leur recours subrogatoire de recouvrer une indemnité forfaitaire de gestion égale au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans des limites fixées par arrêté.
49. En l'espèce, il y a lieu de condamner solidairement le CHRU de Tours et son assureur à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Sur les intérêts :
50. Même en l'absence de demande tendant à l'allocation d'intérêts, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts du jour de son prononcé jusqu'à son exécution, au taux légal puis, en application des dispositions de l'article L. 313-3 du code monétaire et financier, au taux majoré s'il n'est pas exécuté dans les deux mois de sa notification. Par suite, les conclusions de la CPAM de la Loire tendant à ce que les sommes qui lui sont allouées portent intérêts à compter de la date du jugement sont dépourvues de tout objet et doivent être rejetées.
Sur les dépens :
51. La présente instance n'a généré aucun dépens. Par conséquent, la demande de la CPAM de la Loire tendant à ce que ces frais soient mis à la charge du CHRU de Tours ne peut qu'être rejetée.
Sur les frais exposés non compris dans les dépens :
52. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHRU de Tours la somme globale de 2 000 euros à verser à M. I G, à Mme J G, à M. F G, à Mme C G, à Mme D G et à M. A G au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a également lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHRU de Tours la somme de 1 200 euros à verser à la société MAIF au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours et la société Relyens Mutual Insurance sont condamnés solidairement à verser à M. I G une somme de 212 117,12 euros en réparation des préjudices consécutifs à la faute médicale dont il a été victime le 3 août 2017 au centre hospitalier régional universitaire de Tours.
Article 2 : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours et la société Relyens Mutual Insurance sont condamnés solidairement à verser à M. I G une rente trimestrielle d'un montant de 441,36 euros, à compter du 5 décembre 2024, pour couvrir les dépenses de renouvellement du matériel adapté à son handicap, dans les conditions exposées au point 26 du présent jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours et la société Relyens Mutual Insurance sont condamnés solidairement à verser à M. I G une rente trimestrielle d'un montant de 7 008 euros, à compter du 5 décembre 2024, pour couvrir les dépenses de frais de maintien à son domicile, dans les conditions exposées au point 29 du présent jugement.
Article 4 : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours et la société Relyens Mutual Insurance sont condamnés solidairement à verser à Mme J G une somme de 20 704 euros en réparation des préjudices consécutifs à la faute médicale dont a été victime son mari le 3 août 2017 au centre hospitalier régional universitaire de Tours.
Article 5 : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours et la société Relyens Mutual Insurance sont condamnés solidairement à verser à M. F G une somme de 9 284 euros en réparation des préjudices consécutifs à la faute médicale dont a été victime son père le 3 août 2017 au centre hospitalier régional universitaire de Tours.
Article 6 : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours et la société Relyens Mutual Insurance sont condamnés solidairement à verser à Mme C G, à Mme D G et à M. A G une somme de 1 000 euros chacun en réparation des préjudices consécutifs à la faute médicale dont a été victime leur grand-père le 3 août 2017 au centre hospitalier régional universitaire de Tours.
Article 7 : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours est condamné à verser à la société MAIF une somme de 18 719,62 euros en tant qu'organisme subrogé dans les droits de M. H G.
Article 8 : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire une somme de 406 972,04 euros au titre de ses débours.
Article 9 : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire une rente trimestrielle d'un montant de 4 877,98 euros, à compter du 5 décembre 2024, au titre de ses débours futurs, dans les conditions exposées au point 27 du présent jugement.
Article 10 : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire la somme de 1 191 euros au titre de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 11 : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours versera une somme globale de 2 000 euros à M. I G, à Mme J G, à M. F G, à Mme C G, à Mme D G et à M. A G en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 12 : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours versera une somme de 1 200 euros à la société MAIF en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 13 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 14 : Le présent jugement sera notifié à M. I G, à Mme J G, à M. F G, à Mme C G, à Mme D G, à M. A G, à la société MAIF, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire, au centre hospitalier régional universitaire de Tours et à la société Relyens Mutual Insurance.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Lesieux, présidente
M. Nehring, premier conseiller,
Mme Dicko-Dogan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
Le rapporteur,
Virgile NEHRINGLa présidente,
Sophie LESIEUX
La greffière,
Céline BOISGARD
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026