Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2202823

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2202823
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique 3ème chambre
Avocat requérantPONSART

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d’Orléans a rejeté la demande de la SA HLM La Roseraie, qui sollicitait la réduction de sa taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2021, au titre de l’exonération prévue à l’article 1384-0 A du code général des impôts pour des logements neufs. Le tribunal a jugé que la société n’avait pas déposé la déclaration spéciale exigée par l’article 1406 du même code, condition nécessaire pour bénéficier de cette exonération temporaire. En conséquence, la requête a été rejetée, y compris les conclusions relatives aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 août 2022, la société anonyme (SA) d'habitation à loyer modéré (HLM) La Roseraie, représentée par Me Ponsart, avocat, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction, à hauteur de 9 122 euros, de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021, à raison de logements situés 13 et 15 rue Maurice Jusselin à Chartres (Eure-et-Loir) ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les conditions posées par l'article 1384-0 A du code général des impôts sont remplies.

Par un mémoire enregistré le 17 janvier 2023, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite de la décision de l'administration fiscale du 23 juin 2022 rejetant partiellement sa réclamation du 24 novembre 2021, la SA La Roseraie demande, sur le fondement de l'article 1384-0 A du code général des impôts, la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021 à raison de logements situés 13 et 15 rue Maurice Jusselin à Chartres.

2. D'une part, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1415 de ce code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ". Aux termes de l'article 1384-0 A du même code, dans sa version applicable à l'imposition en litige : " Les logements neufs affectés à l'habitation principale sont exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties pendant une durée de vingt ans à compter de l'année qui suit celle de leur achèvement lorsqu'ils ont bénéficié de l'article 279-0 bis A () ". D'autre part, aux termes de l'article 1406 du code général des impôts : " I. - Les constructions nouvelles, ainsi que les changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties, sont portés par les propriétaires à la connaissance de l'administration, dans les quatre-vingt-dix jours de leur réalisation définitive et selon les modalités fixées par décret () / II. - Le bénéfice des exonérations temporaires de taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties est subordonné à la déclaration du changement qui les motive. Lorsque la déclaration est souscrite hors délais, l'exonération s'applique pour la période restant à courir après le 31 décembre de l'année suivante ".

3. Il résulte des dispositions du II de l'article 1406 du code général des impôts, éclairées par leurs travaux préparatoires, que le législateur a entendu subordonner le bénéfice de l'ensemble des mesures d'exemption temporaires, totales ou partielles, de taxe foncière sur les propriétés bâties à la condition que la construction de l'immeuble en cause et, le cas échéant, les changements de consistance ou d'affectation dont il a fait l'objet aient été préalablement déclarés à l'administration fiscale.

4. Si la société requérante fait valoir que la construction des logements en cause a été achevée en 2020, sans plus de précision, elle n'établit ni même n'allègue avoir déposé la déclaration spéciale visée à l'article 1406 du code général des impôts. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a refusé de lui accorder, au titre de l'année 2021, le bénéfice de l'exonération prévue l'article 1384-0 A du code général des impôts.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de réduction présentées par la SA La Roseraie doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par la SA La Roseraie est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SA La Roseraie et à la directrice régionale des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.

La magistrate désignée,

Hélène ALe greffier,

Alexandre HELLOT

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.