vendredi 26 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2203163 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | TACHNOFF TZAROWSKY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 septembre 2022, M. B C, représenté par Me Tachnoff-Tzarowsky, avocate, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles son foyer fiscal a été assujetti au titre de l'année 2016 ;
2°) de lui maintenir le bénéfice du sursis de paiement.
Il soutient que :
- la somme de 45 000 euros réintégrée par l'administration correspond à un prêt qui lui a été consenti par M. D en vue de financer une opération de marchands de biens réalisée par l'EURL société du domaine de Marçay, dont il était l'unique associé ;
- il a justifié de l'origine de cette somme par la production d'une reconnaissance de dette en date du 16 mars 2016 ;
- le virement de 45 000 euros au profit de M. A D le 17 octobre 2019 atteste de l'existence d'une dette envers M. D ; ce virement porte le numéro 1080, ce qui prouve que c'est un prélèvement personnel.
Par un mémoire enregistré le 3 février 2023, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dicko-Dogan,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C ont fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle portant sur les années 2014, 2015 et 2016. L'administration fiscale a constaté qu'une somme de 45 000 euros avait été créditée le 4 février 2016 sur le compte bancaire de M. C et a demandé des justifications sur l'origine de cette somme. A l'issue de ce contrôle, l'administration a réintégré la somme de 45 000 euros dans le revenu imposable des contribuables, selon la procédure de taxation d'office prévue par les articles L. 16 et L. 69 du livre des procédures fiscales. M. C a contesté le bien-fondé des impositions supplémentaires résultant de cette réintégration par une réclamation du 27 décembre 2021 qui a été rejetée par une décision du 20 juillet 2022 du directeur départemental des finances publiques du Cher. M. C demande la décharge en droits et pénalités des impositions supplémentaires auxquelles son foyer fiscal a été assujetti au titre de l'année 2016, ainsi que le maintien du bénéfice du sursis de paiement qui lui a été accordé.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office, la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". En application de ces dispositions, il incombe à M. C d'établir que la somme litigieuse, soit ne constitue pas un revenu imposable, soit se rattache à une catégorie déterminée de revenus.
3. M. C soutient que l'administration a regardé à tort comme un revenu d'origine indéterminée la somme de 45 000 euros ayant fait l'objet d'un virement sur son compte bancaire le 4 février 2016. Il indique que cette somme correspond à un prêt personnel qui lui a été consenti par M. D, comme l'établit une reconnaissance de dette du 16 mars 2016, et que ce prêt a été remboursé par un virement en date du 17 octobre 2019 portant le numéro 1080. Toutefois, s'agissant tout d'abord de la reconnaissance de dette du 16 mars 2016, certes non produite mais dont l'existence et les mentions ne sont pas discutées par l'administration, M. C ne conteste pas les incohérences relevées par l'administration s'agissant du montant de 49 000 euros qu'elle mentionne ainsi que des modalités de remboursement du prêt qu'elle prévoit, qui ne correspondent pas à celles indiquées dans la réponse faite par le contribuable le 23 mars 2018 à la demande d'éclaircissement du 26 janvier 2018. En outre, cette reconnaissance de dette, qui n'a été produite qu'au stade de la réclamation préalable, soit le 23 mars 2018, n'a pas date certaine. S'agissant ensuite du courrier du 17 octobre 2019 adressé à M. D et contresigné par celui-ci, détaillant les sommes prêtées ainsi que les remboursements déjà intervenus, il comporte également une incohérence tenant aux modalités de remboursement du prêt, qui serait conditionné à une future vente prévue au plus tard le 30 mars 2019. Ce document, qui en outre a été établi postérieurement à la proposition de rectification et à la réponse aux observations du contribuable, est ainsi également dépourvu de caractère probant et ne saurait permettre d'établir l'origine de la somme litigieuse. Enfin le virement de la somme de 49 000 euros effectué le 17 octobre 2019 au profit de M. D, qui exerce une activité d'exploitant agricole, par l'EARL de Marçay, qui exerce une activité de cultures céréalières, ne permet pas de justifier de ce que la somme versée à M. C en 2016 était constitutive d'un prêt, et ce alors que, contrairement à ce que soutient le requérant et en tout état de cause, ce virement ne porte pas le " numéro 1080 ".
4. Il résulte de ce qui précède que M. C, qui ne justifie pas de la réalité du prêt invoqué, n'est pas fondé à contester le bien-fondé de la réintégration de la somme de 45 000 euros dans son revenu imposable au titre de l'année 2016. Par suite, ses conclusions à fin de décharge doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de sursis de paiement :
5. Le présent jugement statuant sur le fond de l'affaire, les conclusions présentées par M. C, sur le fondement de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales, à fin de maintien du sursis de paiement qui lui a été accordé, ont perdu leur objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête relatives au sursis de paiement.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la directrice régionale des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
M. Lardennois, premier conseiller,
Mme Dicko-Dogan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2024.
La rapporteure,
Fatoumata DICKO-DOGAN
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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