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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2202134

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2202134

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2202134
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantANNOOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 juin 2022 et un mémoire enregistré le 12 juillet 2022, Mme C A et M. B A, représentés par Me Annoot, demandent à la juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions implicites de rejet que la maire de Ruan, le maire d'Aschères-le-Marché et la préfète du Loiret ont opposé à leur demande tendant à ce qu'un procès-verbal d'infractions au code de l'urbanisme soit dressé et qu'un arrêté interruptif de travail soit pris à l'encontre de l'association Moto-Club d'Aschères ;

2°) d'enjoindre aux maires de Ruan et Aschères-le-Marché de dresser un procès-verbal de constat des infractions au code de l'urbanisme qu'ils invoquent, de prendre un arrêté interruptif de travaux et d'en transmettre copie au Procureur de la République près le tribunal judiciaire de Montargis dans un délai de quarante-huit heures et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Loiret, de se substituer aux maire de Ruan et d'Aschères-le-Marché, en cas d'inexécution, en dressant un procès-verbal de constat des infractions, en prenant un arrêté interruptif des travaux et en transmettant copie de son arrêté au Procureur de la République près le tribunal judiciaire de Montargis dans un délai de quarante-huit heures et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge des communes de Ruan et d'Aschères-le-Marché la somme de 1 200 euros chacune en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'urgence est présumée puisque les travaux, situés en zone agricole, sont difficilement réversibles et qu'ils ont démarré ; l'urgence est également caractérisée par le refus des maires de Ruan et Aschères-le-Marché de dresser un procès-verbal d'infraction au code de l'urbanisme et d'ordonner l'interruption des travaux réalisés sans autorisation ;

- les travaux réalisés au profit du Moto-club d'Aschères n'ont pas fait l'objet d'une demande de permis d'aménager et méconnaissent les dispositions du plan local d'urbanisme d'Aschères-le-Marché et du plan local d'urbanisme intercommunal couvrant Ruan, de sorte que les maires de ces communes ont commis une erreur de droit en refusant de dresser un procès-verbal d'infraction et d'ordonner l'interruption des travaux ; que ce moyen fait naître un doute sérieux sur la légalité de ces décisions.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2022, la commune de Ruan conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B A et Madame C A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition de l'urgence n'est pas satisfaite, puisque les travaux d'aménagement étaient déjà achevés lorsque les requérants ont saisi les autorités de leur demande d'établissement d'un procès-verbal de constat d'infraction, et que les travaux ont fait l'objet d'une demande de permis d'aménager dans le cadre d'une procédure de régularisation, en cours d'instruction ;

- la maire de Ruan a différé la mise en œuvre de son pouvoir de constater les infractions aux règles d'urbanisme pendant le temps de l'instruction de la demande de permis d'aménager, ce qui a justifié qu'aucun arrêté d'interruption des travaux ne soit pris.

Par un mémoire enregistré le 8 juillet 2022, la commune de Ruan conclut au non-lieu à statuer, dès lors que le permis d'aménager a été refusé par la commune de Ruan par arrêté en date du 6 juillet 2022 et qu'un procès-verbal d'infraction a été dressé par la direction départementale des territoires du Loiret le 1er juillet 2022, et transmis au Procureur de la République ce qui rend la requête sans objet.

Par un mémoire enregistré le 12 juillet 2022, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête en faisant valoir que l'urgence n'est pas justifiée, que les mesures sollicitées sont inutiles dès lors qu'un procès-verbal de constat d'infractions a été dressé le 1er juillet 2022 et que les travaux sont achevés de sorte qu'il n'y a plus lieu de prendre un arrêté interruptif de travaux.

Par un mémoire enregistré le 12 juillet 2022, la commune d'Aschères le Marché, représentée par Me Tissier-Lotz conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 23 juin 2022 sous le numéro 2202133 par laquelle M. B A et Mme C A demandent l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Dessolas, greffière d'audience, Mme D a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Annoot, représentant les consorts A, qui persiste dans ses conclusions quant à la décision de prendre un arrêté interruptif de travaux en faisant valoir notamment que rien ne démontre que les travaux sont achevés ; les consorts A entendent diriger leur demande tendant au remboursement de frais d'instance à l'encontre de l'Etat ;

- les observations de Me Saada-Dussart pour la commune de Ruan, qui persiste dans ses conclusions en rappelant que les travaux étaient achevés ;

- les observations de Me Tissier-Lotz pour la commune d'Aschères Le Marché, qui persiste dans ses conclusions en faisant valoir que les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir, qu'il n'est pas possible de prendre un arrêté interruptif de travaux et que les frais d'instance demandés sont justifiés, les communes ayant dû se défendre.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par trois décisions implicites rejet, la maire de la commune de Ruan, le maire de la commune d'Aschères-le-Marché et la préfète du Loiret ont refusé de faire droit à la demande de Mme C A et M. B A de dresser un procès-verbal de constat des infractions au code de l'urbanisme qu'ils invoquent et de prendre un arrêté interruptif de travaux contre l'association Moto-club d'Aschères.

Sur les conclusions à fin de non-lieu à statuer opposées en défense :

2. Par arrêté du 6 juillet 2022, le maire de Ruan a refusé de faire droit à la demande de délivrance d'un permis d'aménager présentée par l'Association Moto Club d'Aschères. Par ailleurs, un procès-verbal d'infraction au code de l'urbanisme a été dressé par la direction départementale des territoires du Loiret le 1er juillet 2022, et transmis au Procureur de la République. Enfin, les différentes pièces et notamment photographies permettent de retenir que les travaux en cause sont déjà achevés. Dès lors, les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte présentées par les requérants sont dépourvues d'objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

3. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de laisser à chacune des parties la charge des frais qu'elles ont pu exposer et qui ne sont pas compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte présentées par M. et Mme A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme A est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Ruan sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune d'Aschères-le-Marché sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A, M. B A, la commune de Ruan, la commune d'Aschères-le-Marché et à la préfète du Loiret.

Fait à Orléans, le 13 juillet 2022.

La juge des référés,

Anne-Laure D

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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